Sales gosses...

Publié le 27 Janvier 2026

Sales gosses...

Prédication du 23 janvier 2026

Ephesiens 4, 1 à 13

Célébration oecuménique 

Peut être avez-vous déjà eu vent de la polémique sur les wagons optimum, ces wagons que la SNCF veut interdire aux enfants de moins de 12 ans pour garantie le calme aux autres voyageurs.

Une question que les médias n'ont pas encore posée, c’est « Les chrétiens auront-ils le droit d’accéder à ces wagons ? »

La réponse de l’apôtre Paul est claire : Non, nous n’avons pas le droit. Je le cite « Jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. »

Lorsque j’étais enfant, je n’avais qu’une idée très floue de ce que ça signifierait d’être adulte. Pourtant, comme tous les enfants, j’étais persuadé qu’un jour j’en serais un. Pourtant, comme tous les enfants, je jouais à l’adulte, je faisais comme les grands, comme ce que j’en comprenais ou comme ce que je croyais en comprendre.

 « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu » Nous n’y sommes pas encore et nous n’avons qu’une idée très floue et sans doute très fausse de ce qu’est l’unité dans la foi et de ce qu’est la connaissance du fils de Dieu…

Mais nous y arriverons, nous dit Paul et nous ensemble, nous dit l’apôtre. il ne dit pas « certains sont plus avancés que d’autres », il dit « tous ensembles »

Bien sûr, Dieu nous donne, dit Paul, des apôtres, les prophètes, des évangélistes, des bergers et catéchètes…. Mais Paul ne dit pas que ces ministres sont plus adultes que les autres, il nous dit juste qu’ils servent à ce projet de Dieu. Exactement comme mes frères, mes cousines et cousins, mes copains, mes camarades, tout aussi enfants que moi ont contribué à faire l’adulte que je suis aujourd’hui (on peut espérer que les apôtres, les prophètes, des évangélistes, des bergers et catéchètes que Dieu nous donne feront pour nous un meilleur boulot mais c’est une autre question).

Au regard de Dieu, dans notre foi, nous sommes des enfants. Des enfants qui grandiront, c’est notre espérance mais des enfants à qui il faudrait peut être interdire l’accès aux wagons optimum parce que nous faisons trop de bruit.

Nous faisons trop de bruit, non pas au sens où nous dérangeons le monde qui nous entoure… Sur ce point, il serait souhaitable que nous soyions plus bruyant. Mais précisément ce qui nous empêche de déranger le monde, c’est que, enfants, nous faisons trop de bruit pour entendre notre adulte de référence..

Enfant, j’étais entouré d’adultes, j’avais plusieurs modèles et je voyais bien que mes copains en avaient d’autres. Mais nous, dit Paul, nous n’avons qu’un seul et même modèle, qu’une seule et unique « grande personne » : Jésus Christ.

Or le bruit que nous faisons en nous chamaillant pour savoir s’il est bon d’allumer des bougies, quelle place devrait avoir la Bible nous empêche de l’entendre. La lumière que nous voulons porter sur nos identités respectives nous empêche de voir sa lumière.

En effet, j’espère que vous ne m’en voudrez pas mais j’en suis convaincu : au regard de Dieu, tout ces débats auxquels nous donnons tellement d’importance, nos rites, nos doctrines, nos dogmes, nos sola scriptura, nos magistères, nos saintes liturgies, nos dons de l’Esprit ne sont qu’enfantillage. J’espere que vous ne m’en voudrez pas parce que je ne le dis pas en moquerie ou en dérision. Les wagons optimum, les espaces no kids me gênent parce qu’il est normal et sain que les enfants fassent du bruit et il est normal et sain qu’ils nous dérangent. Il n’est pas normal ni sain que les enfants se blessent, se déchirent et s’excluent mutuellement. Ce n’est pas par dérision que je qualifie nos doctrines d’enfantillage parce que j’ai un profond respect pour le monde des enfants. Parce que c’est important un chagrin ou une conviction d’enfant. Parce que tout comme les enfants se construisent en jouant à faire comme les grandes personnes, nous construisons notre identité, en nous distinguant parfois en nous opposant, nous construisons notre identité dans nos réflexions théologiques. Mais quand les enfants jouent à faire comme les grands, ils n’oublient pas que c’est un jeu, que c’est « pour de faux ». J’aimerais que nous ayons la sagesse des enfants. J’aimerais que nous laissions Paul nous le rappellera : dans notre foi, dans notre connaissance de Dieu, nous ne sommes pas des adultes. Que nous nous rappelions que des débats aussi importants que la manière dont Jésus est présent dans la Cène, la manière de comprendre la Bible, le ministère, sont, au regard de Dieu aussi pertinent que ne le sont pour nous la question de savoir si un éléphant c’est plus fort qu’un rhinocéros ou si Pokémon c’est mieux que Yu-Gi-Oh.

Alors, ce soir, mesurons la portée de notre unité et la puissance de celui qui nous la donne. Revenons à ce Jésus Christ que nous suivons ensemble et à sa Bonne Nouvelle.

La Bonne Nouvelle de sa résurrection qui nous dit que la mort n’a pas le dernier mot et que notre Dieu est un Dieu de vie.

Et surtout la Bonne Nouvelle de son incarnation, de sa descente.

« Il est monté ! Qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu jusqu’en bas sur la terre ? »

Tous, nous affirmons qu’en Jesus de Nazareth, l’enfant de la crèche, le crucifié de Golgotha, Dieu rejoint l’humanité. Est-ce que nous mesurons l’extravagance, la folie de cette affirmation aux yeux du monde ?

L’humanité rêve de s’élever, c’est universel, il me semble et ce rêve peut conduire aux attitudes les plus nobles comme les plus basses… et ce rêve, nous, chrétiens le partageons avec les athées, les croyants d’autres religions : Paul dit bien que nous grandirons, qu’un jour nous serons adultes… Mais, nous croyons, et je pense que cela nous est propre que Dieu s’abaisse, que Dieu nous rejoint. Le Dieu qui est infiniment plus que ce que je peux en dire ou en croire nous rejoint. Il s’abaisse, il se fait proche.

Et je crois que cette folie que nous balbutions maladroitement à travers nos rites, nos doctrines, nos catéchismes fait reculer les ténèbres de notre monde.

Dans un monde de la loi du plus fort, nous affirmons que Dieu a manifesté jusqu’au bout, qu’il a réalisé la plus étroite solidarité avec les plus faibles.

Dans un monde envahit par la mort, nous affirmons que Dieu est venu lui-même connaître et vaincre la mort.

Et parce que ces affirmations sont folles et que dans nos différences, elles sont notre espérance commune, elles sont signes de cette unité qui nous est donnée et que nous sommes appelés à vivre.

Alors demain, quand nous retournerons à ces points d’identité qui sont tellement importants pour nous, rappelons nous quand même que nous sommes des enfants promis à grandir.

Et gardons en tête de garder le volume de nos chamailleries un peu en dessous de celui de la Bonne Nouvelle que nous sommes ensembles appelé s à annoncer au monde. Notre Dieu nous rejoint dans notre petitesse et il nous promet une vie plus forte que la mort.

Amen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Eric George

Publié dans #Oecuménisme, #unité, #Ephésiens 4

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Merci !
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