Dogville
Publié le 16 Janvier 2006
Dogville est un film noir, très noir. Les habitants de Dogville nous montrent l'humanité dans ses pires aspects. Avec ses décors manifestés par de simples traits au sol, Lars von Trier marque une volonté absolue de transparence. L'humanité est vraiment face à elle-même, sans faux-semblants, sans compromission et le résultat n'est pas beau à voir. Bien plus large que la critique des États-Unis auquel on a voulu le limiter, Dogville est aussi une oeuvre de "théologie-fiction". La réponse à une question toute simple "Et si Dieu traitait l'humanité comme elle le méritait ?" "Et si Dieu nous refusait la grâce ?" (vous pensiez vraiment que le nom de l'héroïne était un hasard ?) Pris sous cet angle, le dialogue final entre Grace et son père (tiens, tiens...) est proprement terrifiant. Avec une thèse supplémentaire : c'est en faisant grâce bien plus qu'en jugeant que Dieu manifeste sa gloire, sa supériorité absolue sur l'homme. reproche son Père à Grace… Mais ce qui est effectivement de l’arrogance d’un point de vue humain, l’est-il encore de la part de Dieu ? La suite, Manderlay, est sortie, j'ignore si elle est de la même veine : elle passe à Évreux demain…
C'est en fuyant que Grace arrive à Dogville. Ce qu'elle fuit ? On ne l'apprendra qu'à la fin du film. Les habitants de Dogville n'accepteront d'accorder asile à la fugitive qu'à la condition que Grace travaille pour chacun d'eux. Les petits services deviendront rapidement un esclavage complet et le lieu de refuge se transformera en prison. Et ce, jusqu'à ce que Grace soit finalement rattrapée par ses poursuivants.
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