Jésus et la méduse

Publié le 20 Juillet 2013

Jésus et la méduse

Parce qu'elle a été violée par Poséidon dans le temple d'Athena, une jeune femme s'est vue transformée en une créature monstrueuse et serpentine qui transforme en pierre quiconque croise son regard.
Avec cette version de l'origine de la Méduse, le visage qui pétrifie d'horreur quiconque le fixe, est celui d'une victime. Et c'est vrai que nous n'aimons pas voir les victimes, et encore moins lorsque nous sommes responsable de leur état, que cette responsabilité soit directe ou indirecte.
C'est bien ce sentiment d'horreur qui s'exprime dans l'évangile lorsque les spectateurs de la crucifixion rentrent chez eux en se frappant la poitrine. C'est peut être à ce même sentiment que renvoie l'évangéliste Jean en citant Zacharie : "Ils verront celui qu'ils ont transpercés." (Jean XIX, 37)
Pourtant, la croix n'est pas l'égide qui pétrifie d'horreur, la victime, le crucifié ne nous paralyse pas de culpabilité. Bien au contraire, dans ce même évangile selon Jean, il est présenté comme le serpent d'airain que Moïse avait dressé, ce serpent qui guérit celui qui le regarde (Jean III, 14)
Comme la Méduse, le crucifié nous montre l'horreur de la victime, il révèle notre culpabilité, mais, contrairement à la méduse, il ne nous fige pas dans cette culpabilité, il ne nous pétrifie pas. Par l'annonce du pardon, il nous libère, il nous donne un cœur vivant.

Rédigé par Eric George

Publié dans #Théo en culture, #Croix, #Jésus, #Méduse, #Culpabilité, #Délivrance

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