Protestants et lobbying
Publié le 6 Décembre 2008
Les protestants sont nuls en lobbying me dit Authueil au cours d'une
discussion sur son blog. J'accepte volontiers le verdict. Et autant notre nullité en communication, notre incapacité à exprimer notre vision du monde me désole, autant je me réjouis de notre
nullité en lobbying, même dans le sens positif que lui donne Authueil : un regroupement de personnes en vue de défendre un intérêt commun.
Etre fort en lobbying impliquerait trois choses :
- que sur les questions de société, les protestants aient à parler d'une voix uniforme. Adieu donc le libre examen et la conscience individuelle : une fois qu'aurait retentit la voix des clercs (que ces clercs soient les synodes, les évêques, les pasteurs où les anciens), les fidèles n'aurait plus qu'à suivre le mouvement.
- il faudrait faire passer le soucis d'efficacité avant celui de justice (peut-être devrais-je écrire justesse). Le jeu des lobby me parait être avant tout un jeu de stratégie, de savantes alliances, une alchimie de compromis et de provocation. Le risque est toujours immense de voir la survie du groupe passer avant les principes défendus par ce groupe (c'est d'ailleurs pour cela que seuls les groupes financiers peuvent sortir vraiment victorieux de ce jeu).
- cela impliquerait que nous passons d'une logique d'annonce à une logique de construction. La raison d'être de l'Eglise est d'annoncer le Règne présent et à venir de Dieu. Faire du lobbysme c'est croire que nous pouvons bâtir ce Royaume, ou pire, que la politique le peut...
Attention, cela ne signifie pas que je professe un désengagement politique complet pour les chrétiens. Bien au contraire, je crois que le chrétien doit être présent au monde. Mais de manière personnelle (en son âme et conscience et non pour ce que lui dictent les intérêts de son groupe), responsable (c'est d'abord en mon nom que je m'engage), humble, sans illusion sur l'efficacité de son action et confiante en Dieu seul : "Celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons" (déclaration de foi de l'E.R.F)
Etre fort en lobbying impliquerait trois choses :
- que sur les questions de société, les protestants aient à parler d'une voix uniforme. Adieu donc le libre examen et la conscience individuelle : une fois qu'aurait retentit la voix des clercs (que ces clercs soient les synodes, les évêques, les pasteurs où les anciens), les fidèles n'aurait plus qu'à suivre le mouvement.
- il faudrait faire passer le soucis d'efficacité avant celui de justice (peut-être devrais-je écrire justesse). Le jeu des lobby me parait être avant tout un jeu de stratégie, de savantes alliances, une alchimie de compromis et de provocation. Le risque est toujours immense de voir la survie du groupe passer avant les principes défendus par ce groupe (c'est d'ailleurs pour cela que seuls les groupes financiers peuvent sortir vraiment victorieux de ce jeu).
- cela impliquerait que nous passons d'une logique d'annonce à une logique de construction. La raison d'être de l'Eglise est d'annoncer le Règne présent et à venir de Dieu. Faire du lobbysme c'est croire que nous pouvons bâtir ce Royaume, ou pire, que la politique le peut...
Attention, cela ne signifie pas que je professe un désengagement politique complet pour les chrétiens. Bien au contraire, je crois que le chrétien doit être présent au monde. Mais de manière personnelle (en son âme et conscience et non pour ce que lui dictent les intérêts de son groupe), responsable (c'est d'abord en mon nom que je m'engage), humble, sans illusion sur l'efficacité de son action et confiante en Dieu seul : "Celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons" (déclaration de foi de l'E.R.F)
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