Elections, Pentecôte et loterie

Publié le 2 Mai 2007

Ils tirèrent au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut adjoint aux onze apôtres.
Actes I, 26


En ce mois de pentecôte et d'élections présidentielle, je voudrais proposer un nouveau mode de scrutin. Et si, comme les apôtres pour remplacer Judas, nous tirions notre président(e) au sort ? On pourrait même y inclure un peu de démocratie .. .il suffirait de voter, comme nous le faisons puis au lieu de dépouiller, de tirer un bulletin de vote au hasard.. Ainsi, les chances de chaque candidat seraient proportionnelles au choix des français...
Impossible ? Il y aurait pourtant des avantages certains. Tout d'abord cela mettrait fin au jeu des sondages et simplifierait les dépouillement. Ensuite, cela éviterait les divisions : je ne pourrai faire aucun reproche aux imbéciles qui n'ont pas voté comme moi. Enfin, nous aurions la certitude que l'Esprit a bien soufflé sur nos élections.
Impossible ? Cela  transformerait nos institutions en farce et notre démocratie en loterie ? Mais d'autres éléments bien réels ne discréditent-ils pas déjà  nos institutions (fausses promesses, jeu des sondages...)
En fait, je suis évidemment d'accord : il est impossible que nos présidentielles se fassent par tirage au sort. Pour deux raison..
Tout d'abord, je ne suis pas sûr qu'il faille voir la main de Dieu derrière chaque hasard. Je ne suis pas du tout convaincu que le hasard soit l'anonymat de Dieu.
Ensuite, même si tel était le cas,  Je ne voudrais pas d'un gouvernement dont je devrais croire qu'il est de droit divin, dont les décisions devraient forcément être reconnues justes devant Dieu....
Pour respecter nos dirigeants, je veux pouvoir les critiquer. Je veux pouvoir prier pour eux. Je veux, au nom de l'Évangile, pouvoir faire le choix de la désobéissance et en assumer les conséquences.
Et puis, surtout, je crois que le gouvernement d'un pays est  une chose trop peu sérieuse pour être confiée à Dieu. Je ne veux pas dire que les élections soient inutiles ni que la manière dont la France est gérée soit sans importance. Simplement, inviter au recul, rappeler que toutes les solutions ne sont pas entre les mains d'un homme ou d'une femme ni même d'une équipe et certainement pas d'une idéologie. Dans sa faiblesse, Dieu a assurément plus de poids que les politiciens dans toutes leur puissance. Son amour donne plus de sens à la vie de chacun que n'importe quelle étiquette....

Rédigé par Eric George

Publié dans #Humeurs

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R
- Entre Dieu et le hasard, en tout cas celui-là, il y a quand même une petite différence. Le tirage au sort n'est pas le jugement de Dieu. - L'élection se pratique dans les institutions chrétiennes depuis les origines (pas forcément au suffrage universel). - Dans l'ancien testament, le principe dynastique n'apparaît qu'avec David, avec les problèmes que l'on sait, puisque le schisme qui frappe son royaume après Salomon est du à un refus de ce principe par les tribus du Nord.- L'élection est une pratique de discernement collectif, dans laquelle il n'est pas interdit de croire que l'Esprit intervient. - Je crois que Dieu nous laisse l'entière responsabilité de l'organisation de notre vivre ensemble sur cette base assez simple : ne pas se saisir de son BIen (son nom, son image, son temps), ne pas convoiter le Bien d'autrui. Ces deux interdits dessinent l'espace libéré pour nos iniatives humaines.
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M
Gouverner est aussi affaire de service, et le service a à faire avec l'Evangile...
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E
Je me souviens d'un Dimanche d'élection présidentielle où le Pasteur avait conclue ainsi :<br /> " Il va de soit que voter est un devoir que nous devons tous accomplir. Mais il ne peut y avoir de candidat que je puisse vous recommander au nom de l'Evangile : gouverner est affaire de pouvoir et le pouvoir a  faire avec le Mal"
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K
Sauf erreur de ma part, la désignation par tirage au sort était utilisée dans la démocratie athénienne.
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