Critique de cantique (1) Au dessus de Dieu : la vérité et la charité
Publié le 3 Décembre 2008
La critique de cantique est un exercice assez prisé par les protestants. Les inconditionnels de Bach pourfendent les "musiquettes" (sic) modernes, les modernistes dénoncent la poussière des vieux classiques. On pourra pointer aussi l’indigence (trouver dans ma vie ta présence) des paroles ou leur désuétude (la foi virile où gît le doute). Parce que tout cela n’empêche de chanter ensembles et de bon coeur, parce que je ne peux pas être consensuel tout le temps, parce que ce n’est pas mauvais de faire un peu attention à ce qu’on chante, je vais me piquer au jeu, mais comme je ne brille ni en musique, ni en poésie, je vais y aller de manière théologique (je brille pas non plus en théologie, mais bon…)
Allez nous prenons nos recueil Alléluia, le cantique 21-05, la troisième strophe et nous tombons sur
« La vérité la charité
Inspirent ta Parole
En nous montrant
Quel Dieu vivant
Nous sauve et nous console »
Ta Parole inspire la charité et la vérité, je dirais oui. Ou bien « Ta Parole respire la charité et la vérité ». A la rigueur j’admettrais « Ta charité Ta vérité conduisent ta Parole ». Mais « La vérité la charité inspirent ta Parole » Non, désolé, mais ça passe pas
En effet, je ne vois pas très bien ce qui pourrait inspirer Dieu. Dieu tirerait-il son inspiration d’abstractions qui lui seraient, du coup, supérieures ? Y aurait-il, au-dessus de Dieu, une vérité suprême, une charité absolue à l’aune desquelles on pourrait juger Dieu, au crible des quelles on pourrait passer sa Parole ? Si l’on met un principe au-dessus de Dieu, eh bien disons-le clairement, Dieu n’est plus Dieu… Bref, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d’avoir ajouté cette strophe dans l’Alleluia : absente d’Arc en Ciel, elle ne manquait pas du tout…
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