History of violence

Publié le 25 Novembre 2005

Après Eastwood et quelques autres, Cronenberg s’attaque à un thème classique du cinéma américain, le tueur qui cherche à échapper à son passé. Et personnellement, je trouve le résultat réussi. C’est vrai que le scénario est minimaliste. C’est vrai que les scènes sont crues (mais bon c’est du Cronenberg, aussi, et puis Eros et Thanatos, c’est de l’histoire connue…) Mais justement, je trouve que cela sert bien le propos du film. Un propos presque désespéré, qui peut se lire comme « on échappe pas à son destin »… En effet, Cronenberg rompt nettement avec un certain discours humaniste qui voit l’homme toujours capable de s’améliorer, de dompter la bête qui sommeille en lui. Dans History of violence, la bête n’est pas domptée, elle ne demande qu’à ressurgir. Et pire encore, elle est séduisante même pour l’entourage de Tom Stall, pour son fils comme pour son épouse. Encore plus séduisante que son discours d’homme civilisé… Il paraîtra sans doute assez surprenant que le pasteur que je suis apprécie ce discours. Et pourtant, il rejoint un point fondamental de ma théologie : ce n’est pas en lui-même que l’homme peut trouver sa rédemption.

Cronenberg montre l'échec de l'homme quand il lutte seul contre ses démons. Ce discours n’est désespérant que si l’on croit que l’homme est seul… Or cela, je ne le crois pas…

Rédigé par Eric George

Publié dans #Théo en culture

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