Une promesse pour assise

Publié le 9 Décembre 2008

Il y a bien des raisons pour qu'une tour ne tienne pas debout, et l'on peut inculper la maladresse des ouvriers, le mauvais vouloir du terrain ou l'insuffisance du ciment qui lie les pierres. Mais les paysans serbes, albanais ou bulgares ne reconaissent à ce désastre qu'une seule cause : ils savent qu'un édifice s'effondre si l'on a pas pris soin d'enfermer dans son sous-bassement un homme ou une femme dont le squelette soutiendra jusqu'au jour du Jugement Dernier cette pesante chair de pierre.
M. Yourcenar. Le lait de la morte in Les nouvelles orientales.
Rassurez-vous, je ne prône pas l'inscription du sacrifice humain dans les normes de constructions et je ne souscris pas vraiment à cette vision naïve de la résurrection. D'ailleurs, je me demande si la tradition n'est pas bien plus ancienne que l'idée même d'une résurrection finale...
Mais j'aime beaucoup l'idée qui domine cette relecture chrétienne d'une tradition païenne, l'idée que la promesse de Dieu est plus solide, plus stable que n'importe quelle construction humaine.

Rédigé par Eric George

Publié dans #Théo en culture

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