Stephen Jay Gould

Publié le 28 Novembre 2006

En ce moment, j’use d’un de mes droits imprescriptibles de lecteur (selon Pennac) : celui de relire. Et je me replonge dans les Réflexions sur l’histoire naturelle de Stephen Jay Gould.
Gould est en effet mon vulgarisateur scientifique préféré. D’abord parce qu’il parle du sujet qui m’a toujours le plus intéressé en science, l’évolution des espèces. Ensuite parce qu’il est théologiquement assez neutre, il ne prétend ni attaquer ni défendre les religions (même si, comme scientifique américain, il a une dent contre les créationnistes) et que lorsque je lis un scientifique, je préfère qu’il ne fasse pas trop de théologie ou d’anti-théologie… Je considère en effet qu’essayer de défendre un a-priori théologique à partir de donnée scientifique, c’est inverser les choses. Petit rappel, pour moi la théologie doit partir de ce que nous savons sur l’homme et le monde pour parler de Dieu.
Enfin, parce que je ne peux qu’avoir beaucoup de sympathie pour un scientifique qui va développer une réflexion à partir des transformations du visage de Mickey Mouse, d’une citation littéraire ou du volume d’une barre chocolatée.

Mais Stephen Jay Gould n’est pas que paléontologue, darwiniste et partisan de la théorie synthétique de l’évolution. C’est aussi un bon connaisseur de l’histoire des sciences, et c’est un régal que de le lire expliquer comment et pourquoi une idée scientifique a germé à une époque plutôt qu’une autre, de montrer que la science ne progresse pas que par empirisme ou intuition géniale mais que son cheminement est tributaire de toute la sociologie humaine. C’est enfin un humaniste qui n’hésite pas à partir en guerre contre les pires utilisations racistes de la science.

Si vous aimez ce genre d’ouvrage où se côtoient description des mécanisme d’évolution et histoire (grande et petite) de la science, et si l’aspect un peu « zapping » de ces compilations d’articles ne vous gênent pas, je vous recommande de lire les Réflexions sur l’histoire naturelle (peut-être en commençant par les derniers, moi j’ai repris à partir du Pouce du panda et de Darwin et les grandes énigmes de la vie, mais les articles sont franchement datés…)
Ceux qui préfèrent des livres mieux structurés devraient jeter un œil à La vie est belle ou Aux racines du temps (un essai sur le temps profond qui m’a vraiment passionné et qui est d’une grande utilité théologique) Et Dieu dit que Darwin soit m’a laissé un bon souvenir quoique assez classique dans son approche du dialogue foi et science…

Rédigé par Eric George

Publié dans #Théo en culture

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L
Vous confondez vulgarisation et vulgarité. D'ailleurs Gould fait preuve d'une fausse neutralité puisqu'il raille dans certains de ses bouquins les créationnistes américains qui ne sont pas moins scientifiques que lui, à savoir que les hypothèses de Gould ne sont que des hypothèses vendues et enseignées comme des certitudes.D'ailleurs Gould est un ignare, au moins autant que Mickey Mouse, car la science n'a jamais été 'neutre'. Même celle de Darwin est une réaction à la théologie protestante. Isaac Newton justifie le fait que les planètes ne s'agglomèrent pas toutes au centre de l'Univers à cause de sa théorie de la force d'attraction par le fait que Dieu en retient certaines en limite de l'Univers. Etc., etc.La science du XVIIe siècle dont celle qui est enseignée aujourd'hui dérive largement n'est même QUE débats théologiques. Gould est un farceur.La liberté minimum dont un croyant doit pouvoir bénéficier, c'est de pouvoir dire à ses enfants que Dieu n'a PAS créé le singe à son image mais l'homme, et qu'il n'y a aucune preuve scientifique du contraire. Et cette liberté n'est pas respectée à cause notamment de types comme Gould dont la neutralité est tout ce qu'il y a de plus hypocrite.
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