Eglise catholique, téléthon et nouvel ordre moral
Publié le 5 Décembre 2006
Vous proférez monsieur des sottises énormes
Mais jusques à la mort je me battrai pour qu'on
Vous les laissât tenir...
Voltaire, d'après Brassens
Mais jusques à la mort je me battrai pour qu'on
Vous les laissât tenir...
Voltaire, d'après Brassens
Je vais sûrement me faire lyncher, mais tant pis, je l'écris.
Je suis surpris et très gêné du ton sur lequel certains réagissent à la polémique lancée par certains évêques autour du téléthon. A les en croire, il est scandaleux que les prélats de l'Eglise catholique romaine puisse remettre ainsi en cause les actions du téléthon. Pourquoi donc ?
Les positions de l'Eglise catholique sur tout ce qui touche à l'embryon sont bien connues. Il me paraît donc normal qu'elle souligne que certaines orientations prises par l'AFM vont contre ces positions et qu'elle s'interroge sur son soutien dans ces conditions.
J'imagine sans peine que ce ne doit pas être une décision facile à prendre mais un véritable dilemme pour les responsables de l'Eglise et pour les donateurs catholique. Un dilemme qui se pose en ces termes : faut-il donner et participer à des travaux que je ne cautionne pas ? ou faut-il refuser de donner et du coup ne pas combattre la maladie, ce que je ne peux cautionner non plus.Et franchement, je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux à ce que les termes du dilemme soient posés.
C'est vrai que cela risque d'avoir des conséquences sur les dons reçus par l'AFM. Et alors ? Si le don catholique pèse si lourd, pourquoi ne pas accepter l'idée d'un don attribué ?
Mais non, l'AFM refuse de revoir sa façon de procéder selon l'argument que
l'AFM a toujours présenté, en toute transparence, les recherches financées grâce au don du téléthon, ainsi que sa stratégie, laquelle a toujours reçu l'adhésion des donateurs
. Sauf que manifestement, l'adhésion de certains donateurs (qui risquent d'être nombreux si j'en crois la colère de la présidente de l'AFM) n'est plus là...Il faudrait donner sans se poser de question ? La générosité devrait être au prix de la liberté de conscience ? Etrange conception du don et de l'engagement... Etrange conception de la liberté que celle qui vise à tout autoriser sauf le débat et la réflexion...
On m'accuse parfois d'être en plein dans le relativisme ambiant. Par certain côté, il n'est sans doute pas faux que certaines de mes positions s'approchent de celle de pas mal de mes contemporains, chrétiens ou non, mais devant cette levée de boucliers face à une position finalement très mesurée de l'Eglise catholique (ni appel au boycott ni même abandon complet du soutien voir ici), je ne peux que m'interroger sur ce nouvel ordre moral qui veut, à son tour, interdire que des questions soient posées.
Personnellement, je ne suis pas sûr de partager les positions du catholicisme quant à la recherche embryonnaire mais il me paraît évident qu'il y a quand même lieu de se poser pas mal de question et d'avancer très prudemment sur cette voie.
P.S : Grâce à Tim, je découvre la position de Jean Arnold de Clermont et si je suis assez d'accord avec lui quant à la recherche embryonnaire, je ne le suis pas quand il estime qu'il n'y a pas lieu à débat... Je trouve même un peu curieux d'estimer qu'une fois qu'une loi a été votée, il n'y a plus lieu de discuter...
Tiens d'ailleurs je vais aussi emprunter à Tim sa conclusion : alors 3637 ? A vous, à nous d'en décider...
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