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Babel

Au Maroc, à la frontière mexicaine et au Japon, 4 histoires s'enchevêtrent autour d'un fusil qui ruine plusieurs existences (mais après tout, n'est ce pas la finalité de toute arme à feu ?)
Cependant, Babel n'est pas un pamphlet contre les armes à feu. Ce n'est pas non plus un film à aller voir avant de partir en Mauritanie en laissant ses enfants derriere soi. En fait, le film traite des problèmes de communication, qu'ils soient du aux différences de langage, au mutisme où à la peur.
Le thème m'amène donc à parler de l'épisode biblique éponyme (Genèse XI 1 à 9). C'était assez prévisible, je vous le concède. Remarquez, avec un titre pareil, le film aurait pu aussi raconter une histoire de tour.
Le récit de Babel est gênant tant il semble mettre en scène un Dieu jaloux de son pouvoir qui mettrait en pratique l'adage "diviser pour mieux règner".
Une fois n'est pas coutume, ici une lecture historico-critique non seulement nous permet de mieux comprendre le récit mais encore de mieux le recevoir pour nous. C'est sans doute pendant l'exil à Babylonne qu'est né le mythe de Babel. Les hébreux sont alors confrontés à l'empire babylonien dont les ziggurats montent jusqu'au ciel, dont la puissance semble sans limite et surtout dont les artisans sont les représentants de nombreux peuples, rassemblés sous une seule domination, dans une seule langue. Ainsi, la dispersion des bâtisseurs de Babel prend, pour ce peuple captif, des allures de promesse de retour au pays.
Et je pense qu'à l'heure où nous parlons tellement de mondialisation, de domination d'une culture, d'une langue sur le monde entier, nous pouvons comprendre la menace que représente l'unité humaine façon Babel (dont la langue unique est parfaitement monotone : briquetons des briques et flambons-les à la flambée) et percevoir que la malediction de Babel n'en est pas vraiment une.
D'ailleurs, tout chrétien sait qu'à Babel répond la Pentecôte, ici tout le monde ne parle pas la même langue mais chacun reçoit dans sa langue natale. A l'uniformisation répond l'union dans la reconnaissance de l'autre.
Bien sûr le propos de Babel (le film. suivez un peu !) n'est pas aussi biblique. Cependant s'y dessine une idée qui me semble aller dans le même sens, l'idée qui si nos différences compliquent les choses, ce n'est pas elles qui pourrissent nos relations. Si la barrière de la langue est un obstacle à la communication, ce n'est pas un obstacle infranchissable. A travers le film, il devient évident que le  véritable obstacle c'est la peur de l'autre et sa réduction à un stéréotype. Dans Babel, c'est quand la peur domine, et que l'autre n'est plus que l'image que j'en ai que la communication devient véritablement impossible et que des vies sont gâchées. C'est la peur qui ruine la vie de et de, c'est la peur qui manque de tuer
 Alors, faut-il éradiquer la différence ou le rejet de ce qui est différent ?

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À propos
Eric George

Pasteur de l'Eglise Réformée de France, amateur de jeux de société, de cinéma, de longues discussions
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