Miettes de théologie

Une ridicule sensiblerie

10 Juillet 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Après un article magistral, maître Eolas se sent obligé de se défendre contre ceux qui ne manqueront pas de l'accuser de verser dans le pathos.
"Verser dans le pathos", c'est à dire sombrer dans cette ridicule sensiblerie qui consiste à rappeler que derrière les statistiques, il y a des visages et surtout des histoires humaines.
Verser dans le pathos, c'est à dire nous manipuler en nous racontant des histoires qui nous conduisent à reconnaître l'autre comme un frère humain, voire pire, à nous identifier à lui.
Verser dans le pathos, c'est à dire tomber dans la subjectivité au lieu de s'en tenir à la réalité objective.
Eh bien moi, je pense que les chiffres n'ont aucune réalité.
Je pense qu'ils sont tout sauf objectifs puisque chacun peut les présenter et les interpréter à sa guise. Et personne ne s'en prive !
Mais même si ces chiffres étaient honnêtes et objectifs, ils continueraient à être mensongers parce qu'ils visent à nous faire oublier les visages et les histoires, ils masquent l'individu et ses souffrances, son pathos justement.
Je rêve d'une politique d'immigration responsable (au sens étymologique : qui répond de), une politique qui ne se cacherait pas derrière les chiffres mais qui oserait nous dire les famille qu'elle sépare, le hommes, les femmes, les enfants qu'elle renvoie. Sans doute ne pouvons nous pas accueillir tout le monde, peut-être faut-il chasser les clandestins. Mais alors, je veux savoir quelle souffrance se cache derrière. Ce ne sont pas des symboles que je demande, mais je refuse que l'on me cache le visage de mon frère dans la foule.
En attendant, merci à vous, maître Eolas, d’avoir versé dans le pathos, de nous avoir mis devant nos responsabilité, de nous avoir dévoilé un petit morceau de cette réalité humaine qui se cache derrière les chiffres.

Libres ?

3 Juillet 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Ingrid Betancourt est donc libre. Forcément nous nous réjouissons pour elle, pour sa famille. Nous partageons le soulagement et la joie profonde de cette femme et de sa famille. Pourtant, cette joie est aussitôt ternie par la pensée qu'il y en a d'autres. Ingrid Betancourt était devenue le symbole de tous les otages, de tous ceux qui sont retenus au nom de lutte qui ne sont pas les leurs. Maintenant qu'elle est libre, le risque est grand que les autres otages n'aient plus de visage...

Nous ne serons libres que quand tu le seras, chantait Renaud... Raté.
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog