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Quatre...

31 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Veka, qui a bien compris que je n’étais pas aussi sérieux que ça, me propose de répondre à une liste (un exercice assez répandu dans la blogosphère… Comme en ce moment , je suis un peu paresseux pour écrire, c’est une bonne occasion pour s’y remettre… Et puis, une liste qui parle de livres et qui utilise le chiffre 4, ça ne peut que plaire à un protestant, non ?

Les quatre livres de mon enfance
Ca dépend un peu de jusqu’ou s’étend l’enfance en fait. Allons-y vraiment pour l’enfance, et sans compter les bd…

Le loup des mers (London)(qui m’a beaucoup marqué)
Plein de contes et légendes (et en particulier les contes et légende de l’Enéide qui m’ont fait découvrir la guerre de Troie, du coup j’étais un peu déstabilisé en découvrant l’Iliade)
Le petit prince (of course)
Le mystère de la nuit des pierres (celui-là, je ne pense pas le relire tant j'ai peur d'être déçu mais il m'a vraiment marqué)

Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore

Matthieu, Marc, Luc et Jean
Bon allez sérieusement…
Paul
Luther
Calvin
Stephen Jay Gould
(mais bon c’est vraiment pas exhaustif)

Les quatre auteurs que je n’achèterai (ou emprunterai) probablement plus
Ca c’est très dur : je finis toujours par craquer

Dan Brown : un essai, ça suffit…
Ann Rice (Ca ne m’amuse plus du tout)
Weber (idem)
Et euh… Ah oui ! j’avais dit pas de bd, mais quand même il faut que je le dise
Uderzo (Le ciel lui tombe sur la tête m’a tué)

Les quatre livres que j’emporterais sur une île déserte
(déjà pour une semaine de vacances dans une maison avec bibliothèque, j’en emporte au moins 5, alors sur une île déserte… Mais, bon, jouons le jeu…)
La Bible (ce n’est pas une coquetterie pastorale)
Une intégrale de Prévert
Game of Throne (et un dictionnaire d’anglais fournis dans le kit)
La dogmatique de K. Barth (qu’il faut vraiment que je lise un jour, ce serait l’occasion…)

Les quatre premiers livres de ma pile à lire.
C'est difficile, ma pile existe, mais elle est éparpillée dans toute la maison...
Chesney :Les bas fond de Londres
Martin : A storm of swords
Calvin : L’institution chrétienne (une relecture avant l’année Calvin)
Ellul : Le défi et le renouveau.
(et à finir : Les deux visages de Dieu de Théron et L'histoire de France de Bainville)

Les quatre dernier mots d’un de mes livres préféré
Votre esprit, frères. Amen… (il vous faut un indice ? C'est dans la Bible. Je vous laisse trouver quel livre...)

Les quatre lecteurs(trices) dont j’aimerais connaître les quatre
Tiens, on va voir si des blogueurs plus sérieux que moi jouent le jeu (et s’ils me lisent encore…), Kiyomi
Dominique (Un parpaillot au Québec)
Max (un diacre au service de la paix)
Micky (Metazet)
Authueil
Tom
Et puis pour les non blogueurs : Anne Françoise...
Oups, vous avez remarqué que ça faisait plus de quatre ?

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Pentecôte : changement de propriétaire

27 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 27 mai 2007
Pentecôte
Jean XIV, 15 à 26
Actes II, 1 à 11
Romains VIII, 1 à 17

En ce matin de Pentecôte nous célébrons donc ce jour où l’ Esprit est descendu sur les apôtres. Mais comme toute fête chrétienne, elle n’est pas seulement un rappel. Elle nous parle de nous aujourd’hui. Aujourd’hui, l’important est moins la descente de l’Esprit sur les apôtres que notre propre réception de l’Esprit.
Recevoir l’Esprit, être saisi par l’Esprit. Qu’est ce que cela veut dire ? La question ne vise pas ici à savoir qui a raison entre ceux qui pensent que la réception de l’Esprit est le moment M , le tournant d’une vie, une expérience unique qui change tout et ceux pour qui cette réception de l’Esprit se vit quotidiennement, comme une expérience sans cesse renouvelée… Cette diversité est normale, la Bible en témoigne avec les trajets de Paul et de Pierre. La rencontre avec le Christ vivant est toujours une expérience personnelle, individuelle.
Mais que signifie recevoir l’Esprit, quel changement cela provoque-t-il.
Si l’on s’en réfère au récit de la Pentecôte dans les actes des apôtres, nous avons deux indices. Les apôtres sont soudainement libérés de leur peur : jusqu’alors, enfermés, terrés, ils se ruent maintenant à l’extérieur. Et puis alors qu’ils parlent, qu’ils annoncent le Christ ressuscité, chacun les entends dans sa langue maternelle.
Seulement, cela ne me paraît pas suffisant pour exprimer ce que c’est que ce don de l’Esprit. En effet, je ne peux pas voir dans chaque moment d’exaltation et d’audace, le signe de l’Esprit. Je ne peux pas voir dans chaque moment d’empathie, le signe de l’Esprit. Cela serait à la fois terriblement réducteur et terriblement dangereux. Terriblement dangereux parce qu’au talent d’un orateur s’ajouterait le diagnostic « il est habité par l’Esprit ». terriblement réducteur parce que le don de l’Esprit est un bouleversement bien plus grand qu’une reprise de courage ou qu’une rencontre de l’autre.
Le texte de Paul que nous avons entendu ce matin nous dit clairement ce qu’est le don de l’Esprit. Il nous parle de la mort de la chair et  d’un changement de propriétaire

Pour Paul, l’Esprit c’est ce qui s’oppose à la chair. Classique me direz-vous. Mais justement, il faut ici se méfier de la compréhension classique que nous avons de la chair et de l’esprit. Tout d’abord, l’esprit dont parle Paul n’est pas notre esprit. Ce n’est pas notre intelligence, notre volonté, notre imagination, notre personnalité. Cet esprit n’est pas nous mais est extérieur à nous. Il ne nous appartient pas, il est l’esprit de Dieu ou l’esprit du Christ. Paul utilise ici indifféremment les deux expressions. L’esprit, ici, ce n’est pas nous, mais Dieu qui agit sur nous. Jusque là, pas de problème.
Mais les choses se compliquent parce que la chair dont parle Paul n’est pas non plus la chair que nous entendons. Ici ce qui est charnel, ce n’est pas la viande. Paul ne nous replace pas devant l’opposition entre ce qui est matériel et ce qui est spirituel. On sait bien que Paul compte comme charnelle, l’ambition, l’hostilité, la jalousie. Bref des choses qui relèvent non pas du corps mais de l’esprit dans notre langage. La chair dont parle Paul ici, c’est notre hostilité naturelle à Dieu. Quand Paul parle des œuvres de la chair, ou de ce qui est charnel, il ne parle pas de la sexualité ou de la gourmandise. Il va bien plus en profondeur . Ce qui est de la chair, c’est tout ce qui va à l’encontre de Dieu pour nous. Pas seulement nos actions, mais aussi nos pensées. Et c’est bien pour cela que Paul, pharisien irréprochable quant à la loi, affirme l’échec de la loi. S’il est irréprochable dans ses actes, il sait très bien qu’il ne l’est pas dans ses pensées, dans ses pulsions. Nous retrouvons aussi ces phrases sans appel de Jésus le Christ : Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement. Celui qui traitera son frère de raka sera passible du sanhédrin. Celui qui le traitera de fou sera passible de la géhenne de feu. (Mt V, 22) et Quiconque regarde une femme de façon à la désirer a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. (Mt V, 28). Quand l’idée même est dénoncée au même titre que l’action qui peut se déclarer juste ?
Et non seulement la loi nous fait perdre de vue notre situation de pécheurs en nous faisant croire à notre propre justice mais pire encore, elle nous pose en situation d’idolâtre. Je m’explique : « je pratique la loi, je fais ce qu’elle me demande de faire. Donc, je suis en règle, je suis juste devant Dieu et je suis l’artisan de ma propre justice. C’est moi qui fait et non pas Dieu » En parlant ainsi, je m’attribue ce qui revient à Dieu seul. Or, Dieu seul est l’artisan de ma justice et attribuer à un autre ce qui est la prérogative de Dieu, c’est de l’idolâtrie. Parce qu’il est ce qu’il est, l’homme s’enorgueillit d’obéir à la loi qui devrait le conduire à s’abaisser pour dépendre de Dieu seul. Vous voyez ? Même l’obéissance à la loi devient œuvre charnelle. Même en prétendant nous soumettre, nous faisons acte de résistance. C’est ce que Paul dit : « la chair ne peut même pas se soumettre à Dieu ».
Nous sommes donc captif de notre résistance à Dieu… Or le salaire de la désobéissance c’est la mort… Conclusion désespérante…

Mais tout en dressant ce constat terrible, Paul vient aussi nous affirmer : Il n’y a donc maintenant, plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ. Voilà donc ce que signifie, pour Paul, recevoir l’Esprit : c’est un changement de propriétaire. En effet, en parallèle à l’opposition chair-esprit qui imprègne tout ce texte, Paul utilise aussi tout un vocabulaire que je qualifierai de notarié : appartenir, débiteur, héritier, co-héritier… Nous n’appartenons plus à notre chair, à notre résistance à Dieu mais nous appartenons à Christ. En fait, pour Paul, la pentecôte c’est moins recevoir l’Esprit saint qu’être saisi par lui.
Bien sûr, notre chair, notre résistance à Dieu, demeure. Mais nous ne lui appartenons plus. C’est à dire que ce n’est plus notre résistance à Dieu qui détermine ce que nous sommes et ce qu’est notre sort. Ce qui nous détermine désormais c’est que par sa venue dans notre chair, par sa venue en Jésus Christ, Dieu a accompli en nous la justice exigée par la loi. Autrement dit, puisque la loi ne parvenait pas à nous rendre juste devant Dieu, à nous faire parvenir à Lui, c’est lui qui est venu à nous afin que plus rien ne puisse nous séparer de lui.
Le risque maintenant pourrait-être que nous retransformions l’esprit en loi, que nous nous demandions si nous avons reçu suffisamment de cet esprit, si nous marchons assez dans l’Esprit. Mais ce serait retomber dans l’orgueil, dans la volonté de mériter cet amour de Dieu, de nous justifier par nous même. Il ne s’agit pas de vérifier à quel point nous avons mis le charnel à mort. L’Esprit que nous avons reçu ne nous rend pas esclave, il ne nous ramène pas à la peur  (v.15). Ce n’est pas nous qui faisons mourir notre chair, notre résistance, c’est l’esprit qui agit en nous.
Et cela ne s’arrête pas là. Il faut se rappeler que Paul parle dans une société basée sur l’esclavage et que dans son public il y a un certains nombre d’esclaves qui savent ce que signifie passer d’un mauvais maître à un bon maître, d’un oppresseur qui maltraite ses esclaves à un maître humain qui les traite avec respects. Ils savent quel mieux ce changement amène, mais ils savent aussi que changer de maître, c’est rester esclave. Or Paul ne parle pas ici, de passer d’un mauvais maître à un bon maître. Il nous parle de passer de statut d’esclave à celui de fils adoptif, d’héritier. Nous ne passons pas d’un mauvais maître qui nous conduit à la mort à un bon maître qui nous amène à la vie mais nous laisse esclave. L’Esprit est un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions « Abba, père ». Ce n’est donc pas un nouveau maître, un bon maître qui nous a acquis, c’est un père aimant qui nous a retrouvé. Être fils et fille de Dieu, c’est ne plus avoir à mériter un salaire, c’est tout recevoir de la générosité de notre Père…

Frères et sœurs, aujourd’hui, ce n’est pas une exigence de courage et d’ouverture qui nous imposée. Aujourd’hui, c’est une promesse que nous recevons. Nous n’appartenons plus à ce qui fait mourir mais à celui qui fait vivre. Nous sommes fils et filles de Dieu, nous recevons tout de lui, gratuitement. Cette promesse réveille notre courage et nous envoie vers nos frères et nos sœurs. Non pas pour les recevoir et les absorber, les modeler à notre image mais pour être accueillis par eux, dans ce qu’ils sont.

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Synodal tour (4)

24 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Dimanche 20 mai
La matinée commence chez nos hôtes avec un bel article de presse : les enjeux du rapprochement luthéro-réformé sont clairement expliqués et le texte sur la famille est résumé en une phrase : ouverture à toutes les formes de familles. ça me va !
Les moments forts du synode sont passés et malgré une présentation cultivée et pleine d'humour, l'adoption du texte de la liturgie de baptême d'adulte n'est guère qu'une fomalité (de toute façon, en ce qui concerne la liturgie, les réformés ont tendance à faire un peu ce qu'ils veulent). Une piste de recherche intéressante quand même : la différence entre confession de foi, profession de foi et déclaration de foi. La première est communautaire, la seconde personnelle mais qu'en est-il de la troisième ?
Un culte luthéro-réformé au temple de Monbéliard vient clore le synode, histoire de nous rappeler que notre différence la plus marquante c'est l'utilisation d'hostie pendant la cène. Puis vient l'heure du départ. Une pensée pleine de compassion (et assez amusée aussi pour tout dire) pour les collègues qui pensaient partir 1 heure avant nous et n'ont  quitté Belfort 15 minutes avant nous, pour finalement se retrouver bloqués à notre hauteur en banlieue parisienne.
Entre Belfort et Paris, un peu de lecture, un peu de sommeil et beaucoup de discussion. Nous analysons les enjeux politique de telle ou telle intervention (la disparition des coordinations et la perspective d'une Eglise unie nous conduisent-elles à plus d'épiscopalisme ?), nous continuons le débat sur la famille en partageant nos points de vue et nos pratiques pastorales.
Un petit moment d'inquiétude quand notre train s'arrête sur la voie et qu'on nous annonce que c'est en raison de tir de,projectiles... Sans doute la révolte de quelque indépendantiste réformé ou luthérien... Les portables jouent pour savoir si les petits camarades qui sont partis avant nous sont dans l'autre train immobilisé. Bingo !
Entre Paris et Evreux, discussion avec mon ami, collègue et voisin si bien que je ne vois pas le temps passé. C'est épuisé et reconcilié avec le synode que j'arrive à la maison.Juste à temps pour embrasser les enfants qui ne dorment pas encore...

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Synodal tour (3)

23 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

manoel-et-Dauitheville.jpgDimanche 20, environ 3 h du matin. Une crise d'insomnie tombe à pic pour me permettre de vous raconter la journée de samedi
Les voeux par lesquels débutent cette matinée sont un moment généralement intéressant du synode. Au milieu d'un programme très planifié (on ne fait pas débattre 90 laïcs et pasteurs (en ne comptant que  les voix délibératives) sans un minimum d'ordre) la possibilité est donnée à chaque délégué synodal de proposer un voeu qui sera débattu et voté par le synode. Cette année, seulement 3 voeux et pas des plus passionants. Une demande d'un parc informatique pastorale qui est sympathique mais qui arrive trop tard et une proposition de disputatio sur l'ecclésiologie à l'occasion de l'année Calvin (pourquoi pas ?). Heureusement, il y a le voeu "Cimade". Bien sûr, je le voterai des 2 mains mais pourquoi diable le dire "technique". Il me parait très clair.
 

Les Synodes national de l’ERF et général de l’EELF réunis à SOCHAUX du 17 au 20 mai 2007, autour d’un thème commun « Parole, parentalité, espérance », alertés par les acteurs de la Cimade et de la Fédération de l’Entraide protestante de France, entendent les difficultés croissantes auxquelles doivent faire face les familles étrangères et franco étrangères.

Ces difficultés sont les suivantes :

La longueur des procédures lorsque les familles veulent se réunir par le biais du regroupement familial (familles étrangères) ou par la transcription de mariage (mariage franco étranger).

La précarité des statuts attribués aux personnes qui rejoignent leurs conjoints en France.

Les liens de dépendances administratives qui font que s’il y a séparation dans les quatre ans qui suivent le mariage, il y a possibilité de retrait du titre du séjour. Cela pénalise notamment les personnes qui subissent violences physiques ou psychologiques.

Ces difficultés fragilisent les liens familiaux et sont dommageables à l’intégration de ces familles dans la société française.

Attendu que le droit de vivre en famille est un droit fondamental,

Les Synodes national de l’ERF et général de l’EELF soutiennent la Fédération protestante de France dans son action conjointe avec la Cimade pour :

-   intervenir auprès des instances concernées afin que les mesures concernant le regroupement familial et le mariage franco étranger respectent ce droit
-   veiller à une véritable protection avec le maintien du titre de séjour notamment pour les personnes étrangères qui avaient rejoint leurs conjoints et ont subi des violences physiques ou psychologiques de la part de ceux-ci ou de leurs belles familles.

Les deux synodes appellent les communautés locales et les associations diaconales à participer à l’intégration de ces familles par un accompagnement solidaire et à interpeller les candidats à la députation sur cette question.


Nous passons ensuite à la discussion sur la famille. En principe, j'ai horreur de cette méthode de travail qui consiste à disséquer le texte point par point sans lancer d'abord une discussion générale sur le sujet... Mais cette fois, je reconnais que les débats d'exégètes permettent d'aborder les discussions de fond. Et puis c'est intéressant d'avoir cette séance en commun avec les luthériens : on voit les différences de forme (ce n'est visiblement pas comme ça que les synodes EELF travaillent habituellement) et les proximités de fond (chaque point est voté aux même proportions par les 2 synodes). Bon le texte final est un peu trop flou à mon goût mais au moins, la porte est ouverte à l'innovation...
Le texte final de la décision sur la famille est ici

Et nous voici enfin au moment historique. Après les derniers débats (Église unie ou Union d'Eglises ?), nous passons au vote. Bulletin secret (habituellement nous votons à main levée), vote recommencé au premier signe de désordre, tout est fait aussi bien pour que le résultat soit incontestable que pour nous faire ressentir le caractère exceptionnel de cet instant...
Un peu de tension pendant le dépouillement. Et... C'est fait !!! 
L'EELF et l'ERF sont à présent lancées dans le processus de création unie. Un processus qui devrait aboutir en 2013.
Vous trouverez le texte de la décision ici
Et nous voila entonnant "A toi la gloire", mains jointes et levées, sans doute en vue d'un rapprochement futur avec les pentecôtistes. Je suis taquin mais c'est vraiment un temps fort, et l'émotion de certains fait plaisir à voir.
Une première application pratique suit : voter ensemble le voeu "Cimade".
Comme le dira le député invité, après une courageuse affirmation de son christianisme, nous pouvons avoir le sentiment d'avoir mené le beau combat.
C'est une victoire que nous aurons plaisir à arroser au champagne chez nos hôtes. En effet, ces montbeliardais qui ont pas mal voyagé savent bien la communion de nos Eglises...

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Synodal tour (2)

22 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Vendredi 18 mai 23h 45 La Fèche.

La matinée a bien commencé avec une très belle intervention de Maria Bonafede, représentante de l’union des Églises vaudoises et méthodiste d’Italie. J'espère que ce refus par l'Église vaudoise de l’affirmation par l’Église catholique romaine d’un modèle unique de famille « naturelle » encouragera le synode à produire un texte qui prônera l'accueil et l'ouverture de manière plus explicite.
Nous voici au débat attendu. Premier constat. Si je n'avais pas apprécié la manière dont les choses s'étaient passées au précédent synode, cette fois les éléments et enjeux sont posés clairement.  Deux regrets toutefois :
-  l'absence de contre-projet qui nous contraint à une acceptation ou un refus plutôt que de nous conduire à un choix. 
-  la mise en avant de la personne dans une question de fonctionnement. Je préférerai que ces discussions reposent plus sur des questions de structure.
L'après-midi est moins tendue, mais le rapprochement ERF-EELF suscite toutefois une discussion entre ceux qui veulent avancer plus vite (souvent des réformés) et ceux qui préfèrent prendre le temps (souvent des luthériens). Pour ma part, puisque l'on parle de fête et de mariage (d'amour, ça fait plaisir de voir que les anciennes condisciples luthériennes ont gardé humour et romantisme), je rejoins les seconds. En effet, j'aimerais que mes paroissiens participent à la fête. Or, pour que notre joie soit la leur, il nous faut leur donner le temps de la rencontre. D'ici 2013, on aura le temps...
Quant à la réflexion sur la famille est pour le moment consensuelle. Le texte proposé par les rapporteurs synodaux me parait moins explicitement ouvert que les contributions des synodes régionaux. Et je ne vois pas très bien ce que les discussions de groupe ont pu apporter. On verra ce qu'ils proposeront demain.
La soirée festive est un moment sympathique des synodes, mais il faut bien dire que nous sommes plus portés sur la discussion entre amis que sur l’écoute de chant folklorique, au grand dam de nos voisins…

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Synodal tour (1)

21 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Moins exotique et touristique que la Mauritanie, un petit compte rendu tout à fait personnel du synode national de Sochaux. Après tout, à léchelle protestante, c'est sans doute un synode historique...
Jeudi 17 mai 2007, Culmont-Chalindrey 12h15
Le ciel était gris ce matin à Evreux et ça ne s'arrange pas en roulant vers l'est... Arrivée prévue à Belfort à 13h40... Pour passer le temps, j'ai l'idée saugrenue d'ouvrir un journal de synode.
Au programme donc
- la description du premier synode commun entre l'EELF (Eglise Evangelique Luthérienne de France) et l'ERF (Eglise Réformée de France)
- des commentaires personnels sur notre thème Parole Parentalité Espérance, quels repères pour les familles.
-de la cuisine interne
- les états d'âme d'un secrétaire de synode. Nos instances nationale font, en me confiant ce poste, preuve d'un manque de discernement qui me consterne. J'aimerai croire que c'est un complot pour me faire taire. Mais je crains de ne pas être un dangereux agitateur...
- des bruits de couloir, des ragots, des persiflages, de la calomnie et de la publicité mensongère (cette dernière phrase étant, à elle seule, un bon exemple de publicité mensongère...)
Bon, il y en a pour 4 jours puis ce blog reprendra une activité ''normale". Et puis, si ça se trouve, je renoncerai avant auquel cas vous ne lirez même pas ces lignes...
La feche 23h30.
Une bonne nouvelle pour moi, le secrétariat se fait sous le sceau de la répartition des tâches, nous ne sommes enfait qu'adjoint du secrétaire synodal. Je n'aurais donc à gratter que sur 2 tranches de 2 heures.
Sinon, voici en vrac, quelques éléments de notre première soirée... C'est rigolo, le synode se déroule en plein coeur du musée Peugeot. C'est donc entourés par l'idole automobile qu'auront lieu nos débats.
Je suis un peu jaloux de ses "nouveaux pasteurs" (depuis 3 ans, les ministres nouvellement inscrits au rôle sont invités au Synode National) qui parviennent à se retrouver annuellement. Enfin, de mon côté, j'ai le plaisir de croiser des visages connus, de rencontrer d'anciens profs et de retrouver une amie que je ne vois pas assez ainsi que quelqu'un qui aurait manifestement préféré ne pas me voir. (Cette note personnelle, c'est aussi le rappel que l'Eglise est aussi faite de notre propre histoire)
A travers l'introduction du modérateur, le message du président et la présentation financière, les ''hostilités" sont ouvertes. L'idée est claire : les modifications proposées par le CN sont nécessaires. Les débats de demain seront vifs.
La famille qui nous héberge très gentiment n'a pas de chance : pas facile d'avoir sous son toit 2 pasteurs qui sont voisins. j'ai peur qu'on n'ait beaucoup tendance à entrer dans des discussions personnelles.

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Le satan dans la communauté

15 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

ananias.jpgPrédication du dimanche 6 mai 2007
Josué VII
Actes IV, 32 à V, 11

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme…
Il est extraordinairement difficile de classer le récit d’Ananias et Saphira. Est-ce un récit de miracle négatif, punitif ? Est-ce une explication à la mort de certains membres de la communauté avant la parousie, le retour final de Jésus Christ ? Est-ce un enseignement moral de type c’est pas beau d’être radin et menteur ? Est-ce la réécriture légendée d’un fait divers de la première communauté chrétienne ?Toutes ces explications se retrouvent encore dans les différents commentaires.

La première chose que l’on puisse dire, c’est que ce récit ne peut pas ne pas s’interpréter, il ne permet aucun fondamentalisme. Tout discours sur Ananias et Saphira est une interprétation. En effet, l’auteur nous livre ici des faits bruts. Ainsi, dire que Dieu a puni Ananias et Saphira, c’est une interprétation, ce n’est pas ce qui est écrit. On nous dit qu’Ananias et Saphira meurent en entendant les paroles de Pierre. Aller au-delà, parler d’une punition, c’est de l’interprétation. De la même façon, il est très difficile d’extrapoler sur la règle du don. Si Ananias et Saphira avaient reconnu ne donner qu’une part de la vente de leur champs auraient-il été condamnés de la même manière ? Le don dans cette première communauté chrétienne est-il de l’ordre du tout ou rien ? Là encore, dire qu’Ananias et Saphira devaient tout donner ou ne rien donner, ou dire qu’ils pouvaient ne donner qu’une partie du fruit de leur vente à condition de le dire clairement, me paraît être de l’ordre de l’interprétation. Ou plus exactement dire qu’une position médiane d’Ananias et Saphira aurait été condamnée aussi bien que leur mensonge me paraît une extrapolation à partir du texte.
Une fois ceci établi, je suis partagé entre deux tentations. Celle de la paresse, puisque tout est affaire d’interprétation, à vous de vous mettre au travail, de relire ce texte et de trouver votre interprétation. Ou bien celle du cléricalisme et de vous donner mon interprétation qui est forcément la bonne. Je vais opter pour le cléricalisme tout en espérant que plutôt qu'avaler telle quelle mon interprétation, vous irez relire le texte pour vous faire votre propre idée. Pour ma part, je vois dans ce récit la description d'une blessure et la promesse d'une guérison.

La blessure est d'abord celle de cette communauté dont ils étaient membre. Une communauté que le livre des Actes nous dépeint comme idyllique, neuve, pleine de l'Esprit Saint. Une communauté qui repose sur un collectivisme parfait et visiblement spontané (ce n'est pas moi qui fait de ce collectivisme un signe de perfection et d'inspiration, c'est Luc).
Et, à la mort d'Ananias et Saphira, cette communauté est soudainement frappée d'une grande peur. Or le terme grec qui exprime cette peur est ambigu : il désigne aussi bien l'attitude respectueuse de l'homme face à la puissance de Dieu (qu'on traduit souvent par "crainte") que la peur. On peut donc bien sûr lire cette grande peur comme l'attitude classique face à un miracle, on peut aussi la comprendre comme l'effroi d'une communauté qui se rend subitement compte que tout n'est pas aussi merveilleux que ça...

Ananias et Saphira étaient membres á part entière de la communauté. Ils étaient dans cette effusion de l'Esprit. Et les voilà foudroyés. Et avec eux s'effondre le rêve d'une société idéale, préservée de tout mal. C'est un thème récurrent dans la bible depuis le jardin d'Eden. Adam et Ève avaient tout pour être parfaitement heureux en la présence de Dieu et patatras ! voilà le serpent... Les israélites étaient sortis d'Égypte et allaient enfin pouvoir vivre libres et patatras ! voila le veau d'or. Les murs de Jéricho étaient tombés et le peuple hébreux allait pouvoir s'installer en terre promise et patatras ! voila Akan. Ananias et Saphira s'inscrivent dans cette histoire. A son tour, la communauté idéale des disciples du ressuscité est attaquée non pas de l'extérieur mais de l'intérieur. À peine née l'Église se révèle corrompue.

Mais de quelle nature est cette corruption ? Quelle est la faute d'Ananias et Saphira ? On peut immédiatement éliminer l'avarice, le refus de tout donner. En effet, Pierre le dit lui-même : Ananias étaient libre de faire ce qu'ils voulaient de leur champs et du produit de sa vente. Et à moins d'être hypocrite, quand on laisse quelqu'un libre de ses choix, ce n'est pas pour les lui reprocher ensuite. Je sais bien que c'est un comportement que nous rencontrons parfois, que nous avons souvent mais peut-être peut-on éviter de faire à Pierre un procès d'intention...
Reste alors le mensonge. Et visiblement, c'est bien ce que Pierre reproche au couple. "Ce n'est pas aux hommes  que tu as menti mais à Dieu". Mais, ajoute Pierre, ce mensonge est l'œuvre du satan. Si Ananias et Saphira blessent la  communauté, c'est parce qu'ils sont eux même blessés.
Et en effet, on trouve en amont du mensonge, un phénomène réellement satanique. Par le satan, il ne faut pas entendre le diable aux sabots fourchus, ni même une puissance mauvaise personnifiée, la question n'est pas de savoir qui est le satan, ni d'où il vient. Il s'agit de réentendre, à la base du mensonge d'Ananias et Saphira cette parole du serpent à Ève : "vraiment, Dieu a dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin". Dans la Bible, le satan (non pas un nom propre mais un nom commun) c'est l'accusateur. Ce qui est satanique, c'est de transformer en règle, en obligation ou en interdit la liberté que Dieu nous donne. Ainsi, certains des premiers chrétiens mettaient en commun leurs biens (tous ne le faisaient pas, sinon on ne citerait pas ceux qui le faisait) parce qu'ils étaient suffisamment libres vis à vis de leurs biens pour le faire. Mais cette liberté, Ananias et Saphira la comprennent comme un commandement et ils se culpabilisent de ne pas réussir à en faire autant. C'est ce sentiment de  culpabilité qui va les conduire à tricher, à mentir. Ananias et Saphira  meurent de croire qu'il leur faudrait se mettre en règle avec Dieu. Voila ce que la bible appelle l'œuvre du satan : la transformation de l'Évangile de la grâce en parole de jugement, la transformation d'un message de vie en une sentence de mort. Ce qui est satanique, ce n'est pas telle action ou inaction, ce ne sont pas nos vices, nos fautes ou nos incapacités. Ce qui est satanique ce n'est pas la faiblesse et le péché, c'est la culpabilisation. Ce qui est satanique, c'est de croire que nos manquements nous privent de l'amour de Dieu.

L'histoire d'Ananias et Saphira est inquiétante puisqu'elle nous dit qu'aucune communauté, aussi sainte, aussi emplie d'Esprit soit-elle, n'est à l'abris de cette perversion de l'Évangile. Elle est aussi rassurante parce qu'Ananias et Saphira tombent foudroyés. Je sais bien que c'est un peu surprenant mais je crois qu'il faut lire la mort d'Ananias et Saphira comme une promesse. Non pas une promesse de mort pour les méchants (qui ne serait pas rassurant du tout, pour moi en tout cas). Mais si nous comparons avec  la mort d'Ananias et Saphira avec celle d'Akan, nous nous apercevons que, contrairement à ce qui se passe pour Akan, Ananias et Saphira tombent tous seuls. Il ne sont pas mis à mort par l'assemblée. Ainsi, ce n'est pas à la communauté d'extirper le mal qui sévit en son sein, je n'ai pas à surmonter seul mon sentiment de culpabilité. Si l'histoire d'Ananias et Saphira me raconte ma propre corruption, elle me raconte également ma propre délivrance.

Frères et sœurs, il est vrai que nous ne parvenons pas toujours à vivre l'extraordinaire liberté que Dieu nous donne et que nous restons biens souvent captifs de nos fausses richesses. Il est vrai que la culpabilité nous ronge parfois et qu'alors nous trichons, cherchant à paraître ce que nous ne parvenons pas a être. Mais il est plus vrai encore que nous sommes aimés de Dieu, un amour qui nous mets en marche et fait mourir ce qui nous condamne.

Amen

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Randonnée biblique online

13 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Bon une grosse averse vient de tremper les marcheurs et de mettre un terme à la randonnée biblique. Parce que même si le soleil est revenu marcher trempé c'est pas très drôle et le parcours biblique du combattant, ça le faisait un peu moins). L'idée c'était d'avoir le cannevas (texte et quelques questions sur le texte pour donne des pistes possibles de réflexions) en main et de réfléchir en marchant, dans son coin ou en discutant avec d'autes...Je vous donne le cannevas, dès fois que cetains seraient tenté par une randonnée biblique virtelle (et aussi un peu pour meubler ce blog)...
Lettre aux éphésiens
Que pensez vous du découpage du texte (III 14-21 / IV 1 – 16 / IV, 17 à V, 20/ V, 21 à VI, 9)

 

III 14 C’est pour ce sujet que je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, 15 De qui toute famille, dans les cieux et sur la terre, tire son nom ; 16 Afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être puissamment fortifiés par son Esprit, dans l’homme intérieur,  17 Afin que Christ habite dans vos coeurs par la foi ; 18  Et que, enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, avec tous les saints, quelle en est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, 19 Et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. 20 Or, à Celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons et que nous pensons ; 21 A Lui soit la gloire dans l’Église, par Jésus–Christ, dans tous les âges, aux siècles des siècles ! Amen.

 

IV 1 Je vous exhorte donc, moi le prisonnier du Seigneur, à vous conduire d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, 2 En toute humilité et douceur, avec un esprit patient, vous supportant les uns les autres avec charité ; 3 Vous appliquant à conserver l’unité de l’esprit, par le lien de la paix. 4 Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous êtes appelés à une seule espérance, par votre vocation. 5 Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; 6 Un seul Dieu et Père de tous, qui est au–dessus de tous, et par tous, et en vous tous. 7 Mais la grâce est donnée à chacun de nous, selon la mesure du don de Christ. 8  C’est pourquoi, il est dit : Étant monté en haut, il a emmené captive une multitude de captifs, et il a distribué des dons aux hommes. 9 Or, que signifie : Il est monté, si ce n’est qu’auparavant il était descendu dans les parties basses de la terre ? 10 Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au–dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses. 11  C’est aussi lui qui a établi les uns apôtres, les autres prophètes, les autres évangélistes, et les autres pasteurs et docteurs ; 12 Pour le perfectionnement des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps de Christ ; 13 Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ; 14 Pour que nous ne soyons plus des petits enfants, flottants et emportés çà et là à tous vents de doctrine, par la tromperie des hommes, et par leur adresse à séduire artificieusement ; 15 Mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions en toutes choses dans celui qui est le chef, Christ ; 16 De qui tout le corps, bien coordonné et étroitement uni, par le concours de toutes les jointures, tire son accroissement, selon la force assignée à chaque membre, afin qu’il soit édifié lui–même dans la charité.

 

17  Voici donc ce que je dis et que j’atteste de la part du Seigneur : Ne vous conduisez plus comme le reste des Gentils, qui suivent la vanité de leur esprit ; 18 Ayant leur intelligence obscurcie, étant éloignés de la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur ; 19 Ayant perdu tout sentiment, ils se sont abandonnés à la dissolution, pour commettre toutes sortes d’impuretés, avec une ardeur insatiable. 20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris à connaître Christ ; 21 (du moins, si vous l’avez écouté, et si, selon la vérité qui est en Jésus, vous avez été instruits en lui) 22 dépouillez-vous, pour ce qui est de votre conduite précédente, du vieil homme, qui se corrompt par les convoitises trompeuses ; 23  renouvelez-vous par l’Esprit dans votre entendement ; 24 revêtez-vous du nouvel homme, créé à l’image de Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. 25 C’est pourquoi, ayant dépouillé le mensonge, que chacun parle selon la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres. 26 Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche point sur votre colère ; 27 Et ne donnez point accès au diable. 28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais qu’il travaille plutôt de ses mains à quelque chose de bon, afin qu’il ait de quoi donner à celui qui est dans le besoin. 29 Qu’il ne sorte de votre bouche aucune mauvaise parole ; mais que vos paroles soient propres à édifier utilement, et qu’elles fassent du bien à ceux qui les entendent. 30  Et ne contristez point le Saint–Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. 31  Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute crierie, toute médisance soient bannies du milieu de vous, ainsi que toute méchanceté. 32 Mais soyez, les uns envers les autres, bons, miséricordieux, vous pardonnant les uns aux autres, comme Dieu vous a aussi pardonné en Christ. V 1 Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien–aimés ; 2 Et marchez dans la charité, comme le Christ qui nous a aimés, et s’est offert lui–même à Dieu pour nous en oblation et en victime d’agréable odeur. 3 Que ni la fornication, ni aucune impureté, ni l’avarice, ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints ; 4 Ni aucune parole déshonnête, ni bouffonnerie, ni plaisanterie, qui sont des choses malséantes ; mais qu’on y entende plutôt des actions de grâces. 5 Car vous savez ceci, qu’aucun fornicateur, ou impudique, ou avare, qui est un idolâtre, n’a part à l’héritage du royaume de Christ et de Dieu. 6 Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les enfants rebelles. 7 N’ayez donc point de part avec eux. 8 Car vous étiez autrefois ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur ; marchez comme des enfants de lumière ; 9 Car le fruit de l’Esprit consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. 10 Examinez ce qui est agréable au Seigneur. 11 Et ne prenez aucune part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais bien plutôt condamnez–les. 12 Car il est même honteux de dire ce que ces gens font en secret. 13 Mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière ; car tout ce qui est manifesté devient lumière. 14 C’est pour cela qu’il est dit : Réveille–toi, toi qui dors, et te relève d’entre les morts, et Christ t’éclairera. 15 Prenez donc garde à vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des personnes sages ; 16 Rachetez le temps ; car les jours sont mauvais. 17 C’est pourquoi ne soyez pas sans prudence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. 18 Ne vous enivrez point de vin, qui mène au dérèglement ; mais soyez remplis de l’Esprit ; 19 Entretenez–vous ensemble par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur ; 20 Rendez grâces toujours pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus–Christ.

 

21 Soumettez–vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu. 22  Femmes, soyez soumises à vos propres maris, comme au Seigneur, 23 Parce que le mari est le chef de la femme, comme aussi le Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, dont il est le Sauveur. 24 Or, de même que l’Église est soumise à Christ, que les femmes le soient aussi à leurs propres maris en toutes choses. 25 Maris, aimez vos femmes, comme aussi Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui–même pour elle ; 26 Afin de la sanctifier, en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole ; 27 Pour la faire paraître devant lui une Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. 28 C’est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme, s’aime lui–même. 29 Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et l’entretient, comme le Seigneur le fait à l’égard de l’Église ; 30  Parce que nous sommes les membres de son corps, étant de sa chair et de ses os. 31 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme ; et les deux ne seront qu’une seule chair. 32 Ce mystère est grand ; je le dis par rapport à Christ et à l’Église. 33 Ainsi, que chacun de vous aime sa femme comme lui–même, et que la femme respecte son mari. VI 1 Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur ; car cela est juste. 2 Honore ton père et ta mère ; (c’est le premier commandement qui ait une promesse). 3 Afin que tu sois heureux, et que tu vives longtemps sur la terre. 4 Et vous, pères, n’aigrissez point vos enfants, mais élevez–les sous la discipline et l’admonition du Seigneur. 5 Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ ; 6 Ne les servant pas seulement sous leurs yeux, comme si vous cherchiez à plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ faisant de bon cœur la volonté de Dieu ; 7 Servant avec affection le Seigneur, et non pas seulement les hommes ; 8 Sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon le bien qu’il aura fait. 9 Et vous, maîtres, agissez de même envers eux, et laissez les menaces, sachant que vous avez, comme eux, un Maître dans le ciel, et que, devant lui, il n’y a point d’acception de personnes.

 

 

 

(III-18) Comparer avec Job XI, 7-9  Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, Parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant? Elle est aussi haute que les cieux: que feras-tu? Plus profonde que le séjour des morts: que sauras-tu? La mesure en est plus longue que la terre, Elle est plus large que la mer. Qu'évoquent pour  vous ces 4 dimensions. Notez comment elles sont encadrées dans le texte.
(III,20) Ce verset est cité en conclusion de la déclaration de foi de l'ERF. Comment comprenez-vous cette puissance de Dieu ?

 

(IV, 1-16) Qu'est ce qui fonde l'Eglise?
(4,4-6)Sept facteurs lient ensembles les chrétiens. Combien d'entre eux sont-ils encore partagés par les chrétiens aujourd'hui ? Remarquez-vous une lacune qui pourrait surprendre parmi ces facteurs ?
(4,7,11-12, 16) Comment s'articulent grâce et différence entre les ministères ?

 

(4, 17 - 5,20) Selon vous, qu'est ce qui caractérise la différence entre païens et chrétiens dans ce texte. "Vous et eux" ou "Autrefois et maintenant ?
(4, 29-31) Comparer avec les notions biblique de bénédiction et de malédiction. Réfléchir sur la puissance de nos paroles.
(5, 5) Comment comprenez-vous "avoir (ou pas) un héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu"
(5, 21- 6,9) Comparer avec Col 3, 18-22 "Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes, et ne vous aigrissez pas contre elles. Enfants, obéissez en toutes choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur.  Pères, n'irritez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur". Noter la réciprocité soulignée dans les relations domestiques.
(5, 21-32) Comparer ce passage avec I Co 7,8-15 A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu'il leur est bon de rester comme moi. Mais s'ils manquent de continence, qu'ils se marient; car il vaut mieux se marier que de brûler.  A ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari. (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme non-croyante, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie point; et si une femme a un mari non-croyant, et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne répudie point son mari. 14 Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. Si le non-croyant se sépare, qu'il se sépare; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix. Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme?

 

Que dire de l'évolution de la compréhension du mariage ?

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Praxitèle d'Athène et Jésus de Nazareth

11 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Apollo-Saurocton-Louvre.jpgUn nom gravé dans un socle de marbre, des témoignages écrits plus de 3 siècles après sa mort sur des oeuvres disparues aujourd'hui c'est tout ce qui nous reste de Praxitele, célèbre sculpteur de l'antiquité grecque auquel le Louvre consacre aujourd'hui une exposition...
La promenade est belle et pédagogique, elle nous montre comment à travers la copie des plus célèbres de ses oeuvres puis l'imitation de son style, l'art de Praxitele est parvenu jusqu'à nous. On découvre le travail d'enquête des historiens de l'art et les querelles d'interprétation des experts, une véritable éxégèse de la sculpture que je ne peux m'empêcher de rapprocher du travail des spécialistes du Nouveau Testament. Avec une légère pointe de jalousie : malgré l'absence de traces palpable, malgré le caractère tardif des témoignages, de Praxitele, aucun théoricien du complot ne vient dire qu'il n'a jamais existé.
Et puis l'exposition vient remettre en question une évidence un peu hâtive. Nous avons souvent tendance à estimer que dans la transmission, la tendance naturelle est à l'exagération, à l'introduction d'aspects merveilleux dans un récit plus banal. Ainsi, nous admettons facilement que la divinisation de Jésus de Nazareth procède de cette tendance à l'exagération et que donc plus un récit  nous montre un Jésus divin, plus il est tardif...L'exposition sur Praxitele nous offre deux contre exemples qui viennent nous montrer que l'attenuation et l'humanisation sont aussi des tendances attestées de la transmission. Les spécialistes semblent s'accorder pour estimer que la version la plus humaine de l'Aphrodite de Cnide est la plus tardive : la déesse altière est devenue une baigneuse effrayée. Et plus marquant encore, sur l'Apollon sauroctone : le terrible serpent
Python du mythe est devenu un vulgaire lézard.
L'occasion pour moi de ressortir une de mes phrases fétiches : "ce n'est pas si simple que ça..."
Bon promis, je ne vais pas laisser la vraie culture squatter cette rubrique trop longtemps, bientôt je vous parle de Spiderman.

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J'aimais Dieu quand Il était mort...

10 Mai 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

clarika.jpgSamedi, Clarika donnait un concert à Louviers. De la pêche, de l'humour, un certain goût pour les jeux de mot et pour les inventaires, j'aime bien Clarika. Bon, à priori rien qui se prête vraiment à une relecture théologique : des chansons espiègles et/ou sentimentales, des tranches de vie réelles (Marco) ou imaginaires (Patricia).
Et puis, il y a celle-ci...

Je t'aimais mieux quand t'etais mort
c'etait bien
on etait toujours d'accord
si sereins
tu me coupais plus la parole
m'ecoutais religieusement
en fixant les aureoles au plafond
serrant les dents

"Je t'aimais mieux quand t'étais mort" qui n'est pas sans m'évoquer cette proclamation de la grâce proposée dans nos liturgie.

Réjouissons-nous
car Dieu n’est pas un inconnu, dominateur,
éternel indifférent au monde qu’il a créé.
Au contraire, Il s’y fait connaître,
Il y fait retentir sa parole.
 
Réjouissons-nous
car cette parole n’est pas un immuable message.
Mais elle est un homme de Palestine
venu il y a 2000 ans.

Réjouissons-nous
car cet homme n’est pas un pieux souvenir
à embaumer et à vénérer.
Il est mort et ressuscité
et aujourd’hui, il est vivant

 

En effet, malgré l'invitation à la réjouissance de notre liturgie, la chanson de Clarika
vient me rappeler qu'un ressuscité c'est moins confortable qu'un souvenir, qu'un Dieu qui se fait proche est moins domesticable, que la Bible, témoignage humain d'une Parole vivante, pleine de contrepoints et de tensions est bien moins pratique qu'un dogme figé. "C'était bien quand t'étais mort", j'ai un peu l'impression que tout chrétien ressent parfois cela á l'égard du Dieu vivant... C'est sans doute pour être plus sereins que nous préférons souvent l'image morte, figée de Dieu de la religion au Dieu vivant de l'Evangile...

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