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Miettes de théologie

La prière et la veille, le nécessaire et l'utile

28 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Ce soir, loin des tumultes de la Gay Pride (j'étais un peu coincé dans Paris aujourd'hui), des chrétiens se mettront en prière (peut-être certains auront-ils défilés à Paris sous l'étendard multicolores). De 20h à 8h, un long relais de prière pour les victimes de la torture, toutes les victimes : ceux qui la subissent, ceux qui la commettent, ceux qui l'ordonne. Il est inutile que je vous présente l'ACAT et la nuit des veilleurs : vous n'avez qu'à aller voir sur leur site et, si vous êtes chrétiens, vous pouvez même vous inscrire pour un temps de prière (si vous n'êtes pas chrétiens, eh bien, c'est à vous de voir : loin de moi l'idée de vous exclure de cette action).

En revanche, à l'orée de cette nuit des veilleurs, j'aimerai partager avec vous une petite réflexion sur la prière et la veille.

A quoi bon prier pour les victimes de la torture ? Qu'est ce que cela leur apporte ? Et dans le strict domaine de la foi, Dieu aidera-t-il plus les victimes de la torture si je prie pour elles ? Les aiera-t-il moins si je me tais ? Et comment seraient-ils soulagés par cette prière qu'ils ignorent. Des pétitions, des lettres ne seraient-elles pas plus utiles ? Sans aucun doute.

En fait, je ne suis pas du tout persuadé de l'utilité de la prière. Qu'on me comprenne bien, il ne s'agit pas ici de contester l'idée que Dieu agit dans le monde. En fait, c'est le contraire, je suis convaincu que Dieu n'attend pas nos prières pour agir en faveur de ses enfants. Je ne défendrai donc pas ici l'utilité de la prière. En revanche, parce que je suis chrétien, je reconnais que la prière m'est nécessaire. Aussi étrange que cela puisse paraître dans notre logique, j'affirme la nécessité absolue de cette prière complètement inutile.

Je vais même aller plus loin, je crois que l'efficacité de la prière réside dans son inutilité. Je suis en désaccord avec Alain Houziaux quand il affirme que l'homme doit faire les choses pour rien. Je pense que la gratuité est l'apanage de Dieu, l'homme lui agit pour quelque chose et ce même quand il fait le bien : il y a une utilité immédiate aux exigences de l'Evangile. Y répondre ne provoque pas notre salut mais améliore notre monde. Mais la prière est l'exception : elle est inutile, elle n'améliore pas notre monde, elle est "pour rien". Et parce qu'elle est "pour rien", elle nous rapproche de Dieu en nous faisant participer à sa gratuité.

 

Mais l'ACAT ne fait pas que prier, ils font aussi dans l'utile, nous rappelant que la prière n'empêche pas l'action bien au contraire. L'utile ce sont les pétitions et les lettres. L'utile c'est aussi cette nuit de veille. Parce que veiller, c'est avoir les yeux ouverts. C'est dire à ceux que l'on torture : "vous êtes toujours des hommes et des femmes, nos frères et nos soeurs, ceux qui vous écrasent ne réussiront pas à vous enlever cela". C'est dire aussi à ceux qui torturent, aux gouvernement qui utilisent la torture : "Nous savons ce que nous faisons". Et cette vigilance sert à quelque chose. Même le plus tyrannique des gouvernements se soucie au moins un peu de son image...

 

La prière et la veille, le nécessaire et l'utile, cette nuit pendant un quart d'heure ou une heure, ayons les yeux ouverts et notre espérance en Dieu seul...

Ma Bible est une autre Bible

27 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Ma Bible est une autre Bible. Ses rédacteurs et ses protagonistes sont de chair et de sang. Elle n'a pas été rédigée par Dieu, et ses personnages ne sont ni saints, ni purs. Je n'ai ni l'érudition d'un chercheur ni la motivation d'un commentateur. C'est un livre que j'aime lire et qui provoque en moi émotion et réfléxion. Il recèle suffisament de politique, d'amour, de foi et de pensée pour inciter le lecteur à réfléchir à ce qui se passe autour de lui, comme autrefois.





Meir Shalev



Meir Shalev, journaliste israëlite entreprend de nous raconter certains épisodes bibliques loin de toutes considérations pieuses ou théologiques. Le projets est allèchant (mais je dois reconnaître que toute tentative de relecture de la bible loin des images édifiantes de l'histoire sainte a, d'emblée, ma sympathie) et laplume est agréable. Shalev a de l'humour et sait se montrer respectueusement impertinent vis à vis des maître du Talmud.


Pourtant, à dire vrai, le premier chapitre m'a fait tiquer : affirmer que dans ,lhistoire  de David et Abigail, David fait du racket ne me paraît pas vraiment révolutionaire (c'est simplement ce que dit le texte) et l'enquête sur la mort de Nabal témoigne d'une naïveté fondamentaliste qui prête à sourire. Et puis, le deuxième chapître, une merveilleuse lecture de l'histoire de Jacob et Rachel, remet les pendules à l'heure : la démarche de Shalev est tout sauf naïve. Il ne prétend pas livrer la bonne, ni même une nouvelle interprétation du texte,  il s'agit simplement pour lui de dire les histoires que la Bible lui raconte, des histoires humaines pleines d'amour, de violence et de rouerie, des histoires qui nous parlent bien au-delà des faits qu'elles relatent. Et comme Maier est juif, si sa base de travail nous est commune (le Premier Testament), ses présupposés de lecture, la tradition à laquelle il fait référence ne sont pas les miens, ce qui ouvre des horizons nouveaux. Vivante, décapante, drôle et interpelante la Bible de Meir Shalev est-elle une autre bible ? Je n'en suis pas sûr; les auteurs et les protagonistes de la mienne sont aussi des êtres de chair et de sang et c'est bien pour cela qu'ils me parlent de Dieu et que je reçois leur témoignage pour authentique. Mais celui qui ne connaît la Bible que de loin y découvrira sans doute des épisodes inconnus. Quant au lecteur plus accoutumé, je gage qu'il fera, au grè de certains chapitres, des découvertes...
Meir SHALEV : Ma Bible est une autre Bible. Edition des deux terres

Un accueil qui nous engage

22 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 22 juin 2008
Baptême de Maëlle

Psaume 133

Un baptême, même un baptême d’enfant est toujours question d’engagement. Il y a les engagements de Régis et Marie Laure, les parents de Maëlle, les engagements d’Amandine et de Stéphane, ses parrain et marraine. Mais parmi ces engagements, ceux de l’assemblée toute entière sont sans doute les plus grands.
Je ne veux pas dénigrer les engagements de Régis, Marie Laure, Amandine et Stéphane, il est tout à fait important voir fondamental qu’ils parlent plus tard de son baptême à Maëlle. C’est eux qui devront prendre la responsabilité de l’envoyer au caté. Ils seront pour elle les premiers témoins de l’amour de Dieu. Mais franchement, si cette responsabilité est importante, ça ne me paraît tout de même pas être la mer à boire.
En revanche, en tant que communauté, nous avons à réaliser le psaume 133 pour Maëlle. Nous avons à être cette communauté fraternelle, cette communauté qui accueille et honore, cette communauté qui dit et qui est la bénédiction de Dieu.

Oui avant tout ce que nous avons à offrir à Maëlle, c’est un lieu où des frères et sœurs se retrouvent ensemble. Frères et sœurs… J’aime que l’Eglise repose sur ce vocabulaire de la famille. Maëlle n’entre pas aujourd’hui dans un club d’amis dont elle partagerait les intérêts, elle ne rejoint pas une bande ou une équipe dont elle devrait porter les couleurs. Elle est accueillie dans une famille qui est la sienne, au-delà de sa famille de sang. C’est une famille qui présente une particularité : celle de n’être qu’une gigantesque fratrie. Il n’y a pas dans l’Eglise différents degrés de parenté. Il n’y pas de lien de filiation qui viendrait introduire une hiérarchie. Parce que nous n’avons qu’un seul Père : nous sommes tous frères et sœurs. Et pour ceux qui voudraient se prévaloir d’un quelconque droit d’aînesse, je les encourage à aller regarder du côté de Jacob, de Joseph, de David et de voir à quel point Dieu se rit du droit d’aînesse… Oh, je ne prétendrais pas que l’Eglise est la famille idéale, comme toute les familles elle a ses difficultés, ses pesanteurs parfois ses conflits. Je voudrais m’arrêter sur une difficulté e la famille et de l’Eglise, une difficulté que nous avons soulignée dans nos engagements : Aucune contrainte ne la retiendra dans la communauté
chrétienne mais, si elle vient à s'en séparer,  vous affirmerez qu'elle peut toujours y retrouver sa place . Il existe des brouilles dans les familles, il existe la tentation de dire à son frère : « tu n’es plus mon frère ». Cette tentation du jugement et du rejet existe aussi dans l’Eglise mais aujourd’hui, nous avons pris l’engagement de ne pas y succomber, de ne pas couper le lien quoiqu’il arrive. Mais dire que nous ne couperons pas le lien, c’est prendre le risque que ce lien soit vécu comme une chaîne, un étouffement. Comme toutes les familles, l’Eglise est prise dans la difficulté de dire que le lien ne sera pas rompu mais que l’individu garde toute sa liberté. Ce n’est pas facile de dire à Maëlle qu’elle est et sera toujours libre de partir mais qu’une fois partie elle conservera la liberté de revenir. L’Eglise, comme toute les familles connaît la tentation d’un amour lierre qui agrippe et étouffe. Mais aujourd’hui, nous avons pris l’engagement de ne pas céder à cette tentation. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de dire à Maëlle : « tu appartiens à l’Eglise » mais de lui dire « l’Eglise t’appartient : elle est et sera là pour toi, à ton service ».
Je ne veux pas prétendre ce matin que l’Eglise est une famille idéale mais ce matin nous avons pris l’engagement que pour Maëlle, ce sera une famille belle et bonne à retrouver.

C’est comme l’huile parfumée sur la tête d’Aaron qui descend jusqu’à sa barbe, jusqu’au bord de ses vêtements. Il n’y a pas d’onction lors d’un baptême protestant, l’eau avec laquelle nous avons baptisé Maëlle, n’est qu’une bête eau du robinet… Et pourtant, ce matin, nous nous sommes engagés à l’onction. L’huile parfumée qui coule sur la tête d’Aaron, jusqu’à sa barbe, jusqu’à son vêtement, c’est le geste d’onction, le geste qui sacre les rois et les prêtres. Eh bien, en entrant dans notre communauté, Maëlle doit s’y sentir comme une reine, comme la grande prêtresse, comme le personnage le plus important de la communauté. Cela est vrai aujourd’hui où elle est sans doute la reine de la fête mais cela doit être vrai à chaque fois qu’elle est avec nous. Et cela doit être vrai pour toi, pour toi et pour toi, pour chacun d’entre nous. Sais-tu que tu es pour nous aussi important, aussi précieux qu’Aaron, le grand prêtre ? Sais-tu que nous reconnaissons en toi, le visage de Dieu ? Savons-nous suffisamment te le dire, te le montrer ?

Régis et Marie Laure m’ont gentiment dit qu’ils avaient été touchés par la manière dont ils ont été accueillis par notre communauté à Vernon. Tant mieux ! Mais cet accueil, cette fraternité peuvent et doivent toujours être améliorés. Je pense qu’en la matière, il ne doit pas y avoir de place pour une quelconque philosophie de décroissance. En ce qui concerne l’accueil,  la reconnaissance de l’autre, l’amour qui nous unit, nous devons faire toujours mieux, toujours plus. Nous devons être débordant comme la rosée du mont Hermon descendant sur les collines. Il faudra que toutes les Maëlle qui viennent à nous se s entent toujours plus accueillis. Je voudrais d’ailleurs m’adresser à Régis et Marie Laure, cet engagement de la communauté vis-à-vis de Maëlle et vis-à-vis de vous, c’est aussi votre engagement. En effet, nous espérons que vous aussi, à votre manière, participerez à donner à notre communauté ce visage ouvert.

Mais pourquoi cet accueil de Maëlle ? Pourquoi voulons-nous que demain, elle puisse en regardant notre communauté, s’exclamer avec le psalmiste  « Quel bonheur, quel douceur pour des frères d’être ensemble ? ». Ce n’est pas pour fidéliser une paroissienne de plus, ce n’est pas pour gagner une future cotisante, ce n’est pas pour grossir nos effectifs. Non. C’est pour qu’ainsi nous puissions témoigner à Maëlle du plus grand des engagements qui a été pris lors de son baptême. Non pas celui de ses parents, non pas celui de la communauté mais celui de Dieu, un engagement qu’il a pris vis-à-vis d’elle bien avant son baptême, avant sa naissance même. Un engagement qu’il a déjà tenu : celui de l’aimer et d’aller jusqu’au bout de son amour pour elle. Et ces renversements dont nous avons parlé, Jésus les a manifesté en recevant le baptême de Jean. Dieu est venu à nous dans le don et dans l’amour.

Amen.

Ancien Testament : quelles vérités historiques ?

19 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Il faut cependant pour finir ce préalable prendre certes une distance d'avec une des lectures historiques de la Bible : celle qui prétend la prendre à la lettre. Celle selon laquelle la terre aurait 6000 ans, comme nous le propose le texte, celle selon laquelle le monde aurait été fait en 7 jours (6 en fait, Note du Blogueur). Il n'y a plus, depuis très longtemps, qu'une infime minorité, au demeurant bruyante, qui fait cette lecture. Elle trouvera dans ces pages des motifs d'exaspération que nous voudrions lui épargner d'emblée en annonçant la couleur.
J. MOURIQUAND

Mes paroissiens me prêtent des livres. C'est très bien parce que soit ce sont des livres que j'aurai acheté et cela me fait faire une économie et surtout, cela me pousse à ne pas les laisser attendre au fond de ma bibliothèque, soit ce sont des livres que je n'aurai pas lu et donc cela m'enrichit. Comme Comment je suis redevenu chrétien, L'Ancien Testament : quelles vérités historiques ? appartient à la seconde catégorie. L'archéologie biblique n'est pas mon centre d'intérêt, et ces dernières découvertes ne me passionnent pas plus que ça. Disons que j'ai tendance à me contenter des grandes lignes qui m'ont été inculquées pendant mes études en théologie (laissez béton, j'démystifie).
D'ailleurs en lisant Mouriquand, je me rend compte que je peux continuer comme ça, je suis pas encore tout à fait dépassé. Ancien Testament : quelles vérités historiques ? est un bon ouvrage de vulgarisation. En dépit d'un titre et d'un sous-titre un peu journalistique, il offre une photographie honnête de l'état actuel de la recherche sur l'histoire ancienne d'Israël. Honnête parce que bien documentée Mouriquand cite ses sources et montre bien que cette archéologie biblique n'est pas ignorée des exégètes et théologiens. Il ne s'agit pas pour lui d'opposer la religion aux découvertes de la science moderne mais plutôt de montrer des chercheurs, croyants ou non, au travail. Honnête aussi parce que prudente, Mouriquand consacre un long chapitre (le plus long du livre) à expliquer combien il est anachronique de prétendre lire les livres bibliques comme des récits historiques et biographiques modernes. Un reproche toutefois : à mon sens, il ne souligne pas assez que non seulement ces livres ne font pas de l'histoire comme on la fait aujourd'hui mais qu'il ne sont même pas écrits pour faire de l'histoire, que leur projet n'est pas historique. Prudence encore renforcée par une conclusion qui rappelle que la recherche pourra mettre à mal demain les hypothèses d'aujourd'hui. Entre les deux, le développement est simple, pédagogique : une esquisse du monde de cette époque, un chapitre pour Abraham et les patriarches, puis un pour Moïse et l'Exode et un pour David et Salomon, Du contenu de ces chapitres, je ne dirai pas grand chose pour éviter de scandaliser certains de mes lecteurs que je renvoie à la citation en exergue. En fait, je préfère ne pas débattre sur le contenu d'un livre avec qui ne l'a pas lu. Ancien Testament : quelles vérités historiques ? est un ouvrage de vulgarisation à destination du grand public curieux : le spécialiste le trouvera sans doute un peu rapide et l'amateur éclairé n'y apprendra pas grand chose mais sera content d'avoir un résumé d'ensemble.
Je voudrai toutefois réagir à un point :
On ne peut que déplorer que ce soit les publics les moins érudits, les moins avertis mais en même temps les plus attachés à une foi simple, qui aient été les moins initiés au condition très particulières de la collation de l'Ancien Testament. C'était pourtant le métier des hommes d'Eglise de les éclairer. Beaucoup parmi eux ont cru qu'il valait mieux laisser perdurer l'ignorance des nouveaux débats. Comme auteur d'un récit radiophonique sur le sujet, j'ai reçu des correspondances où on me reprochait de semer le doute chez le "brave paroissien" (sic!). Ceux qui écrivent cela ne me semblent guère fidèles à l'esprit du message qu'ils ont à transmettre.
Et c'est probablement cette absence d'initiation au sens véritable de ce débat qui fait, à présent, le choc dans des esprits insuffisamment préparés et qui se sentent blessés dans leurs convictions.

En tant que pasteur, je reconnais effectivement ma responsabilité. C'est sans doute, en partie à cause de nous que certains de nos paroissiens sont scandalisés dans leur foi par des informations que nous connaissions depuis longtemps et qui passent d'un seul coup dans le grand public, souvent déformées par le prisme du sensationnalisme. En revanche, Mouriquand me paraît bien sévère quand il attribue cette carence d'enseignement à ce qu'il faut bien appeler une forme d'obscurantisme. La raison est, à mon avis, souvent autre tout d’abord, les hommes d’Eglise oublient parfois que tout le monde ne baignent pas autant qu’eux dans la Bible et son étude et il leur paraît parfois inutile de rappeler des choses qui leurs paraissent acquises… Mais surtout, en Eglise les lieux pour rappeler ces faits ne sont pas si nombreux : les paroissiens qui fréquentent les études bibliques sont une petite minorité même au regard des pratiquants et la prédication dominicales n’est pas le lieu où fait de l’histoire : elle doit avant tout témoigner du message de la Bible et ce message est bien plus important et plus riche que la question de l’historicité d’Abraham. (Une paroissienne archéologue me souffle que l’ignorance des pasteurs sur la question est aussi une cause importante. Laissez béton, elle démystifie…)
Bref, me voilà avec un aspect de la question à creuser pour l’introduction à la Bible que je projetais de mettre sur pied…

J. MOURIQUAND : L'Ancien Testament : Quelles vérités historiques ?; Edition Labor et Fides

Comment je suis redevenu chrétien

16 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Je parle ici, non point de persécution à proprement parler (ce serait idiot), mais de cette dérision goguenarde qui court dans l'époque et agite les médias, principalement à gauche, où se situent la plupart de mes amis. On aime y désigner le croyant qui s'affiche comme un zombie archaïque, amputé d'une part de lui-même, voué à une crédulité qui prête à sourire quand elle ne déchaîne pas l'hostilité (...). Ce n'est pas la vivacité hostile de ces discours qui me choque. Les chrétiens, après tout, n'ont pas toujours reculé devant la dispute, laquelle accompagne l'histoire du christianisme depuis l'origine. (...) La confrontation avec un discours hostile, même violent, est une occurrence dont il faut accepter la rudesse. Et peut-être s'en féliciter. Toute croyance ne doit-elle pas rendre raison d'elle-même, sauf à demeurer dans l'obscurantisme ou le sentiment ? (...) Non, c'est la superbe et la condescendance le plus souvent incultes - pour ne pas dire ignares - de certains réquisitoires contemporains qui m'irritent (...). Ces réquisitoires n'ont plus rien à voir avec un questionnement ou une controverse documentée. Ils procèdent de l'injonction haineuse, assez proche, au fond, de ce que furent les anathèmes idéologiques du XXème siècle.
Jean Claude Guillebaud


En règle générale, je ne lis pas de livres de témoignage : la plupart du temps, ils m'ennuient. (C'est d'ailleurs assez curieux puisque je suis persuadé que la foi naît du témoignage plutôt que de la démonstration. Un jour, il faudra que je creuse un tout petit peu cette contradiction apparente). Il y avait donc peu de chance que le bouquin de Guillebaud me tombe dans les mains. D'autant que présenter la foi comme l'aboutissement d'une démarche rationnelle à tendance à me hérisser (j'y vois une offense à la foi et à la raison). Mais Comment je suis redevenu chrétien m'a été prêté et à bon escient. Comme son titre l’indique (comment et non pourquoi) Jean-Claude Guillebaud n'a pas eu d'apparition divine et il ne prétend pas pouvoir démontrer que Dieu existe. Simplement, il a côtoyé la pensée chrétienne et il sait donc combien souvent les attaques contre les chrétiens reposent sur l'ignorance (comme la plupart des préjugés soit dit en passant). Il sait que de nombreux principes de notre société occidentale (égalité de dignité, universalité par exemple) sont issus du christianisme. Il sait surtout que la foi chrétienne ne consiste pas à lire les textes bibliques comme des compte-rendu journalistique (être chrétien, c'est un peu plus que croire que Jésus est né d'une vierge, dans une étable et qu'une fois grandi, il est parti marcher sur l'eau avant de la transformer en vin) et qu'elle propose une vision du monde à la fois riche et profondément subversive. Bon, le christianisme de Guillebaud est un peu trop girardien pour moi (à mon avis le discours de la croix va un peu plus loin que l’anéantissement du sacrifice) mais qu'importe, je me reconnais assez bien dans son discours sur la foi qui n'est pas l'aboutissement d'une réflexion mais qui n'exclut pas la raison, qui n'est pas une décision mais reste une adhésion.
S'il me manque quelque chose, c'est que Guillebaud nous parle un peu plus de son catholicisme. En effet, tout disciple d'Ellul qu'il est, son discours reste résolument catholique : la vérité est quelque chose dont il convient de s'approcher en cercles concentriques afin de mieux pouvoir s'en saisir. Et puis, j'ai un peu l'impression que Guillebaud se sent "chrétien mais pas encore catholique" et que pour lui être pleinement catholique serait le véritable accomplissement, une vision bien catholique donc. Du coup, j'aurai aimé qu'il développe un peu plus cet aspect des choses, qu’il nous dise par exemple ce qui le sépare du protestantisme de Ellul.

J.C GUILLEBAUD : Comment je suis redevenu chrétien. Ed. Albin Michel

Deux b.d. que je n'offrirai pas à mes catéchumènes

10 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

A l'époque des confirmations et autres accueils à la Cène, la question revient : "qu'offrir à nos jeunes ?" Quel livre (oui, on offre beaucoup de livres dans le protestantisme. Allez savoir pourquoi ...) ne finira pas oublié au fond d'une bibliothèque ? Un recueil de prières ? L'institution chrétienne ? La dogmatique? Ah une B.D. ! La bande dessinée, c'est bien pour les jeunes (on n'en est pas à une idées reçue près). Problème : les bédés chrétiennes ne sont pas si nombreuses que ça et elles sont souvent destinées à des enfants et plus souvent encore d'une mièvrerie consternante.

Une copine me l’avait conseillé et je retrouve une note de lecture dans Evangile et liberté. Du coup, je jette un œil à Dieu n’a pas réponse à tout (mais IL sait à qui s’adresser). Eh ben, je suis pas, mais alors pas du tout, convaincu. C’est pas vraiment drôle, vaguement bien pensant, et plutôt mou, passablement cucul-la-praline aussi. Bref, quitte à faire dans la mièvrerie, je préfère la mièvrerie d'inspiration biblique…

King David, en revanche est une très bonne B.D. au graphisme nerveux et agressif. Mais elle est trop résolument adulte pour que j'ai le cran de l'offrir à des catéchumènes. Le principe en est simple : transposer la geste de David à notre époque, dans un contexte de guerre de gangs. David est un "berger", c'est à dire qu'il est chargé de surveiller les prostituées de son gang dirigé par Saül, le parrain. On retrouve également les enfants de celui-ci : Mikal et Jonathan et les porte-flingues, Abner et Joab. Samuel, lui, est un espèce de bonze hilare, représentant d'un mystérieux parrain des parrains (devinez qui c'est). Bien sûr qu'il y a de la provocation dans tout cela, on ne coupera pas à la relation homosexuelle entre David et Jonathan, mais l'intérêt n'est pas là. Cet univers violent et glauque est d'une fidélité saisissante au texte biblique, la geste de David y apparaît comme cet embrouillamini guerrier et politique et presque tout y est (à l'exception notable des pérégrinations de l'arche). Bon, je m'inscris en faux contre certaines interprétations : David et Jonathan, mais surtout le raid contre Siklag (King David inverse complètement la position du David biblique quant aux hommes restés en arrière). Je constate aussi, avec amusement, que la bédé adoucit considérablement l'histoire de David et Bethsabée. King David fait tuer son lieutenant pour lui piquer sa femme et sa punition sera de voir Salomon lui succéder à la place d'Absalom, une histoire très différente de celle que raconte la Bible (David fait tuer Urie parce que Bethsabée est enceinte après avoir essayé de faire "endosser" l'enfant à Urie et comme punition, l'enfant mourra). Mais    à l'arrivée, je ne puis que saluer la fidélité à une histoire biblique qui n'a rien d'édifiant mais qui est humaine, terriblement humaine. Or, c'est bien de nous et pas d'un humain idéalisé que parle la Bible.
Pour clore King David, plusieurs artistes proposent des couvertures pour une hypothétique série (Bible Remixed). Et l'on se prend à rêver d'un traitement aussi fidèle et adulte pour Noé, Jonas ou Samson. A propos de fidélité, je veux bien croire que la bédé doive beaucoup à Gérard Messadié  et à Kyle Baker, mais donner les référence de la véritable source, ça aurait été sympa
: I Samuel 16 à II Samuel 18. 

Mais comme c'est quand même très cru et que je suis très lâche, prude, responsable, cette année, je vais encore m'en tenir à www.Jésus qui ? L’enquête historique.

BENNAQUISTA  BARRAL : Dieu n'a pas réponse à tout. Ed. Dargaud
OZANAM & SINGELIN : King David. Ed. KSTR

La vie après la vie (2) Immortalité de l'âme ou résurrection ?

7 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

C'est une jeune fiancée

Qui, le front ceint du bandeau,

N'emporta qu'une pensée

De sa jeunesse au tombeau

Triste, hélas ! dans le ciel même,

Pour revoir celui qu'elle aime

Elle revient sur ses pas,

Et lui dit : Ma tombe est verte !

Sur cette terre déserte

Qu'attends-tu ? Je n'y suis pas !

Lamartine. Pensée des morts

 

Outre l'idée de maintenir notre Eglise comme lieu de débat ouvert sur le monde, l'un des intérêts que je trouve au café biblique est aussi de m'obliger à corriger ou affiner ma pensée. Sur ce point, notre dernier café biblique a rempli sa mission.

Alors que j'évoquais la classique distinction entre immortalité de l'âme et résurrection des morts et que j'affirmais ma préférence pour la résurrection (tout en reconnaissant que l'idée platonicienne de l'âme immortelle n'est pas complètement inconnue dans le texte biblique), une paroissienne me rappelle à l'ordre : non les morts ne disparaissent pas complètement. Il ne s'agit pas, pour cette femme qui a perdu 2 enfants, de nier la cruelle réalité de la mort, mais bien plutôt d'affirmer cette mystérieuse vérité du deuil : notre relation avec une personne décédée ne s'arrête pas avec sa mort. La mémoire, ce que la personne nous a apporté et laissé et notre deuil même, cette blessure qui ne cicatrise jamais complètement, montrent bien que la mort ne coupe pas complètement la relation. Ce rappel à l'ordre me conduit à revoir mon jugement sur les notions d'immortalité de l'âme et de résurrection.

Et j'aimerai réconcilier ces deux langages que la Bible utilise pour parler de l'indicible après-mort en une formule un peu rapide, un brin provocatrice : "pour les autres, l'immortalité et pour moi, la résurrection."

"Pour les autres, l'immortalité" parce que la mort de ceux que j'aime ne m'arrache pas tout, parce que dans ce qu'ils m'ont donné, dans l'amour que j'ai pour eux (cet amour qui me rend la séparation si douloureuse), ils restent bien présents. L'immortalité de l'âme me dit que la relation ne s'arrête pas.

"Pour moi, la résurrection". Poussière tu es, poussière tu retourneras. La Bible me renvoie à ma finitude : viendra le jour ou je disparaîtrai. Complètement. Je n'aimerai plus ni ne haïrai. Je ne souffrirai plus ni ne me réjouirai. En tant que sujet, en tant que "je", je n'existerai plus. Et pourtant, je crois que ce néant qui va m'engloutir n'aura pas le dernier mot. Je crois que Dieu me ressucitera, me fera ressurgir libéré de la mort. Comment ? Sous quelle forme? Vaines questions auxquelles l'apôtre a répondu déjà : "autre est l'éclat de la lune, autre est l'éclat du soleil". La promesse de la résurrection me dit la réalité de la mort : comment ressusciterai-je si je suis immortel ? Mais elle ouvre une espérance au-delà de cette mort.

Résurrection des morts, immortalité de l'âme : deux langages de l'indicible, deux images imparfaites d'une espérance qui dépasse la finitude humaine, deux discours pour une seule confession de foi : la mort ne sera pas victorieuse !

La vie après la vie (1) Canevas

4 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Voici les quelques questions et textes bibliques qui ont servi à lancer la discussion lors de notre dernier café biblique. Une discussion riche et féconde qui me conduit à revoir un peu mon vocabulaire entre immortalité de l’âme et résurrection…

Qu’y a-t-il après la mort ?

Quelles sont les théories sur l’après mort que vous connaissez ?

Croire en un au-delà de la mort, est-ce réservé aux religions ?

Croire ne l’existence de dieu(x) implique-t-il nécessairement que l’on croit qu’il y a quelque chose après la mort ?

Pourquoi l’homme a-t-il des théories sur l’au-delà ?

 Tout ce que ta main trouve à faire, avec ta force, fais–le ; car il n’y a ni activité, ni raison, ni connaissance, ni sagesse dans le séjour des morts, où tu vas. Qoeleth IX, 10

Car ce n’est pas le séjour des morts qui te célébrera, ce n’est pas la mort qui te louera ; ceux qui descendent dans le gouffre n’espèrent plus rien de ta loyauté. Esaïe XXXVIII, 18

En ce temps–là se dressera Michel, le grand prince, celui qui défend les gens de ton peuple. Ce sera un temps de détresse tel qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps–là. En ce temps–là, ton peuple échappera –– quiconque sera trouvé inscrit dans le livre. Une multitude, qui dort au pays de la poussière, se réveillera –– les uns pour la vie éternelle et les autres pour le déshonneur, pour une horreur éternelle. Ceux qui auront eu du discernement brilleront comme brille la voûte céleste –– ceux qui auront amené la multitude à la justice, comme des étoiles, pour toujours, à jamais Daniel XII, 1 à 2

Des sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, viennent l’interroger : Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si quelqu’un meurt sans enfant, laissant une femme derrière lui, son frère prendra la femme et suscitera une descendance au défunt. Il y avait sept frères. Le premier prit femme et mourut sans laisser de descendance.  Le deuxième prit la femme et mourut sans laisser de descendance. Il en fut ainsi du troisième, et aucun des sept ne laissa de descendance. Après eux tous, la femme mourut aussi. A la résurrection, quand ils se relèveront, duquel sera–t–elle la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme ! Jésus leur dit : Voilà pourquoi vous vous égarez ; vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu.  En effet, quand on se relève d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. Quant au fait que les morts se réveillent, n’avez–vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui a dit près du buisson : C’est moi, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ! Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. Marc XII 18-27

Mais quelqu’un dira : Comment les morts se réveillent–ils ? Avec quel corps reviennent–ils ?   Homme déraisonnable ! Ce que tu sèmes toi–même n’est pas rendu vivant sans mourir. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, c’est une simple graine, un grain de blé peut–être, ou une autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il le veut ; à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est celle des humains, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est la gloire des corps célestes, autre celle des corps terrestres. Autre est la gloire du soleil, autre la gloire de la lune, et autre la gloire des étoiles ; même une étoile diffère en gloire d’une autre étoile. Ainsi en est–il de la résurrection des morts. Semé périssable, on se réveille impérissable. Semé dans le déshonneur, on se réveille dans la gloire. Semé dans la faiblesse, on se réveille dans la puissance. Semé corps naturel, on se réveille corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant, naturel. Le dernier Adam, lui, est devenu un esprit qui fait vivre.  Ce n’est pas le spirituel qui est premier, c’est le naturel ; le spirituel vient ensuite.   Le premier homme, tiré de la terre, est fait de poussière. Le deuxième homme vient du ciel. Tel est celui qui est fait de poussière, tels sont aussi ceux qui sont faits de poussière ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image de celui qui est fait de poussière, nous porterons aussi l’image du céleste. Ce que je dis, mes frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que le périssable n’hérite pas l’impérissable. Je vais vous dire un mystère : nous ne nous endormirons pas tous ; mais tous, nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. Car elle sonnera, et les morts se réveilleront impérissables, et nous, nous serons changés. Il faut en effet que le périssable revête l’impérissable, et que le mortel revête l’immortalité. Lorsque le périssable aura revêtu l’impérissable, et que le mortel aura revêtu l’immortalité, alors se sera accomplie la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi. Mais grâce soit rendue à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus–Christ ! I Corinthiens XV, 36 à 57



Mythes grecs, mythes bibliques

1 Juin 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Le langage mythique est une tentative de raconter quelque chose qui ne relève pas du savoir mais de l’indicible et de l’irreprésentable, à savoir le rapport de l’homme à sa destinée et à l’altérité. Dit autrement, les mythes tentent d’objectiver - sous la forme d’histoire mettant en scène des personnages et des situations compréhensibles par tous – le rapport de l’homme aux grandes questions de l’existence. Il cherche ainsi à exprimer aussi « rationnellement » que possible, le mystère des origines de l’homme et de son devenir. Ce faisant, il touche à l’universel en même temps qu’au singulier ; je dirais plus précisément qu’il touche  à l’universel parce qu’il concerne chacun de nous au plus profond de lui-même. C’est l’impossible à dire que le mythe essaye d’exprimer. Non pas pour annuler cet indicible mais pour tenter de l’approcher autant que possible et tenter d’en traduire les conséquences pour l’existence humaine.
Elian Cuvilier

Quand on commence à lire les récits bibliques non pas comme des traités d’histoires ou des comptes rendus d’événements, et une fois établis que cela ne remettait pas en question notre foi, arrive le moment où l’on se demande quel était le statut des récits des autres cultures. Les grecs croyaient-il à la réalité de leurs légendes ?
Dans Mythes grecs, mythes bibliques, professeurs de théologie (Ancien Testament, Nouveau Testament, Ethique), professeurs de culture grecque et psychanalystes essayent de répondre à la question sous l’ombre de Paul Veynes et de Bultmann.
L’ouvrage est issu d’un cours (j’en profite pour saluer l’interdisciplinarité) et présente les caractéristiques propres à ce genre d’exercice : les différents articles se répètent parfois, donne sur le mythe des éclairages dont les nuances divergent parfois mais c’est plutôt pour un enrichissement…
La définition du mythe est à peu près la même pour tous, à des lieux du langage courant  qui en fait souvent une fadaise. Or le mythe est langage dont la fonction est de dire le vrai à travers un récit.
L’étude ne se penche pas sur la différence de vision du monde donnée par les mythes grecs ou par le mythe biblique, il souligne en revanche une différence de forme (mais qui participe aussi d’une différence fondamentale) : alors que le mythe grec renvoie à un passé sans âge, beaucoup de mythes bibliques s’inscrivent dans l’histoire.
Du coup, un article d’Elian Cuvilier m’interpelle tout particulièrement : "La résurrection de Jésus, un mythe ?" Sur ce point là, je suis plutôt orthodoxe et du coup, je me demande si tout en soulignant l’aspect langage du mythe, nos professeurs de théologie n’ont pas occulté sa dimension de récit fictif.
Que les apparitions du ressuscité se disent dans un langage mythique tant la vérité qu’elles exprime ne peut passer par un autre langage, soit. Que le tombeau vide et l’absence totale de description soit des marques biblique du caractère indicible de la résurrection, soit. Mais personnellement, je me garderai bien de passer outre la réalité de ce tombeau vide… Bref, s’il y a du mythique dans les récits de résurrection de Jésus le Christ, celle-ci est elle vraiment uniquement de l’ordre du mythe ? Je ne suis pas convaincu.

Elian Cuvilier, Jean-Daniel Causse : Mythes grecs, mythes bibliques. Cerf.