Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Miettes de théologie

Mariage et fin des temps

31 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 25 janvier 2009
Matthieu XIX, 1 à 12
I Corinthiens 1 à 16 et 25 à 35

Chères frères, chères soeurs la fin des temps aura lieu demain 26 janvier à 17h47... Cela vous fait rire. J'en vois qui se disent "Mais qu'est-ce qu'il a encore inventé ?" Alors je le répète, très sérieusement " la fin des temps aura lieu demain 26 janvier à 17h47". Je sens que vous n'êtes toujours pas convaincus, la nouvelle vous semble peut-être trop étrange. Alors imaginez plus bizarre encore, plus incongru, imaginez que cette nouvelle de fin des temps, j'aille l'annoncer à des couples qui préparent leur mariage. "Bonjour Mr le pasteur, je suis M. Y voici Mlle X, on voudrait se marier" D'accord, la fin des temps aura lieu demain à 17h47" Ce serait un peu choquant non? À la limite de la faute professionnelle. Eh bien, c'est pourtant ce que fait Paul dans sa lettre à la communauté de Corinthe. Voici qu'en plein milieu d'un long développement sur le mariage, Paul nous lâche "le temps est court (...) la figure de ce monde passe." Et il ne faut pas y voir une digression. Dans cette annonce, il y a la clé de tout l'enseignement de Paul sur le mariage et le célibat. Un enseignement qui va finalement bien plus loin qu'une question de conjugalité.

L'enseignement de Paul sur la question du mariage est assez étrange. Tout d'abord pare qu'il n'est pas chrétien ni biblique. Ensuite, parce qu'il présente une sorte d'incohérence interne.
je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.  L'enseignement de Paul sur le mariage n'est pas chrétien. Paul semble voir le mariage comme une sorte d'espace de tolérance, une sorte de soupape de sécurité où l'homme pourrait assouvir sans se souiller la pulsion sexuelle qui le ronge. Eh bien si cette vision correspond sans doute à celle de l'époque de Paul. Les anthropologues le souligne, de tout temps l'homme a été fasciné et effrayé par la pulsion sexuelle, une pulsion qui fait perdre le contrôle et qui donne la vie, une pulsion qu'il s'agissait donc de canaliser. Le discours de Paul s'inscrit tout à fait dans cette logique, mais il n’a rien à voir avec le discours de l'Ecriture, ni avec celui de Jésus Christ. En effet, pour l'Ecriture, de la Genèse au Cantique des cantiques, l'union de l'homme et de la femme est célébrée, décrite comme étant la volonté de Dieu. Croissez et multipliez ! Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Et c'est bien ainsi que l'entend Jésus qui, questionné sur la question matrimoniale se contente de renvoyer à la volonté première de Dieu. N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme    et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair?  Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Matthieu XIX, 4-6. Bref, on est très loin de ce mariage "moindre mal" dont parle Paul. Mais si différentes que soient ces deux visions, elles ne sont pas forcément incompatibles et il est possible de faire une gymnastique mentale pour les faire tenir ensembles...
Sauf que je ne suis pas adepte de la gymnastique même mentale quand elle n'est pas nécessaire. En effet, pourquoi essayer de réconcilier la vision strictement culturelle que Paul a du mariage et de la sexualité avec la vision biblique alors que Paul lui-même va très rapidement déplacer la question ?
 En effet, pour Paul le mariage est nécessaire pour canaliser la sexualité et il affirme préférer le célibat et la virginité au mariage. On s’attend donc à ce que Paul célèbre l’état de célibat ou la virginité comme un état particulier de pureté. Mais non ! Pour l’apôtre mariage comme célibat sont deux dons de Dieu. La réticence de Paul face au mariage s’exprime de cette manière Celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, il se demande comment plaire au Seigneur.  Celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, il se demande comment plaire à sa femme
A première vue, on pourrait penser que Paul voit le mariage comme une sorte d’idolâtrie, qu’il reproche aux mariés de faire passer le conjoint avant Dieu. Mais là encore ce n’est pas le cas. Paul ordonne aux gens mariés de se consacrer à leur conjoint, difficile dès lors de penser que c’est pour ensuite le leur reprocher…
Mais alors, s’il n’est pas question de voir la sexualité comme une souillure ou un péché, ni de reprocher aux mariés de passer l’un avec l’autre le temps qu’ils devraient consacrer à Dieu, pourquoi Paul adopte-t-il cette position absolument neuve d’opposition au mariage ?

En fait, le souci de Paul n’est pas ici une question de pureté mais une question de tranquillité d’esprit.   Je voudrais que vous soyez sans inquiétude répète l’apôtre et c’est bien ce souci qui éclaire ce constat. Celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, il se demande comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, il se demande comment plaire à sa femme. Il est bon, selon Paul que le mari cherche à plaire à sa femme et que la femme cherche à plaire à son mari. Eh oui, si Dieu nous accepte tel que nous sommes, s’il nous aime alors même que nous sommes pêcheurs, s’il est facile d’être ses enfants, il est bien plus difficile d’être un bon époux ou une bonne épouse et cela ne se limite pas au mariage, il est aussi difficile et bien souvent source d’inquiétude voire d’angoisse et de souffrance d’être un bon père, une bonne mère, un bon fils une bonne fille, un employé, un paroissien ou un pasteur modèle !
Heureusement la fin du monde aura lieu demain lundi 26 janvier à 17h47 !

En effet, c’est bien comme un « heureusement » qu’il faut lire cette affirmation de Paul « Le temps est court », littéralement le temps a cargué les voiles, le navire est déjà au port. L’apôtre ne met pas les corinthiens en garde en leur disant « Attention la fin des temps est là, le châtiment est sur vous, mettez vous en règle » Si c’était sa son discours, il ne direz pas « Soyez comme si », il dirait clairement « n’achetez pas, ne profitez pas du monde ! ». Et là, nous pourrions disqualifier ce texte en disant que Paul s’est trompé et que la fin des temps, l’avènement du Christ glorieux est pour demain et ne pas nous en occuper davantage. Mais Paul dit « Soyez comme si ». Et tout son texte demeure.
Aujourd’hui nous nous définissons par la place que nous occupons parmi ceux qui nous entourent. Nous sommes mariés ou célibataire, parents ou enfants, et ce rôle est parfois pesant, écrasant. Et aussi libérale que paraisse notre société c’est toujours aussi écrasant, peut-être même plus. Dur pour les gens mariés d’être de bons époux, dur pour les célibataire de ne pas être mariés (le mariage, ou en tout cas la vie de couple, reste une nécessité sociale très forte dans notre monde, l’appel de Paul au célibat reste toujours aussi surprenant), dur pour les parents qui se voient responsables de l’équilibre même de leurs enfants, dur pour les enfants. Oui, nous essayons de bien tenir notre place et cela est souvent source d’une angoisse terrible. C’est face à cette angoisse que Paul se fait porteur d’une bonne nouvelle, celle de Jésus Christ, qui prend sur lui tout ce qui nous écrase. Paul ne nous dit pas « envoyez tout promener », nous n’y parviendrions pas de toute façon. Il nous dit « soyez comme si ».

Et dans ce « soyez comme si », frères et sœurs, j’entends un « soyez légers et engagés ». Soyez engagés, tenez du mieux que vous pouvez cette place qui est la votre parmi vos proches et vos plus lointains, soyez bon époux, bon parent, bon fils ou bonne fille, soyez un bon célibataire, soyez un bon être humain. Vivez du mieux que vous pouvez votre vie d’homme et de femme avec vos frères et vos sœurs. Mais soyez légers, sachez que votre valeur ne réside pas dans votre statut, ni dans la manière dont vous l’occupez. Votre valeur, c’est l’amour que votre Dieu vous porte, c’est ce qu’il a fait pour vous.
La fin du monde, l’avènement final de notre Dieu aura lieu demain, lundi 26 janvier à 17h47 et même si ce n’était pas le cas, faites comme si : soyez légers et engagés.

Amen

Quand Luther fait salle comble...

30 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Le 17 décembre dernier, le film Luther sortait, enfin,  sur les écrans français. Enfin, pas tous... On peut même dire que la diffusion a été confidentielle : une petite dizaine de copies... Sans doute pas à cause d'une cabale anti-protestante mais plutôt parce que la critique était assez unanimement négative et puis, qui ça peut intéresser en France cette histoire de moine allemand ? Après tout aujourd'hui, le Martin Luther connu, c'est le King...
Mais le Ciné Zénith d'Evreux a eu la gentillesse de bien vouloir projeter ce film et de nous laisser un temps d'échange ensuite. Une ouverture dont je les remercie et qui les honore. Après tout, il y avait un petit risque financier pour eux, j'imagine. Mais bon, la salle de 150 places était pleine, donc tout le monde est content.
Sur le film lui-même, je trouve la critique sévère : c'est vrai que les ficelles cinématographiques sont souvent assez lourdes et qu'on est clairement dans l'hagiographie (un comble) mais franchement, je m'attendais à pire. Les enjeux politiques de l'Allemagne et de la Rome de l'époque sont bien rendus, on retrouvera de grandes citations de Luther et l'origine de la Réforme est bien montrée.
Bien sûr, j'ai des réserves, à commencer par le caractère manichéen du film, un manichéisme d'autant plus maladroit que si j'ai bien compris, le film est produit par une association luthérienne. Le côté angoissé du personnage est manifeste ainsi que son obsession du diable, en revanche, sa responsabilité lors de la guerre des paysans est franchement édulcorée, la violence de son antisémitisme est tue (c'est logique puisque le film s'arrête en 1530 mais c'est assez commode pour camper un Luther lumineux). Mais ce qui est franchement pénible, c'est la diabolisation extrême des adversaires de Luther dans le film. Tetzel est un bouffon, Cajetan un fantoche, Carlstadt un dangereux révolutionnaire, Léon X un comploteur, Charles un despote arrogant  et même Frederick le Sage ne cesse d'être un vieillard puéril que lorsqu'il protège Luther.
Oui, l'Eglise catholique de l'époque était corrompue, mais elle n'était pas que cela et ce n'est par diplomatie oecuménique que cet aspect du film m'a gêné mais plutôt parce que vis à vis même du protestantisme, c'est une attitude dangereuse. Luther est tellement lumineux que la Bible passe en retrait. On trouve dans le film toutes les images de la légendes dorées luthériennes, l'orage, l'affichage des 95 thèses, la diète de Worms, l'incinération de la bulle d'excommunication, on en ajoute quelques unes : l'enterrement d'un suicidé mais une absence est symptomatique : la découverte du salut par grâce seule dans Romains. Hey ! Ce n'est par génie théologique ni par humanisme que Luther s'élève contre les indulgences mais par soumission au texte biblique. Et l'opposition avec l'Eglise catholique n'est pas simplement un refus des abus. Même face à une Eglise catholique non corrompue, même face à une Eglise catholique qui serait telle que la rêvait Vatican II, le protestantisme aurait sa raison d'être en tant que proclamation de l'Évangile qui pose une limite à toute institution humaine.
Malgré ces réserves, je maintiens que Luther est un film plaisant et utile à voir. Ceux à qui le terme Réformation ne dit rien découvriront la naissance du protestantisme. Et les protestants y retrouveront une histoire qu'ils croient connaître par coeur, ils s'amuseront à repérer quelques aspects du ministère de Luther qui ne sont évoqués que brièvement, par touches : la musique, la catéchèse...
Bref, j'espère que ceux qui sont venus dimanche dernier au cinézénith ont passé un bon moment. C’est le cas pour moi et maintenant j’attends le dvd.

L'étranger est mon frère

29 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Un Cercle de Silence à Evreux
(suite du premier cercle de silence du 13 décembre 2008)


Pourquoi ?

Parce que Les Centres de Rétention Administrative
sont des lieux où la dignité humaine est bafouée.
Parce que l’enfermement de familles, d’enfants
est inacceptable au pays des Droits de l’Homme.
Parce que les étrangers sont nos frères, avant tout nos frères.

Samedi 31 janvier 2009
Place du général de Gaulle (devant le théâtre)
Nous resterons silencieux de 16 heures à 17 heures
pour aider tous ceux qui le désirent
à prendre conscience de la réalité de l’enfermement.
Ce cercle est ouvert à tous, croyants ou non,
à condition de respecter la règle du silence.

Silence, parce que nous ne prétendons pas avoir de solution.
Silence que chacun est appelé à habiter par sa prière, sa
méditation ou sa réflexion.

A l’initiative de membres du groupe oecuménique d’Evreux.
Principaux partenaires
Eglise Réformée de France, Pastorale des migrants de l’Eure,
Mission ouvrière de l’Eure, Pax Christi Eure, Communauté
Mission de France d’Evreux, ACAT, CEFED

Les mercredis de Calvin (4) Les pères de l'Eglise

28 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Mais comme plusieurs choses ont été écrites sagement et excellemment par ces anciens Pères, et, d’autre part, qu’il leur est advenu en quelques endroits ce qui advient à tous hommes, c’est de faillir et errer : ces bons et obéissants fils, selon la droiture qu’ils ont, et d’esprit et de jugement et de volonté, adorent seulement leurs erreurs et fautes ; au contraire, les choses qui ont été bien écrite par eux, ou ils ne les aperçoivent point, ou il les dissimulent, ou ils les pervertissent, tellement qu’il semble qu’ils n’aient autre soin sinon de recueillir de la fiente parmi de l’or. Et après ils nous poursuivent par grande clameur, comme contempteurs et ennemis des Pères, mais tant s’en faut que nous les méprisions, que si c’était notre présent propos, il me serait facile d’approuver par leur témoignages la plus grand-part de ce que nous disons aujourd’hui. Mais nous lisons leurs écrits avec tel jugement que nous avons toujours devant les yeux ce que dit saint Paul : c’est que toutes choses sont pour nous servir, non pour dominer sur nous ; et que nous sommes tous à un seul Christ, auquel il faut sans exception obéir entièrement (I Corinthiens III, 21-22). Ceux qui n’observent point cet ordre, ne peuvent rien avoir de certain en la foi, vu que ces saints personnages desquels il est question ont ignoré beaucoup de choses, sont souvent divers entre eux et même certaines fois se contredisent.
Epître au roi

Un petit rappel que reconnaître la Bible comme seule autorité pour parler de Dieu n'a jamais exclu la lecture des Pères de l'Eglise aux yeux des Réformateurs...

Les mercredi de Calvin (3) Les plaisirs de la vie

21 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Or, si nous cherchons dans quels buts Dieu a créé les viandes, nous trouverons qu'il n'a pas seulement voulu pourvoir à notre nécessité mais aussi à notre plaisir et récréation. Quant aux herbes, arbres et fruits, il a voulu réjouir la vue par leur beauté et nous donner encore un autre plaisir en leur odeur. Car si cela n'était vrai, le prophète ne raconterait point, entre les bienfaits de Dieu, que le vin réjouit le coeur de l'homme et l'huile fait reluire sa face (Ps. 104, 15). L'Ecriture ne ferait pas mention, ça et là, pour recommander la bonté de Dieu, qu'il a fait tous ces biens à l'homme. Et même les bonnes qualités naturelles de toute choses nous montrent comment nous devons en jouir et à quelle fin et jusqu'à quel point. Pensons-nous que notre Seigneur eut donné une telle beauté aux fleurs, laquelle se représentât à l'oeil, s'il n'était licite d'être touché de quelque plaisir ? Pensons-nous qu'il eût donné si bonne odeur, s'il ne voulût bien que l'homme se délecta à flairer ? Davantage, n'a-t-il pas tellement distingué les couleurs, que les unes ont plus de grâce que les autres ?

Les chocolats Calvin dont parlait J-F dans un de ses commentaires sur les mercredi de Calvin me donnent envie de donner cette citation-là, une citation un peu légère qui montrait la réticence de Calvin vis-à-vis de l'ascètisme et qui humanise un peu celui qui incarne pour beaucoup l'austérité protestante.
Profiter des plaisirs qui nous sont donnés, ne pas en devenir esclave et rendre grâce...

Deux morceaux de bois

20 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Semaine de l'unité
Méditation sur Ezechiel XXXVII,  15 à 28
Tout en comprenant bien ce que peut signifier ce texte pour les chrétiens de Corée, payys qui sait ce que signifie la division, j’ai quelque peu tiqué en voyant le texte proposé pour cette semaine de l’unité. Ezéchiel parle ici de la division d’Israël en deux royaumes distincts et j’avoue avoir toujours un peu de mal à comparer la situation de l’Eglise aujourd’hui à celle d’Israël.

En effet, je ne crois pas qu’il y ait eu un jour une seule Eglise qui se serait divisée en plusieurs, suite à un schisme. Les textes bibliques montrent clairement que dès le début les chrétiens ont suivi des voies, des manières de penser et de croire différentes, dont les différences étaient parfois bien plus fortes que celles qui existent aujourd’hui entre protestants et catholiques…

Cette réserve exprimée, je me suis penché sur le texte et j’y ai trouvé plusieurs choses intéressantes, plusieurs éléments qui nous parlent aujourd’hui dans cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens.
Tout d’abord Ezéchiel n’ordonne pas au peuple de se rassembler, de reconstruire eux même leur unité. C’est Dieu et Dieu seul qui rassemble. Ce n’est pas de nos efforts œcuméniques, ce n’est pas de nos capacités à discuter, à faire des choses ensembles, à prier ensembles que dépend l’unité de l’Eglise. Nous ne devons pas vivre tous ces événements comme des missions que nous nous assignons mais comme autant de cadeaux que Dieu nous donne.
Et puis j’aime cette image des deux morceaux de bois qui vont être remis ensembles parce qu’elle me paraît bien plus juste que celle que nous employons souvent, bien plus juste que l’image du tronc dont une branche se serait séparée. Bien souvent nous nous considérons comme le tronc et nous voyons les autres comme la branche qu’il faudrait ramasser et réunir au tronc. Souvent les catholiques romains estime être le tronc, ceux qui peuvent se relier directement aux apôtres alors que les protestants seraient l’hérésie du XVI° siècle. Et de leur côté tout aussi souvent, les protestants considèrent qu’ils sont reliés directement à Jésus Christ par leur respect des textes bibliques et qu’à force d’ajouts au cours des siècles, les catholiques romains sont le rameau qui s’est séparé… Les frères séparés, se sont toujours les autres… Peut-être qu’Ezéchiel, du Royaume de Juda avait tendance à croire lui aussi que c’était le Royaume d’Israël qui s’était séparé et qui devait revenir. Mais ici, dans cette image, il n’est pas question de savoir qui est l’authentique et qui doit revenir, les deux morceaux sont séparés, les deux morceaux de bois sont Israël. Pour bien signifier ce fait, Ezéchiel ne va d’ailleurs pas appeler le Royaume du nord « Israël » : les deux sont Israël. Les deux sont dans la main de Dieu.

Et puis, il y a un autre élément du texte que je crois que nous pouvons appliquer à notre semaine de prière pour l’unité. « Un roi unique sera leur roi à tous, ils ne formeront plus deux nations ». Eh bien, c’est là que je crois que la parole devient pour nous prophétique. Si je demande à Jean-Marc Lecam ou à n’importe quel prêtre ou théologien catholique qui est le roi, le chef de l’Eglise catholique, je suis bien persuadé qu’il ne va pas me répondre Benoît XVI mais bien Jésus Christ. Et si vous demandez à un protestant qui est le chef de son Eglise, il ne répondra pas Marcel Manoel président du Conseil national de l’E.R.F, ni Claude Baty, président de la FPF, ni Luther, ni Calvin mais bien Jésus Christ.
Et non seulement nous reconnaissons tous Jésus Christ comme chef mais nous croyons que les autres le reconnaissent également comme chef. Dès lors, notre unité est là !

Cette unité, il nous reste donc à savoir la vivre. Dans le dialogue (qui n’exclut pas le débat et le désaccord), mais peut-être avant tout dans l’action, contre la torture, contre toutes les formes de violences et d’injustice. C’est ce qu’annonce Ezechiel : « ils garderont mes lois et les mettront en pratique ». Si Dieu nous rassemble, c’est pour nous faire accomplir ce qu’il veut.

Aussi que ce soit vraiment notre prière pour l’unité ! Non pas la demande orgueilleuse que les autres se mettent enfin à croire comme nous, mais une prière d’action de grâce, de remerciement pour cette unité qui nous est donnée. Une prière de demande aussi, pour que nous vivions davantage cette unité en actes.

Amen

Les mercredis de Calvin (2) La véritable Eglise

14 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Vous vous arrêtez trop aux murailles, cherchant l’Eglise de Dieu en la beauté des édifices, pensant que l’union des fidèles soit là contenue. Doutons-nous qu’Antéchrist doive là avoir son siège ? Les montagnes, et bois et lacs, et prisons, et déserts, et cavernes me sont plus sûrs et de meilleur fiance. Car les prophètes y étant cachés, ont prophétisé. Or qu’est ce que le monde honore aujourd’hui en ces évêques cornus, sinon qu’il répute pour plus excellents ceux qui président aux plus grandes villes ? Ôtons donc une si folle estime ; au contraire permettons cela au Seigneur, que puisqu’il est seul connaissant qui sont les siens (II Timothée II, 19) qu’aussi certaines fois il puisse ôter la connaissance extérieure de son Eglise de la vue des hommes. Je confesse bien que c’est une horrible vengeance de Dieu sur la terre ; mais si l’impiété des hommes le mérite ainsi, pourquoi nous efforçons-nous de contredire à la justice divine ? En telle manières le Seigneur, quelques âges par ci-devant, a puni l’ingratitude des hommes. Car pour autant qu’ils n’avaient voulu obéir à sa vérité , et avaient éteint sa lumière, il a permis qu’étant aveuglés en leur sens, il fussent abusés de lourds mensonges, et ensevelis en profondes ténèbres, tellement qu’il n’apparaissait nulle forme de vraie Eglise. Cependant néanmoins il a conservé les siens au milieu de ces erreurs et ténèbres, bien qu’ils fussent épars et cachés. Et ce n’est pas de merveilles : car il a appris de les garder et en la confusion de Babylone, et en la flamme de la fournaise ardente. En ce qu’ils veulent la forme de l’Eglise être estimée par je ne sais quelle vaine pompe : afin de ne faire long propos, je toucherai seulement en passant combien cela serait dangereux. Le pape de Rome, disent-ils, qui tient le siège apostolique, et les autres évêques représentent l’Eglise, et doivent être réputés pour l’Eglise : c’est pourquoi ils ne peuvent errer. Pour quelle cause ? Parce, répondent-ils, qu’ils sont pasteurs de l’Eglise et consacrés à Dieu. Aaron et les autres conducteurs du peuple d’Israël étaient aussi pasteurs. Aaron et ses fils étaient bien élus prêtres de Dieu : néanmoins ils faillirent quand ils forgèrent le veau (Exode XXXII ; 4)
 Epître au roi

Refuser de confondre l'Eglise de Dieu, le corps du Christ avec une institution humaine quelle qu'elle soit, accorder à Dieu le droit et le pouvoir de susciter ou de cacher son Eglise là où Il le veut, voire de la démettre, c'est là une idée à laquelle notre Eglise réformée de France est restée fidèle, elle qui déclare dans le premier article de sa Discipline : L’Eglise réformée de France professe qu’aucune Eglise particulière ne peut prétendre délimiter l’Eglise de Jésus-Christ, car Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent. Glorification de Dieu et de son Eglise et relativisation extrême de nos institutions...

Le sang, l'eau et le souffle

11 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 11 janvier 2009
Esaïe LV 1 à 11
Jean V 7 à 13
I Jean V, 1 à 12

Trois témoins nous conduisent vers l’unique affirme Jean. Trois témoins pour une seule et même bonne nouvelle : le souffle (ou l’Esprit : le mot grec est le même), l’eau et le sang. Prenons donc ces témoins un par un (en commençant par le dernier pour terminer par celui qui est le sceau de la vérité) et voyons vers quelle bonne nouvelle ils nous mènent.

Le premier témoin c’est le sang. C'est-à-dire la croix. Et c’est le témoin qui nous gène le plus. Et ce, de tout temps. Cela a gêné les premiers chrétiens parce qu’un Dieu supplicié, un Dieu mourant ça fait désordre. Surtout quand cette mort est la plus infamante qui soit. Aujourd’hui cela nous gêne parce qu’on préfèrerait que la Bonne Nouvelle ne soit pas tachée de sang. On préfèrerait un Evangile qui ne nous parle pas de mort, on préfèrerait aller directement à la case « salut de l’humanité » sans passer par la case « crucifixion ». Et puis aujourd’hui, comment peut-on encore annoncer un Dieu qui réclame du sang pour apaiser sa colère, un Dieu qui laisse crucifier son fils.
Sans vouloir jouer l’avocat de Dieu qui n’en a certainement pas besoin, je ne crois pas inutile de rappeler deux choses. Tout d’abord, si ma mémoire est bonne, ce n’est pas Dieu qui crucifie Jésus. Si je me rappelle bien ce que j’ai lu dans les évangiles, ce sont bien des hommes qui clouent Jésus au bois. C’est quand même un peu étrange de reprocher à Dieu un crime que les hommes ont commis, d’autant plus étrange que, et c’est le deuxième point à rappeler, non seulement dans cette affaire de la croix, Dieu n’est pas le criminel mais il est la victime. En effet, si l’on croit que Jésus est le Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu le Fils ou Dieu fait homme, les choses prennent une autre signification. Dieu n’est pas celui qui réclame de la souffrance, il est celui qui souffre et meurt de notre violence.
Et c’est ainsi que le sang devient un témoin. La Bible ne nous raconte pas un conte de fée où tout le monde serait beau et gentil. Elle nous parle de la violence de l’homme, une violence qui nous détruit. Elle nous parle des conséquences de nos actes, de nos refus, de notre volonté d’être Dieu à la place de Dieu et elle n’adoucit en rien ces conséquences qui sont notre destruction et notre mort. Mais elle nous dit qu’en Jésus Christ, Dieu a assumé pour nous ces conséquences. Elle nous dit qu’en Jésus Christ, Dieu nous a sauvé de notre violence et c’est bien ce qu’attesteront les deux autres témoins mais comment nous sauverait-il de cette violence, s’il s’en tenait à l’écart. Comment pourrions-nous prendre au sérieux une histoire qui ne nous parle pas des conséquences ? Eh bien,  regardons à la croix et voyons quelles sont les conséquences de la rébellion de l’humanité contre son Dieu.
Mais comprenons bien que si nous sommes appelés à regarder à la croix, ce n’est pas pour nous culpabiliser, ce n’est pas pour nous dire « regardez comme notre faute est grande, regardez comme il souffre à cause de nous ». Regarder à la croix, c’est se dire voilà à quel point je suis précieux aux yeux de Dieu : pour moi il a tout donné. Regarder à la croix, c’est se dire : aujourd’hui ni la violence, ni les ténèbres ne peuvent plus me retenir et je ne peux plus retomber dans l’abîme. Nous sentir encore coupable, ce serait nier que toute notre culpabilité est morte, une fois pour toute, sur le mont Golgotha. Sur la croix, le mal a donné tout ce qu’il avait et aujourd’hui il ne peut plus rien c’est ce qu’attestent l’eau et le souffle.

A côté du témoignage du sang, vient celui de l’eau. Ici bien sûr on pense au baptême. Mais, je trouve plus éloquentes encore les paroles d’Esaïe et celles de Jésus à la samaritaine. Le sang nous attestait que Dieu affrontait la mort, notre mort en la prenant à bras le corps, l’eau vient nous dire quel est le but et l’issue de ce combat,  c’est notre vie, notre vie véritable, éternelle. Une vie sans limite, même pas celle de la mort. Une vie de plénitude, sans manque. Je ne parle pas bien sûr des manques que crée en nous la publicité, pas de nos carences de confiance en nous même ou d’assurance en l’avenir. Tout cela ça fait partie des choses dont Esaïe nous dit « cela ne rassasie pas ». Et nous le savons bien, même si tous ces désirs étaient comblés, même si nous avions la belle voiture, la belle maison, la piscine, le bel écran plasma avec lecteur de dvd blue-ray incorporé, il nous manquerait encore quelque chose, il nous en faudrait plus. Toutes les richesses de la terre ne suffiraient pas à nous rassasier. Et même si nous étions aussi fort, aussi beau, aussi aimé, aussi intelligent que nous rêverions de l’être, il nous manquerait encore quelque chose, nous en voudrions toujours plus. Parce que notre manque véritable, c’est un manque de Dieu, notre carence véritable c’est notre incapacité à être ce que nous sommes appelés à être. Voilà contre quelle soif, Jésus Christ vient nous désaltérer : en lui nous sommes ce que Dieu veut que nous soyons, ce que nous sommes incapables d’être par nous-mêmes.
Et cette eau nous dit Esaïe, elle est gratuite, offerte à tous. Jésus le répète : c’est le don de Dieu. C’est le don de Dieu parce que c’est Dieu qui a payé la note. Dieu n’est pas un tenancier qui épongerait notre ardoise, c’est un ami qui donne tout ce qu’il a pour nous sortir de la situation dans laquelle nous nous sommes mis.

Et le troisième témoin, le souffle ou l’Esprit, (le mot est le même) c’est Dieu lui-même qui nous fait naître à cette réalité. Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu nous dit Jean. Il ne faut pas comprendre ici « il faut croire que Jésus est le Christ pour être né de Dieu ». Le texte grec est sans ambiguïté : le verbe engendré est au passé Quiconque croit (au présent) que Jésus est le Christ a été engendré (au passé) par Dieu. Le passé vient avant le présent. Notre foi n’est donc pas la condition à notre statut de Fils de Dieu, elle en est la conséquence. C’est parce que nous sommes fils et filles de Dieu que nous croyons que Jésus est le Christ. Et puisque nous sommes fils et filles du Dieu de lumière et de vie, comment pourrions nous craindre les ténèbres et la mort.
C’est en nous permettant de reconnaître en Christ le Dieu qui nous arrache à ce qui fait mourir pour nous faire vivre, le Dieu qui étanche notre soif, que notre foi est victorieuse sur le monde qui nous désespère.

Frères et sœurs, puisque nous reconnaissons Jésus comme le Christ, nous sommes fils et filles de Dieu. Alors menons donc une vie d’enfant de lumière, une vie véritable, faites d’amour et de paix et non pas la vie douloureuse des enfants de ténèbres, une vie faites de violence et de frustration.

Amen

Dominion : résister à la tentation

10 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Le principe de Dominion est simple : puisque les préparatifs que connaissent bien les jouers de cartes à collectionner font déjà partie du jeu, faisons-en un jeu à part entière. Bref, tout au long d’une partie de Dominion, vous allez composer votre deck en préparant les meilleures combos…
Là, je sens que certains sont encore plus perdus que quand je cite du Barth. Pas de panique : j’explique. A Dominion, chaque joueur à son paquet de carte personnel, son « deck » donc. A  chaque tour, il tire une main de 5 cartes de ce paquet, main avec laquelle il pourra acheter de nouvelles cartes à mettre dans son « deck ». Ces nouvelles cartes lui donneront soit une capacité d’achat supplémentaire, soit des capacités spéciales qui lui seront utiles par la suite. Voilà, c’est tout bête.
Sauf que toutes les cartes à acheter présentent des intérêts différents et qu’il est bien tentant de toutes les inclure à son deck afin de pouvoir tout faire. Mais la plupart de ces cartes ne prennent tout leur intérêt que lorsqu’elles sont jouées en combinaison avec d’autres (c’est ce qu’on appelle une combo). Or, simple question de probabilité, plus votre deck sera fourni, moins vous aurez de chances de tirer la bonne combo.
Bref, la plus grosse difficulté de Dominion c’est de savoir résister à la tentation d’acheter cette carte qui vous serait bien utile mais qui risque en fait de vous affaiblir de façon fatale. C’est d’autant plus difficile que vous pouvez facilement finir par acheter toutes les cartes, mais cela donnera à vos adversaires une avance qui sera votre perte.
Ce n’est pas si fréquent un jeu qui nous confronte à notre tentation de tout avoir et de tout pouvoir faire et qui nous montre à quel point il est difficile de résister. Mais la cerise sur le gâteau c’est que la carte qui permet de retirer des cartes de son deck et donc de le rendre finalement plus efficace même si moins riche et moins puissant, c’est la chapelle…

P.S Et je dois bien avouer qu’une autre difficulté à Dominion c’est de résister à la tentation d’en faire encore une autre petite partie…

Les mercredis de Calvin (1) L'Esprit garant unique de l'Ecriture

7 Janvier 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Il n'y a que celui que le Saint-Esprit aura enseigné, qui se repose en l'Ecriture en droite fermeté ; et bien qu'elle porte avec soi sa créance pour être reçue sans contredit et n'être soumise à preuve ou argument, toutefois que c'est par le témoignage de l'Esprit. Car bien qu'en sa propre majesté elle ait assez de quoi être révérée : néanmoins, elle ne commence à vraiment nous toucher que lorsque elle est scellée en nos coeurs par le St Esprit. Etant donc illuminés par sa vertu, déjà nous ne croyons plus par notre jugement ou par celui des autres, que l'Ecriture est de Dieu ; mais par dessus tout jugement humain, nous arrêtons indubitablement qu'elle nous a été donnée de la propre bouche de Dieu par le ministère des hommes, comme si nous contemplions à l'oeil l'essence de Dieu en elle. Nous ne cherchons point arguments ou vraisemblances sur lesquels notre jugement repose mais nous lui soumettons notre jugement et notre intelligence, comme à une chose élevée par-dessus la nécessité d'être jugée.
(...)
Pour le présent, contentons nous de savoir qu'il n'y a de vraie foi que celle que le Saint-Esprit scelle en nos coeurs
Institution Chrétienne Livre I §7. 5


A travers ces deux passages, on retrouve un petit point important dans la pensée du protestantisme : ni la foi, ni la reconnaissance de l’inspiration de l’Ecriture ne nous viennent de notre raison. Je ne crois pas en Dieu parce que mon intelligence m’a démontré qu’il existait, pas plus que je ne reconnais en la Bible la Révélation du Dieu unique après une longue série de déduction. Cela ne signifie pas qu’il soit interdit de faire jouer notre intelligence dans la lecture de la Bible, pas plus que cela ne nous interdit de confronter notre foi à notre raison… Mais notre foi ne nous vient pas de nous.
Cela implique d’une part qu’il est vain d’essayer de convaincre par nos arguments un non-croyant de l’existence de notre Dieu ou du bien-fondé de notre foi, notre rôle est bien d’annoncer mais pas de convertir ni de prouver Dieu.
D’autre part, cela nous interdit de regarder de haut ceux qui ne croient pas. Notre foi n’est pas la preuve d’une plus grande clairvoyance ou d’une meilleure compréhension de l’univers ou d’une plus grande ouverture aux signaux divins. Elle est un cadeau qui nous est fait. Rien de plus. Rien de moins.