Miettes de théologie

Lazare et moi

30 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

lazare.jpgPrédication du dimanche 30 septembre 2007
Amos VI, 1 à 7
I Timothée VI, 11 à 16
Luc XVI 19 à 31

La parabole de Lazare et du riche est à certains égards, une écharde dans la chair du protestantisme. C'est aussi une curiosité. En effet, elle ne figure pas dans le hit parade des paraboles les plus connues, elle n’a pas la célébrité de la parabole du semeur, du fils prodigue ou des ouvriers de la 11eme heure. Et pourtant, c’est le récit biblique qui est le plus conforme à l’image d’Épinal qu’on se fait du christianisme et de sa vision de l’au-delà avec les méchants punis en enfer d’un côté et les bons récompensés au paradis de l’autre… Comme si c'était sur cette parabole que les chrétiens avaient bâtis toutes leurs conceptions de la vie après la mort...
Mais ce récit nous parle-t-il vraiment d’au-delà ? nous parle-t-il vraiment de rétribution ? Ou faut-il creuser un peu plus loin..

L’histoire de Lazare et du riche trouve sans doute sa source dans un conte égyptien : un père et un fils assistent à deux enterrement, celui d’un riche et celui d’un pauvre. Le père souhaite connaître dans l’au-delà le même sort que le riche alors que le fils lui souhaite partager le sort du pauvre. Quand le père s’en étonne, le fils le conduit dans l’au-delà pour lui montrer le riche maltraité et le pauvre traité comme un prince… Un conte qui était sans doute bien connu à l’époque de Jésus et que Jésus va utiliser comme base à sa parabole, tout comme il utilisait, souvent, des scènes de la vie quotidienne. Alors pourquoi aller faire de cette parabole un enseignement sur l’au-delà et ne pas nous représenter le Royaume de Dieu comme un semeur en train de semer ? Pourquoi d’un seul coup donner un sens théologique à un élément de décors ? Je ne crois pas que le but de cette parabole soit de nous décrire l’au-delà, je ne crois même pas qu’elle nous parle de l’au-delà. Regardez la finale S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. En plein évangile de Luc, cette supériorité de la loi sur le ressuscité et très surprenante. Je pense que c’est un indice important pour recevoir cette parabole autrement que comme une spéculation sur ce qu’il y a après la mort… Je crois donc inutile de discuter à l’infini pour savoir si le sein d’Abraham est la même chose que le séjour céleste ou s’il est une salle d’attente plus confortable en vue du jugement dernier…

Si cette parabole ne nous parle pas d’au-delà, est-elle une parabole de la rétribution ? Le riche est-il puni ? Et si oui, de quoi ? Lazare est-il récompensé ? Et si oui, de quoi ?
Premier constat, le texte ne nous parle pas d’une punition pour le riche. Et la les protestants que nous sommes poussent un soupir de soulagement. Ouf ! Ne respirons pas trop vite : le texte ne nous parle pas d’une punition, c’est vrai mais il est indéniable que la situation du riche est une conséquence de sa vie. Tout d’abord, implicitement, décrire la vie luxueuse du riche, pour un public juif c’est l’assimiler à un pécheur puisque la loi juive prescrit une humilité et condamne les fastes de la richesses. Et puis, le texte affirme aussi explicitement ce lien : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres et surtout Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Si le riche veut alerter ses frères, c’est bien parce qu’il voit son tourment comme la conséquence de ses actes… Donc peut-être vaut-il mieux parler ici de conséquence que de punition. Mais il y a bien un lien entre la vie que le riche a menée, entre ses choix et sa souffrance.
Regardons maintenant Lazare… Il y a, certes, un lien entre sa vie et sa présence dans le sein d’Abraham. Mais on ne peut certainement pas parler de récompense. Le texte ne nous dit absolument pas que Lazare est juste, il ne nous dit pas que Lazare a choisi la pauvreté ni qu’il a choisi de souffrir. La pauvreté n’est pas une vertu : Lazare n’est pas juste parce qu’il est pauvre. Et je ne pense pas qu’il faille pousser le cynisme jusqu’à se demander s’il n’est pas pauvre parce qu’il est juste, ce serait pure extrapolation. Lazare est consolé de ses souffrances, mais il n’est pas récompensé.
Si bien que si ce texte nous dit bien quels sont les risques encourus pour tel ou tel comportement, il ne nous dit pas comment gagner notre récompense…

Mais alors si la parabole ne nous raconte pas ce qui va se passer à notre mort, si elle ne nous dit pas comment gagner notre récompense, que nous dit-il ? en quoi s’adresse-t-il à nous ?
Tout d’abord, il reprend un thème important dans l’évangile selon Luc : il nous interroge sur notre rapport à nos richesses, il nous rappelle que cette richesse, ce confort tellement importants pour nous qu’ils nous rendent aveugles à tout le reste, sont éphémères et terriblement fragiles. C’est ce qui arrive au riche de la parabole : quand tout ce sur quoi il faisait reposer sa vie disparaît (ici, c’est bien sûr lui qui disparaît mais le résultat est le même), il ne lui reste plus rien… Et nous même ? sur quoi faisons nous reposer notre vie, notre bonheur ?
Mais la parabole nous parle aussi de Lazare, et si elle s’étend moins sur lui que sur le riche, il faut quand même se rappeler que Lazare est e seul personnage d’une parabole à être nommé : Lazare : « Dieu vient en aide ». Oui, la parabole nous affirme aussi que Dieu est celui qui aide, celui qui console. Non, Lazare n’est pas juste, non il n’est pas vertueux, non il n’est pas un saint. Mais il souffre et parce qu’il souffre, Dieu se porte à son secours. Cela n’a rien à voir avec du dolorisme : Lazare ne choisit pas de souffrir pour être consolé. Bien au contraire, le texte nous le montre souhaitant au moins se nourrir de ce qui tombe de la table du riche, mais il est évident que s’il avait pu avoir plus, il ne l’aurait pas refusé… Il n’est donc pas ici question d’appeler les gens à souffrir pour s’attirer la consolation, ce qui serait terriblement pervers. Il s’agit d’affirmer à ceux qui souffrent que Dieu les rejoint. Il s’agit aussi de réfuter ce qui fut et est encore une tentation très forte, et ce, particulièrement dans le protestantisme : la tentation de voir dans la pauvreté, dans la misère, dans la souffrance, un châtiment de Dieu et dans la richesse, dans le confort une bénédiction. Ce texte nous interdit de penser que Dieu s’est détourné de Lazare, il nous interdit de penser que nos richesses signifient forcément que nous sommes bénis de Dieu.
Dieu est celui qui console le malheureux. Et je ne parle pas ici d’une consolation future, bien pratique pour tenir le pauvre à sa place. Je vous l’ai dit, je ne crois pas que ce texte nous parle de l’au-delà. S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. Il n’est donc pas question d’attendre que quelqu’un nous décrive ce qui se passe après la mort mais d’entendre et de suivre la voie qui nous est offerte dès maintenant par Moïse et les prophètes, c’est à dire par l’écriture. La parabole que nous avons entendu n’est pas une spéculation sur l’au-delà, elle est un appel pour aujourd’hui, un appel pour les riches que nous sommes…
Un appel d’abord à se mettre à la place de celui qui souffre. En effet, le renversement de situation de la parabole me permet de me dire : « Que ferais-je si la situation était renversée ? ». Eh bien, probablement je supplierai Lazare. Dans l’au-delà de la parabole, un fossé infranchissable sépare l’enfer du sein d’Abraham et rend l’entraide impossible. Mais ici, quel fossé infranchissable nous sépare du pauvre à notre porte ? Qu’est ce qui m’empêche de faire un geste pour mon frère qui souffre ? Or, l’inversion des rôles me montre bien que le misérable est mon frère, parfaitement semblable à moi, avec les mêmes aspirations, les mêmes douleurs. La parabole ne me parle pas de la vie après la mort, elle me raconte ce qu’est la vie de mon frère et elle m’invite à me porter au secours de mon frère.
Et je ne crois pas que brandir les flammes de l’enfer soit véritablement utile pour nous pousser à faire quelque chose. En effet, nous avons Moïse et les prophètes, nous avons l’Évangile pour nous dire que le misérable à notre porte est notre frère, notre sœur, notre chair et que nous pouvons nous porter à son secours. Et très franchement, si cela ne nous suffit pas à nous porter à son secours, alors même la menace des flammes de l’enfer ne pourra pas nous convaincre…

Frères et sœurs, ce texte ne nous parle pas de demain, il nous parle d’aujourd’hui. A celui qui souffre, il affirme : « Tu n’es pas maudit, tu n’es pas rejeté de Dieu, Il t’aime et te soutient ». A celui qui ne souffre pas, il ouvre les yeux : « Vois ton frère meurtri et vient lui en aide parce que tu en as le pouvoir ».

Amen

Evan tout puissant

29 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

evan.jpgJe n'avais pas été emballé par Bruce Tout Puissant, loué un peu par curiosité... Et pourtant la bande annonce d'Evan Tout-Puissant a eu raison de mes réticences.
Précisons tout de suite, sur un plan cinématographique, je ne pense pas qu'Evan l'emporte sur Bruce : c'est une nième comédie-pizza assez lourdingue, créée à grand renfort d'effet spéciaux et de gesticulations. Sur un plan théologique, en revanche, Evan se situe un cran au-dessus de Bruce. En effet, si le postulat de base de Bruce tout-puissant reposait sur l'image d'Epinal du Dieu magicien, c'est dans la Bible qu' Evan tout puissant (mais quel titre crétin) puise son inspiration : Evan, politicien contemporain est appelé tel le nouveau Noé. Il doit donc construire une arche et y embarquer un couple de chaque espèce (le film ne parle pas des 7 couples pour les animaux purs). Partant de cette idée, on a donc droit à un festival de gags animaliers (merveille de l'animatronique...) et anachroniques (puisqu'il est le nouveau Noé, le yuppie Evan va devoir ressembler à une gravure de Gustave Doré). L'anachronisme est toujours une bonne source de gags, mais là ça m'embête un peu parce que ça contribue à donner cette image d'un Dieu figé et de la Bibe comme un bouquin poussiéreux absolument inadapté à notre époque. Enfin, c'est une comédie-pizza, hein ! pas un manifeste antichrétien... Bref, le film n'est pas une surprise : il y a du drôle et du moins drôle, une morale bon enfant, pas une once de subtilité (mais là, je frime parce que j'avais pas besoin qu'on m'explique le GEN**** 6 :14 du réveil, du coup j'aurais préféré que ça reste un clin d'oeil unique) et, bien sûr, pas la moindre réflexion sur le sens du récit du déluge (qui sous son aspect naïf n'est aps le récit le plus simple de la Bible). Mais bon, rien que le "Construire une arche pour les nuls" suscite toute mon indulgence...
Et puis il y a quand même une piste de lecture théologique dans ce film : après tout rien ne prédisposait Evan à être le nouveau Noé (contrairement à son prédécesseur, Evan Baxter n'a rien d'un "juste") et, alors que cet appel fiche sa vie en l'air, Dieu prend un malin plaisir à ne pas tenir compte de ses refus. Un appel qui bouleverse une vie humaine, un Dieu qui laisse l'homme libre de dire "non" mais qui sans cesse revient à la charge, jusqu'à ce que sa volonté soit faite, cela n'a pas grand chose à voir avec le mythe du déluge, mais c'est une bonne lecture des appels de prophètes...

Le dragon

26 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

dragonkt.JPGPrédication du dimanche 23 septembre 07 (culte intergénération)
Genèse III
Luc X, 18-19
Apocalypse XII

Toute l’année dernière, au cours de nos cultes « inter-générations », nous avons parlé des animaux dans la Bible. Mais pour que le cycle soit complet, il fallait parler du dragon. Et c’est ce que nous allons faire aujourd’hui.
J’aime toujours les histoires de dragons et de chevaliers, et rien que pour ça, le livre de l’apocalypse devrait me plaire. Malheureusement, l’Apocalypse c’est aussi un livre de la Bible très compliqué et sur lequel on a plein d’idées fausses.

Pour commencer que veut dire apocalypse ? En fait apocalypse ne signifie pas catastrophe ou fin du monde mais révélation, dévoilement… Et il ne s’agit pas non plus d’annoncer l’avenir, l’auteur d’un livre apocalyptique décrit son époque, de façon codée, par images… Mais bien sûr, il fait un peu plus que décrire son époque… Il dit aussi sa foi, il nous donne un témoignage sur Dieu. Eh bien c’est sur ce témoignage que nous allons nous arrêter, ce matin, je ne vous parlerais pas du christianisme à l’époque romaine, je ne vous parlerai pas des conflits avec les autorités ou entre les Églises… Ce matin, je voudrais simplement que nous essayions de comprendre ce que cette histoire de dragon nous dit sur Dieu et sur nous même…

Pour commencer, puisque après tout, nous savons bien que les dragons n’existent que dans les livres et au cinéma, qu’est ce que c’est ici que ce dragon ? Là, la question est assez facile puisque le texte répond lui-même : « c’est le serpent d’autrefois, celui qui appelé le diable et le satan ». Le diable signifie d’ailleurs ce qui divise, ce qui sépare. Quant au satan, ce n’est pas nom propre, mais un mot hébreux qui veut dire l’accusateur… Quant au serpent d’autrefois, ceux qui étaient là au dernier culte des familles se souviennent peut-être qu’on avait parlé de ce serpent qui, dans le récit de la création du monde va symboliser ce qui sépare les hommes de Dieu. Et voilà que dans l’apocalypse on retrouve ce serpent de la Genèse, mais il a grandi au point de devenir un dragon…
Peut-être que le mal a grandi au point d’emplir toute la terre, comme un dragon rouge comme le feu qui dévorerait tout avec ses sept têtes et qui dominerait le monde entier : le dragon est couronné… Peut-être que c’est dans notre regard seulement que le mal prend autant de place, qu’il occupe tout notre champs de vision si bien que nous ne voyons plus que lui. Vous n’avez jamais remarqué à quel point, quand on a mal quelque part, on ne pense plus qu’à cela ? Ou à quel point un problème somme toute léger peut gâcher tout le plaisir que nous avons à un moment…Et puis nous savons tous à quel point les médias nous parlent plus de ce qui ne va pas que de qui va bien… Autant d’exemple qui montre que le mal nous est tellement insupportable qu’il vient très vite occuper toute la place… Mais que le mal ait réellement grandi au point de dominer le monde entier, ou que ce soit un effet grossissant de notre esprit, le serpent est devenu dragon…
Mais ce dragon, le texte nous dit aussi qu’il est vaincu. S’il est sur terre c’est qu’il a été chassé hors du ciel… Forcément, si on prend le texte au pied de la lettre, ça pose un problème. Comment croire que Dieu est bon s’il se débarrasse de ce qui ne va pas chez lui en le jetant chez nous ? Pour moi, il est donc évident que ce texte ne parle pas d’un dragon rebelle que Dieu aurait mis au milieu de l’humanité pour qu’il cesse de faire des dégâts au ciel. Dieu ne jette pas ses déchets par dessus la clôture dans le jardin du voisin… Mais en nous racontant cette histoire d’un dragon chassé du ciel et jeté à terre, l’auteur de l’apocalypse nous dit plusieurs choses.
Tout d’abord, il nous dit que le mal existe et qu’il fait des ravages, qu’il nous blesse et en même temps, il nous dit que ce mal qui dévaste la terre est vaincu… C’est donc à la fois un message lucide, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles et un message d’espoir : ce dragon rugissant et dominant est d’ores et déjà vaincu… En affirmant qu’il dévaste la terre, l’auteur de l’apocalypse ne nous dit pas que nous sommes à sa merci mais que lui est à notre portée, que nous pouvons dès aujourd’hui le combattre…
Ensuite, si le dragon accusateur est chassé du ciel, cela signifie que Dieu a chassé ce qui nous accusait. Nous n’avons pas à craindre un Dieu qui nous accuse et nous condamne, nous célébrons un Dieu qui a chassé l’accusation. Il y a, auprès de notre Dieu, un espace libre de toute accusation, de toute culpabilité, un lieu où nous pouvons être totalement réconciliés avec nous-même et réconciliés avec Dieu…

Et puis le texte nous parle aussi d’un enfant, appelé à régner sur toutes les nations. A votre avis, pour voir si vous ne vous êtes pas trop rouillés pendant l’été, qui est cet enfant que le dragon veut dévorer.
Oui, bien sûr qu’il s’agit de Jésus. Mais pourtant si ce texte nous raconte la naissance de l’enfant, il ne parle pas pour autant de Noël. Alors quel autre événement de la vie de Jésus pourrait ressembler à une naissance ? Je vous donne un indice, le texte dit que juste après cette naissance, l’enfant a été enlevé au ciel, ce qui ressemble beaucoup à l’Ascension.
Oui, le texte fait référence à la Pâques, à la mort et à la résurrection de Jésus. En effet, c’est justement parce que Jésus est mort et ressuscité que nous croyons que ce que Dieu nous envoie ce n’est pas un accusateur mais un défenseur. Ce que ce texte nous affirme c’est que face à toute la souffrance, face à toutes les accusations, face même à nous-même, Dieu est avec nous.

Alors aussi terrible soit le mal, même si le serpent se transforme en dragon, nous pouvons nous rappeler que face à l’amour de Dieu pour nous, face à sa promesse, ce dragon rugissant n’est rien qu’une grande chaussette au papier mâché…

Amen

15 jours de moins...

21 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

cimade.jpg Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point. Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu. 
Lévitique XIX, 33-34

Parce que les colères les plus médiatiques nous font parfois oublier des question encore plus graves. Merci à
maïtre Eolas pour sa nausée...


Et encore un test...

20 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Encore un test proposé par Micky (je devrais m'abonner à Jeune et jolie, j'adore remplir ce genre de test )... Autant le côté vague des propositions des tests précédents m'amusait (une proposition pouvant être comprise de bien des manières différentes), autant le côté ultra précis de celui-ci m'a embarassé. Pas mal de propositions auraient pu avoir mon accord s'il n'y avait pas eu une petite précision... Et puis des propositions essentielles étaient à mon avis manquante (le rôle exact  des oeuvres par rapport à la foi par exemple aurait été bienvenu)
Mais je peux dire tout ce que je veux sur ce test, c'est sans doute celui qui a donné les résultats les plus probants en ce qui me concerne.
1. Mainline - Liberal Christian Protestants (100%)
 2. Liberal Quakers (81%)
 3. Orthodox Quaker (80%)
 4. Unitarian Universalism (75%)
 5. Seventh Day Adventist (69%)
 6. Mainline - Conservative Christian Protestant (66%)
 7. Eastern Orthodox (64%)
 8. Roman Catholic (64%)
 9. Reform Judaism (53%)
 10. Neo-Pagan (51%)
 11. Hinduism (47%)
 12. Secular Humanism (45%)
 13. New Age (42%)
Sikhism (42%)
 15. Mahayana Buddhism (38%)
 16. Theravada Buddhism (38%)
 17. Bahai (37%)
 18. Taoism (37%)
 19. New Thought (34%)
 20. Christian Science (Church of Christ, Scientist) (30%)
 21. Jainism (29%)
 22. Non-theist (28%)
 23. Scientology (27%)
 24. Orthodox Judaism (25%)
 25. Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints (Mormons) (21%)
 26. Islam (20%)
 27. Jehovah's Witness (13%)

Si j'analyse un peu le résultat, je me retrouve donc bien dans la pensée protestante libérale, mais le fait que tous les branches du christianisme (je n'y inclus ni les mormons, ni les témoins de Jéhovah, ni la Science Chrétienne) montre que pour uin libéral, je suis drôlement orthodoxe... Ce qui me correspond bien : il y a beaucoup de dogmes chrétiens auquel je crois prfondément sans pour autant leur donner le caractère de dogmes, c'est à dire de vérité auxquelles il faut absolument se rattacher... Je suis plus surpris par le petit score de l'Islam par rapport aux religions orientales... Mon côté individualiste et non ritualiste, sans doute...

La fin d'un été pourri

19 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs


Celles et ceux qui parmi nous n'ont pas eu la chance de partir vers des cieux plus cléments ont sans doute beaucoup ressassé cette expression : "un été pourri".
Il est vrai que si le soleil a brillé, c'est surtout par son absence et que ce ciel toujours bouché avait de quoi démoraliser le plus endurcis des nordistes. Biologiquement autant que moralement, nous avons besoin de soleil et cet été s'est chargé de nous le rappeler.
Mais au-delà des considérations météorologiques, c'est à ceux dont l'été a été pourri par des événements plus graves que des questions de climat : maladie, accident, deuil... que je veux penser aujourd'hui.
Ceux-là peuvent laisser se terminer l'été. Ce qui est pourri, c'est, par définition, ce qui ne reste pas. Ce qui tombe au sol pour alimenter la terre est disparaître. La fin d'un été pourri, n'est pas un appel à l'amnésie mais l'affirmation de la guérison des blessures. L'été s'achève, que tombe avec lui ce qui l'a pourri. Que cette rentrée soit pour tous un temps de recommencement, un temps de résurrection.

L'édito de notre bulletin paroissial

judéo-quacker ?

18 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Quakerism

 
67%

Judaism

 
50%

Protestantism

 
42%

Deism

 
33%

Agnosticism

 
33%

Satanism

 
25%

Catholicism

 
25%

Atheism

 
25%

Evangelism

 
17%

Neo-Paganism

 
17%

Western Religious Philosophy
created with QuizFarm.com</

Christianity

 
80%

Agnosticism

 
55%

Islam

 
40%

Paganism

 
35%

Buddhism

 
35%

Confucianism

 
25%

Judaism

 
25%

Atheism

 
20%

Satanism

 
15%

Hinduism

 
15%

Haruhism

 
5%


Which is the right religion for you? (new version)
created with QuizFarm.com

Voici donc à travers deux tests trouvés chez Micky de Metazet mon positionnement religieux... Bien sûr, cela m'amuse assez d'être catalogué comme quacker et juif avant d'être protestants (mais cela dépend certainement de l'image du protestantisme par les réalisateurs du test) et puis vous voyez bein que surle deuxième test, ma proximité avec le judaïsme est sérieusement remise en question... Et puis me mettre à équidistance du satanisme, du catholicisme et de l'athéisme a de quoi me faire sourire (rien d'étonnant à ce que l'incroyance, le catholicisme et le satanisme se confondent un peu dans mon esprit... je vous rassure, je plaisante, c'est certainement ma défiance vis à vis de tout clergé qui m'éloigne du catholicisme)... En fait le diagnostique le plus sûr du premier test c'est sans doute de voir dans l'évangélisme fondamentaliste et le néo-paganisme, les philosophies religieuses dont je suis le plus éloigné...

Le coeur de l'homme

14 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 09 septembre 07
Exode XX
Philémon IX à 17
Matthieu XV 1 à 20

Au delà des conseils d’hygiène que j’espère que les enfants n’ont pas écouté… Au delà même du débat entre tradition des pères et commandement de Dieu, ce texte nous offre une vision de l’homme d’une violence inouïe…

Nous sommes ici témoins d'un débat entre théologiens se mettant mutuellement en accusation. D'un côté, les pharisiens qui enseignent, à côté de la loi écrite (ce que nous appelons le Pentateuque, les 5 premiers livres de la Bible), une loi orale basée sur la tradition de leurs pères. Et c'est cette tradition qu'ils reprochent à Jésus de ne pas respecter. .Face à eux, Jésus qui, à la tradition des anciens, oppose un retour au source. En effet, sa contre-attaque est cinglante : "au nom de votre tradition vous transgressez le commandement de Dieu". Pourtant, je ne crois pas qu'il faille voir ici Jésus comme un fondamentaliste. On connaît trop bien les libertés qu'il prenait vis à vis de Torah écrite : non respect du Sabbat, accueil des marginaux, polémique avec le Temple...
En fait, si Jésus préconise un retour aux  sources, c'est moins vers la lettre de la loi que vers l'esprit de la loi. C'est une constante lorsque Jésus parle de la loi, il ne s'intéresse pas aux subtilités juridiques, à la casuistique, à la jurisprudence, il ne se pose qu'une seule question : Quelle est la volonté de Dieu derrière cette loi ? Et pour répondre à cette question, sa grille de lecture est on ne peut plus simple. Le commandement de Dieu nous pousse toujours à nous tourner vers l’autre. Et pas de manière désincarnée. Bien au contraire, pour Jésus, aller vers l’autre ce n’est pas seulement en parole mais aussi en acte, de manière concrète. Sa polémique avec les pharisiens autour de Honore ton père et ta mère est très explicite sur la question. « Honore ton père et ta mère » doit se traduire pour lui par une relation d’aide qui est plus importante, plus impérative que n’importe quel sacrifice… Une affirmation d’autant plus forte qu’on voit dans les évangiles Jésus remettre en question la famille et ce, de façon très forte, très virulente :  « Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs » « Celui qui aime son père, sa mère, sa sœur, son frère, plus que moi n’est pas digne de moi ». Ainsi,  même si Jésus s’attaque à une certaine idolâtrie de la famille, il n’en affirme pas moins que père et mère sont à aimer, non pas seulement en parole mais aussi en actes…

Mais si le ton de la polémique avec les pharisiens peut paraître violent, ce n’est rien au regard de la conclusion de ce passage. En effet, du cœur de l’homme sortent raisonnements mauvais, meurtres, adultères, inconduite sexuelle, vols, faux témoignages, blasphèmes… C’est une affirmation terriblement dure. Jésus ne dit pas « Du cœur de l’homme peut sortir le mal autant que le bien », le portrait de l’humanité est strictement négatif… Bien sûr il serait exagéré de généraliser ce passage et d’en tirer des conclusions trop hâtives sur la manière dont Jésus conçoit l’humanité… Mais il me paraît discutable d’amoindrir la portée de cette affirmation. Nous sommes ici face à un renversement complet de la façon dont les pharisiens concevait le monde. Un homme pur au milieu d'un monde impur qui ne demande qu'à le souiller et contre lequel il faut absolument se protéger. Pour les pharisiens, la protection consiste en rituels... Mais cette vision de l'homme comme une forteresse assiégée n'est pas propre aux pharisiens. Si l'on sort du registre "pur/impur" du judaïsme pour passer au registre "bon/mauvais" qui nous est plus familier, il me semble qu'on retrouve toujours cette idée que ce qui nous agresse est à l'extérieur. "L'homme est bon, c'est la société qui le corrompt", "L'enfer c'est les autres". Et je crois que si nous ouvrons nos yeux et nos oreilles, nous pourrons encore trouver bien des exemples...
Et voila que d'une phrase, Jésus rejette cette idée que nous sommes une oasis de pureté à préserver contre la corruption extérieure.  Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme. 
Avant de voir les conséquences d'un tel renversement de perspective, une petite mise au point. Si Jésus rejette l'idée d'un homme perverti par ce qui l'entoure, il ne fait pas non plus partie de ceux qui voient l'homme comme source de tous les maux. C'est aussi un discours que l'on entend parfois : d'une lecture fondamentaliste de la Genèse qui voit dans la faute d'Adam et Ève la cause de tous ce qui ne va pas dans la création à un certain discours éco-intégriste : l'homme, seul animal destructeur, cancer de la planète qui abîme tout ce qu'il touche. Jésus ne dit rien de cela. Il ne dit pas "ce n'est pas le monde qui souille l'homme, mais l'homme qui souille le monde", il dit  "l'homme se souille lui-même".
Discours culpabilisant ? Je ne crois pas. En tout cas, moins que celui qui consiste à affirmer que c'est à nous de résister au mal qui nous entoure. En effet, dans ce cas-là, nous ne pouvons que nous en prendre à nous  même de notre échec.
Discours dévalorisant ? Sans aucun doute. En tout cas, profonde remise en cause de nos valeurs.
Discours démotivant ? En fait, je ne crois pas. En effet, si je cesse de me considérer comme une forteresse à défendre, je peux abattre les murs que j'ai dressé entre moi et les autres. Je peux rencontrer à corps perdu ce monde qui m'entoure, sans craindre qu'il me souille ou m'abîme. Je peux l'aimer à fond et m'engager sans réserve sur cette voie d'amour que Dieu veut pour moi. Un amour qui ne se paie pas de grandes déclarations mais qui conduit chacun de nos actes.
Mais, me direz-vous, comment ce coeur d'où  sortent raisonnements mauvais, meurtres, adultères, inconduite sexuelle, vols, faux témoignages, blasphèmes pourrait-il aimer ? Eh bien, si c'est en l'homme qu'est la souillure de l'homme, nous ne pouvons ni nous protéger, ni nous guérir nous-même. C'est donc vers un médecin extérieur qu'il nous faut nous tourner. Tout orgueil s'effondre : je ne peux compter sur moi-même.
Et puis, rappelons nous que pour cet humain qui se souille lui-même, Jésus Christ à tout donné, s'est donné lui-même. Toute peur s'efface : tel que je suis Dieu m'aime, inconditionnellement.

Frères et sœurs, vous pouvez, bien sûr, vous laver les mains avant de passer à table mais, soyez en certain, rien de ce qui est dans ce monde ne peut vous corrompre. Notre souillure est en nous, et elle n'a pu nous faire perdre l'amour de notre Père. Que cet amour nous inonde et qu'il transforme notre cœur .
Amen

Le livre de Jonas

13 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Le livre de Jonas reste inachevé, sur la dernière question que Dieu pose à Jonas. Il n'y a pas de réponse de Jonas (...) Il ne pouvait pas y répondre et la question reste posée à chacun de nous sans doute, mais bien plus, elle attendait la réponse d'un autre. Le livre de Jonas ne reçoit sa conclusion, la dernière question du livre ne reçoit sa réponse que de Celui qui précisément accomplit la plénitude de la miséricorde de Dieu et qui réellement, et non pas sous forme de mythe, effectue le salut du monde.
Jacques Ellul. Le livre de Jonas

Si Ellul peut légitimement prétendre au titre de théologien (ce qui n'est pas très difficile : tout individu ayant un discours sur Dieu est, de fait, un théologien, mais bon, vous voyez ce que je veux dire), en revanche, il n'est pas à proprement parler, bibliste. Ainsi, son commentaire sur le livre de Jonas n'est pas une exégèse technique et fouillée mais plutôt une interprétation personnelle documentée, une prédication en quelque sorte. Ce qui n'enlève rien à l'interêt du livre, bien au contraire, cela  élargit d'autant son public. Prenant le livre de Jonas comme une prophétie véritable de Jésus Christ plutot que comme une réalité historique, Ellul développe les notions d'élection et de responsabilité de celui que Dieu choisi, de conversion, de liberté humaine et de patience de Dieu.
Une réflexion riche quoiqu'un peu desservie par une hostilité tout compte fait inutile aux exégètes (les hypothèses qu'il conteste ne s'opposent en rien à sa lecture) et par quelques affirmations à l'emporte pièce (une constante chez Ellul).
Malgré tout, c'est un bon exemple d'une lecture personnelle, intelligente et confessante d'un livre biblique trop souvent considéré comme naïf.

J. Ellul. Le livre de Jonas in Le défi et le nouveau. Ed. La table ronde

Morceaux d'été (1) La bataille de fougères

11 Septembre 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

Je chante la petite guerre
Des braves heros de naguère
Qui sur la plage ont bataillé
Pour sauver un chateau de sable..
G. Brassens

Promenade en forêt, les enfants font progressivement connaissances. Les troncs se font dragons et les branches mortes deviennent épées et mitraillettes. Puis, au hasard du chemin, un autre jeu voit le jour : la bataille de fougères. Le principe est  simple, arracher des fougères, se les jeter à la figure. Tout commence par quelques échauffourées désordonnées. Puis, peu à peu, deux camps se mettent en place. On élabore une stratégie plus ambitieuse. Désormais les munitions sont précieusement stockées en vue de la bataille finale. L'ultime assaut aura lieu auprès des voitures. Mais voilà que le sentier de la guerre longe un étang. Et, sans crier gare, l'un des camps jette tout son arsenal à l'eau, se livrant désarmé à son adversaire. Mais, au lieu de profiter de l'aubaine, l'ennemi agit de même. Les munitions flotent désormais au fil de l'eau, à la grande joie des deux armées réconciliées.
Et je me prends à rêver d'un évènement semblable dans le monde des adultes, de belligérants qui jetteraient leurs armes avant que commence la batailles. Finalement, les jeux des adultes me paraissent bien plus absurdes que les jeux d'enfants...

Mais ne sombrons pas dans l'angélisme : entre l'étang et le parking, l'arsenal fut vite reconstitué et les deux camps se rassemblèrent à l'assaut d'un ennemi commun. Sus aux parents !

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