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Miettes de théologie

Mauritanie tour (3)

31 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

23 janvier
Après une assez mauvaise nuit (le sable est plus dur qu’on pourrait croire) et un petit déjeuner rapide, nous nous mettons en route pour l’oasis de Tanouchert. C’est, comme nous l’avait proposé Salim, d’une seule traite que nous parcourons cette étape et nous le sentons passer… C’est éreintés que nous arrivons à l’oasis, après avoir malgré tout, pu apprécier la diversité des paysages désertiques. A présent même les bon marcheurs se sont écroulés et nous nous méfierons désormais du quart d’heure de Salim. Les marchandes de la coopérative des femmes se sont installées autour de nous (malgré le peu de succès de leurs objets artisanaux) et c’est à l’ombre d’un acacias (encore !), bercés par leurs bavardages et leurs rires que nous somnolons. Tout à l’heure, si nous trouvons le courage, nous irons visiter la palmeraie…
Une discussion d’hier avec mon petit frère me pousse à l’introspection. Nous sommes indiscutablement en plein désert, nous traversons des paysages exotiques et partageons un mode de vie qui n’est pas le mien. Pourtant, je ne me sens pas tout à fait dans le désert, je n’en ressens ni la totale étrangeté, ni l’oppression supposée. Je pense que cela tient beaucoup à l’effet de groupe. C’est visiblement dans la relation à l’autre que place d’abord mon ressenti et là, dans un groupe d’amis, je me sens chez moi…
Après une longue sieste, petite ballade dans le village, nous allons jusqu’à l’école pour remettre les fournitures scolaires que nous avons apportées. Mais Laurence souffrant de la hanche, nous laisserons les autres aller jusqu’au bout et nous retournons au campement tenir compagnie à Vincent. En effet notre groupe compte à présent une blessée (Laurence) et un malade (Vincent qui souffre visiblement d’une insolation). Les porteurs de cahiers se feront invités chez l’habitant et nous les retrouverons plus tard. C’est le moment d’en apprendre un peu plus sur Salim dont la famille vit à Chingueti et qui est guide depuis maintenant 10 ans après avoir travaillé deux ans comme cuisinier. Cette année il est content, il a réussi à obtenir deux semaines de vacances sur la saison, sinon de octobre à avril, il guide des touristes dans le désert, le plus souvent en marchant… Quand je lui demande s’il utilise le soleil pour se guider, il sourit amusé : en fait, il connaît le chemin par cœur…
La soirée commence tout doucement autour de l’apéritif saharien (voir la note de la veille) et le repas se termine sur les énigmes de Salim et une discussion epistémologico-scientifico-théologique, j’ai l’impression que les scientifiques du groupes confondent le vrai et le réel… Cette nuit je dormirai à la belle étoile…


Une petite note sur le chèche, en plus de permettre toute sorte de jeux de mot parfaitement stupides, le chèche offre une protection fantastique contre le soleil. Il permet également de se couvrir le bas du visage ce qui est très commode à la sortie des villes (on passe souvent à travers une véritable décharge) et éventuellement  pour se livrer au grand banditisme (mais on n'a pas essayé). Long de 3m, le chèche sert également d'oreiller, d'écharpe au petit matin frais et je suis sûr qu'il peut offrir un beau signal de détresse. Je crois que j'ai adopté ma nouvelle protection contre le soleil : j'ai horreur des casquettes... Ces seuls points faibles sont : pas facile de s'enrouler 3 m de turban autour de la tête en obtenant un résultat à la fois esthétique et stable (mais au bout de deux jours, nous finissons par ne plus remettre nos chèches qu'une fois par jour) et une certaine nuisance à la communication, surtout lorsque vous le portez devant la boucvhe, il faut vous rappeler que votre interlocuteur a, en plus, les oreilles recouvertes de tissus... Et puis quand on a choisi, comme moi, un beau bleu roi, eh bien, ça déteint... Mais en une semaine, aucun coup de soleil !

Mauritanie tour (2)

30 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

22 Janvier
Pause de midi : l’ombre d’un acacia et un petit vent frais. Le désert est plus confortable que je ne pensais.
Ce matin nous avons continué notre rencontre avec Ouadane, l’ancienne ville au 40 savants (non pas parce que 40 y vivaient mais parce qu’on pouvait en voir 40 dans une rue), un lieu de savoir dont les habitant furent chassé par les termites (en fait différentes catastrophes naturelles) et dorénavant dévoré par les sables. Mais tout d’abord, un mot sur l’auberge où nous avons passé la nuit. C’est assez l’image que je me faisais d’un caravansérail : des huttes et des tentes pour dormir, quelques salles communes pour les repas, des toilettes et des douches, le tout éclairé à la bougie et à l’électricité aléatoire d’un groupe électrogène…
Ce matin donc, après une grasse matinée (petit déjeuner à 8h), visite de Ouadane. C’est assez étrange de rentrer dans cette ville fantôme pour découvrir qu’elle est tout à fait habitée : les paraboles poussent sur les toits de terres séchée et l’école primaire compte 6 classes de 50 à 80 enfants chacune. En tout cas, la ville n’est pas si touristique que cela, très peu de démarchage. Les étrangers que nous sommes ne suscitent qu’une vague curiosité.
Après cette visite, la marche dans le désert commence doucement. Un désert de sable, de pierres et de buissons (l’alfa). En dépit de la censure oppressante de mon petit frère (« tu prêcheras pas à mes copains »), j’avance en discutant péché, morale et absurdité de la foi avec mes voisins. Est-ce l’effet de groupe ou bien un lieu commun de documentaire animalier ? mais le désert est très habité : le sable garde chaque trace de pas, chaque empreinte de vie : chameau, oiseau, lézard, insecte, gerbille, fennec…
A la pause : apéritif, un bissap sirupeux, une salade de crudités en repas, quelques notes sur ce cahier, 4 chapitres de la Bible et des jeux.
Ensuite, nous nous remettons en marche. Notre guide annonce 1h30-2h et, au bout de 3 heures, nous nous arrêtons pour bivouaquer. Ce qui m’inquiète beaucoup, d’autant plus qu’hier, Salim nous avait annoncé 5 km. En fait, nous en avons parcouru 15 et demain nous devrions en faire 20 (tant que ça ne veut pas dire 60, ça devrait aller)
En tout cas, cet après midi, nous avons rencontré le désert tel qu’on se le représente : des dunes, du sable et du soleil. J’ai même trouvé un caillou bizarre, en fait, un silex taillé. Sans doute un fossile que je laisserai sur place : pas question de piller le patrimoine mauritanien… C’est maintenant face à la couverture d’un livre de Monod que j’écris ces lignes…
Au dîner, nous goûtons pour la première fois du chameau, une des principales sources de viande dans cette région. Puis, échange d’énigme avec Salim, je parviens à deviner comment partager 30 plats en 33 (il faut lire phonétiquement) et nous faisons mourir e rire Salim en mettant en scène notre réponse à sa devinette : 2 garçons, le premier est l’oncle paternel du deuxième qui est l’oncle maternel du second quel est le lien de parenté de leurs parents…
Nous découvrons aussi l’inconfort des feuillées du désert, s’éloigner à 5 minutes du camp, ressentir l’isolement d’un endroit magnifique pour aller s’accroupir derrière une petite dune avant d’enterrer ses déchets et brûler son papier en espérant éviter les cram-cram, n’est assurément pas l’activité la plus poétique. J’espère bien éviter la tourista.
Pour me faire pardonner ces considérations quelque peu scatologique, une petite note sur les trois thés.
Le thé remplace la bière en Mauritanie : on le fait mousser, on vous le sert à l’apéritif ainsi que pour vous souhaiter bienvenue… A l’apéritif, c’est donc dattes, cacahuètes, biscuits et thés qui viennent récompenser le marcheur lors de la pause du soir. Mais le plus typique, c’est la cérémonie des trois thés à laquelle nous aurons droit  à chaque maison ou hôtel visités. Trois thé (plus ou moins) à la menthe, servis les uns après les autres. Il faut voir notre cuisinier les transvaser d’un verre à l’autre pour bien les faire mousser. Le premier est le moins sucré : c’est Loèl, « amer comme la vie », le thé de l’enfance durant laquelle on peut avaler n’importe quoi. Le second, plus sucré, c’est Ouestani, « doux comme l’amour », le thé de la jeunesse, un peu plus sensible. Le troisième est sirupeux, c’est Tali, « suave comme la mort », le thé de la vieillesse, l’âge fragile où il faut que tout soit facile…

 

Mauritanie tour (1)

29 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

Allez, je suis plus courageux que prévu, je commence à mettre mon journal de bord en ligne aujourd'hui... Vous pardonnerez le style "écriture automatique" mais j'ai opté pour ne pas retravailler mes notes... Je vous les livre donc telles que je les ai écrites et en 12 heures d'avion, on a le temps d'écrire vraiment n'importe quoi...

21 janvier
3h50, le matin
Plusieurs tonnes d’acier ont été propulsées dans le ciel. Les lumières de Paris s’étendent sous nos yeux. Je ne suis pas vraiment un habitué de l’avion mais quand bien même le serais-je, ce prodige m’épaterait toujours (et m’effraye un peu quand je suis à bord de l’appareil) L’esprit humain, peut indéniablement s’enorgueillir d’une telle prouesse. Et en même temps, oublier, à ce moment précis, notre fragilité et nos limites me paraîtrait relever de la pire des arrogances. Admiration et sentiment de vulnérabilité m’accompagnent toujours en vol….
Plus rien à voir pourtant avec l’angoisse de ces derniers jours. En fait, elle s’est estompée dès que nous avons retrouvé nos compagnons de voyage. Du restaurant de chinois (pour se mettre dans l’ambiance… (sic Patrick ( ???))) à l’aéroport, en passant par le RER beaucoup de rires ont fait l’attente moins longues et les premiers aléas (deux heures de retard annoncées, la nourriture interdite en cabine alors que l’agence nous recommandait de prévoir un e-cas, la crème solaire de Laurence confisquée à la douane) deviennent autant de motifs de plaisanterie. Le voyage s’annonce sous de bons auspices.
4h30
Nous voici maintenant à Marseille. Certains passagers descendent pour partir à Janet et, sans doute naïvement, je me demande s’il y en aura d’autres. Jusqu’ici, lors de mes vols tout le monde embarquait et débarquait au même moment. Je découvre le charter omnibus. Un autre mystère : allons nous nous arrêter en Algérie pour faire le plain comme annoncé où bien l’approvisionnement effectué à présent a-t-il pour but de compenser notre retard ? On verra bien.
En tout cas, j’espère que je parviendrai à dormir encore un peu pendant les 12 heures qui nous séparent d’Atar…
Ah ben ça a marché, me voilà réveillé en sursaut par la réponse à ma première question, des passagers qui embarquent… Et notre nouveau commandant de bord répond à la deuxième, pas d’escale en Algérie…
7h
C’est une chance d’être installé au hublot gauche ! Nous avons droit à un superbe lever de soleil sur la Méditerranée. Mes jambes sont complètement engourdies, je n’ai vraiment pas beaucoup fermé l’œil mais Laurence dort à côté de moi et je me sens bien. Vraiment.
10h15
Nous sommes maintenant au dessus du Mali. Descente très impressionnante sur Gao : après avoir survolé le désert pendant des heures nous apercevons soudain le fleuve Niger et l’avion paraît vouloir se poser dans la savane avant que nous apercevions les premiers bâtiments.

Enfin arrivés à Atar. Quelques inquiétudes à la douane : comment dois-je remplir la case « profession » de ma fiche de débarquement ? La Mauritanie est une république islamique, référencée par l’Église catholique romaine comme un pays sans liberté religieuse et je me doute que les évangélistes n’y sont pas les bienvenus. Certains critiqueront, à juste titre, ma lâcheté mais je ne suis pas ici en mission, je ne tiens pas à gâcher le voyage des autres (ni le mien) avec trop de tracasserie ou pire un refoulement à la frontière. C’est décidé, je suis « employé »…
Bien sûr, je ne compte pas cacher mon christianisme par la suite et pour tout dire c’est moins ma lâcheté qui m’ennuie (je vis avec depuis un certain temps) que le manque de confiance que je manifeste envers ce pays…
Après les formalités administratives et la récupération de nos bagages (ouf, rien ne manque !), l’achat d’un chèche pas moins obligatoire que le visa. Bon, en tant que groupe, il va falloir qu’on apprenne à un peu mieux négocier et à dire non : 6 chèches pour le prix de 7… On va mettre ça sur le compte des 12 heures d’avions et du dépaysement…
Ensuite, délicieux repas dans un restaurant d’Atar : nous goûtons la Thie Bou Dien : riz cassé, viandes, poisson, légume, tout en faisant connaissance de Mohamed Salim, notre guide qui nous accompagnera durant notre périple…
Puis, 3 heures de pistes entre Atar et Ouadane, point de départ de notre randonnée. Au début nous découvrons un paysage rocailleux, désolé et immense. Ce n’est pas le désert de dunes et de sables dans lequel nous devrions marcher mais un bon avant goût de ce que signifie le terme « aride ».
A dire vrai, les cahots de la piste (pas si mauvaise que cela et puis le chèche amorti bien les chocs) ne nous empêcheront pas de dormir pendant la dernière heure du trajet…
Pour nous réveiller aux portes du désert, à Ouadane, la cité des deux oueds, l’oued du savoir et l’oued des dattes. Je vous en dirais plus demain.
Maintenant, après une courte visite, un bon repas et une soirée jeux, il est temps de dormir… Ce ne sera pas dans l’oppressant silence du désert : nos voisins font la fête.

De retour

29 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Voilà, nous avons survécus à l'avion, à la marche, au désert aux pillards des sables tout s'est bien passé et me revoici en ligne avec du sable plein les sacs et des images plein la tête. Dès que mon carnet de voyage sera tapé, je vous en fait profiter avec  9 jours de différés (sans doute à partir de demain)

De cheval

21 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 21 janvier 2007

Culte des familles

 

Psaume XX 1 à 10

 

Job XXXIX , 19 à 25

 

Apocalypse XIX, 11 à 13

 

 

 

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, nous allons nous pencher sur un animal un peu délaissé dans la Bible, un animal qui pourtant a généralement une place importante à travers les mythes, les légendes mais aussi les récits historiques de toute l’humanité.

 

Aujourd’hui nous allons parlé de Equus Caballus un animal qui pèse entre 500 et 1000 kilos, qui vit entre 20 et 30 ans, si vous avez écouté les textes bibliques vous le savez déjà, cet animal c’est le

 

Cheval

 

 

 

Or si le cheval est la plus noble conquête de l’homme, force est de constater que dans la Bible il en va autrement. En fait, le cheval n’est montré que sous un seul aspect, il ne sert qu’à une seule chose : à faire la guerre. On ne parle pas de course de chevaux dans la Bible, ni de chevaux de labour, ni de ballade à cheval. Le cheval est seulement un instrument de guerre, on peut même dire qu’il s’agit d’une arme.

 

On peut certainement expliquer cela : le cheval est peut-être un animal trop fragile pour Israël et le bœuf et l’âne sont des animaux bien plus commodes, plus résistants pour un usage courant. Avoir un cheval coûte cher, demande beaucoup de soin. C’est donc un animal de luxe que l’on va réserver aux rois et dont la principale utilité sera militaire.

 

Et puis, le cheval vient toujours d’ailleurs, c’est un animal exotique qu’on achète à d’autres pays. La cavalerie est souvent la marque d’ une armée étrangère, c’est souvent l’arme de l’ennemi. Une arme dévastatrice qui terrifie par sa puissance. Ce qu’on peut comprendre facilement si vous avez déjà vu au cinéma une charge de cavalerie…

 

Bref, le cheval n’est pas un animal courant dans la Bible mais plutôt un animal de luxe, un symbole de richesse et de puissance…

 

 

 

Mais cela suffit-il à expliquer qu’on ne trouve aucune histoire de chevaux dans la Bible ? Ou plutôt que les seuls chevaux qu’on y rencontre soient des animaux vaincus, balayés par les flots lors de la traversée de la mer rouge, aux jarrets tranchés de la bataille de Merom (Josué XI) ? Bref que les histoires de chevaux dans la bible soient toujours des histoires épouvantables à faire frémir d’horreur le moindre amateur d’équitation ? Après tout, le cheval est la monture royale mais les rois sont nombreux dans la bible, alors ce ne sont pas les occasions qui manqueraient de raconter une belle histoire pleine de galop enfiévré, de pur sang qui se cabrent, de crinières aux vents… Mais non, engloutissement, jarrets coupés, anéantissement de masse voilà le sort presque systématiquement réservé aux chevaux.

 

Bien sûr, on peut expliquer ces massacres en rappelant que les chevaux étaient sans doute l’arme la plus terrifiante de l’époque. Annoncer que la cavalerie ennemie est balayée c’est une manière de rappeler que Dieu protège son peuple, qu’Il est pour Israël une forteresse, c’est dire : « vous n’avez rien à craindre, aucun ennemi aussi puissant soit-il ne pourra vous abattre » Mais si on peut comprendre cette promesse, reste à savoir pourquoi le cheval n’est vu que sous cet angle…

 

 

 

C’est vrai qu’il y  a peu d’animaux aussi mal servis dans la Bible. on trouve dans les textes bibliques des histoires admirables sur des ânes, des gros poissons, des colombes, des aigles et même des serpents… Alors pourquoi pas sur cet animal noble et puissant qu’est le cheval ?

 

Eh bien peut-être justement à cause de sa noblesse et de sa force. En effet Dieu semble marquer une préférence pour ce qui est petit, faible et sans force. Une préférence ? Pas si sûr. En fait, il serait peut être plus correct de penser que Dieu va d’abord vers ceux qui ont besoin de lui et que finalement, le cheval a déjà reçu tellement de grâce et de force qu’il n’a pas besoin d’être mis davantage en lumière…

 

C’est d’ailleurs un peu ce que semble dire le livre de Job. Bien sûr c’est toujours comme un animal de guerre qu’il décrit le cheval. Mais il souligne à quel point c’est un animal puissant et courageux. En fait, il ne s’agit pas de dire que Dieu n’aime pas le cheval mais plutôt de dire qu’Il lui a déjà tout donné et qu’il n’ a pas besoin d’en rajouter. En effet comment pourrait on croire que le cheval est un animal délaissé par la Bible quand Dieu affirme dans le livre de Job qu’Il lui a donné la puissance de bondir comme le criquet, le courage sur le champs de bataille, la rapidité qui lui permet de dévorer l’espace… Le livre de Job manifeste bien que le cheval est aimé autant que l’âne ou la colombe…

 

 

 

D’ailleurs il y a quand même une histoire de beau cheval blanc dans la Bible, c’est le récit de l’apocalypse. Bien sûr on y retrouve le cheval de combat mais ici ce n’est pas pour souligner que l’ennemi est vaincu mais pour montrer que Dieu combat pour nous. Ce cavalier blanc qui élimine tout ennemi, c’est la parole de Dieu. Donc il ne faut pas voir dans ce texte un massacre comme on en voit trop en période de guerre mais juste la promesse que par sa parole Dieu triomphe de ce qui nous fait souffrir.

 

 

 

Frères et sœurs, cette vue d’ensemble sur le cheval dans la Bible, nous  affirme deux choses. Tout d’abord elle nous donne l’assurance que Dieu combat pour nous, pour l’humanité toute entière et que rien de ce qui fait du tort à l’humanité ne pourra subsister. Pour tous les humains, Dieu sera victorieux. De plus, on retrouve l’idée de la justice de Dieu, pour Dieu la justice ne consiste pas à donner la même chose à chacun, ni à dire que tout le monde part du même niveau mais à amener tout le monde au même niveau… Alors si dans notre vie, nous avons l’impression d’être de pauvres bourricots, de vieilles carnes, rappelons nous que c’est par les humbles, les sans gloires que Dieu agit tout du long et rendons lui grâce… Si au contraire, nous nous sentons tels de fringants coursiers, célébrons la force qu’il nous a donnée et rendons lui grâce.

 

 

 

Amen

 

Le grand départ

20 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Cette fois ça y est on y va. Nous prenons le train pour Paris d'où nous nous envolerons cette nuit en direction du Sahara...

Nous partons forts de cette bénédiction irlandaise gentiment transmise par une paroissienne

May the road rise to meet you.

May the wind be always at your back.

May the sun shine warm up on your face,

the rains fall soft up on your fields

and until we meet again

may God hold you in the palm of his hand

(pour la pluie, on ne sera pas fâché s'il n'y en a pas...)

De retour la semaine prochaine avec mon journal de voyage (en fait grâce à la magie du différé, vous devriez avoir un article de plus demain)

A bientôt et bonne semaine de l'unité pour les chrétiens de toutes confessions qui me lisent et pour tous,

may God hold you in the palm of his hand

 

 

Des fleurs pour Algernon

19 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Le livre de Daniel Keyes et sans doute un des romans qui m'ont le plus marqué durant mon adolescence. Et l'adaptation télévisuelle diffusée récemment m'a donné envie de le relire.
Charlie Gordon, handicapé mental, va, suite à une expérience médicale, devenir un génie. Malheureusement, le traitement n'est pas définitif et, après une ascension spectaculaire, le génial Charlie va assister, impuissant au déclin de son intelligence nouvelle.
Si l'aspect psychanalytique du roman n'est pas très fin (rapport à la mère et angoisse de la castration),la réflexion sur l'intelligence est bien amenée et pourrait servir de base à un débat intéressant avec des jeunes.
Mais ce qui m'intéresse, vous vous en doutez, c'est le parallèle possible avec un passage biblique.
 

Que dirons-nous donc? La loi est-elle péché? Loin de là! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point.  Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus.  Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.  Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort? Loin de là! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point.  Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, mais moi, je suis charnel, vendu au péché.  Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.
Romains VII, 7 à 15

Il en va de l'intelligence de Charlie comme de la loi pour Paul. Grâce à son intelligence, Charlie sait de quel traumatisme d'enfance il est captif, il peut expliquer ses peurs mais il n'en est pas libre pour autant. Grâce à son intelligence, Charlie sait ce qui va lui arriver mais il ne peut rien faire pour lui échapper. Pour Paul, la loi nous montre le péché, elle nous montre ce qui nous condamne, elle nous enseigne que le chemin que nous suivons nous conduit à la mort. Mais elle ne nous permet pas d'emprunter un autre chemin. En celà, exactement comme l'intelligence de Charlie, elle rend la situation encore pire.
De plus, mais là c'est à l'enseignement de Jésus qu'il faut regarder, l'observance de la loi n'améliore pas ni ne facilite le rapport à l'autre, au contraire elle le pollue quand nous prétendons juger l'autre à l'ausne de notre observance, tout comme Charlie voit son rapport aux autres pourrir au fur et à mesure que son intelligence le place au-dessus d'eux.

Cet article est amicalement dédicacé à Véka ;o)

 

Comprendre le culte (3) La confession du péché

18 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Le culte dominical nous raconte, par sa liturgie, une histoire et ce sont les étapes de cette histoire que je vous invite à découvrir.

Les articles de cette séries s'accompagneront sans doute d'exemple de textes liturgiques. Je précise donc que ces textes ne sont en rien obligatoire et varient énormément selon les cultes..

Assuré par Jésus le Christ de l’amour de Dieu pour nous, nous pouvons nous présenter à lui tel que nous sommes, nous pouvons reconnaître que nous sommes pécheurs.

Seigneur, tu es venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. Sans toi nous sommes perdus. Heureux celui qui se confie en toi car il est passé de la mort à la vie.
Seigneur, tu es venu non pour appeler les justes mais les pêcheurs. Sans toi nous sommes accablés par nos fautes. Heureux celui qui accepte ton pardon, car, des ténèbres, il vient à la lumière.
Seigneur, tu es venu non pour abolir la loi mais pour l'accomplir. Sans toi nous ne pouvons vivre dans l'amour, qui est la plénitude de la Loi. Heureux celui qui vit dans ton amour car sa joie est parfaite.
Seigneur tu es venu non pour être servi, mais pour servir et donner ta vie en rançon pour la multitude. Sans toi nous ne pouvons servir nos frères et nos sœurs en vérité. Heureux celui qui garde tes commandements et les met en pratique, car le Royaume des cieux est à lui.
Seigneur tu es venu apporter le feu sur la terre. Sans toi le mal resterait triomphant. Que brûle en nous le feu de ton Esprit. Heureux celui qui se laisse guider et agit par ton Esprit, car il est ton enfant. Amen


« Confession du péché » est une expression qui réveille pas mal de soupçons et de mauvais souvenirs. Culpabilité, avilissement, oppression. A une époque on parlait de prière d’humiliation, mais vu l’évolution du langage, je ne suis pas certain que ce soit beaucoup mieux perçu. En fait, Le mot grec amartia qui signifie le péché regroupe aussi bien les fautes commises volontairement que les erreurs. Le singulier employé nous rappelle que nous ne devrions pas être dans un catalogue de nos mauvaises actions mais plus dans la reconnaissance de ce que nous sommes, de nos limites et nos faiblesses. La confession du péché ne devrait pas être vécue comme un temps négatif de notre culte  mais comme un moment libérateur. C’est le moment où, enfin, peuvent tomber les masques. C’est le moment où, sans peur aucune, je peux me montrer à Dieu tel que je suis, sans chercher à cacher mes faiblesses, mes limites. C’est le moment où je peux regarder ma vie sans le soucis du paraître, sans la peur d’être jugé.
La confession du péché n'est pas, au milieu du culte, un temps de blâme nécessaire avant de recevoir le pardon. Au contraire, elle participe pleinement à l'assurance que, tels que nous sommes, nous sommes accueillis et aimés. Elle m'ouvre, dans ma vie, un espace dans lequel avancer sans fard.
Une telle liberté de confession m'est rendue possible par la confiance exprimée durant la louange et par l'assurance que retentira la parole de l'accueil et du pardon.

Au-delà du pardon.

17 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Contrairement à ce qu'enjoignent les impératifs d'une éducation moralisante, pardonner n'est en aucun cas un but en soi. Je m'expose à ne jamais être libéré du mal que j'ai subi si, de manière volontariste, je décide de passer l'éponge. L'authentique pardon est allergique au il faut, dans l'expérience comme dans la Bible. Le pardon viendra tout seul comme le fruit mûr tombe de l'arbre, pour autant qu'ayant démonté mes dysfonctionnements, j'aille jusqu'au fond de la blessure et que je renonce à obtenir l'exacte réparation de ce qui n'étant pas mesurable, demeure irréparable.

Lytta Basset est actuellement très à la mode et c'est sans doute tout à fait mérité même si je trouve parfois qu'après un commencement fort, ses livres on parfois tendance à un peu s'enliser.
Et puis, pour tout dire, le tout psychanalytique me gêne un peu. Que la psychanalyse offre une base intéressante pour comprendre un texte biblique, je n'en doute pas. Qu'elle soit la seule porte d'entrée dans le texte,ou même qu'elle soit une clef de lecture toujours possible, me semble être plus discutable. Du coup le début d'Au-delà du pardon avait de quoi m'inquiéter. Pourtant, malgrè une apologie de la psyhcothérapie et un emploi générique de la première personne parfois agaçant, la description du cheminement du pardon est intéressante, forte, rapide et rend justice à la conception évangélique d'un pardon qui guérit.
Et le livre offre un éclairage vraiment intéressant de plusieurs textes bibliques essentiels.

Lytta Basset : Au-delà du pardon. Le désir de tourner la page. Presses de la renaissance

 

Voici l'homme

16 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Ça fait un bon moment que je voulais lire Voici l'homme de Moorcock. Dans ma folle jeunesse, j'avais plutôt bien aimé le cycle d'Elric du même auteur et là le thème était allèchant : K. Glogauer, fasciné par le Christ jusqu'à la névrose va remonter à l'époque de Jésus de Nazareth pour rencontrer le Christ et va finalement tenir le rôle de celui-ci.
Ben à l'arrivée, c'est passablement mauvais et tout à fait ennuyeux. De la grosse provocation bien gratuite : Jésus est un débile mental et Marie trompe Joseph à tout bout de champs. Quelle audace ! Quelle puissance de réflexion !
Dans la même idée, un voyage dans le temps à la rencontre du Nazaréen, mieux vaut lire Jésus Vidéo, bien plus fin et plus riche.
En fait ce qui est interessant dans ces romans, c'est qu'ils veulent absolument présenter Jésus dans toute son humanité. Ce qui est très bien. Sauf que dans ce but, ils suppriment la divinité. Et du coup, dans un esprit de provocation, ils passent radicalement à côté du vrai scandale. Jésus est, littéralement, profanation de Dieu. Affirmer sa divinité n'est  absolument pas l'idéaliser mais au contraire rendre profane ce qui était sacré. Je crois que juifs et musulmans ont raison, au regard de leur compréhension de Dieu, de voir dans l'Incarnation quelque chose qui s'apparente au blasphème (en revanche ils ont tort de nous croire polythéistes)