Miettes de théologie

Un tour dans Londres (3)

31 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

 

 

DSC0044927 mai 2010 13h57.

La soirée s'est terminée dans un petit restaurant méditerranéen, calme et sympa. Londres est peut-être la ville qui ne dort jamais mais nous, depuis hier, à 22h30 on est couché.

L'hôtel ayant gentiment accepté de garder nos bagages, nous pouvons faire un dernier tour en ville. L'occasion de constater que la boutique Tintin ne vaut pas vraiment le détour, que Couplings existe bien en DVD pas cher mais sans aucun sous-titres même pas en anglais et que Fortnum et Mason se saluent toujours à heure fixe. En revanche,  nous bouderons leur boutique pour préférer un tour à Hatchard. Atmosphère feutrée, 5 étages de rayon thématique dont au moins un tiers consacré aux crimes, viable, fictionnel, historiques, historico fictionnels. Il sont forts ces anglais ils  arrivent même à rendre leurs librairie  typiquement british ! Allez hop ! Un Deadly Hallows et un Common prayer book... Et cette fois, nous parvenons à photographier un  taxi rose.

Après un passage à Candy cakes pour acheter un assortiment de cupcakes fluo pour les enfants, dernier picnic dans Russel Square et nous voilà près à rentrer. Un bref séjour but we'll be back.

15h30 P.S : D'ailleurs on n'a pas encore quitté l'AngleterrDSC00478e : après un changement de train, c'est avec 45 minutes de retard que nous partons. Raté déjà pour notre correspondance pour Evreux. Reste à espérer que le préavis de grève de la SNCF,  n'augure pas, pour nous, une nuit à Paris.

Et pour râler un peu, c'est normal qu'alors qu'un problème technique nous oblige changer de train, on retarde notre départ d'encore 20 minutes pour transférer les provisions d'un train à l'autre ? Les bénéfices de la Cie des Wagons-lits ou assimilé passent à ce point avant le confort des voyageurs ?

22h : Voilà, on est à la maison. Et l’avantage c’est qu’un trajet nous sera offert pour le prochain tour à Londres…

 

May, the 27th

13h57

The evening ended in a small Mediterranean restaurant, a little bit expensive but quiet and easy. London is perhaps the city that never sleeps, but we, since yesterday, at 22h30 we sleep.
 The hotel has kindly agreed to keep our luggage so we can make one last trip to town. The opportunity to see that the Tintin shop doesn’t worth the detour, that Couplings exist in cheap DVD but without any subtitles not even in English for deafs and that Fortnum and Mason are always welcoming each other at regular times.
However, to their store, we prefer a tour in Hatchard’s. Quiet atmosphere, 5 floors of books classified by theme with at least one third about crimes, true, fictional, historical, historical fiction… Wow, they even make their library typically British! We
DSC00474buiy a Deadly Hallows and a Common Prayer Book ... And this time, we manage to shoot a pink taxi.
After a stint in Candy cakes to buy an assortment of neon cupcakes for children, the last picnic in Russell Square and we are ready to go. It was brief, but we'll be back.
3:30 p.m. PS: Anyway, we didn’t leave England yet, after a change of train (engine break) we will leave 45minutes late. It means we
already missed our connection for Evreux. I hope the strike in France
 does not augur one night in Paris for us
And to complain a bit, I can understand  that a technical problem requires us to change trains, but is it  normal to delay our departure for another 20 minutes to transfer supply from one train to another? The benefits of Wagons-Lits Co. or equivalent are that much more important that passenger’s comfort ?

22h pm (local time) Finally, we are at home and the advantage is that one next trip to London will be free…

Un tour dans Londres (2)

29 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

 

 

 

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11h30 Bon, c'est sympa de se coucher tôt mais du coup, on se lève tôt, on petit déjeune tôt (à l'anglaise, of course). Et même en y allant à pieds, on se retrouve devant le British Museum à 9h,  c'est-à-dire beaucoup trop tôt. Alors on prolonge la balade à travers Covent Garden jusqu'à Trafalgar Square. Petite flânerie jusqu'à la Tamise et on opte pour faire d'abord un petit tour dans la National Gallery. Pas vraiment à notre programme initial mais ça aurait vraiment été dommage de rater ça. Je suis presque aussi béotien en peinture qu'en musique mais je rêve de voir en France un musée aussi gratuit, bien exposé, agréable à visiter - pas de foule ni de queue (tout au plus 5 touristes japonais devant Les tournesols et quelques groupes scolaires incroyablement silencieux)- et pédagogique : pour chaque tableau, une petite explication de la scène représentée et des traits caractéristiques au peintre. Un regret : nous n'avons pas trouvé le Peepshow vanté par le Guide du routard et nous ne sommes pas allés chercher les oeuvres de Bosch. Note pour plus tard, commenter le St George et le Dragon de Tintoretto et la Double Trinité de je ne sais déjà plus qui (ça va être pratique pour la retrouver, tiens...) Autre note : revenir à Londres et consacrer au moins une journée à la National Gallery (on parie que je dis la même chose, tout à l'heure en sortant du British Museum)

Maintenant un petit café, histoire de reprendre des forces,  reposer nos jambes et permettre à Laurence de choisir ce qu'elle voudra voir au British Museum.

18h20

Après un passage obligé à un Picadilly Circus malheureusement couvert d'échafaudages, DSC00444shopping  dans deux genres très différents. Si nous n'avons rien acheté dans les magasins de souvenirs, ni à Magic Forest, en revanche, il était impossible de ne pas craquer à Forbidden Planet (le paradis du geek) -et encore, Laurence était là alors j'ai été raisonnable : un Dalek plein de bain mousse et une wee-mote boite à bonbon ; et puis je m'étais promis de remplacer mon parapluie, et comme je ne me refuse rien pour mes enterrements sous la pluie, on s'est arrêté à James Smith & Sons. On a pris le premier prix, rassurez-vous, même pas la marque du magasin (je ne suis pas John Steed, non plus), juste un bête Fulton. Un peu déçu  parce qu'on ne m'a pas fais essayer plein de parapluie pour m'en remettre en bois d'if contenant un poil d'aisselle de troll. En revanche, le vendeur français nous a fait tout un cours sur l'art d'égoutter et de replier un parapluie.

Après, pique-nique à Russel square, toujours avec Prêt à manger. Retour à l'hôtel pour poser nos achats et, finalement ruée vers le British Museum.

Ben j'ai perdu mon pari, c'est une semaine qu'il me faudrait pour profiter du British Museum. Même effort de gratuité et de pédagogie qu'au National Gallery mais là, nous avons cherché à trop en voir en trop peu de temps. Du coup, j'ai la tête trop pleine d'Egypte, de Grèce, de Rame, d'Etrusques et de Babylone pour faire une note. Rien que la salle numéro 1, le cabinet de recherche pourrait me fasciner durant des heures avec ce témoignage de cette soif de tout savoir, de tout explorer. Et là on est passé vite sur le Moyen-Âge, sur l'archéologie DSC00412européenne, on a carrément fait 'impasse sur l'Afrique, sur l'Asie, la préhistoire et les Amériques, autant dire qu'on a rien vu, et pourtant c'est l'overdose. Même pas le temps de vraiment m'interroger sur l'éthique de ces collections (témoignages préservés ou patrimoines pillés ?), ni sur cette soif d'authenticité qui nous fait préférer l'inaccessible (pour cause de foule et de vitrine) original de  la pierre de Rosette à sa copie qu'on a même le droit de toucher.

Bref, rendez-vous avec le British Museum. Mais là, en sortant, même plus la force d'aller chercher la boutique Tintin ou d'aller voir Fortnum et Mason se saluer. On s'arrête juste dans le pub à côté de l'hôtel pour boire une pinte de cidre et pour que j'écrive cette note. Oui les anglais boivent du cidre dans les pubs. J’aime bien le cidre, du reste, mais à la pinte c’est vraiment too much…

 

 

May, the 26th

11:30

Well, it's nice to go to bed earlier but so, we get up early, quick breakfast (in English, of course).  And even going there on foot, we arrive to the British Museum at 9 am, too early. Then we extend the walk through Covent Garden to Trafalgar Square. A look to the Thames and we opt for a quick first lap in the National Gallery. Not really our original program but it would have been a shame to miss it. I am almost as philistine in painting than in muDSC00272sic but I dream of a French museum as much free, well exposed, pleasant to visit - no crowds or t ail (maximum five Japanese tourists in front of Les tournesols and some school groups incredibly quiet) - and educational: for each paint, a little explanation of the scene depicted and features of the artist. Some regrets: we did not find the Peepshow praised by the Guide du Routard and we didn’t look for Bosch’s works. Note for later : comment on the Tintoretto‘s St George and the Dragon and a Double trinity (which I already forgot the author) Another note:  return to London and spend at least one day at the National Gallery (bet that I’ll say the same thing about the British Museum)

Now a quick coffee, to rest our legs and allow Laurence to choose what she wants to see at the British Museum.

6:20 p.m.

After a run to Piccadilly Circus unfortunately covered by scaffolding, some shopping... If we do not buy in the souvenir shops, or Magic Forest, however, it was impossible to resist temptation at Forbidden Planet (geek's paradise), and yet, Laurence was there so I was reasonable : a bubble-bath Dalek and a wee-mote-candy box. I also promised to replace my umbrella, and as nothing is too nice for my funerals under the rain, we stopped at James Smith & Sons. Don’t worry, we took the first prize, not even the store brand (I'm not John Steed, either), just a basic Fulton. I am a bit disappointed because I didn’t have to try many umbrellas before finding the one fits for me, yew with armpit hair of a troll. In contrast, the French vendor has made us all a lecture on the art of drain and fold an umbrella.

After a picnic in Russell Square, always Prêt à manger. Back at the hotel to put our purchases and, finally rush the British Museum.

DSC00305I‘ve lost my bet: it would take me one week to enjoy the British Museum. Same efforts to free and pedagogy at the National Gallery but then we tried to see  too much in too little time. So, my head is too full of Egypt, Greece, Rome, of Etruscan and Babylon to write a comment. Just the first room, the research cabinet would fascinate me for hours with this witness of thirst for knowledge, to explore everything. And then, we moved quickly to the Middle Ages, the European archeology, we didn’t see Africa, Asia, the Americas and prehistory, in other words we have seen nothing, and yet it is an overdose. Not even time to really wonder about the ethics of these collections (evidence preserved or looted assets?), Nor the thirst for authenticity, which makes us prefer the unattainable (due to crowds and showcase) original Rosetta’s stone to his copy that was even possible to touch.
Well, I have a date with the British Museum. But for now, no more strength to get the Tintin shop or see Fortnum and Mason meet each others. We stop in the pub next to the hotel to drink a pint of cider and for me to write this note. Yes, English people now drink cider in pubs. I like the cider, but drinking it by pint is really too much, too much sugar ...

Un tour à Londres (1)

28 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

 

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14h55

Pas d'annonce particulière, juste une zone visiblement mieux gardée, mais visiblement c'est bien dans le "chunnel" que notre train s'est engagé. Eh bien, ils ont beau faire tout un simulacre d'aéroport à l'embarquement (on fait pas le même cirque pour aller en Allemagne ou en Belgique en train, il me semble), plonger sous la Manche m'effraye beaucoup moins que passer au-dessus.

C' est même un peu suspect, ce pasteur qui préfère descendre dans les profondeurs de l'abîme plutôt que de s'élever vers l'infini céleste.

Le projet "tunnel sous la Manche" est un vieux projet et les freins à sa réalisation ont été militaires plutôt que techniques. Décidément, la technique est toujours une affaire de frontières naturelles à franchir et j'avoue que dans le domaine géographique, cela ne me gène pas trop...

14h15 (heure locale)

Hey, j'ai a peine eu le temps d'écrire que nous voilà en plein air british. C'est amusant, les annonces se font maintenant d'abord en anglais (je me demandais justement si nous étions sur le territoire de Sa Majesté depuis que nous avions franchis la douane britanique.) Notre train aura un retard de 10 minutes, comme quoi, il n'y a pas qu'en France...

21h (heure locale)

Arrivés à bon port, il nous a été plus facile de trouver notre hotel que de sortir de la gare. C'est beau St Pancrace mais c'est compliqué et les travaux n'arrange rien.

Le temps de poser la valise (Laurence refuse que je joue avec le coffre fort mis à notre disposition), il est 15h. Nous optons pour longer Euston St. jusqu'à Regent's Park.

Une petite escale à la British Library, histoire de rêver devant la bibliothèque de George III (17m de haut, je ne suis pas sur de jamais trouver un presbytère qui me permettrait ça), nous jetons un coup d'oeil aussi aux documents exposés, mais assez rapidement : demain sera consacré au British Museum, ne nous épuisons pas trop vite.

Ce qui m'impressionne surtout à la British Library, c'est cette ambiance de lieu de vie : on y travaille bien sûr (bouquins, cours et ordinateurs portables occupent toutes les tables, mais aussi, on y mange, on y boit, on y discute. Je ne connais pas bien notre Bibliothèque Nationale, mais je n'y ai jamais ressenti une telle atmosphère. Quant à trouver les tables d'un restaurant qui ne sont réservées au consommateurs qu'entre 12h et 15h, là, je viens d'entrer dans la 5eme dimension.

Nous reprenons la route vers Regent's Park. C'est sympa, la plupart des passages piétons disent aux continentaux de quel côté regarder (bon du coup, on a un peu tendance à regarder le sol plutôt que le feu ou les voitures, mais bon), Trop tard pour prendre en photo le taxi rose pour Yaël, nous nous vengerons sur une maison. Aux abords du jardin, nous faisons la DSC00233connaissances des voitures de polices londoniennes : bleues et vert fluo (un vert fluo que nous retrouverons aussi sur les ambulances et les véhicules de pompiers) avec une sirène de jeu vidéo.

Petite ballade dans le parc, dont la tranquillité a son prix : pas de vélo, pas de jeux de balles, pas de skate (j'espère qu'il y a des endroits ou c'est permis). Ceci dit, je rêve de m'allonger sur la pelouse avec un bloc-notes ou un bouquin. C'est trop tôt pour la roseraie des jardin de la reine, mais j'imagine ce que ce doit être question couleur et parfum en pleine floraison (et si les couleurs sont variées, ça doit ressembler à un gigantesque camembert de Trivial Pursuit) Sur cette considération hautement jardinière, nous quittons le Regent's Park pour un petit crochet par Baker Street.

Contredisant la sentence du célèbre détective, la réalité a dû faire un effort pour rattraper la DSC00242fiction, il y a bien un 221 à Baker Street, la maison musée du personnage imaginaire qui a rendu la rue célèbre. Un petit saut dans la boutique de souvenir, le Bobby dans la rue, et les vendeuses en uniforme de femmes de chambres nous y attirent mais nous renonçons au musée, Laurence ne connait pas le personnage, et je ne suis pas assez fan pour comprendre toutes les allusions, juste assez pour savoir pourquoi Irène Adler est la reine du Professeur Moriarty sur le jeu d'échec. Ah, et la boutique ne vend ni cocaïne, ni seringue et je n'y ai même pas vu de Stradivarius. Ben et la légende alors ?

A deux pas, une boutique Beatles, moins folklorique et plus chère, tant pis pour le t-shirt Yellow submarine, je ferais mon coming-out hippie une autre fois.

Après toute cette marche, la fatigue commence à se faire sentir et nous décidons qu'il est temps de faire une pause. Angoisse : dans un pub, il faut aller chercher sa bière au bar, mais dans un salon de thè, comment ça se passe ? De toute façon, le temps que nous trouvions un endroit, il est 18h, le temps est plus au pub : pas de thé ni de scone donc mais une pinte de blanche pour Laurence et une de guiness pour moi (je suis un touriste et j'aime bien la guiness), et une part de gateau pour accompagner.

Du coup, après une brève consultation, nous décidons que nous avons la flemme de ressortir pour trouver un restau. Un passage à Prêt à Manger (en français dans le texte), pour acheter de quoi grignoter dans notre chambre.

Une partie de Baker Street sur le lit qui occupe tout l'espace pour rester dans l'ambiance et ce soir, nous nous coucherons tôt. Une dernière remarque pour ne pas terminer en mode pantouflard : pas vraiment de Londoniens hauts en couleur dans la foule, deux niqab (dont une accompagnée d'un mari en teue tout à fait occidental), un sikh en turban et t-shirt AC/DC, des collégiens en uniforme et un businessman en costume et parapluie (anachronique vu la météo) mais sans chapeau melon. Un regret aussi, les cabines téléphoniques rouges sont tellement recouvertes d'affichettes de téléphone rose qu'elles ressemblent à des vitrines de sexshop.

 

 

And now, a broken english translation of this diary for some friends and to make you understand the disaster’s extent when I have to speak English.

May, the 25th 14h55

No special announcement, just a protected area, but obviously our train is now in the chunnel. Well, they can copy the airport boarding (not such a big deal to go in Germany or Belgium by train), diving under the chunnel scares me less than flying above. It is quite suspect, isn’t it, this pastor who prefer go down the abyssal depths than rise to the heavenly infinite.

14h15 (local time) Hey I barely finished this chapter, that we are now breathing the british air. It's funny, ads are now in English first(I was wondering if we were on Hes Majesty’ territories since we crossed the british customs.) Our train will be a delay of 10 minutes That happens not only in France…

21h (local time)

Arrived safely, it was easier to find our hotel than to leave the station. St Pancras is beautiful DSC00244but it is complicated and the work does not help. Time to put the luggages in the bedroom (Laurence would not let me play with the safe at our disposal), it is 15h. We choose to walk along Euston St. to Regent's Park.

A short stop at the British Library, just to gaze at the library of George III (17m high, I am not sure I can ever find a presbytery that would allow me that), we take a look also to the documents on display but fast enough: tomorrow will be devoted to the British Museum, let’s save some energy. What impresses me most in the British Library is this atmosphere of a living place: they are working here, of course (books, courses and laptops are occupying every table, but also, they eat, they drink, they talk. I don’t know our Bibliothèque Nationale so well, but I've never felt such an atmosphere. And when restaurant tables are reserved for consumers only between 12 and 15h, it seems I just entered the 5th dimension.

Let’s go now to Regent's Park. It's fun, most of the crosswalks say to us, continental turist, which side to watch (actually, now we look to the ground rather than to the lights or the cars…). Damn ! Too late to take a picture of the pink cab for Yael, we will revenge with a pink house. On the edge of the garden, we discover London’s police cars : blue and fluorescent green fluorescent (a fluorescent green which we’ll find also on ambulances and fire vehicles) with a siren from a video game.

DSC00240Short walk through the park, the quiet has its price: no bikes, no ball games, no skate (I hope there are places where it is allowed). That said, I dream to lie down on the lawn with a notebook or a book. It's too early for the rose garden of the queen, but I imagine the colors and fragrances in full bloom (if the colors are varied, it must looks like a giant pie of Trivial Pursuit)

On this highly gardener consideration, we leave the Regent's Park for a quick detour to Baker Street. Contradicting the famous detective affirmation, reality has made an effort to catch up with fiction, there is now a 221 Baker Street : the house museum of imaginary character who made the famous street. A small jump in the souvenir shop, the Bobby on the street, vendors in maid uniform tempted us, but we give up the visit of the museum, Laurence don’t know the character well enough and I'm not fan enough to understand every allusions, just enough to know why Irene Adler is the queen of Professor Moriarty on the chess board. Oh, and the shop doesn’t sell cocaine neither needle and I didn’t even see a Stradivarius. Hey, what about the legend then?

Close by, The Beatles shop, less folklore and more expensive, let’s forget the Yellow Submarine t-shirt, I will do my hippie coming-out later... After all that walk, fatigue began to be felt and we decide it is time to pause.

Anxiety: in a pub, we have to take our beer at the bar, I know, but in a tearoom, how does it work? Anyway, the time we found a place, it is 18h, pub time, then : no tea or scone but then a pint of white ale for Laurence and a Guinness for myself (I'm a tourist and I like Guinness) and a slice of cake to accompany.

After a brief consultation, we decide that we are too lazy to find out a restaurant. We buy some snacks in Prêt à manger . A game of Baker Street on the bed that occupies the entire space to remain in the atmosphere and tonight we will sleep early.

One last point in a not complete stay-at-home mode: no real Londoners colorful characters in the crowd, two Niqab (one with a husband quite Western), a Sikh in turban and AC / DC t-shirt , schoolchildren in uniform and a businessman in a suit and umbrella (anachronistic by this hot and sunny weather) but no bowler. One regret, too, the red telephone boxes are so covered with posters of sexphone than they look like sexshop’s showcase..

Synodal tour 2010 (4) Un pasteur dans la Cage

22 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Dans un subtil effet d'annonce, j'évoquais hier un agacement, et il n'aura échappé à personne que je n'ai pas encore parlé de la partie élective de ce synode. Alors quelle sinistre machination électorale vais-je dévoiler ? Quelle fraude vais-je dénoncer ?

Aucune. Vous pouvez dès à présent abandonner cette lecture, je ne suis toujours pas un blogueur d'investigation.

 

Cette année, j'entends pour la première fois rappeler une règle concernant nos élections : si l'on a toujours le droit de rayer un nom des listes qui nous sont proposées, toute nouvelle suggestion de candidature doit être déposée à la table de la modérature avant les élections. Pas question de s'amuser à voter pour son voisin. Ce rappel de la règle ouvre une petite réflexion sur nos élections. D’abord, elles sont un plébiscite plutôt qu’un choix (le choix, ou plutôt le discernement se fait avant) : il y a autant de candidats que de poste à pourvoir. Du coup, cela peut donner une impression de scores de république bananière. Mais il s'agit d'une position délibérée : dans l'E.R.F. on ne brigue pas un mandat, on est appelé à un service. Il n'est donc pas question d'assister à une campagne électorale qui serait un affrontement entre deux candidats. Un vote ne saurait être l'affirmation qu'untel et mieux qu'untel mais n'est que la reconnaissance de l'appel d'X à un ministère donné. Que les ricaneurs se rassurent, je ne suis pas naïf au point de croire qu'il n'y aucun orgueil, aucune soif de reconnaissance voire de pouvoir dans ce jeu, j'essaye juste d'expliquer (parce que j'ai mis longtemps à les comprendre) les principes qui sous tendent notre fonctionnement.

Autre rappel qui sera sans doute une évidence pour mes lecteurs protestants, mais je n'oublie pas que le modèle  d'Eglise dans notre société, c'est l'Eglise catholique... Président du Conseil National ou de la CdMla CdM, mon ancien président de région est aujourd’hui en paroisse et je peux certifier qu'aucun des deux n'a été rétrogradé. Ils ont simplement fini leur mandat. ce n'est pas l'aboutissement d'une carrière, nous ne sommes pas dans un processus de montée en grade : j'ai eu pour collègue voisin l'ancien président de

 

Mais qui donc qu’on a élu ? Je parle pas des personnes (manquerait plus que ça) mais des groupes (pour les non habitués qui ont le courage de me lire, tous ces groupes sont composés à parité de pasteurs et de laïcs…

Le conseil national : « Le Conseil national représente le Synode national dans l’intervalle de ses sessions ». C’est vrai bien sûr mais il faut bien se rendre compte que le Conseil National a sa propre autonomie : il peut se passer bien des choses entre deux sessions du synode national, et le C. N. peut heureusement prendre des initiatives. D’ailleurs, on a vu pendant ce synode que même dans sa mise en application des décisions synodales, il a de la marge… « c’est vrai que le synode de 2009 avait demandé au CN d’adresser une exhortation aux ministres mais nous n’avons pas jugé bon de le faire, et puis il n’était pas expressément dit que ce devait être une lettre… » Effectivement, personne n’a parlé de lettre mais l’exhortation était suffisamment précise pour ne pas rester tacite… Et puis, c’est le Conseil national qui prépare les synodes, donc son autorité et son influence sont bien réelles…

C’est certainement un état de fait normal et nécessaire à un bon fonctionnement, mais c’est bon à savoir…

La Commission des Ministères : grande angoisse des étudiants en théologie (en tout cas, c’était le cas quand j’étais étudiant), la CdM a comme rôle principal d’admettre les nouveaux ministres. Pasteur c’est une vocation, mais une vocation, il faut qu’elle soit reconnu par un autre que soi…

On ne m’en voudra pas de mettre la CIPE et le pôle formation dans le même panier. Effectivement ce sont deux missions très différentes et indispensables mais j’avoue que je les vois rassemblés face au même défi : savoir repérer des initiatives (de formation ou d’évangélisation) dans des paroisse et éventuellement s’en saisir pour les rendre utilisable dans d’autres paroisse. Quand on sait à quel point les paroisses se soucient peu de communiquer ce qu’elles font vers les échelons régionaux et nationaux et à quel point elle se méfie des propositions de ces mêmes instances, on mesure l’ampleur de la tâche. Bon courage… Je caricature un peu, mais pas tant que ça je crois…

Et le service international puisque même si notre institution est nationale, la Réforme ne se limite pas à l’hexagone.

Elle est complètement absente de notre site Internet mais la Commission des Affaires Générales, la Cage, est aussi une commission élue par les synodes et puisque je viens d’y entrer, parlons en un peu. On a pas encore notre feuille de route, on a pas d’ancien pour nous guider un peu puisque la commission a été entièrement renouvelée, mais si j’ai bien compris notre objectif est de proposer aux délégués synodaux un regard extérieur sur le dossier préparatoire du synode proposé par le Conseil national. Concrètement, le dossier préparatoire du synode est toujours accompagné par un rapport de la Cage qui attire l'attentions sur certains points...Mon président de région a proposé mon nom parce que je suis un incorrigible pinailleur qui adore se noyer dans un verre d’eau. Et j’ai accepté parce que ce qui m’énerve le plus dans les synodes, c’est d’avoir si souvent l’impression de voter sans tout à fait connaître les tenants et aboutissants de mon vote. Je comprends vite mais il faut qu’on m’explique longtemps. Et j’imagine que c’est le cas pour d’autres synodaux, or la portée réelle d’une décision n’est pas toujours aussi clairement présentée qu’elle le devrait. Du coup, il y a une certaine tendance à suivre la parole de l’autorité. La confiance est une belle chose et nos instances en sont dignes mais quand je prend une décision, je préfère que ce soit parce que je suis convaincu de son bienfondé…  j'aurais bien aimé par exemple qu'on nous signale et qu'on nous explique pourquoi la Cage était entièrement renouvelée... Des fois j'aimerais bien qu'on nous rappelle d'avantage les enjeux ecclésiologiques de telle ou telle décisions, pas forcément pour la contester mais pour débattre...

Dans la Cage arriverai-je à mieux comprendre et faire comprendre les enjeux d’une décision ? Est-il possible d'avoir un regard critique et questionnant sans entrer dans  la confrontation ? Me berce-je d'illusions ? On verra. De toute façon ça ne peut qu’être intéressant.

 

Je n’ai pas grand-chose à dire sur le nouveau président du Conseil National, ce synode a plus été marqué par le départ de Marcel Manoel que par l’arrivée de Laurent Schlumberger, et puis de toute façon je suis trop attaché à la collégialité pour beaucoup parler des personnes (même s’il est évident que le président d’un conseil marque beaucoup la manière de travailler). Bref, si vous voulez en savoir plus sur le nouveau président, lisez la presse catholique…

Synodal tour 2010 (3) Et le pire c'est que j'aime ça

21 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Je n'ai pas vraiment l'ambition de dépeindre dans ce synodal tour, les débats de nos synodes. En fait, je me comporte un peu comme le renard de la fable : je suis absolument incapable de dépeindre ces débats avec tous leurs tenants et aboutissants. Disons donc qu'ils sont bons pour les goujats et que vous l'avez échappé belle.

 

En arrivant sous le marabout qui accueille les pauses synodales, on est littéralement agressé par l'infernale cacophonie des discussions. Et puis on repère un visage ami, la personne à qu l'on voulait parler, on entre dans le brouhaha et celui-ci disparaît ou du moins diminue. C'est un peu ça un synode, une invraisemblable cacophonie tant qu'on lui est extérieur mais qui prend un sens quand on a le fil conducteur des dossiers.

 

Un petit tour d’horizon de quelques un de ces dossiers (attention compte rendu complètement subjectif, incomplet et non officiel)

La diaconie, déjà évoqué dans l'article précédent. Je voudrais commencer par tirer mon chapeau à nos rapporteuses (le terme synodal pour les chargés du dossier est encore pire au féminin qu'au masculin) pour avoir sur ce point intégré le travail des groupes à leurs textes. Du jamais vu. (On n'a même pas entendu la fameuse litanie synodale : "je ne retrouve pas dans le texte ce qu'on a dit dans mon groupe", c'est d'ailleurs un peu frustrant de nous priver ainsi de nos récriminations préférées) Quelques thèmes de ce dossier : les relations entre les Eglises locales et les institutions diaconales, nos diaconies doivent elles être confessionnelles ou non ? Les obstacles très concrets  que pose la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat à nos actions de service ; la reconnaissance de l'engagement de nos membres ; la question d'un ministère de diacre (mais voulons nous vraiment définir ce ministère ?). A l'issue de ces réflexions, 4 textes pour 4 destinataires, les Eglises locales, les Oeuvres et mouvement (comprendre, en gros, les organisations humanitaires d'inspiration protestantes), le conseil national (histoire de prendre des orientations générales précises), et le grand public (pour rappeler que nos Eglises ont des trucs à dire). Si je trouve le courage, ou si vous n'êtes pas sage, peut-être que je commenterai ici ces décisions.

Le traitement et les retraites des ministres. En fait, il s'agit de deux dossiers bien distincts et il n'est pas question des finances de l'Etat (par ministres, il faut comprendre ministres de l’union, donc pasteurs). Trop technique pour que je commente, même si de par ma fiche de paye et mon mandat au conseil régional, je suis en amont et en aval de ce dossier. (Technique,certes, mais pas uniquement comptable puisque si on ose approfondir, il y va de toute notre compréhension du don et du ministère pastorale).

L'union avec les luthériens. Ce n'est pas un dossier spécifique mais l'ombre (à entendre sous son aspect plus positif de nuée) de 2013 plane sur tous nos débats. Mention spéciale pour un joli bug bien résolu : le Synode a travaillé sur une déclaration publique commune sur la diaconie. Au moment d'accepter le texte, une question surgit : "pouvons-nous publier ce texte alors que le synode général des luthériens n'a pas encore eu lieu ?, pouvons nous mettre un embargo sur un texte synodal en les attendant ?" Il était temps de soulever la question. Un vote et une très, très large majorité se prononce pour attendre les luthériens pour une déclaration vraiment commune. L'union reste en bonne voie.

Pour les connaisseurs, ce n'est pas par désintérêt que j'ai passé sous silence les expérimentations, le sujet me passionne mais évoquer la discipline, la période d'expérimentation, les enjeux, en faisant simple, c'est au-dessus de mes forces.

 

Enoncé comme cela, tout à l'air terriblement administratif et froid, et nombreux sont ceux qui me diront que tout ça est très loin du terrain (certains collègues ne seront pas les derniers). Je comprends bien. Mais d’une part, je trouve important de montrer que le synode n’est pas un lieu de haute spéculation théologique et qu’on s’y confronte au réel, avec des dossiers techniques, avec des décisions administratives… Et puis, c'est en synode que je mesure à quel point l'E. R. F ne se cantonne pas aux communautés locales, c'est en synode que je goûte la nécessité d'une vision d'ensemble, que je rencontre les membres d'Eglises réformée d'ailleurs qu'en France. Le synode me vaccine contre la tentation de m'enfermer dans ma communauté.

Enfin un synode, c'est quand même profondément humain, à côté des déclarations officielles, il y a les commentaires échangés avec les voisins, les bruits de couloirs, les grincements de dents, les persiflages... Eh non, tous les propos de synode ne sont pas toujours inspiré, les interventions au micro pas plus que les propos de table, d'ailleurs… Mais c’est de l’humain tout ça… Et, au milieu des conflits de personnes, au milieu des tensions entre le national, le régional et le local, je crois que l'Esprit conduit nos synodes. Parce que, bien loin d'être seulement une machine décisionnelle bureaucratique, le synode se vit aussi dans les plaisanteries échangée avec Sylvie et Frédéric, dans les retrouvailles avec Annie ou Cyrille, dans la bière trinquée avec Anne-Marie et Nicolas. Et j’aime ce mélange.

Lourds, bavards, pinailleurs, nos synodes le sont sans doute, mais ils sont aussi, pour moi, lieux de fraternité, de travail, d'échange, d'élan aussi et par dessus tout d'un peu d'humour qui sauve tout le reste..

 

NB : Certains me reprocheront ici d’abuser de la langue de bois, mais je vous assure que c’est pire que ça : j’aime vraiment les synodes et l’ambiance de travail, de tension et de fraternité qu’on y vit. En fait, je ne me sens pas plus un devoir institutionnel de langue de bois qu’un devoir protestant de persiflage des instances. Je suis un incorrigible consensuel et j’aime bien dire que j’aime bien. Mais promis, demain j’évoquerai un agacement qui me taraude.

Synodal tour 2010 (2) Que la Force soit avec nous

20 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

john_bost_portrait.jpgPuisque le synode a commencé par une présentation des lieux et que ces lieux ont eu une grande importance pour notre thème (la diaconie), je parlerai un peu de ces lieux.

 

D'abord avec un éclaircissement qui m'était nécessaire. La Force est le nom de la commune où est établie la Fondation John Bost. L'idée est d’atténuer (je ne suis pas assez idéaliste pour dire "supprimer")les frontières qui séparent des personne handicapées mentalement et/ou physiquement des autres. Du coup, la confusion entre le nom du village et celui de la Fondation, n'est pas si stupide que ça.

Le cadre est magnifique et immense ( je le découvrirai  mes dépens, en me perdant deux fois pour retrouver le bâtiment où je suis logé).

Et dans la présentation, j'apprends que c'est contre l'institution Eglise Réformée que John Bost a fondé ce centre d'abord compris comme lieu d'accueil pour jeunes filles en danger moral. Première réaction de mon esprit mal tourné : je me demande comment réagira Laurence quand je lui ferai part de ma décision d'accueillir des jeunes filles en danger moral... Plus sérieusement, intéressant de savoir que cette fondation emblématique de la diaconie protestante a été créée contre l'institution. On peut l'entendre résonner de façon plutôt polémique avec le message du président du Conseil National qui suivra la présentation. Mais ma nature consensuelle me pousse plutôt à relativiser l'impact des décisions institutionnelles. Non, nos instances ne sont pas infaillibles. Oui, elles peuvent freiner de beaux et saints projets. Peut-être même que c'est leur rôle. Mais elles ne constituent pas un obstacle de nature à étouffer un projet voulu par Dieu. A mon sens, ce constat  est libérateur aussi pour ceux qui composent ces instances - sur le mode "eh, les ami(e)s, le sort de l'Eglise et du monde n'est pas entre vos mains. Vous pouvez prendre vos décisions dans la confiance"

Sans  avoir étudié la question de près, j'ai aussi l'intuition que la plupart des grandes oeuvres diaconales sont nées de façon similaires : contre, ou en tout cas en dehors de l'institution. Peut-être devrions nous en rappeler avant de trop chercher à tout englober dans un cadre institutionnel...

 

Siloë, Sarepta, Bethel... La Force nous accompagnera tout au long de notre synode avec l'aumônerie qui nous conduira de pavillon en pavillon. Une lecture du texte biblique d'où le pavillon tire son nom, une présentation du pavillon, de ceux qui y résident, de ce qui s'y vit. D'un point de vue exégétique, c'est sans doute un peu pauvre mais par ce biais, le texte biblique prend corps dans une réalité riche d'espérance autant que de souffrance.

J’inscris dans cette logique tous les témoignages qui nous sortent des statistiques et des visions d'ensemble pour nous rappeler à la personne, qui nous font passer de la masse  l'individu. Bouleversant, le témoignage de la troupe de théâtre de la fondation John Bost, des acteurs souffrant de schizophrénie jouant la Ballade des pauvres. "On a bien joué le rôle du SdF n'est ce pas ? C'est parce qu'on l'a été." Bouleversant le témoignage de Françoise Poujoulet nous racontant une semaine typed'une déléguée de la Cimade, "Pour nous aussi c'est épuisant mais on ne s'arrêtera pas". Bouleversante (quoiqu'à mon avis déplacée) l'intervention de Vincens Hubac pour nous rappeler que le texte sur la diaconie que nous allons voter concerne des cas trop concrets pour que nous nous permettions l'indécence de pinailler sur une virgule.

 

Je m’aperçois que j’ai beaucoup utilisé un de nos mots de jargon : « diaconie ». Mais à vrai dire, je le préfère à entraide. Pour moi, la diaconie c’est le service et cela va plus loin que la nécessaire solidarité humaniste.

 

Bien sûr je n’ai toujours pas entamer les débats, mais ne vous faites pas d’illusion (ou n’ayez pas peur), j’essayerai de donner une vision d’ensemble du synode plutôt que de résumer les discussions.

Le prodige et la contestation

19 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Massa-Mariba.JPGPrédication du dimanche 2 mai 2010

Exode XVII, 1 à 7

Marc VIII, 11 à 12

II Thessaloniciens II, 7 à 12

 

Après les eaux de Mara, puis l’épisode de la mâne, nous voici maintenant devant le rocher de Rephidim, ce rocher dont l’eau jaillit. Et si vous avez lu à la suite ces trois épisodes, sans doute avez-vous eu ressenti une certaine impression de déjà vu. Le peuple murmure contre Moïse. Moïse crie vers Dieu. Dieu répond à Moïse et un prodige s’accomplit.

Ainsi, ce texte nous parle de prodiges et de contestation.

 

         De Mara à Massa et Meriba, il y a une sorte de surenchère de miracle. Non pas dans la puissance du miracle mais dans sa visibilité ; A Mara, Moïse jetait un morceau de bois dans l’eau pour la purifier. On pourrait presque penser à un phénomène naturel. La Manne,  se dépose au sol pendant la nuit, on la trouve présente au petit matin et si l’on voit bien qu’elle est d’origine surnaturelle,  on ne sait pas d’où elle vient. A Rephidim, en revanche, tout se fait sous les yeux du peuple et on insiste bien sur cette visibilité : c’est devant le peuple que Moïse frappera le rocher du bâton et même ce geste n’a pas d’autre but que d’être visible.

         Et ce crescendo dans la visibilité des miracles montre bien que le but est moins d’intervenir de façon surnaturelle que d’enseigner quelque chose aux hébreux. Et je crois que l’enseignement est à recevoir en deux points. En premier lieu, il s’agit, bien sûr, d’affirmer la présence de Dieu auprès de son peuple, de répondre une fois pour toute à cette question : « Dieu est-il parmi nous, oui ou non ? ».

Seulement, quand on regarde la suite de l’histoire, on voit bien que le prodige de Meriba pas plus que celui de la manne ou des eaux de Mara ne parvient à convaincre le peuple. Les prodiges accomplit par Dieu ne sont jamais source de foi.

C’est aujourd’hui un lieu commun que de régler la question des prodiges accomplis par Dieu en citant le proverbe boudhiste : « quand on lui montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ». Bien sûr que le miracle est un signe et qu’il est important de comprendre ce qu’il signifie. Mais je ne crois pas que cela règle la question. La question n’est pas tant de savoir s’il faut croire ou non aux prodiges que de savoir si je crois en Dieu à condition qu’il accomplisse pour moi des prodiges ou si parce que je crois en Dieu, je crois qu’il est à mes côtés, qu’il intervient pour moi, même en faisant des prodiges.

Réclamer sans cesse des merveilles accomplies par Dieu (ou se réclamer de ces merveilles), est très certainement une manière de mettre Dieu à l’épreuve « Vas-y prouve nous que tu es au milieu de nous) mais nier toute possibilité de miracle au nom d’une foi « rationnelle », n’est ce pas nier la puissance de Dieu ? Je n’ai pas vu Moïse frapper le rocher de Massa Meriba, mais je crois que Dieu désaltère son peuple. Je n’ai pas goûté à la Manne, mais je crois que Dieu nourrit son peuple. Je n’ai jamais vu de prodige me prouvant l’existence de mon Dieu mais à travers des phénomènes spectaculaires ou non, explicables ou non, je reconnais son action pour moi.

Ne pas mettre mon Dieu à l’épreuve, ne pas nier sa présence agissante, je m’en tiens à cela quant à la question du miracle.

 

Quant à la contestation… en regardant ce scénario avec nos yeux d’hommes et de femmes du XXI°siècle, on pourrait y voir un déni de responsabilité, Moïse pourrait nous rappeler ces dirigeants qui, lorsque le peuple se plaint, évoquent des circonstances extérieures : tout ça c’est la faute à la conjoncture, à la crise, à l’Europe, etc. Je n’entrerai pas dans le débat de savoir si ces évocations sont justifiées ou non, je suis très lâche et ce n’est pas le lieu. De toute façon, je pense que c’est une fausse piste, que ce n’est pas ce dont le texte nous parle.

Commençons par enfoncer une porte ouverte : Moïse est le personnage central de l’Exode. Donc, le risque était grand de faire de lui l’acteur principal de la Sortie d’Egypte, de le prendre pour le libérateur du peuple. Et la première leçon de cette série de texte, est de bien faire comprendre que c’est Dieu qui agit, c’est Dieu qui guide son peuple, qui subvient à ces besoins et que par lui-même Moïse ne peut rien.

Et au-delà de cette leçon, on peut souligner aussi la différence d’attitude : le peuple murmure contre Moïse et Moïse crie vers Dieu. Cette différence nous amène à étudier la contestation. La contestation est autorisée dans la Bible, on a le droit d’entrer en contestation avec le roi, avec le prophète, avec le sage (je ne me prononce pas pour le pasteur) et même avec Dieu. Les exemples ne manquent pas et Job en est le plus célèbre. En revanche, tous les moyens de contestations ne sont pas bons et, dans ce texte, c’est le murmure qui est dénoncé.

Or, il faut bien constater que c’est souvent la première expression de notre contestation. Quand nous ne sommes pas d’accord avec une directive, nous murmurons, nous marmonnons, nous maugréons, le vieux français de Calvin avait un mot que j’aime beaucoup, nous jergonnons. C’est un moyen de contestation profondément satisfaisant parce qu’il nous permet d’exprimer notre désaccord sans risquer que celui contre lequel nous murmurons nous réponde, argumente, nous place devant nos contradictions et nos erreurs. C’est quand même un plaisir profond que de faire part de notre mécontentement avec des gens qui ne feront qu’opiner et surenchérir.

Seulement, si agréable soit-il, c’est un mode de contestation qui ne conduit nulle part : tout simplement parce qu’il ne s’agit jamais que d’aller contre et non pas vers. Alors que pour produire du fruit, une contestation doit permettre la rencontre. J’ai le droit de contester ce que je ne comprends pas, ce que je n’approuve pas mais pour que cela ait une quelconque utilité, il faut que je fasse entendre ma contestation à celui dont je conteste l’attitude ou la décision. Et c’est bien ce que fait Moïse : il crie vers Dieu. Il crie, c'est-à-dire qu’il supplie, il fait sienne la plainte des hébreux.

Aussi, si nous contestons contre Dieu, et je devrai plutôt dire quand nous contestons contre Dieu - en effet, que nous croyons ou non, qu’il agit de manière visible et sensible dans notre histoire, qu’il accomplit des prodiges, il est bien des situations où nous ne comprenons plus son action ou son inaction, comment dès lors ne pas contester contre lui que nous appelons Seigneur et Sauveur ? quand nous contestons contre Dieu, dis-je, n’en restons pas à marmonner et à maugréer contre Dieu ; De toute façon, il connaît nos pensées les plus secrètes. Alors, osons lui crier notre plainte, notre révolte, notre colère. Ainsi la contestation restera prière, elle ne sera pas contestation contre Dieu qui nous couperait de notre Père mais elle sera une contestation vers Dieu qui ouvrira un dialogue, une réponse possible, et sans doute, une conversion.

 

Oui Frères et sœurs, que notre plainte ne soit pas murmure contre, mais qu’elle soit un cri vers et qu’ainsi, dans notre plainte même, nous exprimions notre confiance en Dieu notre Père qui nous entend et nous répond.

 

Amen

Synodal tour 2010 (1) Prélude

18 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

 

061011 lapin cretin 1Un synode, c'est bien connu, c'est l'occasion de rencontres et de retrouvailles. Cette année,j'ai décidé de prendre un peu d'avance.

En effet, le synode se tient à Bergerac, ce qui est un peu difficile à rallier d'Evreux en une journée. D'où une idée saugrenue, celle de prendre contact avec une vieille connaissance internaute, un certain lapin crétin. Idée saugrenue, très peu conforme avec mon caractère d'ours, peut-être, mais idée excellente, puisque j'ai passé une très bonne soirée.

Du coup, c'est par une considération sur Internet que j'entame ce synodal tour 2010, sur ces sympathies qui naissent par forums interposés, qui ne sont pas tout à fait virtuelle puisqu'il y de vraies personnes derrière les écrans, mais qui ont sans doute besoin de rencontre pour devenir vraie. Une occasion de se rappeler que sur Internet comme IRL (dans la vraie vie), nos paroles ont une vie propre, elles ne s'effacent pas forcément dans la tête ou dans le coeur de qui les a reçu. Pour moi, c'est un motif de prudence sur la toile plus encore que la question de la vie privée. Prudence donc mais aussi reconnaissance pour un outil qui permet de belles rencontres. Et un grand merci à Bertrand et à sa famille pour leur accueil royal.

 

Après ce chouette prélude, le temps vient de rejoindre Bergerac (ce qui est compliqué puisque la gare de Bordeaux est fermée, pile poil ce jour-là. Je pense qu’Eglise Réformée devrait interdire les travaux sur les voies le jour de ses synodes…). A l'approche du lieu du synode, j'essaye  de repérer les synodaux dans le train. C'est facile, ils sont généralement plongés dans leurs dossiers. Mais c’est de moins en moins drôle je suis dans le bain depuis trop longtemps : je reconnais des visages avant de voir des dossiers. C'est donc à la brasserie de la gare de Libournes que le synode commencera pour moi avec l'arrivée de la très british Mrs Fleur Houston, de la United Kingdom Reformed Church. Si j'étais du genre à voir des présages partout, je me dirai que c'est de bon augure pour notre prochain voyage à Londres, mais je suis juste content de la voir : Fleur Houston a longtemps été un des visages les plus attachants du synode régional Nord Normandie.

Si le modérateur avait été là, on aurait presque pu commencer le synode dans le TER Libournes-Bergerac : on aurait pu croire le wagon affrété spécialement pour nous.

L'arrivée, quant à elle, est toujours la même: on salue les vieilles connaissances, on pose ses valises, on récupère les derniers dossiers, on se badge (cette année on est passé au magnétique, la classe. On a aussi supprimé le Pr. distinctif des pasteurs, c'est pas plus mal), on découvre les cadeaux, deux blocs courrier, un stylo, une mallette et une bouteille de vin qu'on nous conseille de ranger dans notre valise plutôt qu'avec notre dossier de travail (pour nous éviter la tentation de nous saouler pendant les séances sans doute).

Après reste à se trouver une place en plénière. Tout un art qui consiste pour moi à trouver des gens un peu connus avec qui on peut commenter et plaisanter, sans trop chahuter ni rater les débats. Cette année, c'était une bonne place.

Et le grand jeu peut commencer.

Dieu nous donne une ville

11 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 9 mai 2010 (France Culture)

Apocalypse XXI ; 9 à 27

Luc XVII ; 20-21

 

         Difficile aujourd'hui d'entendre cette description de la Jérusalem céleste. D'abord parce qu'avec son cortège de visions ésotériques, son avalanche de symboles que nous avons du mal à comprendre et auxquels nous voulons donner trop de sens, l'Apocalypse est un livre qui nous fait un peu peur.

         Et puis surtout, en ce temps où l'écologie est une préoccupation primordiale, une vertu cardinale même ; en ce temps où l'idéal serait un retour à la terre, est-il vraiment possible de dépeindre le Royaume de Dieu comme une ville ? Et pas n'importe quelle ville ! En effet, telle qu'elle est décrite, la Nouvelle Jérusalem ressemble beaucoup au cauchemar d'un écrivain de Science Fiction : une ville entièrement faite de pierre et de métal, avec, pour tout espace vert, un seul arbre, sans doute transgénique, puisqu'il donne du fruit toute l'année…

         Quel tollé, quel flot de courriers incendiaires pour France culture si j'osais affirmer que le projet de Dieu pour l'humanité, c'est une ville cubique, fortifiée, tracée à l'équerre et entièrement minérale... Et pourtant...

         Plaisanterie mise à part, on voit bien à quel point cette image est éloignée de nos représentations, de nos imaginaires. Et cela tombe bien, car le but n'est pas de nous brosser un tableau de ce que sera la fin des temps, le livre de l'Apocalypse n'est pas un ensemble de prédictions qu'il conviendrait de cocher au fur et à mesure qu'elles se produisent jusqu'à l'avènement du ciel nouveau et de la terre nouvelle. Il n’est pas question pour moi ce matin, de chercher ce que pourrait bien symboliser chaque pierre précieuse évoquée. L'Apocalypse nous révèle Dieu et ce qu'il fait. Et dans le texte que nous avons entendu ce matin, Dieu répond  notre attente mais il y répond à sa manière et ainsi, il nous transforme.

 

Dieu répond à notre attente, c’est la première et peut-être la plus surprenante affirmation de ce passage.  Au terme de l'histoire, Dieu nous donne une ville. Or, la ville, dans la perspective biblique, est une invention strictement humaine : d’après le livre de la Genèse, c'est Caïn en fuite qui fonde la première ville et lui donne le nom de son fils. La ville est donc bien le produit d’une humanité qui s’est éloignée de Dieu.

Simplifions à l'extrême l'histoire biblique. Pour vous, auditeurs de France Culture, toute la Bible en moins de 30 secondes : Dieu place l'humain dans un jardin. L'humain refuse de vivre dans ce jardin et s'exile. Dans cet exil, il se bâtit des villes dans lesquelles il ne parviendra jamais à rétablir une bonne relation à Dieu. Pour en finir avec cet exil, cette séparation, Dieu donne une ville à l'humanité.

Ainsi, ce que nous révèle l'Apocalypse, c'est que la réconciliation n'est pas un retour à zéro. Dieu ne gomme pas notre histoire, il tient compte de nos désirs : à son jardin, nous avons préféré une ville ? Eh bien, c'est une ville qu'il nous donnera.

La victoire de Dieu telle que la raconte l’Apocalypse n’est donc pas la victoire d’un tyran qui impose avec force son point de vue parce qu’il a décidé, une fois pour toute, qu’on mangerait et vivrait dans le jardin, mais la victoire d’un Dieu qui entend notre désir.

 

Toutefois, si Dieu répond à notre soif de ville, cela ne signifie pas qu'il nous passe tous nos caprices. Certes, c'est une ville qui nous est donnée. Mais cette ville n'est pas une construction humaine, on y trouve partout la marque de Dieu : dans les mesures des murailles, dans le nombre de portes. Ce n’est pas par hasard ni par harmonie architecturale que les nombre 3 et 12 sont constamment répétés…

 Si Dieu nous donne une ville, ce n'est pas parce qu'il compte sur notre talent de bâtisseurs pour collaborer avec lui. En fait, il n'a pas d'autre raison de répondre à notre rêve urbain, que son amour pour nous. Dieu veut nous faire plaisir, pas pour nous plaire mais parce qu'Il nous aime.

D'ailleurs, dans cette ville, il n'est plus question de construire le Temple, cette demeure de Dieu faite de mains d'homme, l’endroit où l’homme invite son Dieu à résider. En effet, ce n'est plus Dieu qui habitera avec son peuple, c'est le peuple qui habitera avec son Dieu.

Et surtout, cette ville sera la nouvelle Jérusalem. Mesurons-nous assez la portée de ce nom ? A cette époque, la ville victorieuse, la ville qui rayonne sur le monde entier, la ville qui représente toutes les villes, c'est Rome. On pourrait comparer avec New York aujourd’hui mais je crois que la comparaison resterait trop faible. C'est vers Rome que convergent tous les rêves de la société de cette époque, y compris ceux des premiers chrétiens. Rappelons nous que  les actes des Apôtres partent de Jérusalem pour arriver à Rome et s’achèvent une fois arrivés à Rome parce que le but est atteint, que de là, la Bonne Nouvelle va pouvoir  se répandre à travers le monde.

Et puis, lorsqu’est écrite l’Apocalypse, Jérusalem n'est plus rien qu'une ville rasée, détruite. Et pourtant, n'en déplaise à Saint Augustin, la cité de Dieu qui nous est donnée n'est pas la Rome Céleste, mais bien la Jérusalem céleste. Ainsi, si l'accomplissement du Royaume de Dieu n'est pas un retour aux sources, ce n'est pas non plus l'aboutissement de tous les rêves de puissance des hommes, la ville que Dieu nous donne n’est pas celle dont nous rêvons.

C'est pour cela qu'il est vain d'essayer de se représenter le Règne de Dieu pleinement manifesté, de nous demander comment ce sera ? à quoi cela ressemblera-t-il ? Quand nous essayons de répondre à ces questions,  nous y projetons toujours notre volonté de puissance alors que le livre de l'Apocalypse nous affirme la victoire de l'Agneau immolé, de la ville rasée.

 

Et c'est une victoire totale. Plus rien n'est nécessaire que la présence de Dieu, pas même le soleil et la lune. Mais dans ce passage, ce qui caractérise pleinement cette victoire, c'est la réconciliation et l'absence de peur.

Le livre de l'Apocalypse est profondément marquée par la rupture entre juifs et chrétiens, l’hostilité contre les juifs y est douloureusement présente mais quand il s'agit de décrire la ville donnée par Dieu, ses murailles sont marquées de 24 noms : ceux des 12 tribus d'Israël et ceux des 12 apôtres. Ainsi il n'est pas question de la victoire des uns sur les autres, ni du remplacement des uns par les autres mais bien de la réconciliation des uns et des autres.

Et  ces murailles porteuses de réconciliation sont percées de portes donnant sur tous les horizons, des portes sont toujours ouvertes pour accueillir un flux constant. Ville ouverte, la Jérusalem nouvelle nous apparaît libérée de cette peur qui nous pousse à barricader nos maisons, nos villes et nos frontières.

Je sais bien que cela nous parait très utopiste : cette peur, ces divisions nous paraissent insurmontables et du coup, la Jérusalem céleste nous paraît n’être qu’une utopie de plus, une ville que nous n’arriverons jamais à réaliser…

Mais rappelons nous que la Jérusalem céleste n'est pas bâtie de mains d'homme, elle descend du ciel, elle nous est donnée. Nous ne devons pas la bâtir, nous somme appelés à y vivre. Oui, dans le brouhaha de nos villes, dans le flots des foules anonymes, Dieu nous ouvre, par la foi, un espace où nous pouvons vivre, dès maintenant, libérés de tout ce qui ne vient pas de lui, libérés de nos peurs, de nos haines, de nos rancoeurs, parce que plus rien ne compte que la présence de notre Dieu. La nouvelle Jérusalem n’est pas seulement un mirage auquel nous aspirons, avec l’aide de Dieu nous pouvons vivre sa présence au cœur même de notre monde.

 

Mon frère, ma soeur, dès aujourd'hui tu peux vivre en citoyen de cette ville nouvelle, cette ville que Dieu nous a donné. En effet, Jésus Christ nous l'a enseigné : le règne de Dieu est au milieu de vous. Oui, elle vient la Jérusalem nouvelle mais c’est dès maintenant que nous pouvons la vivre.

 

Amen

 

Pour l'écouter, c'est

 

Kick-Ass

5 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

kick-ass.jpgIl y a, j'en suis conscient, comme une contradiction à plaider la non-violence, à avoir une véritable répulsion pour tout type d'armes et à apprécier néanmoins des films, des bédés, des livres que l'on pourrait qualifier d'ultra-violent.

Je crois que Kick-ass répond plutôt bien à ce paradoxe.

Kick-ass, c'est un film de super-héros, où plutôt de ce que seraient des super-héros dans la vraie vie, sans super pouvoir. Pour autant, le film n'est pas réaliste, c'est une comédie un peu trash, un peu décalée, truffée de références. Si vous n'aimez pas les super héros, la violence ou l'humour gras, c'est pas la peine d'y penser. Moi, j'aime bien. Surtout que le film n'en fait pas trop dans le trash ou l'humour gras.

Mais ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a deux formes de violence dans Kick-ass. Il y a la violence des super héros, une violence graphique, spectaculaire et finalement comique. Voir une gamine de 12 ans découper en rondelles une bande de malfrat dans la plus pure tradition de John Woo, ou de Tarantino évoque en effet plutôt Tex Avery et Tom et Jerry. Mais, à côté de cette violence de cinéma, il y en a une bien plus malsaine, brutale, douloureuse, celle des voyous qui tabassent, celle des hommes de mains qui torturent Big Daddy et Kick-Ass. Du coup, le message de Kick-ass me paraît assez clair : la violence, ça a l'air fun dans les comics et au cinéma mais dans la vraie vie, ça fait mal. Et le film de renchérir "profiter de ta vraie vie avec les gens que tu aimes, c'est bien plus sympa que de te rêver en super héro.

Tiens, d’ailleurs, relu sur un mode théologique, ce serait un chouette énième avatar à la dénonciation de notre incapacité à nous accepter dans nos limites (quoique ayant découvert tous les charmes de la vie « normale », Dave continue à revêtir son costume vert d’homme-grenouille). Et je pourrais ouvrir une mise en abîmes avec mon propre refus de la violence qui ne m’empêche pas de m’amuser à voir Hit girl dévaster les rangs de maffieux armés jusqu’aux dents.

Dans son "Histoire du diable" Muchembled soulignait que le public européen était mieux préparé que le public américain à la fonction cathartique de la violence au cinéma grâce à « une mise à distance fantasmagorique plus nette » sur le Vieux Continent que dans le Nouveau Monde . C'est peut-être un peu sévère pour les américains, peut-être un peu optimiste quant aux européens. Mais j'ai décidé de faire le pari qu'à bientôt 15 ans Madian était capable de cette ironie distanciatrice et de le laisser voir Kick-ass.

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