Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Miettes de théologie

Histoire d'eaux

27 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

C'est un geste tout simple. Je tourne le robinet et l'eau coule. Pour remplir un verre, prendre une douche, faire une lessive ou une vaisselle.
C'est un geste machinal et pourtant, lorsque je tourne ce robinet, je suis Moïse frappant le rocher à Mériba. Parce que cette eau qui me désaltère, me lave ou simplement me rafraîchit, cette eau qui est ma vie est un don de Dieu.
Un cadeau ne se traite pas à la légère. On garde précieusement ce qui nous est offert, signe tangible de l'amour de celui qui nous l'a donné. Pourquoi en irait-il autrement de l'eau, cadeau précieux entre tous, aussi vitale que l'air que nous respirons et tellement plus rare ?
Lorsque je tourne un robinet, je suis comme Moïse frappant le rocher de Mériba. Or, le livre des Nombres nous dit que Moïse se vit refuser l'entrée en terre promise parce qu'il avait désobéi à Mériba, la traidtion juive voit cette désobéissance dans les deux coups que frappent Moïse.
On lit souvent dans cette répétition, le signe d'un manque de confiance. J'y vois également une attitude très humaine : l'attitude qui consiste à vouloir plus que ce que Dieu nous donne. A Mériba, pour un coup, Dieu donnait de quoi désaltérer hommes et bétail. Mais Moïse frappe deux fois...
L'eau de notre terre devrait suffire pour abreuver bêtes, plantes et hommes, mais nous la gaspillons. Lorsque je tourne un robinet, je suis Moïse frappant le rocher de Mériba. Et si, je me contentais de prendre avec reconnaissance ce dont j'ai besoin, et si un coup suffisait ?

Voir http://www.ete-autrement.org/

Les mercredis de Calvin (25) La sanctification (c) Soi-même et les autres

24 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Quand l’Ecriture nous commande de nous comporter envers les hommes de telle sorte que nous les préférions à nous en honneur, et que nous tâchions fidèlement d’avancer leur profit, elle baille des commandements, dont notre cœur n’est point capable, s’il n’est premièrement vide de son sentiment naturel. Car nous sommes tous si aveuglés et transportés en l’amour de nous-même, qu’il n’y a personne qui ne pense avoir bonne cause de s’élever par-dessus tous autres, et de mépriser tout le monde au prix de soi.
Si Dieu nous a donné quelque grâce qui soit à estimer, incontinent sous l’ombre de cela notre cœur s’élève ; et non seulement nous nous enflons, mais quasi crevons d’orgueil ! Les vices dont nous sommes pleins, nous les cachons soigneusement envers les autres, et nous faisons accroire qu’ils sont petits et légers ; ou même parfois nous les prisons pour vertus. Quant aux grâces, nous les estimons tant en nous, jusqu’à les avoir en admiration. Si elles apparaissent en d’autres, voire même plus grandes, pour que nous ne soyons contraints de leur céder, nous les obscurcissons ou déprisons le plus qu’il nous est possible. Au contraire, quelques vices qu’il y ait en nos prochains, nous ne nous contentons point des les observer avec sévérité, mais les amplifions odieusement.
De là vient cette insolence que chacun de nous comme étant exempté de la condition commune recherche prééminence par-dessus tous les autres, et sans en excepter un, les méprise tous comme ses inférieurs. Les pauvres cèdent bien aux riches, les vilains aux nobles, les serviteurs à leurs maîtres, les ignorants au savants : mais il n’y a nul qui n’ait en son cœur quelque fantaisie qu’il est digne d’être excellent par-dessus tous les autres. Ainsi, chacun en son endroit, en se flattant, nourrit un royaume en son cœur. Car s’attribuant les choses dont il se plaît, il censure les esprits et es mœurs des autres. Si on vient à dispute, alors le venin sort et se montre. Il y en bien plusieurs qui ont quelque apparence de mansuétude et modestie, cependant qu’ils ne voient rien qui ne leur vienne à gré : mais combien y en a-t-il peu qui gardent douceur et modestie quand on les pique et les irrite ?
Et de fait, cela ne se peut autrement faire, sinon que cette peste mortelle de s’aimer et exalter soi-même, soit arrachée du profond du coeur, comme aussi l’Ecriture l’en arrache. Car si nous écoutons sa doctrine, il nous faut souvenir que toutes les grâces que Dieu nous a faits, ne sont pas nos biens propres , mais dons gratuits de sa largesse ; si donc quelqu’un s’en enorgueillit, il démontre en cela son ingratitude. Qui est-ce qui te magnifie ? dit Paul. Et si tu as reçu toutes choses, pourquoi t’en glorifies-tu, comme si elles ne t’étaient pas données ? (I Co IV, 7). D’autre part, reconnaissant assidûment nos vices, nous avons à nous réduire à l’humilité. Ainsi, il ne restera rien en nous qui nous puisse enfler, mais plutôt il y aura grande matière de nous démettre et abattre.
En outre, il nous est commandé que tous les dons de Dieu, que nous voyons en nos prochains soient en tel honneur et révérence qu’à cause d’eux nous honorions les personnes auxquelles ils résident. Car ce serait trop grande audace et impudence de vouloir dépouiller un homme de l’honneur que Dieu lui a fait.
Il nous est aussi commandé de ne point regarder les vices, mais de les couvrir : non pas pour les entretenir par flatterie, mais pour que nous n’insultions point à celui qui a commis quelque faute, vu que nous lui devons porter amour et honneur. De là, il adviendra qu’envers quiconque que ce soit, à qui nous ayons affaire, non seulement nous nous porterons modestement et modérément, mais aussi en douceur et amitié ; de même, on ne parviendra jamais par autre voie à la vraie mansuétude, qu’en ayant le cœur disposé à s’abaisser et à honorer les autres.

Institution Chrétienne Livre III §7, 4

Ce que l'Esprit dit aux Eglises (2) La richesse du persécuté

21 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 10 mai 2009
Apocalypse II, 8 à 11

Les lettres aux Eglises qui ouvrent l’Apocalypse ancrent ce texte de visions théologiques dans une réalité concrète. Pourtant, elles ne l’enferment pas dans cette réalité : chaque lettre se termine par « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises » Bref, chaque message adressé à une communauté dans sa vie concrète s’adresse, au-delà d’elle à toute communauté, à tout chrétien.

On le sait bien, la séparation entre juifs et chrétiens a pris du temps et elle s’est faite dans la douleur et le déchirement. On en voit de nombreuses traces dans les textes bibliques, que ce soit les évangiles ou les lettres de Paul. La synagogue de Satan dont il est question dans la lettre à l’Eglise à Smyrne est une de ces traces. Que faire avec de tels textes. A une époque, ils ont été radicalisés, servant de fondation à l’affirmation que les juifs n’étaient plus le peuple élu et que l’Eglise était désormais le Nouvel Israël. (Affirmation scandaleuse, blasphématoire et destructrice ! Israël reste le peuple élu !) Aujourd’hui la tentation est inverse, et on ira plutôt dire qu’ici l’apocalypse ne parle pas de juif mais plutôt d’autres communautés, d’hérésie au sein de la communauté chrétienne… Je préfère une autre interprétation. A Smyrne, l’Eglise naissante a été persécutée par les juifs et c’est bien à cette réalité que fait référence la lettre de l’Apocalypse. Mais en aucun cas, Jean de Patmos ne fait de cette lettre une généralité, en aucun cas, il ne retire l’élection à Israël, il se contente de rappeler une affirmation forte de la pensée juive : Dieu prend toujours le parti du persécuté. Si un juste persécute un juste, Dieu se range du côté du persécuté. Si un méchant persécute un juste, Dieu se range du côté du persécuté. Si un méchant persécute un méchant, Dieu se range du côté du persécuté. Et même si un juste persécute un méchant, Dieu Se range encore du côté du persécuté. Les juifs de Smyrne qui persécutèrent les chrétiens ne le firent pas au nom de leur judaïsme mais au nom du satan, de l’accusateur. Et cela est vrai pour les chrétiens. Il n’y a pas de persécutions chrétiennes. Quand l’Eglise persécute qui que ce soit, elle n’agit plus au nom du Christ mais contre lui. Elle cesse donc d’être Eglise du Christ mais bien Eglise du satan.

Face à cette persécution, qu’est ce que la petite Eglise qui est à Smyrne ? En fait, le texte ne nous en dit pas grand-chose, la lettre à Smyrne est la plus courte des lettres aux sept Eglises. Et pour tout dire, si nous sommes bien restés deux jours  à Izmir au cours de notre périple en Turquie nous n’en avons pas appris beaucoup plus sur Smyrne, l’Eglise St Polycarpe n’a certainement pas grand-chose à voir (à part son nom) avec les premières communautés vivant à Smyrne, nous n’avons même pas pu y rencontrer l’évêque. Quant aux ruines de l’agora de Smyrne, nous ne les avons vues qu’à travers les grilles mais je doute que ces quelques colonnes couchées nous ait beaucoup renseignées. Bref, de l’Eglise à Smyrne, nous ne savons que deux choses, elle est persécutée et elle est pauvre – et pourtant riche.
Pauvre de quoi ? C’est assez facile à deviner : on se doute bien qu’une Eglise persécutée ne roule pas sur l’or et ne dispose pas d’une quantité de moyens humains. Mais alors, si cette Eglise est pauvre, misérable, de quoi est–elle riche ? Si elle était particulièrement tenace, résistante, courageuse face à la persécution, la lettre le dirait. En effet, toutes les lettres aux Eglises soulignent les qualités des communautés auxquelles elles s’adressent avant de dénoncer aussi leurs défauts. Pourtant si la lettre à Smyrne est une des deux lettres aux Eglises les plus positives, aucune qualité ne lui ait attribuée. Aussi, plutôt que de spéculer sur telle ou telle qualité qui aurait été qualifiée de richesse de Smyrne, je préfère m’en tenir au texte : si l’Eglise à Smyrne est riche, c’est de sa persécution et de sa pauvreté, c’est de sa faiblesse et de sa fragilité. Elle est riche parce qu’elle ne peut en rien compter sur elle-même. Elle est riche parce que sans force, elle ne peut se reposer que sur celui qui est le premier et le dernier. En effet, celui que Jean voit dans sa vision a de nombreux attributs tous symbolique, et lorsqu’il s’adresse aux Eglises, il mentionne pour chacune d’elle un de ses attributs, or celui sous lequel il s’adresse à Smyrne est celui qui le définit le mieux : le commencement et la fin, celui qui était mort et qui est revenu à la vie.

Le ressuscité, voici la seule richesse de Smyrne dans sa persécution. Et avec une telle richesse, de quoi d’autre pourrait-elle avoir besoin ? Attention ! Cette présence du ressuscité ne garantit pas à l’Eglise qui est à Smyrne la sérénité, la tranquillité : l’épreuve ne lui sera pas épargnée pour autant « vous aurez une tribulation de 10 jours ». (Il ne faut bien sûr pas comprendre ces dix jours dans un sens chronologique mais il y a là une constante de l’Apocalypse : le mal frappe c’est vrai, mais il est limité, il ne submergera pas tout, il n’aura pas la victoire finale). A quoi sert la présence du ressuscité, si la tribulation doit tout de même avoir lieu ? Eh bien justement, c’est l’assurance que le mal ne l’emporte pas. Mais rappeler que tout ne va pas être rose, que les choses vont mal se passer, c’est bien montrer que le discours n’est pas mensonger. Si je vous dit Christ est avec vous donc rien de mal ne peut vous arriver, au premier pépin, vous saurez que Christ n’est pas avec vous. Soit j’ai menti, soit il s’est détourné de vous. Et mon message n’aura jamais été que l’opium du peuple au mieux et au pire une culpabilisation terrible : puisque vous souffrez, c’est que Dieu s’est détourné de vous, ce qui implique que vous l’avez bien mérité.
Mais le message à la fragile communauté de Smyrne est tout autre : vos persécutions, la souffrance que vous endurez ne signifient pas que vous êtes abandonnés de Dieu. Christ est avec vous et rien de ce qui vous afflige ne pourra vous abattre. Aussi misérable, faible soyez vous, aussi dépourvu d’espoir puissiez vous être, vous ne connaîtrez pas la deuxième mort, vous ne connaîtrez pas cet abandon total. Le Dieu vivant reste à vos côtés, non pas comme un talisman chimérique mais comme une présence vivante.

Frères et sœurs, notre vie n’est jamais facile et notre foi ne la facilite jamais et pourtant nous sommes riches. Pas riches de nos possessions ni de nos vertus, pas riches de notre courage ni de nos forces, même pas riche de notre espérance mais riche simplement de cette promesse : je te donnerai la couronne de vie.  Riche de la présence de celui qui est mort et qui est revenu à la vie.

Les mercredis de Calvin (24) La sanctification (b) Le renoncement à soi

17 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 

Ceci est aussi une grande vertu que nous étant quasi-oubliés nous-mêmes, pour le moins ne nous souciant de nous, nous mettions peine d’appliquer et d’adonner fidèlement notre étude à suivre Dieu et ses commandements. Car, quand l’Ecriture nous défend d’avoir particulièrement égard à nous, non seulement elle efface de notre cœur l’avarice, la cupidité de régner, de parvenir à grands honneurs ou alliances, mais aussi, elle veut extirper toute ambition, appétit de gloire humaine, et autres pestes cachées. Il faut certes que l’homme chrétien soit disposé de telle sorte qu’il pense avoir affaire à Dieu en toute sa vie. S’il a cette cogitation, comme il pensera de lui rendre compte de toutes ses œuvres, aussi il rangera toute son intention à lui, et la tiendra en lui fichée. Car quiconque regarde Dieu en toutes ses œuvres, détourne facilement son esprit de toute vaine cogitation. C’est le renoncement à nous-mêmes, que Christ requiert si soigneusement de tous ses disciples pour leur premier apprentissage : et quand le cœur de l’homme en est une fois occupé, premièrement orgueil, fierté et ostentation en sont exterminés, puis aussi avarice, intempérance, superfluité et toutes délices, avec les autres vices qui s’engendrent de l’amour de nous-mêmes.

Au contraire, partout où il ne règne point, ou l’homme se déborde en toute vilénie sans honte ni vergogne, ou bien, s’il y a  quelque apparence de vertu, elle est corrompue par une méchante cupidité de gloire. Car qu’on me montre un homme qui exerce la bénignité gratuitement envers les hommes, sinon qu’il ait renoncé à soi-même, selon ce commandement du Seigneur. Car ceux qui n’ont point cette affection, ont pour le moins cherché la louange en suivant la vertu. Même les philosophes (qui ont le plus combattu pour montrer que la vertu est à désirer à cause d’elle-même) ont été si fort enflés d’orgueil et de fierté, qu’on peut apercevoir qu’ils n’ont désiré la vertu que pour avoir matière de s’enorgueillir. Or tant s’en faut que les ambitieux qui cherchent la gloire mondaine, ou telles sortes de gens qui crèvent d’une outrecuidance intérieure, puissent plaire à Dieu, puisqu’il prononce que les premiers ont reçu leur loyer en ce monde, et que les seconds sont plus loin du royaume de Dieu que les publicains et les paillardes.

Toutefois nous n’avons pas encore clairement exposé de combien d’empêchements l’homme est retiré de s’adonner à bien faire, sinon qu’il se soit renoncé soi-même. Cela a été fort bien dit anciennement, qu’il y a un monde de vices caché en l’âme de l’homme ; et nous n’y trouverons autre remède, sinon qu’en renonçant à nous, et sans avoir égard à ce qui nous plaît, nous dirigions et adonnions notre entendement à chercher les choses que Dieu requiert de nous, et à les chercher seulement à cause qu’elles lui sont agréables.

Institution Chrétienne Livre III §7, 2

 

Ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi. Qui veut sauver sa vie la perdra. Le renoncement à soi-même dont parle Calvin n’est pas une ascèse où l’homme (encore) essayerait de se dominer ou de dominer son corps, c’est un dépouillement qui jaillit dans la grâce, Christ s’empare complètement de nous, tant que l’homme cherche son bien en lui-même, il continue à mettre des obstacles à son salut. Avoir Dieu pour seul but et pour seule source, c’est là et seulement là qu’est la vie de l’homme. Et c’est tellement contraire à ce que nous sommes…

Figures bibliques (10) Bartimée (2) Question idiote

16 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Jésus répond très souvent à côté de la question, on le savait. Mais par moment, il pose en plus des questions franchement idiotes. Ainsi le "que veux-tu que je fasse ?" à Bartimée, l'aveugle qui l'appelle au bord du chemin. Vraiment, monsieur de Nazareth, tu n'as pas une petite idée de ce que peut vouloir l'aveugle du faiseur de miracles ?

Dans Vol 714 pour Sidney, le capitaine Haddock est plus inspiré, il sait bien ce que veut ce malheureux émigrant endormi sur un banc. Il sait bien ce qu'il peut faire pour lui. Pas de chance, le petit émigrant n'est autre que le multimilliardaire Carreidas.

 

En posant cette question apparemment stupide,Jésus, contrairement au capitaine Haddock, n'enferme pas Bartimée dans un stéréotype, bien plus que le mendiant aveugle au bout du chemin, il voit en lui un être humain avec ses rêves et ses désirs propres. Une question idiote ? Peut-être. Mais avec cette question idiote, un homme est reconnu et mis en marche.

 

Evangile selon Marc, chapitre 10 versets 46 à 53

Hergé Vol 714 pour Sidney


Suis-je catholique romain ?

11 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

J'ai trouvé ce questionnaire au cours d'une mes ballades sur Totus Tuus. J'ai trouvé amusant d'y répondre même si le résultat ne surprendra personne (sauf peut-être ceux qui ne savent pas encore à quel point ma théologie est classique).

Deux remarques préalables :
- la règle du jeu voulait que je réponde par oui ou par non, mais faire de la théologie, mêm:e pas très sérieuse en "oui" et en "non", c'est pas terrible.
-un tel questionnaire sur le mode Etes vous protestant demanderait d'être beaucoup, beaucoup moins précis, c'est sans doute là une des plus grosses différences.

  1. Croyez-vous en Dieu ?

Oui

2.
Croyez vous que ce Dieu est unique et qu’il n’y en a pas d’autre ?

Oui

3.
Croyez vous que ce Dieu est Trinité (Père, Fils et Saint Esprit) ?

Oui mais je crains que ce terme de trinité n’entraîne toutes sortes de spéculation oiseuse. La Trinité est un langage sur Dieu qui me dit quelque chose de la vérité de Dieu.

4.
Croyez vous que le Père a engendré le Fils ?

A dire vrai, c’est typiquement le genre de spéculation qui ne m’intéresse pas. Je crois que le Fils n’est pas créature. Ca me suffit

5.
Croyez-vous que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont de même nature (c'est-à-dire qu’ils sont tous les trois Dieu) ?

Oui, encore que gloser sur la nature de Dieu…

6.
Croyez-vous que Dieu Père Fils et Saint Esprit a créé le monde ?
Oui, encore que j’emploie le présent plus facilement que le passé composé


7.
Croyez vous que Dieu est infini ?
Là, il faudrait s’entendre sur ce que ça veut dire. Eternel oui, mais infini, je comprends pas : au niveau spatial peut-être… Sinon, tout n'est pas Dieu et Dieu n'est pas tout. 


8.
Croyez vous que Dieu est éternel (c'est-à-dire sans commencement ni fin) ?

Oui

9.
Croyez-vous que Dieu est le tout autre et en même temps tout proche de l’homme ?
Oui (c’est même ça que signifie pour moi la trinité)


10.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme ?

Oui, avec la même remarque qu’à la question 6

11.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme par amour ?

Oui

12.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme pour avoir avec lui une relation amoureuse ?

Hmm je ne vois pas ce que ça rajoute à la question précédente, mais si l’érotisme ystique est exclu, oui.

13.
Croyez-vous au péché originel (c'est-à-dire la désobéissance de l’homme voulant être indépendant de Dieu) ?

Oui

14.
Croyez vous que Dieu a parlé par les prophètes (c'est-à-dire : croyez-vous au contenu de la Bible) ?

Croyez vous au contenu de la Bible : oui

15.
Croyez-vous qu’il fallait que l’homme soit racheté de ses péchés ?

De son péché encore plus que de ses péchés : oui

16.
Croyez-vous que Dieu a envoyé son propre Fils pour le rachat de l’homme ?

Je crois que Dieu s’est fait homme pour le rachat de l’homme.

17.
Croyez-vous que le Christ soit né de la Vierge Marie ?
Oui, mais cela me dit quelque chose sur Jésus bien plus que sur Marie.


18.
Croyez-vous que le Christ, le Messie, est le Fils même de Dieu ?

Je crois que le Messie est Dieu le Fils.

19.
Croyez-vous que le Christ est mort sur la Croix ?
Oui


20.
Croyez-vous que le Christ est descendu au séjour des morts ?

Oui je crois que la mort de Christ a été complète

21.
Croyez-vous que le Christ est ressuscité des morts ?

Oui

22.
Croyez-vous que le Christ est monté à la droite du Père ?

Oui

23.
Croyez-vous à la vie éternelle ?

Oui mais « elle n’est pas seulement une autre vie qui commence après la mort » (liturgie ERF de l’annonce de l’évangile aux familles en deuil)

24.
Croyez-vous au jugement dernier ?

Oui

25.
Croyez-vous à l’enfer ?

L’enfer c’est d’être loin de Dieu

26.
Croyez-vous au Paradis ?
Comme séjour des âmes mortes non, comme royaume de Dieu sur la terre et au ciel, oui


27.
Croyez-vous au purgatoire ?

Non

28.
Croyez-vous à la résurrection des morts ?

Oui, plus qu’en l’immortalité de l’âme.

29.
Croyez-vous aux saints ?

je crois que les saints sont ceux que Dieu mets à part (tous les chrétiens donc, pas des intercesseurs, pas des figures à prier, pas des exemples)

30.
Croyez-vous que l’Eglise catholique est le Corps du Christ ?
Non mais je crois que les catholiques romains font partie du Corps du Christ : de l’Eglise Invisible. L’Eglise catholique est donc un des visages de cette Eglise invisible.


31.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de l’union à Dieu ?

L’Eglise catholique non (à cause de l’article défini) pas plus que les Eglises issues de la Réforme. L’Eglise Invisible, oui, forcément.

32.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu du Salut ?

Non, elle est le lieu de l’annonce du Salut

33.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de la grâce ?

Non, elle est le lieu de l’annonce de la grâce

34.
Croyez-vous à la grâce (action sanctifiante de Dieu envers les hommes) ?

Oui

35.
Croyez-vous aux sacrements (signes efficaces de l’action de Dieu par l’intermédiaire de l’Eglise) ?

Je reconnais deux sacrements, signes de la grâce institués par Jésus Christ : le baptême et la Cène

36.
Croyez-vous que le baptême fait de nous des enfants de Dieu ?

Non, je crois que le baptême nous atteste que nous sommes enfants de Dieu.

37.
Croyez vous que le baptême nous ouvre la grâce ?
Non, je crois qu’il nous la révèle


38.
Croyez vous à la présence réelle (et non symbolique) du Christ Dieu dans l’eucharistie ?

Non, je crois à la présence vraie de Christ dans l’assemblée qui partage la Cène.

39.
Croyez-vous au sacrement de l’ordre qui met des hommes (prêtres, diacres, évêques) au service de l’Eglise et de Dieu pour le salut de toute l’humanité ?
Non


40.
Croyez-vous au péché qui rompt la relation avec Dieu ?

Oui, enfin pour pinailler je crois que l’homme est pécheur et que sa relation à Dieu est brisée

41.
Croyez-vous au sacrement de pénitence pour retrouver la grâce qui unit à Dieu ?
Non, je crois que la grâce nous est offerte en la mort et la résurrection de Jésus Christ.


42.
Croyez-vous au mariage comme sacrement donc indissoluble ?
Non


43.
Croyez-vous à l’Immaculée conception (c'est-à-dire que Marie a été conçue préservée du Péché originel) ?
Non


44.
Croyez-vous en la Virginité de Marie ?
Non (cf. question 17)


45.
Croyez-vous en la Tradition de l’Eglise catholique enseignée et préservée par le Magistère de l’Eglise ?

Non

46.
Croyez vous que l’Eglise est dépositaire de l’interprétation des Ecritures ?
Pour l’Eglise catholique : non

Pour l’Eglise invisible : non plus en fait


47.
Croyez-vous que le Saint-Esprit œuvre dans l’Eglise ?

Oui mais pas seulement

48.
Croyez-vous à l’infaillibilité du pape en matière de mœurs et de foi ?

Non et je crois qu’y croire est un blasphème contre la liberté souveraine de l’Esprit Saint.

49.
Croyez-vous que l’Eglise est dépositaire du pouvoir des clefs (c'est-à-dire du pouvoir d’ouvrir et de fermer les portes du ciel) ?

L’Eglise invisible oui mais ce n’est pas un pouvoir, c’est une responsabilité.

50.
Croyez vous que le Christ est le chemin de salut pour les hommes (c'est-à-dire pour leur donner la plénitude de la joie qui est dans cette relation amoureuse avec Dieu) ?

Oui


Les mercredis de Calvin (23) La sanctification (a) Nous ne sommes point nôtres

10 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 

Or, si nous ne sommes points nôtres, mais appartenons au Seigneur, de là on peut voir ce que nous avons à faire de peur d’errer, et où nous avons à adresser toutes les parties de notre vie. Nous ne sommes point nôtres : que donc notre raison et volonté ne dominent point en nos conseils et en ce que nous avons à faire. Nous ne sommes point nôtres : ne nous établissons donc point cette fin, de chercher ce qui nous est expédient selon la chair. Nous ne sommes point nôtres : oublions-nous donc nous-même tant qu’il sera possible, et tout ce qui est à l’entour de nous. Au contraire, nous sommes au Seigneur : que sa volonté donc, et sa sagesse président en toutes nos actions. Nous sommes au Seigneur : que toutes les parties de notre vie soient référées  à lui, comme à leur fin unique. O combien a profité l’homme qui se connaissant n’être pas sien, a ôté la seigneurie et régime de soi-même à sa propre raison, pour les abandonner à Dieu ! Car, comme c’est la pire peste qu’aient les hommes pour se perdre et ruiner que de complaire à eux-mêmes, aussi le port unique du salut est de n’être point sage en soi même, ne vouloir rien de soi, mais suivre seulement le Seigneur.

Institution Chrétienne Livre III §7. 1

 

Pour Calvin, comme pour Paul ou pour Luther, l’affirmation que notre salut ne tient qu’à  l’amour gratuit et immérité de Dieu n’aboutit pas à la licence de tout faire mais bien au contraire, parce que nous sommes sauvés c’est toute notre vie et notre faire qui sont transformés. Calvin prend au sens très fort le « Ce n’est plus moi mais Christ qui vit en moi » de Paul. Elus, saisis par Dieu, nous ne sommes plus nôtres et c’est bien cette nouvelle appartenance qui va conduire notre vie.

Figures bibliques (9) Bartimée I

4 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Il n'est de pas de pire aveugle que celui qui refuse de se taire.

Les handicapés dans la Bible sont souvent bien complaisants. Ils sont là pour être guéris et,en attendant,  ils tiennent paisiblement leur place. Au delà de leur maladie, on ne peut guère leur donner une personnalité, et on pourrait finir par se demander si, pour les évangélistes, sur la paillasse de ces handicapés, il y a plus qu'une maladie là pour que Jésus opère son miracle.

Heureusement, il y a Bartimée.

Bartimée qui dérange, Bartimée qui refuse de se taire, Bartimée qui, par ses cris, oblige Jésus à s'arrêter dans sa marche vers Jérusalem.

J'aime le mouvement du récit de Bartimée : tout d'abord un Jésus mobile (avec sa foule satellite) et un Bartimée immobile mais bien plus actif dans son immobilité que le cortège qui suit Jésus, puis un Jésus qui s'arrête pour mettre Bartimée en marche.

J'admet que Bartimée est une belle exception à mon refus de donner quelque initiative que ce soit à l'humain. Mais qu'on lui reconnaisse son caractère d'exception et qu'on mesure l'ironie de la chose : alors que la cécité est le symble biblique du manque de foi, ce sont les cris d'un aveugle qui vont obliger Jésus à faire un crochet.

J'avoue qu'avant même la lecture théologique, j'y vois une réflexion fort actuelle sur la place que nous laissons aux handicapés dans notre société. N'y a-t-il de pire aveugle que celui qui ne veut pas se taire ou de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre ?

Les mercredis de Calvin (22) une chose à savoir en religion...

3 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

S’il nous est besoin de connaître quelque chose en toute notre religion, il est requis principalement que nous entendions ceci : c’est par quel moyen, en quelle sorte, par quelle condition, et en quelle facilité ou difficulté est obtenue la rémission des péchés. Si cette connaissance n’est certaine et arrêtée, la conscience  ne peut avoir aucun repos, ni aucune paix avec Dieu, ni aucune confiance ou assurance ; mais continuellement elle tremble, elle est agitée, émue, tourmentée, transportée ; elle a en horreur et en haine le jugement de Dieu et le fuit tant qu’elle peut. Et si la rémission des péchés dépend des conditions auxquelles ils la lient, il n’y a rien de plus misérable ni plus désespérés que nous.

Institution Chrétienne Livre III §4. 2

 

Ici, un passage capital pour lire correctement Calvin sur tout ce qui concerne la rémission des péchés. On fait de la prédestination un enfer d’incertitude alors même que tout le discours de Calvin a pour but que chacun sache qu’en Jésus Christ réside son salut.

Le tourbillon d'un vent de folie

1 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Si par hasard,

Sur l'pont des arts

Tu croises le vent, le vent maraud

Prudent, prends garde à ton chapeau

G. Brassens

 

Lorsque nous utilisons l'image du vent ou du souffle comme image de l'Esprit,  c'est pour en faire un vent utile, un vent soigneusement domestiqué : le vent qui gonfle les voiles des bateaux et fait tourner les ailes des moulins. Pourtant les images éoliennes bibliques sont bien loin de ce vent sage ; le vent dont tu entends la voix est tout aussi facétieux que celui qui voler les bulles de savon et  l'Esprit de Pentecôte est bien du genre à arracher les volets et à faire voler les toitures.

Bien sûr, confiants en l’amour de Dieu, nous avons l’assurance que le vent de la Pentecôte nous porte et nous soutient quand nous sommes à bout de force, qu’il nous donne la vie quand nous sommes à bout de souffle. Mais n’oublions pas qu’il nous déracine également quand nous sommes trop calfeutrés dans nos prudences. Laissons-le faire claquer les fenêtres sur le ronron de nos paroles creuses, faire voler les formules de nos dogmes trop bien rangés.

Bien plus que sur un trône de marbre, c'est dans cette liberté apparemment fantasque et vagabonde, qu’en ce temps de Pentecôte, se reconnaît la véritable majesté de notre Dieu.

Que tous et toutes nous vivions cette fête de l’Esprit comme un temps  plein de souffle !