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Miettes de théologie

Problème de virginité ou d'honnêté ?

31 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Je reçois régulièrement la lettre de l'UFAL, union des familles laïques. Et en voyant leur dernier gros titre Un tribunal français déclare la virginité «qualité essentielle» de la femme avant le mariage". Je m'étais promis d'aller chercher le texte précis du jugement tellement il m'apparaissait évident que le motif de la décision de justice mais bien le mensonge. (et en plus d'être évident c'est assez conforme à mon point de vue : la virginité avant le mariage, c'est une affaire de choix de vie, en revanche c'est pas évident de construire une relation sur un mensonge éhonté...)
Et puis j'ai pensé à autre chose. Et puis
Maître Eolas met les choses au point tellement mieux que moi, tout en soulignant que l'épouse est tout à fait ocnsentante à cette annulation du mariage.

Ce jugement ne dit absolument pas que le mariage d'une femme non vierge est nul, ni que la virginité est une qualité essentielle de la femme. Il dit ceci et rien d'autre. Madame Y… a menti à Monsieur X… sur un point qu'elle savait très important pour lui. Elle savait que si Monsieur X… avait su la vérité, il ne l'aurait probablement pas épousé. Et d'en tirer les conséquences légales que lui demandent les deux époux dans ce qui après tout est leur vie.

Quand je dis qu'ils finiront pas tuer la laïcité, ses acharnés défenseurs...

En tout cas, ça répond à une question que me posait krka à propos des abeilles d'Einstein, peut-on défendre une bonne cause à coup d'arguments faux... Un mauvais argument dessert toujours une cause aussi juste soit-elle. Un exemple de plus....



Mr Jack et l'acte créateur

29 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Jack l'éventreur a encore frappé ! Mais cette fois, les forces de l'ordre comptent bien arrêter le meurtrier avant qu'il ne s'échappe.
Mr Jack est un très astucieux jeu de gendarme et de voleur : un joueur est l'enquêteur et doit identifier le coupable afin de lui mettre la main dessus. L'autre est Mr Jack et doit brouiller les pistes afin de s'échaper. À chaque tour, chacun des deux joueur déplacera 2 des 8 suspects puis  le joueur incarnant Mr. Jack devra indiquer si celui-ci est dans l'ombre ou dans la lumière.  Un principe de base intéressant là où le thème :(criminel et policier, ombre et lumière) laissait présager un énième avatar de la lutte du bien et du mal. En fait, il s'agit plutot d'un affrontement entre ordre et chaos : l'enquêteur essaie de répartir les suspects entre ombrre et lumière alors qu'une stratégie qui s'avère payante pour son adversaire consiste au contraire à mettre tous les suspects dans l'ombre ou dans la lumière afin que l'enquèteur ne puisse dévoiler Jack dans le temps imparti. Du coup, Mr Jack se révèle être une image de l'acte créateur tel qu'il est raconté dans la Bible : l'acte d'un Dieu qui sépare et distingue, qui fait jaillir la vie du chaos, qui donne une identité à ce qui est indéterminé.

Vous pouvez essayer le jeu en ligne ici.

Mr Jack par B. Cathala et L. Maublanc Edition : Hurrican

S'il me manque l'humour, je ne suis que cymbale qui résonne

28 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Le contraste entre l'homme et l'honneur que Dieu lui fait n'est-il pas trop grand pour que le premier devienne solennel et prétentieux comme un paon, pour qu'il ne soit pas, au contraire, obligé de rire de lui-même ? (...) L'humour est le contraire de tout ce qui est admiration et louange de soi. L'honneur de l'homme vient du Dieu qui seul mérite qu'on l'admire et qu'on le loue. Comment, par conséquent, serait-il reconnu, approuvé et reçu si ce n'est avec un libre humour, qui saura prendre et garder la distance nécessaire ?
Karl Barth. La dogmatique


Ainsi couvert par le très sérieux Karl Barth, je puis donner deux illustrations de ce libre humour.
- Peter Jackson, réalisateur australien, voulait rendre hommage au King-Kong de 1933 en en réalisant le remake. Pourtant, en une scène, il modifie tout le film : la célèbre scène de l'effeuillage fait place à un numéro burlesque, ce n'est plus le désir érotique qui pousse le grand singe vers la jeune femme mais une complicité née de l'humour. (J'en avais déjà parlé
ici)
- Les synodaux rassemblés à Toulouse cette année se souviendront longtemps de ce "pasteur Léon" qui règle la question des temples inutilisés à coup de dynamite et de cette évangélisation toute militaire : "Eh toi, touriste ! Tu connais Jésus Christ ? Tu sais qu'il est mort pour toi ? Alors signe ici ! Et maintenant on chante : A toi la gloire .,,"

L'humour n'a rien à voir avec la moquerie ou le sarcasme. Il rit de lui-même et pas de l'autre. Et, en riant de lui-même, l'humour permet de prendre du recul par rapport à soi, il offre donc une distance à soi qui est absolument nécessaire à la rencontre.
Il n'est pas non plus déni : la question des bâtiments inutilisés est particulièrement sensible en Cévennes –Languedoc-Roussillon et dans sa fragilité, Ann Darrow est complètement vulnérable face au grand singe. L'humour n'est pas une façon de masquer sa faiblesse mais, au contraire de l'affirmer face aux autres. Et accepter d'être ainsi vu dans sa nudité, c'est, d'une certaine manière, vivre la relation humaine en dehors du péché "L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte."
Enfin, l'humour n'est pas manque de respect. Au contraire, rire de nous-même, c'est renoncer à nous prendre trop au sérieux, c'est reconnaître notre légèreté. Et reconnaître notre légèreté, c'est accepter de donner du poids (c'est à dire de la gloire) à celui-là seul qui en est digne.

Aussi, qu'à l'amour que nous avons les uns pour les autres et qu'à l'humour que nous avons sur nous mêmes, le monde voit que nous sommes disciples de Jésus le Christ.

Dieu pour vivre ou vivre pour Dieu

25 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 25 mai 2008
Deutéronome VIII, 2 à 16
I Corinthiens X, 16 à 17
Jean VI, 51 à 59

« Je suis le pain de vie », cette parole est bien plus surprenante qu’un gâteau au miel qui vient recouvrir le désert pour nourrir une population affamée. Elle a bousculé ceux qui l’entendaient dans leur sentiment religieux, elle a ébranlé les disciples de Jésus dans leur volonté de suivre le maître et aujourd’hui elle nous étonne encore par le contexte que Jean lui donne.

 C’est ce que Jésus dit alors qu’il enseignait dans la synagogue à Capharnaüm. C’est sans doute aujourd’hui le verset le plus surprenant du texte. En effet, il est impossible, en entendant ce long discours sur Jésus comme pain de vie, sur son corps qui est nourriture et son sang qui est breuvage, sans penser à la Cène. Et voilà que Jean ne place pas ce discours au moment du dernier repas. Dernier repas au cours duquel, il ne place d’ailleurs pas l’institution de la Cène… Alors, Jean n’avait-il jamais entendu parler de ce partage du pain et du vin et de l’ordre donné par Jésus juste avant son arrestation ? Ignorait-il ce rite qui rassemblait les communautés chrétiennes si l’on en croit les lettres de Paul ? Cela me paraît peut vraisemblable : bien sûr les moyens de communications n’étaient pas aussi rapide qu’aujourd’hui mais il ne faudrait pas s’imaginer les premières communautés chrétiennes vivant complètement en autarcie, dans l’ignorance complète les unes des autres.
Mais alors pourquoi séparer ainsi cette parole sur le pain de vie du geste de la Cène ? Eh bien, je crois que Jean nous donne ainsi un enseignement sur le sens profond de la Cène. Il nous oblige à revoir un peu nos querelles de clocher, nos bagarres d’interprétation. La question essentielle n’est pas de savoir comment le Christ est présent lorsque nous partageons le pain et le vin. Ce n’est pas de savoir ce qui est nécessaire pour qu’il soit présent. Ce n’est pas de savoir si Jésus est dans le pain, sur le pain, sous le pain, à côté et de quel côté. La question n’est pas de savoir si le pain est ou non Jésus. La vraie question que nous devons nous poser lorsque nous partageons la Cène, mais aussi à chaque moment de notre vie ; la question que ni les juifs « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger », ni les disciples « Elle est dure cette parole et qui peut la recevoir ? » ne veulent se poser, c’est :
Est-ce que Jésus est le pain de vie ? Est-il la seule vraie nourriture et vraie boisson ?

Le pain de vie, la vraie nourriture et le vrai breuvage : qu’est ce que cela veut dire ? La réponse est simple : il faut manger pour vivre. Jésus est donc ce dont nous avons besoin pour vivre. Et c’est bien cela qui scandalise les opposants à Jésus, bien plus qu’une question d’anthropophagie : les opposants juifs à Jésus ne sont pas stupides, ils savent très bien ce qu’est un langage symbolique. Mais Jésus affirme ici être plus que la manne tombée du ciel. Or la manne, c’est Moïse, c’est la Loi. Jésus affirme être plus que la loi et pour les pharisiens c’est inacceptable !
Mais je crois que nous pouvons aller encore plus loin dans le scandale que représente cette affirmation. Nous connaissons tous cette devise qu’Harpagon voulait faire graver au-dessus de sa cheminée. Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. Et je crois qu’elle est très vraie. Or, si Jésus est la vraie nourriture, le vraie manger et si Jésus est Dieu, nous pouvons entendre : Il faut Dieu pour vivre et non vivre pour Dieu. Quand Jésus affirme être le vrai pain, il se pose contre notre sentiment religieux.
En effet, j’ai, bien souvent la tentation de vivre pour Dieu. Je veux lui plaire. Et, bien sûr, je m’imagine qu’à la clef, il y aura une récompense. Parce que, nous sommes entre nous et je peux vous l’avouer : quand je veux vivre pour Dieu, je veux vivre pour moi. Et puis il y a un  autre avantage à vouloir vivre pour Dieu, c’est que c’est mon choix. D’une part, je peux m’enorgueillir d’avoir fait le bon choix : puisque tant de gens vénèrent de faux dieux voire pas de dieu du tout, faut-il que je sois malin pour avoir choisi le bon ! D’autre part, je peux quand j’en ai ras-le-bol arrêter de vivre pour Dieu. Tant pis pour ma récompense mais quand ça devient trop dur, je peux démissionner et ranger Dieu bien au fond de son placard, arrêter de vivre pour lui… J’ai le sentiment que je ne suis pas tout à fait le seul à avoir cette tentation…
Et voilà que Jésus me dit : Je suis le pain de vie, je suis ce qui te fait vivre. Tu n’as pas le choix. Si tu ne vis pas de moi, tu es mort. Jésus vient renverser mon tranquille sentiment religieux : Il faut Dieu pour vivre. Dieu n’est pas le but que tu décides d’atteindre : il est la seule source de ta vie. Il n’est pas question ici d’avoir une vision utilitaire de Dieu. Dieu n’est pas la cerise sur le gâteau, il n’est pas non plus l’outil qui va me faciliter la vie. Il m’est complètement, absolument indispensable. Je ne peux pas me passer de lui et toute vie que j’entends trouver ailleurs qu’en lui n’est qu’une illusion de vie.

Mais si les pharisiens sont scandalisés dans leur sentiment religieux, les disciples le sont aussi et plus profondément encore : « elle est dure cette parole est qui peut la recevoir ». Et oui, même si je reconnais en Jésus celui qui me donne de vivre, cette idée du pain de vie me heurte. D’autant que Jésus, impitoyablement, passe d’un vague
esqiw manger  au verbe trwgw mâcher, croquer.
Or, ce verbe me renvoie à mon péché, à mon hostilité profonde envers Dieu : manger et à fortiori, manger de la viande, c’est tuer, c’est détruire. J’aimerai pouvoir prélever mon entrecôte sans faire de mal au malheureux ruminant mais c’est impossible. C’est ma nature : je dois tuer ce qui me fait vivre. Et cette tragédie est si profondément ancrée en moi qu’elle s’applique même à ma relation à Dieu. Quand mon Dieu vient à moi, comme Jacob, je ne puis faire autrement que le combattre. Quand mon Dieu vient à moi, je ne puis faire autrement qu’essayer de le détruire. Il est impossible que la rencontre entre l’homme et son Dieu se passe à l’amiable : un des deux doit mourir et Dieu a décidé que ce serait Lui-même qui mourrait. On s’oppose souvent à la fatalité de la croix au nom d’un Dieu d’amour, et l’on a raison comment un Dieu d’amour pourrait-il avoir besoin d’un sacrifice sanglant. Mais ce n’est pas Dieu qui fait de la croix une nécessité, mais bien l’homme… C’est l’homme qui s’oppose à Dieu de toutes ses forces. Toutefois si la croix est une fatalité, sur la croix, Dieu brise la fatalité et voilà qu’en se laissant détruire, il devient notre vie.
Le verbe mâcher, croquer implique un investissement fort (c'est le mot que les grecs emploient pour manger des fruits secs ou des aliments crus, de ceux qui résistent sous la dent). La mort de Jésus Christ me fait vivre, ce n’est pas simplement une affirmation intellectuelle ou spirituelle. Je voudrais faire appel à un deuxième proverbe, plus récent : « Je suis ce que je mange ». Oui, manger, mastiquer Jésus le Christ c’est me laisser envahir par lui, c’est renoncer à cette illusion de vie pour vivre selon sa vie, selon son amour. Oui, dès aujourd’hui nous pouvons quitter notre mort,  c’est à dire de notre enfermement en nous même : l’immobilisme de nos peurs, de nos jugements, de notre égoïsme et, en laissant Christ prendre place en nous, entrer dans le mouvement de son amour. Mâcher le Christ c’est nous mettre en action tout en reconnaissant que nous sommes agis par lui, c’est faire tout en reconnaissant que ce n’est pas moi qui fait. Et oui, cette parole est dure à entendre, dure à recevoir, dure à vivre.

Mais pourtant, mon frère, ma sœur, cette parole est pour toi, pour moi : une parole de vie. Alors, laisse toi saisir par cet amour et, avec le crucifié, mords la vie à pleine dent !



Le mythe : une vérité au-dela du réel

23 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Je m'aperçois de plus en plus d'une certaine déformation dûe à ma formation. J'emploie le terme de mythe en oubliant souvent que celui-ci résonne dans beaucoup d'oreilles comme "fable, faribole". Une petite citation extraite d'un article de Danny Nocquet, professeur d'Ancien Testament à la faculté de théologie de Montpellier. L'article est tiré de Mythe grecs, mythes bibliques dont je devrais vous faire un commentaire dans pas longtemps...

Le projet des auteurs bibliques n'est pas de faire de l'histoire. Le mythe est-il pour autant moins vrai que l'histoire? Quand une histoire est-elle vraie? Est-elle vraie lorsque les faits rapportés correspondent exactement à la réalité de ce qui a eu lieu? Ou bien « lorsqu'à travers des faits évoqués ou des personnages quelque chose de la vérité profonde de l'homme est donné, lorsque des faits singuliers ont tout à coup une portée universelle' ? ».
La fonction du langage mythique est de dire par le moyen de la narration comment s'est réalisé dans les aléas de l'histoire de l'univers et d'Israël, ce que les rédacteurs comprenaient comme de l'ordre du plan de Dieu depuis les commencements du monde et d'Israël. Le langage mythique de l'Ancien Testament n'a pas une fonction négative qui serait celle de camoufler une réalité peu glorieuse historiquement. Le mythe a bien plus une fonction théologique. Il s'agit de raconter une histoire accompagnée par Dieu depuis le commencement du monde et depuis les origines d'Israël.
Relisant leur histoire tragique ou heureuse, les rédacteurs bibliques y découvraient les signes d'une altérité, de la présence de Dieu. Ils prenaient conscience d'une vérité qui leur était propre et que les autres peuples ne partageaient pas encore comme le suggère de manière étonnante Dt 4,19. Ce qui était vrai pour eux, le monothéisme, ne l'était pas encore pour les autres peuples : « Ne va pas lever les yeux vers le ciel, regarder le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des cieux, et te laisser entraîner à te prosterner devant eux et à les servir. Car ils sont la part que le SEIGNEUR ton Dieu a donnée à tous les peuples qui sont partout sous le ciel... » (Dt 4,19).
Pour pouvoir rendre compte de cette altérité, impossible à objectiver, le langage de la narration et du mythe s'est imposé pour se faire théologie, pour partager une vérité plus vraie que la réalité: « Le monde est tel qu'il nous apparaît fait de choses qui ne nous apparaissent point'. »
Comme le suggère Françoise Smyth, le mythe est indispensable pour donner à penser, à discerner, pour étonner. Les mythes de l'Ancien Testament ont une certaine efficacité tant ils sont capables de susciter l'étonnement, la réflexion, le discernement. On pourrait ajouter que les mythes sont indispensables pour porter une espérance. Le mythe biblique, comme regard sur les commencements inaccessibles, prend sens lorsqu'il ouvre une perspective et un avenir, permet d'exister, et appelle à sortir de soi-même.
N'est-ce pas par l'écriture dans ce langage mythico-narratif qu'Israël est advenu et que son histoire a fait sens, pour les Israélites d'abord et puis pour toute une part de l'humanité? N'est-ce pas à ce langage mythique des origines de la Bible (sans oublier celui de la Grèce) que nous devons une grande part de ce que nous sommes?

Dany Nocquet. Le langage mythique de l'Ancien Testament in Mythes grecs, mythes bibliques. Cerf

Tillich, Marthe et Marie

22 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Une prédication de Tillich sur Marthe et Marie que je trouve très éclairante...

Luc 10, 33-42.


Les paroles que Jésus a dites à Marthe comptent parmi les plus célèbres de la Bible. Marthe et Marie sont de l’homme dans toute l’humanité, de deux sortes de préoccupation. Marthe est préoccupée par beaucoup de choses, mais toutes choses sont finies, préliminaires, éphémères. Marie est préoccupée par une seule chose, infinie, ultime, durable.

L’attitude de Marthe n’est pas méprisable. Au contraire ! C’est ainsi que marche le monde. C’est la force qui conduit, conserve et enrichit la vie et la culture. Sans elle, Jésus n’aurait jamais pu parler à Marie et Marie n’aurait pu écouter Jésus. J’ai entendu une fois un sermon dédié à la gloire et à la justification de Marthe. Pourquoi pas ? Dans notre vie et, d’une manière générale en toute vie humaine, d’innombrables préoccupations réclament notre attention, notre ardeur et notre passion. Elles sont souvent importantes pour vous et pour moi et pour toute l’humanité. Cependant aucune n’a d’importance ultime. C’est pourquoi Jésus ne loue pas Marthe, mais Marie. Elle a choisi la meilleure part, la seule chose dont l’homme a besoin, celle qui peut le préoccuper de façon ultime.

    L’heure du culte à l’église et chaque moment de lecture et de méditation, sont consacrés à une écoute semblable à celle de Marie. Quelque chose nous est dit, - au prédicateur comme à ses auditeurs - qui peut nous préoccuper infiniment. C’est la raison d’être du sermon : il doit éveiller une préoccupation infinie.


    Que signifie être préoccupé par quelque chose ? Cela signifie que nous y sommes en jeu, qu’une partie de nous-même s’y trouve engagée et que nous y prenons part de tout notre cœur. Cela peut encore vouloir dire davantage. Cela montre de quelle manière nous sommes en jeu, autrement dit, avec inquiétude. La sagesse du langage identifie souvent la préoccupation et l’inquiétude. Beaucoup de chose nous mettent en jeu et nous font éprouver de l’inquiétude. Beaucoup de choses nous intéressent, et certaines nous font pitié ou horreur. Ce ne sont pourtant pas de véritables préoccupations ; elle n’engendrent pas cette l’angoisse qui nous torture quand nous sommes véritablement et sérieusement préoccupés. Dans l’histoire, Marthe était sérieusement préoccupée. Rappelons-nous ce qui nous préoccupe dans notre vie de tous les jours, du lever à la minute à notre coucher et au-delà, quand nos inquiétudes apparaissent dans nos rêves.

    Nous sommes préoccupés par notre travail ; c’est la base de notre existence.
Nous pouvons l’aimer ou le détester, ou l’accomplir comme un devoir ou comme une dure nécessité. L’inquiétude nous saisit dès que nous éprouvons les limites de nos forces, notre manque d’efficacité, que nous sentons combien il faut lutter contre la paresse, ou se préserver des dangers d’un échec. Nous sommes préoccupés par nos relations avec les autres. Nous ne pouvons pas imaginer vivre sans la bienveillance d’autrui, sans amitié, sans amour, sans communion. Nous sommes inquiets et souvent profondément désespérés à la vue de l’indifférence, du déchaînement de la colère et de la jalousie, de l’animosité cachée et souvent empoisonnée que nous découvrons en nous et chez ceux que nous aimons. Cette préoccupation s’immisce dans nos cœurs et rend notre amour fiévreux. Nous sommes préoccupés par nous-même. Nous-nous sentons responsables de la croissance de notre maturité, de notre ténacité dans la vie, de notre sagesse et notre vie spirituelle. En même temps, nous recherchons le bonheur, nous avons le souci de nos plaisirs, celui d’avoir du « bon temps ». Cette préoccupation compte à nos yeux énormément. Mais l’inquiétude nous saisit quand nous nous voyons dans le miroir de notre conscience, ou dans le jugement des autres. Nous sentons que nous pris de mauvaises décisions, que nous avons fait fausse route, que nous perdons la face à nos propres yeux et devant les autres. Nous nous comparons aux autres et nous-nous sentons inférieurs à eux ; nous sommes alors déprimés et frustrés. Nous croyons avoir gaspillé notre bonheur en le recherchant avec trop d’impatience, en le confondant avec le plaisir, ou encore par manque de courage au moment où il fallait prendre la juste décision qui nous rendrait heureux.

    N’oublions pas la préoccupation la plus naturelle et la plus universelle parmi les vivants : se maintenir en vie. C’est la préoccupation du « pain quotidien » ! On l’avait presque oubliée dans de larges secteurs du monde occidental. Elle est revenue en force aujourd’hui dans une grande partie de l’humanité. Elle fait disparaître la plupart des autres tant elle absorbe l’esprit beaucoup de gens.


Quelqu’un dira: n’existe-t-il pas de préoccupations plus hautes que celles de la vie quotidienne ? Jésus lui-même n’en témoigne- t-il pas? Son émotion devant la misère des masses ne consacre t-elle pas les préoccupations sociales qui saisissent de nos jours nombre de contemporains? Quand Jésus a été pris de compassion pour les malades et qu’il les guérit, ne consacrait-il pas la préoccupation de tous les médecins et de tous les soignants du corps et de l’âme ? Quand Jésus a rassemblé autour de lui un petit groupe pour constituer une communauté, ne consacrait-il pas la préoccupation de la vie sociale ? Quand il disait venir rendre témoignage à la vérité, ne consacrai-il pas la préoccupation de la vérité et la passion de la connaissance, qui deviennent l’un des courants moteur de notre temps. Quand il enseignait les foules et ses disciples ne consacrait-il pas la préoccupation de l’enseignement et de l’éducation ? Quand il racontait des paraboles, quand il décrivait la beauté de la nature et formulait des sentences d’une perfection classique, ne consacrait-il pas la préoccupation de la beauté, avec l’élévation spirituelle et le repos qu’elles nous accordent après l’agitation de la journée.

Toutes ces nobles préoccupations sont-elles la seule chose dont nous avons besoin, la chose nécessaire choisie par Marie? Ou ne sont-elles pas, au contraire la formes supérieure de la préoccupation représentée par Marthe ? Ne somme-nous pas encore préoccupés comme Marthe par beaucoup de choses, même si celles-ci sont nobles et grandes ?

Sommes-nous réellement au-delà de l’angoisse quand les problèmes sociaux nous préoccupent et que nous prenons conscience de notre situation de privilégiés face à la misère et aux injustices dont souffrent les masses du monde entier ? Ne sommes nous pas atterrés ? Cela ne nous coupe t-il pas le souffle? Connaissez-vous la torture de ceux qui veulent soigner un malade et qui savent qu’il est trop tard ; de ceux qui veulent donner une éducation et qui rencontrent la stupidité, la méchanceté et la haine ; de ceux qui doivent gouverner et qu’accablent l’ignorance populaire, l’ambition de leurs adversaires, de mauvaises institutions ou la malchance ? Voilà des inquiétudes plus grandes que celles que nous rencontrons dans la vie quotidienne. Connaissez vous l’inquiétude liée à toute recherche honnête ? Celle de tomber dans l’erreur, en particulier quand la pensée doit explorer de nouvelles voies ? Avez vous ressenti le sentiment de vide presque intolérable qu’on éprouve quand en retournant vers les soucis de la vie journalière après avoir admiré une grande oeuvre d’art ? Même s’il ne s’agit pas de la seule chose dont nous avons besoin, comme le déclare Jésus quand il annonce devant la beauté du temple qu’il est condamné à la destruction. L’Europe a appris que la créativité millénaire dont elle se vantait n’était pas la « seule chose nécessaire » ; les monuments de ces millénaires sont maintenant en ruine.

Pourquoi ces multiples choses qui nous préoccupent sont-elles en rapport avec le souci et l’angoisse ? Nous leur consacrons nos forces, notre passion et il faut qu’il en soit ainsi, sinon nous ne pourrions rien accomplir. Pourquoi laissent-t-elles alors les profondeurs de notre cœur sans repos? Pourquoi Jésus les écarte t-il comme n’étant rien d’ultimement nécessaire ?

Jésus montre, par ses paroles au sujet de Marie, que toutes ces choses peuvent nous être retirées. Elles sont toutes finies. Ce sont des préoccupations finies. Dans la courte durée de notre vie beaucoup d’entres elles ont disparues, d’autres ont surgies qui disparaîtrons à leur tour. De nombreuses préoccupations du passé se sont évanouies et beaucoup d’autres prendront fin tôt ou tard. La loi mélancolique de l’éphémère régit nos préoccupations, même les plus passionnées. L’angoisse de la fin habite les joies qu’elles nous accordent. Les choses qui nous préoccupent, et nous avec elles, auront une fin. Un moment viendra – peut-être n’est-il pas loin – où toutes ces préoccupations ne nous préoccuperont plus ; leur finitude nous sera révélée avec l’expérience de notre propre finitude – autrement dit, de notre propre fin.

Nous tenons à nos préoccupations préliminaires comme si elles étaient ultimes. Elles nous maintiennent sous leur emprise même nous essayons de nous en libérer. Toute préoccupation est tyrannique. Elle réclame tout notre cœur, tout notre esprit, toute notre force. Toute préoccupation tend à devenir notre préoccupation ultime, notre dieu. La préoccupation du travail réussit souvent à être notre dieu, comme le font aussi la préoccupation des autres ou celle du plaisir. La préoccupation de la science a réussi à devenir le dieu de toute une période de l’histoire. La préoccupation de l’argent est devenu un dieu encore plus important. La préoccupation de la nation a été le dieu le plus important de tous. Toutes ces préoccupations finies combattent les unes avec les autres et elles accablent notre conscience parce que nous ne pouvons pas leur faire justice à toutes.
Nous pouvons essayer d’éliminer toute préoccupation pour adopter le détachement du cynique. Nous décidons que rien ne nous préoccupera, sauf peut-être occasionnellement, mais pas sérieusement. Nous essayons d’être détaché de nous-même, des autres, de notre travail, de nos plaisirs, du nécessaire et du luxe, des affaires sociales et politiques, du savoir et de la beauté. Finalement, nous pouvons estimer que notre détachement a quelque chose d’héroïque. Une chose est vraie : c’est la seule alternative à la préoccupation ultime. Le détachement ou la préoccupation ultime : voilà la seule alternative. Le cynique est passionnément préoccupé par une seule chose : son détachement. C’est la contradiction interne à tout détachement. Voilà pourquoi, il n’y a qu’une seule possibilité, c’est la préoccupation ultime.

Quelle est alors la seule chose dont nous avons besoin ? Quelle est la meilleure part que Marie a choisie ? Comme l’histoire que nous avons lue, j’hésite à répondre, car toute réponse devient source de malentendus. Si je réponds : c’est la « religion », on se méprendra. On croira qu’il s’agit d’un ensemble de croyances et de pratiques. Comme le montre d’autres récits du Nouveau Testament, Marthe était pour le moins aussi religieuse que Marie. La religion peut devenir une préoccupation humaine du niveau des autres, créant de l’angoisse comme les autres ce qu’on constate en histoire et en psychologie des religions. Il existe même des gens censés cultiver cette préoccupation particulière. On les appelle des «religionistes»! C’est une appellation très blasphématoire, qui en révèle davantage sur la décadence de la religion à notre époque, que n’importe quoi d’autre. Si la religion est la préoccupation particulière de certaines personnes et non pas la préoccupation ultime de tout le monde, elle n’est qu’un non-sens et un blasphème. Revenons encore à la question : Quelle est la seule chose dont nous avons besoin ? La réponse est difficile à donner. Elle peut-être mal comprise. Même Dieu peut être changé en objet d’une préoccupation finie ; en quelque chose à laquelle croient certaines personnes et d’autres pas. Un tel Dieu, bien sûr, ne peut nous préoccuper d’une manière ultime. C’est une personne, semblable aux autres personnes, avec lesquelles il est utile d’être en relation. Une personne comme celle-là peut être l’objet d’une préoccupation finie, mais jamais celui d’une préoccupation infinie.

La seule chose nécessaire – c’est la première réponse et d’une certaine façon la dernière que je peux donner - c’est d’être préoccupé ultimement, inconditionnellement, infiniment. Marie l’était ainsi. Marthe l’a senti et s’est mise en colère. Jésus a loué en Marie. On ne peut pas dire grand chose de Marie et c’est bien peu en regard de tout ce qu’on peut de Marthe. Marie était infiniment préoccupée. C’est la seule chose nécessaire.

Si sous l’emprise et la passion de cette préoccupation ultime, nous considérons l’ensemble de nos préoccupations finies - le domaine de la vie  de Marthe - tout semble être ce qu’il était et pourtant tout a changé. Nous sommes encore préoccupés par beaucoup de choses, mais différemment – l’angoisse est partie! Elle existe encore et elle tente de revenir, mais sa puissance est brisée. Elle ne peut plus nous détruire. Celui qui est saisi par la seule chose nécessaire a toutes les autres sous ses pieds. Elles le préoccupent, mais pas de manière ultime. Quand il les perd, il ne perd pas la seule chose qui lui est nécessaire ; elle ne peut lui être retirée.

Paul Tillich.

Les Saigneurs de la guerre

21 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Depuis que l'homme écrit l'histoire

Depuis qu'il bataille à coeur joie
Georges Brassens

L'ironie est souvent plus percutante que le plus violent des coups de colère. Ainsi cette compilation des apologies, des justifications qu'à travers les âges et les culture,  on a pu trouver à la guerre, nous place devant cette évidence terrible : la guerre et son cortège d'atrocité n'est qu'absurdité. L'ouvrage est féroce, érudit et aussi drôle qu'angoissant (enfin, sous réserve que vous compreniez que 14-18 de Brassens n'est pas une chanson belliciste). Bien sûr, il n'échappe pas à certains défauts inhérents au pamphlet (simplification excessive, caricature) mais la bibliographie est donnée et rien n'empêche le lecteur d'aller voir à la source. Et puis, au-delà de la satyre, il y a cette interrogation : et si la guerre était inévitable ? Et si le caractère belliqueux de l'être humain n'était qu'une marque de sa démence autodestructrice ?
Ici, je vais sans doute plus loin que l’auteur, je soupçonne un peu Jean bacon dans un généreux optimisme humaniste de penser que, mise devant la stupidité et l’absurdité de la logique guerrière, l’humanité baissera les armes. Pour ma part, je reste profondément convaincu que seul, l’humain, même clairvoyant, en est incapable… La foi est l’incrédulité de l’homme par rapport à lui-même comme disait K. Barth…

J. Bacon : Les saigneurs de la Guerre. Phebus libretto

Si Einstein l'a dit, c'est dans la Bible

20 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Cette note est amicalement dédiée à un lapin crétin, ludique, misanthrope et mélomane...
Dans l’esprit de beaucoup, le croyant est souvent un(e) énergumène accroché(e) à son texte fondateur, glapissant : « Puisque la Bible ou le Coran le dit, c’est que c’est vrai ». Une image parfois justifiée et bien commode puisqu’elle conforte certains athées militants dans leur complexe de supériorité (moi au moins, je réfléchis).
Mais
cet article montre que les croyants ne sont pas seuls à avoir ce réflexe de référence à une autorité suprême. Ici, ce n’est pas un texte fondateur mais un génie scientifique reconnu : Einstein devient symbole de l’intelligence humaine, une intelligence que l’on voudrait omnisciente et infaillible. Alors, tant pis si Einstein n’a aucune compétence particulière en apiculture ; et tant pis si Einstein n’a jamais rien dit de tel… Tout ce qui compte, c’est qu’une autorité irréfutable vienne appuyer nos propos sans que nous ayons à les justifier par nous-même. C’est peut-être aussi que nous soyons rassurés : l’équation de l’univers trouve sa réponse pour certains esprits supérieur : « je ne sais pas tout mais heureusement, il y a des génies pour m’assurer que cet univers a un sens et une logique »…
Il semblerait bien que les croyants n’aient pas le monopole de la paresse intellectuelle…

Mais cette anecdote des abeilles d’Einstein est aussi l’occasion pour nous croyants, de nous rappeler que si nous reconnaissons une autorité à la Bible, cela ne nous exempte pas d’un certain esprit critique. En effet, pour nous aussi, les deux principes s’appliquent.
-    Principe d’autorité : pas plus qu'Einstein n'est entomologiste, la Bible n’est un livre de science ni même d’histoire. Dans ces domaines, elle ne fait donc pas autorité et elle ne prétend pas répondre aux questions du scientifique ou de l’historien (elle peut, en revanche, être considérée comme un témoignage de la vision du monde qu’avaient ses rédacteurs)
-    Principe de vérification : avant de dire « c’est écrit dans la Bible », il vaut souvent mieux vérifier que c’est bien le cas. Cela veut dire bien sûr allez vérifier qu’une affirmation se trouve bien dans la Bible mais cela sous-entend aussi qu’il y a toujours un travail d’interprétation : ne pas sortir un verset de son contexte (textuel et culturel), se demander si notre compréhension est vraiment valable, se rappeler que mon interprétation n’est sans doute pas la seule et me demander ce qui la justifie…
Bref, pas plus qu’Einstein, la Bible ne me dédouane d’une réflexion personnelle. Mais, sans doute bien plus qu’Einstein, elle stimule ma réflexion tout en m’appelant à un peu d’humilité. Quand je cite la Bible est-ce pour justifier mon point de vue, ou bien pour interroger celui-ci ?

Les chroniques théologiques de Spiderwick

18 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

N'ayant pas lu Harry Potter, des enfants découvrent qu'en parallèle de notre monde, vivent des créatures magiques. Bon, ça casse pas trois pattes à un canard et tout est bien qui finit bien : la famille au bord de l'explosion se réconciliera en flanquant une raclée aux gobelins. Oups, désolé de vous avoir raconté la fin mais enfin, vous l'auriez devinée non ?
Allez, je suis sévère : c'était pas si mal et les garçons ont adoré. Mais moi, je voulais les amener voir Iron Man...
Enfin, ça sera pour plus tard. En attendant, deux petites remarques théologique : une réflexion sur la chute et une idée pour le caté.
Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.  Genèse III, 5
Pour la chute, j'exagère sans doute un peu, la transgression de l'interdit n'est pas propre à la Bible : c'est un passage obligé de tous les contes de fée. Mais quand même, cette connaissance interdite qui met en danger celui qui s'en empare ainsi que le monde dans lequel il vit, ça vous rappelle pas un arbre planté au milieu d'un jardin ? Et c'est là que ça devient amusant parce que ce savoir qui met  les enfants en danger est précisément ce qui va leur permettre de vaincre l'ogre. C'est donc par leur désobéissance qu'ils vont sauver le monde des fées. Bref, la même faiblesse de scénario que dans l'idée d'un salut qui consisterait pour l'homme à choisir le bien. En effet, pour choisir le bien, il faut le distinguer du mal. Alors, ce serait en nous faisant l'égal de Dieu que nous échapperions au péché qui consiste précisément à nous faire l'égal de Dieu ? Je sais que je dis souvent que Dieu est surprenant, mais quand même ...
Mais sans doute ne devrais-je pas utiliser un film pour enfants pour me lancer dans un ergotage théologique et me contenter d'une jolie idée : la prochaine fois que j'offre une bible aux catéchumènes, je la scelle et j'y mets un avertissement : "Attention !! Danger! La lecture de ce livre peut changer ton regard sur le monde !!!"

Laïcarderie, toujours...

15 Mai 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Robe ! Unique objet de mon ressentiment !

Cette année, le thème du concert des chorales des collèges est "Les métiers". Pour établir le décors, il est demandé aux jeunes chanteurs d'apporter la tenue de travail de leurs parents. Je propose à Madian de prendre la robe pastorale. Refus des organisateurs : c'est un concert laïc...

Il aurait dit que c'était une robe d'avocat, personne ne se serait rendu compte de rien...
Enfin.... Faut espérer que le proverbe est vrai et que le ridicule ne tue pas... Sinon, la laïcité est mise en danger par quelques uns de ses plus fervents défenseurs...