Miettes de théologie

A visage découvert

24 Juillet 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

a-visage-decouvert.jpg- Ca change des paysages helvétiques qu’on met d’habitude sur les versets biblique

- Oui, là on est dans l’Incarnation.

(A. Pelissier et A.M Feillens, cités de mémoire)

 

Douze portraits dans le cloître des Billettes. L'exposition ne justifie peut-être pas un voyage à Paris (sauf si vous aviez projeté une virée parisienne entre collègues et néanmoins amis et que vous n'avez que trois heures) mais si vous flânez du côté de la rue des archives, il serait dommage de ne pas vous arrêter sur ces visages découverts.

Des visages magnifiquement photographiés d'hommes et de femmes de tous âges. Des visages qui illustrent, chacun, un verset biblique, une exclamation prêtée à un des témoins de Jésus de Nazareth.

Là où les protestants ont l'habitude d'illustrer des versets avec des photos un peu niaises et un peu creuses de paysages, A visage découvert propose des visages riches d'expression et de personnalité. Du coup, le verset n'est plus une "sagesse" figée et sentencieuse, de celles qui se vendent si bien aujourdh'ui, mais l'expression d'une rencontre, un témoignage. Et visages et versets entrent en résonance, chacun éclairant l'interprétation de l'autre.

D'ailleurs, c'est une utilisation possible de l'exposition : séparer les versets des visages pour laisser chacun faire ses propres association et donc sa propre interprétation ou associer différents visages à un seul verset, pour montrer sa richesse.

En tout cas, si vous passez non loin de Beaubourg, n'hésitez pas à faire un petit crochet vers le cloître des Billettes : ces visages découverts vous ouvriront un autre regard.

 

A visage découvert

Exposition conçue et réalisée par la Mission Intérieure Luthérienne.

Photos d'Alfredo Salazar

Du 9 juillet au 30 août 2010

tlj sauf les lundis de 11h à 19h

Cloître des Billettes

24 rue des archives

75004 Paris

 

Splice

20 Juillet 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

splice.jpgIls sont jeunes, beaux (enfin, surtout elle, mais passons), intelligents et passionnés par leur domaine, la biochimie. Ils créent un créature nouvelle qui va se révéler plus dangereuse que prévu. Rien de bien nouveau sous le soleil de la SF mais, nonobstant quelques effets téléphonés, j'ai passé un bon moment de ciné, et, pour moi, Splice est un bon film de science fiction en ce qu'il aborde de nombreux thèmes, la peur de l'autre, la nature de l'humanité, l'adolescence, la parentalité.

Et puis Splice a une approche réaliste de son thème principale : la technique. En effet, contrairement à la plupart des résumés, je ne crois pas que Splice parle de manipulation génétique. Ou plutôt, s'il en parle c'est de manière ridicule. Je ne crois pas que l'on crée un humanoïde viable en mélangeant les séquences ADN de différents animaux à de l'ADN humain, et surtout les enjeux éthiques de la manipulation génétique sont presque totalement évacués. A l'exception d'une vraie scène d'épouvante : après l'avoir élevée comme sa fille, Elsa retire à Dren tout ce qui l'humanise pour mieux la traiter comme une simple expérience. Une scène glaçante dans laquelle le monstre est le créateur et non la créature. Tiens, en fait à cause de cette scène excellente, je serais plutôt plus sévère avec le film qui revient trop vite à un discours plus classique : comme c'est pratique, la gentille Dren meurt de façon naturelle et c'est un méchant monstre violeur et tueur que ses créateurs doivent tuer.

Bref, difficile de prendre au sérieux un tel traitement de la génétique.

En revanche, si l'on élargit à l'ensemble de la technologie, Elsa et Clive me semblent assez représentatifs de l'attitude générale de l'humanité.

D'abord on invente, mû par de nobles desseins mais aussi par défi, par orgueil, pour aller plus loin. Ensuite, on s'émerveille, on essaye de domestiquer l'invention. Et enfin, on se rend compte, trop tard, des dangers et des questions éthiques qu'il aurait fallut se poser avant.  Le cruellement ironique : "qu'est ce qui peut arriver de pire ?" final résume bien cette fuite en avant.

Et cette dénonciation sonne d'autant plus juste que  Clive et Elsa sont sympas. Imprudents certes, mais ni cyniques, ni cupides, ni bouffis d'orgueil et pourtant, ce sont bien eux et pas le méchant directeur financier ni le mégalo chef de service qui portent la responsabilité de la catastrophe. Du coup, le film ne résonne pas comme un jugement moral mais comme un constat. Un constat pessimiste, certes, mais un constat.

Les mains en l'air

13 Juillet 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

les-mains-en-l-air.jpgBlaise, Alice et Milena ont l'âge des messages secrets, des cachettes dans les caves, des glissades dans l'herbe et des provisions montées en douce dans les chambres. Un âge auquel on ne devrait pas se cacher de la police par crainte d'être expulsé.

En abordant la question des sans-papiers du point de vue de l'enfance, Goupil s'autorise un discours tranché, manichéen même.

Et pourtant si Les mains en l’air est une fable, son propos n’en est pas moins réaliste. On y voit des adultes paumés devant une question qui les dépasse. En effet si le parti pris est assumé, les objections ne sont toutefois pas complètement évacuées).

Ma plus grosse réserve concerne le traitement des policiers qui ne sont montrés que sous un jour négatifs : désagréables avec les adultes, menaçants et violents avec les enfants.

Ce bémol posé, le film sonne juste, porté par de jeunes acteurs qui jouent de vrais enfants. Pas des petits anges bien élevés, ces gamins sont d'épouvantables combinards. Pas des super cerveaux débrouillards, tout comme leur sortie les main en l'air, pourquoi les mains en l'air ? leur fugue tient plus du caprice et du jeu que du plan machiavélique : ils ne savent pas où ils vont.

Du coup, le film ne donne pas de leçon, il sonne comme un refus. Refus d'une politique de statistiques et de chiffre qui nie l'individu. Refus d'une culture de peur et de soupçon qui interdit l'amitié.

Les mains en l'air m'ouvre une nouvelle perspective sur le soyez pareil aux petits enfants : et si l'enfant était celui qui au nom de l'amour se rit de tous les calculs ? Et si, entrer dans le Royaume de Dieu c'était dire non aux règles du monde ?

20100

6 Juillet 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Tric-trac est un site que j'aime bien, consacré aux jeux de sociétés et doté d'un forum de bonne tenue, sur lequel on peut discuter bien au delà du jeu de société. Tric Trac est une communauté virtuelle dont je suis heureux de me sentir membre.

Samedi dernier, un des acteurs de ce site a été tué, à l'âge de 38 ans. Vélo contre camion, il y a des parties vraiment trop inégales. Je ne connaissais 20100 (Vincent) qu'à travers son travail (critique, news et les redoutables (pour le collectionneur de jeux que je suis) trictrac-tv) pour le site, il n’était pas un de ceux avec lesquels je me sens le plus liés dans cette communauté et pourtant comme tous les trictraciens, je me sens un peu en deuil.

Un deuil qui est pour nous tous un rappel douloureux que derrière le pseudos et les avatars des relations virtuelles, il y a de vrai gens. Des gens qui peuvent mourir, des gens qui peuvent être blessés ou au contraire réconfortés ou encouragés par nos propos.  Le virtuel n'est pas déconnecté du réel, il ne doit donc pas être un espace d'irresponsabilité.

Bien sûr, ces quelques lignes ne m'empêchent pas de penser d'abord à celles et ceux pour qui ce deuil n'a rien de virtuel, la famille et le amis IRL (In Real Life : dans la vie en vrai) de Vincent. C'est d'abord vers eux que vont mes prières.

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