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Prends ton lit et marche !

31 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 31 décembre 2006
Matthieu IX, 1 à 8
Ici, l'année a commencé avec un culte et une prédication sur la bénédiction. Qu'avons-nous fait de cette bénédiction ? Qu'avons-nous fait, qu'allons nous faire de cette année qui s'achève, cette année qui vient s'ajouter à notre histoire ?
Et puis, une question pour le prédicateur : sur quelle parole terminer cette année ?
Eh bien, je vous propose celle-ci : "Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés.  Lève-toi, prends ton lit et marche !"

Prends courage mon enfant
Il est assez rare que Jésus s'adresse à quelqu'un en l'appelant " enfant". En fait, à travers les évangiles, seul le paralytique de Caphernaüm semble avoir droit à qualificatif plein de douceur et de tendresse.
Je sais bien que beaucoup d'entre nous ont encore en tête l'image d'un Jésus tout sucre et miel, appelant tout le monde "mon enfant". Je ne dis pas que cette image est fausse, d'ailleurs. Juste qu'elle ne correspond pas forcément à ce qu'on trouve dans les évangiles. Mais, dans ce cas précis, elle s'applique. Ce paralytique qu'on amène là, cet homme prisonnier de son lit a droit à toute la compassion, à toute la tendresse même de Jésus. Cette tendresse va donner un éclairage particulier à la suite et notamment au pardon des péchés. Nous y viendrons.
Mais avant cela, je voudrai que nous nous arrêtions un instant sur cette tendresse, cette attention particulière à laquelle a droit celui, ou celle qui est sans force, démuni, incapable de se tenir debout. Et cette tendresse n'a rien à voir avec de la pitié ou plutôt de la condescendance. Elle est plutôt une expression de l'amour. En effet, nous avons toujours tendance à exprimer plus fortement notre amour à ceux qui souffre. "Comme une mère préfère un peu son plus fragile enfant" chante J.J.Goldman. Je crois que ce n'est pas faux.
Je m'en voudrai de spolier ceux dont la faiblesse n'a rien de symbolique, ceux qui ont le plus besoin de cette tendresse, mais il me semble que tous nous traversons des moments de lassitude voire d'épuisement. Des moments où nous avons un besoin vital de cette tendresse, d'être appelé mon enfant et, comme un enfant, justement, de pouvoir tout lâcher. Lorsque nous sommes ainsi au bout du rouleau, le seul courage que nous pouvons puiser, nous ne le trouvons pas en nous, mais dans des bras tendus, dans une parole d'amitié. Cette oasis  Jésus nous l'ouvre par une parole : "Courage, enfant".

Je vous l'ai dit, cette parole va donner un éclairage particulier à la suite "Tes péchés sont pardonnés". On ne l'aime pas beaucoup cette suite... On préfèrerait souvent passer directement à la 3ème partie.
Bien sûr, notre réticence n'a rien à voir avec celle des scribes. Nous ne nous scandalisons pas d'entendre Jésus pardonner les péchés, nous n'y voyons aucun blasphème. En fait, bien souvent, nous n'y pensons même plus. Après tout, si nous avons reçu un bon catéchisme, nous savons que Jésus pardonne. C'est peut-être dommage ... Je veux dire ce n'est pas dommage qu'il pardonne, c'est dommage que ce soit devenu pour nous une telle évidence. Ce matin, j'aimerai vous offrir cette question en étrenne : "comment cet homme peut-il dire tes péchés te sont pardonnés ?" Non, pas de grande discours théologique sur le ministère et la personne de Jésus. Juste une question à laquelle je vous invite à repenser.
Mais si nous ne partageons pas les réticences des scribes, nous avons les nôtres propres. Tout d'abord pour les occidentaux sécularisés que nous sommes, la réponse de Jésus paraît quelque peu hors sujet : ce n'est pas pour ça qu'on lui amenait un paralytique... Le but, c'est que le paralytique marche... Vous voyez ! Nous voulons faire l'impasse sur la 2eme étape.
Mais le pardon des péchés et le relèvement du paralytique ne sont-ils pas liés ? Et là, notre réticence se fait encore plus forte. Il n'est pas question que nous  acceptions de relier ainsi paralysie et péché. Pas question que nous admettions que c'est à cause de ses péchés qu'un homme (ou une femme) est paralysé(e), ou aveugle, ou sourd, ou malade de quelque autre façon. Et nous avons bien raison ! Il serait absolument contraire à tout l'Évangile que de laisser entendre que ceux qui souffrent sont plus pécheurs que les autres. Donc si nous entendons ce récit comme un épisode du ministère de Jésus, je pense qu'il convient de séparer pardon et guérison, la seconde ne fait que manifester la réalité du premier. Mais nous pouvons également recevoir ce texte pour nous. Et dans ce cas, comment nier que nos fautes, nos blessures nous paralysent, nous lient et parfois même nous couchent. Et c’est tout particulièrement évident en cette fin d’année. Regardez un peu le nombre de bilan sur l’année 2006 dont on nous abreuve à la télévision ou dans les journaux ! Et il y en a pour tous les goûts ! Que vous préfériez la politique, le divertissement, la comédie, vous serez servis en retrospectives de tous genres. Mais dans ces restrospectives et ces bilans, dans nos petits bilans personnels, il y a tellement de choses qui nous enferment, nous emprisonnent : tous nos raté, nos fautes, nos erreurs… En grec amartiai, nos péchés…
Afientai sou ai amartiai : tes fautes, tes erreurs sont déliées, relâchées. Comment ne pas reconnaître que les fautes et erreurs commises ou subies nous pèsent jusqu’à nous écraser parfois et que nous avons besoin d’en être délivré…
Courage mon enfants, tes fautes sont déliées ! Courage, mon enfant, tu n’as plus besoin de porter ce poids trop lourd pour toi ! Quand nous la recevons pour nous, cette parole de Jésus devient délivrance et mise en marche…

Lève-toi, prends ton lit et marche. Lève-toi et marche, pas de soucis, tout le monde connais. Mais on s’arrête rarement sur ce prends ton lit… Pourtant, il est surprenant ! Toi qui étais paralytique prend ce lit dont tu n’auras plus besoin… Toi qui étais clopé, porte encore tes béquilles, toi qui étais aveugle, n’oublie pas tes lunettes noires et ta canne blanche… Il ne s’agit certainement pas ici de l’équivalent nazaréen de « Range tes affaires », Jésus n’invite pas le paralytique à ne pas laisser traîner son lit, les évangiles ne sont jamais aussi futilement précis, or ce « prends ton lit (ou ton grabat) et marche » adressé à un paralytique se retrouve dans les quatre évangiles (Luc V, 24, Marc II, 9, Jean V, 9)… A quoi bon porter encore ce dont le paralytique n’a plus besoin ? A quoi bon porter encore ce dont nous sommes libre ?
Eh bien, exactement comme le paralytique peut porter son brancard parce qu’il est désormais guéri, nous pouvons porter notre passé parce que nous en sommes libres. Jésus guérit le paralytique mais il ne gomme pas son histoire : c’est un homme neuf qui se lève mais ce n’est pas un homme sans passé. Le malade est guéri certes mais sa maladie fait aussi partie de ce qui a fait de lui l’homme qu’il est. Il en va de même pour nous, nous sommes libérés de notre passé et parce que nous en sommes libres, nous pouvons nous en souvenir, nous pouvons le porter avec nous. Un exemple : peut-être vous souvenez-vous d'avoir été, lorsque vous étiez enfants, surpris par l'incohérence des adultes. Rappelez-vous, vous veniez de faire une grosse bétise et vous vous êtes fait passer un savon monumental par vos parents et les voici 2 semaines plus tard en train de raconter votre bétise en riant à gorge déployée... Pourtant, deux semaines plus tôt, ils ne riaient pas du tout. Pour l'enfant que nous étions, la bétise commise restait bien présente, mais nos parents, eux en étaient libres, elle était passé au rang de l'anecdote du souvenir. On pourrait trouver bien d'autres exemples dans ce style, tous montrant qu'un évènement même malheureux peut être guéri, peut appartenir aux souvenirs légèrement. C'est le miracle du pardon. Notre passé n’est plus le fardeau qui nous oppresse et nous empêche d’avancer, nous n’appartenons plus à notre histoire mais elle nous appartient. Elle ne nous écrase plus de culpabilité et de remords mais, par l’expérience, elle nous construit et nous met debout. Si nous sommes construit par notre passé, il ne nous conditionne pas. Pardonnés, déliés, nous pouvons toujours construire du nouveau.

Frères et sœurs, voici qu’une parole de pardon vient tout changer dans notre vie et nous reconstruire complètement en nous laissant être nous-même… Mon frère, ma sœur, tu es libre de l’année qui s’achève et de celles qui précèdent. Elles appartiennent à ton histoire, elles t’enrichissent d’expériences mais elles ne conditionnent pas ton avenir.

Amen

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Les prophéties de Noël (4) La libération et la réconciliation

26 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Selon un procédé litéraire courant, Matthieu marque son récit de la Nativité par 4 prophéties. De quoi parlaient Esaïe, Michée, Jérémie et Osée ?

Quand Israël était jeune, je l'aimais, Et j'appelai mon fils hors d'Égypte. Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient; Ils ont sacrifié aux Baals, Et offert de l'encens aux idoles.  C'est moi qui guidai les pas d'Éphraïm, Le soutenant par ses bras; Et ils n'ont pas vu que je les guérissais.   Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour, Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche, Et je leur présentai de la nourriture.   Ils ne retourneront pas au pays d'Égypte; Mais l'Assyrien sera leur roi, Parce qu'ils ont refusé de revenir à moi. L'épée fondra sur leurs villes, Anéantira, dévorera leurs soutiens, A cause des desseins qu'ils ont eus.  Mon peuple est enclin à s'éloigner de moi; On les rappelle vers le Très-Haut, Mais aucun d'eux ne l'exalte. Que ferai-je de toi, Éphraïm? Dois-je te livrer, Israël? Te traiterai-je comme Adam? Te rendrai-je semblable à Tseboïm? Mon cœur s'agite au dedans de moi, Toutes mes compassions sont émues.  Je n'agirai pas selon mon ardente colère, Je renonce à détruire Éphraïm; Car je suis Dieu, et non pas un homme, Je suis le Saint au milieu de toi; Je ne viendrai pas avec colère.   (Osée XI, 1 à 9)


C'est avec le rappel de la sortie d'Égypte que commence cette prophétie d’Osée. En effet, pour le prophète, c’est là plus que dans l’alliance avec Abraham, l’origine du peuple hébreux. Un peuple qui n’est pas la descendance d’un héros mais qui est né en sortant de l’esclavage. Un peuple qui n’a pas été choisi pour sa noblesse et ses hauts faits mais dans sa souffrance et de sa captivité (le cri de mon peuple s’est élevé jusqu’à moi…).
C’est cette libération qui fonde la relation d’Israël à Dieu. Mais rapidement l’ingratitude, l’oubli et la trahison s’installent. Mais ce n’est pas sur la trahison et son salaire, le châtiment que s’achève l’annonce d’Osée, mais sur la réconciliation.
Parce que je suis Dieu, je ne viendrai pas avec colère. C’est dans la miséricorde et la compassion et non dans le jugement et la punition que se manifeste la divinité.

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Les prophéties de Noël (3) Sanglots à Rama

24 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Selon un procédé litéraire courant, Matthieu marque son récit de la Nativité par 4 prophéties. De quoi parlaient Esaïe, Michée, Jérémie et Osée ?

Ainsi parle le SEIGNEUR : On entend des cris à Rama, des sanglots amers ; c’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse de se laisser consoler au sujet de ses fils, car ils ne sont plus. Ainsi parle le SEIGNEUR : Cesse de sangloter, sèche tes larmes ; car il y aura une récompense pour tes actions––déclaration du SEIGNEUR : ils reviendront du pays de l’ennemi. Il y a de l’espoir pour ton avenir––déclaration du SEIGNEUR : tes fils reviendront dans leur territoire.
Jérémie XXXI, 15 à 17

Cette annonce de pleurs et de sanglots se révèlent finalement être une proclamation joyeuse: « cesse de sangloter » et, c’est encore plus flagrant si nous prenons le début de l’annonce

Nations, écoutez la parole du SEIGNEUR, et proclamez–la dans les îles lointaines ! Dites : Celui qui a disséminé Israël le rassemblera et il le gardera comme un berger son troupeau. Car le SEIGNEUR libère Jacob, il le reprend à un plus fort que lui. Ils viendront et pousseront des cris de joie sur la hauteur de Sion ; ils afflueront vers les biens du SEIGNEUR, le blé, le vin, l’huile, le petit bétail et le gros bétail ; leur vie sera comme un jardin abreuvé, et ils ne dépériront plus. Alors la jeune fille se réjouira dans la danse, jeunes gens et vieillards se réjouiront ensemble ; je changerai leur deuil en gaieté et je les consolerai ; je les réjouirai après leurs tourments. Je gorgerai les prêtres de graisse, et mon peuple sera rassasié de mes biens––déclaration du SEIGNEUR.
Jérémie XXXI, 10 à 14

Pourquoi donc une prophétie d’allégresse est-elle ainsi marquée par les larmes et les lamentation ? Serait-ce le prix à payer pour le bonheur ? Certainement pas ! Mais de même que le médecin vient d’abord pour les malades, la bonne nouvelle s’adresse d’abord aux affligés.
Les lamentations de Rama rappellent les tragédies et les souffrances de notre existence. Tragédies et souffrances qu’aucune conviction, aucune foi ne devrait jamais nier ni chercher à édulcorer ou relativiser. Ce n’est pas dans un monde merveilleux et imaginaire que Dieu intervient mais dans ce que notre réalité a de plus dur, de plus insupportable et insoutenable. Et cette intervention de Dieu est d’abord promesse. Elle est espérance là où il n'y a plus d'espoir possible, consolation là où il n'y a plus de consolation possible.

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Les prophéties de Noël (2) Bethléhem

23 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Selon un procédé litéraire courant, Matthieu marque son récit de la Nativité par 4 prophéties. De quoi parlaient Esaïe, Michée, Jérémie et Osée ?

Maintenant, fille de troupes, rassemble tes troupes! On nous assiège; Avec la verge on frappe sur la joue le juge d'Israël.   Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité.  C'est pourquoi il les livrera Jusqu'au temps où enfantera celle qui doit enfanter, Et le reste de ses frères Reviendra auprès des enfants d'Israël.    Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l'Éternel, Avec la majesté du nom de l'Éternel, son Dieu: Et ils auront une demeure assurée, Car il sera glorifié jusqu'aux extrémités de la terre.   C'est lui qui ramènera la paix.
Michée IV, 14 à V, 3.

A première vue, la prophétie de Michée est une annonce guerrière. De la petite Bethléhem sortira celui qui, comme David jadis, délivrera Israël de ses ennemis.

Lorsque l'Assyrien viendra dans notre pays, Et qu'il pénétrera dans nos palais, Nous ferons lever contre lui sept pasteurs Et huit princes du peuple. Ils feront avec l'épée leur pâture du pays d'Assyrie Et du pays de Nimrod au dedans de ses portes. Il nous délivrera ainsi de l'Assyrien, Lorsqu'il viendra dans notre pays, Et qu'il pénétrera sur notre territoire. 
Michée V, 4 à 5

Un puissant chef de guerre sorti d'une bourgade sans importance. Voici, à première vue ce qu'annonce Michée. Mais la prophétie ne s'arrête pas là. Michée annonce que le reste d'Israël ne pourra plus s'appuyer sur ce qui fait habituellement la force d'une nation (V, 9 à 14), qu'il sera

Comme une rosée qui vient de l'Éternel, Comme des gouttes d'eau sur l'herbe: Elles ne comptent pas sur l'homme, Elles ne dépendent pas des enfants des hommes.  Michée V, 7

Le chef de guerre annoncé sortira d'une localité militairement indigente, il ne ressemblera pas à ce en quoi les hommes placent généralement leur espérance. Et surtout c'est une promesse de paix bien plus que de victoire qu'il vient accomplir.

Il sera le juge d'un grand nombre de peuples, L'arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes; Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, Et l'on n'apprendra plus la guerre. Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier, Et il n'y aura personne pour les troubler; Car la bouche de l'Éternel des armées a parlé.
Michée IV, 3 et 4

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Les prophéties de Noël (1) : Emmanuel

22 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Selon un procédé litéraire courant, Matthieu marque son récit de la Nativité par 4 prophéties. De quoi parlaient Esaïe, Michée, Jérémie et Osée ?

Le SEIGNEUR dit encore à Achaz : Demande un signe au SEIGNEUR, ton Dieu, soit dans les profondeurs du séjour des morts, soit dans les lieux les plus élevés. Achaz répondit : Je ne demanderai rien, je ne provoquerai pas le SEIGNEUR. Esaïe dit alors : Ecoutez, je vous prie, maison de David ! Ne vous suffit–il pas de lasser la patience des hommes, que vous lassiez encore celle de mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui–même vous donnera un signe : la jeune fille est enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera du nom d’Immanou–El (« Dieu est avec nous »). Il se nourrira de lait fermenté et de miel quand il saura rejeter ce qui est mauvais et choisir ce qui est bon. Mais avant que l’enfant sache rejeter ce qui est mauvais et choisir ce qui est bon, la terre des deux rois qui t’épouvantent sera abandonnée.
Esaïe VII, 10 à 16

Le roi de Juda, Achaz, est terrifié, accablé par l'alliance de deux ennemis : Aman et Israël. C'est alors qu'Esaï le lui annonce : "la jeune fille enfantera". Qui est cet enfant qui doit venir ? Le fils du roi ? Celui du prophète ? S'agit-il du messie ? Esaïe ne le précise pas.
Il annonce la naissance d'un enfant, une naissance aussi extraordinaire que toutes les naissances. Et à cet enfant, il attache l'espoir du roi, l'espoir de tout un peuple : avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, Le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné.
À cette naissance, brèche ouverte sur l'avenir, il lie une confession de foi "Immanou-El". Dieu avec nous dans la faiblesse et la fragilité humaine. Dieu avec nous dans le projet de l'enfant naissant. Dieu avec nous dans nos attentes les moins raisonables. Dieu avec nous même quand il n'y a plus d'espoir.

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Signe des temps

21 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Le télérama n°02773 du 23 décembre au 5 janvier2006 fait sa couverture sur le « merveilleux »… C’est un événement puisque jusqu’ici Télérama faisait ses couvertures de Noël et de Pâques sur des thèmes chrétiens…
Mais aujourd’hui, foin des crèches (j’attire votre attention sur la finesse de ce jeu de mot), l’iconographie chrétienne fait place à un merveilleux qui englobe Bartabas, Tolkien et World of Warcraft… Un peu comme si Télérama abandonnait les chrétiens de gauche (dixit Bedos) pour se tourner vers les bobos, plus modernes…
Remarquez, je constate, mais je ne me plains pas. D’une part, je n’ai absolument rien contre le merveilleux. Je fais assez bien la distinction entre imaginaire et réel et je ne suis pas de ceux que les emprunts de la « fantasy » au paganisme offusquent…
Au contraire, j’aurais plutôt tendance à m’en réjouir. Après tout, tant mieux si on ne demande plus au christianisme de participer à l’enchantement du monde. Ce n’est pas son rôle. Les évangiles n’ont rien de contes de fées et même les récits de miracles n’ont pas grand chose à voir avec le merveilleux… Le Nouveau Testament ne donne pas non plus dans l’abstraction théologique : il n’est pas question de définir l’âme ni de décrire l’au-delà. On y parle de choses concrètes, de ce monde, de cette humanité et de son histoire. Bref, il me paraît assez normal et libérateur qu’on aille chercher ailleurs l’enchantement…
Tant qu'on y est, je ne suis pas fâché qu’on trouve ailleurs que dans le christianisme des valeurs morales…
Alors, si on nous enlève le rêve et la morale, qu’est ce qu'il nous reste ? L’Évangile tout simplement, une Bonne Nouvelle radicale et concrète.

P.S : Je m'attends un peu à ce que certains aillent fouiller dans leurs archives téléramesques pour me montrer qu'il y a eu d'autres couvertures non chrétiennes du Télérama de Noël... C'est tout à fait possible... Mais ça ne changera pas grand chose au fond de cet article...

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Se peut-il que Dieu m'aime ?

20 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Une très jolie réponse de Georgette Gribi sur Questiondieu (le principal  défaut de cet excellent site c'est la forme "question-réponse" choisie qui ne permet pas vraiment un échange de fond)

Un internaute demande :

Se peut-il vraiment que Dieu m'aime en dépit de mes innombrables défauts, de mes fautes répétées, de mes faiblesses, de mes mensonges, de mes peurs, de mon inconstance et de tout le tort que j'ai fait subir autour de moi ?
Et si c'est bien le cas, pouvez-vous m'expliquer comment pourrais-je jamais accepter l'amour de Dieu moi qui ne mérite que son mépris ?
Merci de bien vouloir considérer cette question comme autre chose qu'un acte d'humilité. Je n'arrive pas à admettre que Dieu m'aime et de fait, je n'arrive pas à l'aimer en retour. C'est là toute l'insidieuse problématique.

Merci à vous.

Réponse de Georgette Gribi

Oui, oui, oui ! Et je pourrais m'arrêter là...

Mais le problème, c'est que ça paraît trop beau pour être vrai. Comment est-ce possible ? Je ne suis pas intéressant, je suis bourré de défauts; je vois bien quels sentiments vous animent, lorsque vous dites : est-ce possible ?

Une chose qui m'a aidée, personnellement, à me rendre compte que cela devait être vraiment possible, c'est de voir que Dieu, dans la Bible, s'adresse toujours à des gens petits, inintéressants... à des filous, même, à des gens peu recommandables... comme Jacob, en Genèse, qui est un roublard calculateur, un voleur (Gn 27), mais à qui Dieu s'adresse pour être l'ancêtre de son peuple... comme David, en 1 Samuel 16, le plus petit et maigrelet des fils de Jessé, qui est choisi par Dieu pour devenir roi... comme Marie, femme inconnue et insignifiante de Nazareth choisie pour être la mère de Jésus... comme Jésus lui-même, fils de charpentier, né dans une étable... comme Pierre, le disciple qui a renié son maître au moment de la crucifixion...

Il y en a une liste sans fin, dans la Bible, de ces petites gens, choisis par Dieu, peut-être justement parce qu'ils sont petits ? Peut-être que ce n'est que lorsqu'on ne voit plus comment c'est possible que les choses deviennent possibles; peut-être que c'est là qu'on lâche vraiment tout, qu'on abandonne toute velléité de s'en sortir par soi-même, de faire quelque chose qui ferait qu'on mérite que Dieu s'adresse à nous. Alors, on devient accessible à un amour qui demande que nous nous laissions aimer pour nous-même, et non pas pour ce que nous sommes capables de faire.

Ce n'est pas les choses bien que vous faites, vos qualités, votre honnêteté, votre force, que Dieu veut aimer, mais c'est vous-même. Vous-même, votre être profond, votre personne. Un père aime son enfant, un point c'est tout; quoique cet enfant ait fait, même s'il n'est pas beau, s'il a menti à la maîtresse, s'il n'est pas fort à la gym... il l'aime, il l'a toujours aimé, parce que c'est son enfant, et cela suffit. Dieu vous aime, parce que vous êtes son enfant, et cela suffit. Et ce qui est rassurant, c'est qu'il vous aime même si vous n'arrivez pas à y croire, ou à l'aimer en retour, cela ne change rien. Il n'en a que faire, de vos défauts... il sait bien que vous n'êtes pas parfait, ce n'est pas cela qu'il attend de vous. D'ailleurs, il n'attend rien de vous pour vous aimer. Il vous aime, il vous a toujours aimé, il continuera à vous aimez, malgré tout.

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Comprendre le culte (2) La louange

19 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Le culte dominical nous raconte, par sa liturgie, une histoire et ce sont les étapes de cette histoire que je vous invite à découvrir.

Les articles de cette séries s'accompagneront sans doute d'exemple de textes liturgiques. Je précise donc que ces textes ne sont en rien obligatoire et varient énormément selon les cultes..

Louange à toi, Dieu éternel
De la glaise du néant, tu nous dégage
Dieu de vie
Des chaînes de la peur, tu nous délivres
Dieu de liberté
Hors du tumulte de nos désirs, tu nous berces,
Dieu de paix
Dans les ténèbres de nos doutes, tu nous éclaires,
Dieu de liberté
Au naufrage de nos illusions, tu es notre rocher
Dieu de salut
Au labyrinthe de nos incompréhensions, tu nous guides
Dieu de communion
Dans le désert de l'indifférence, tu nous parles,
Dieu d'amour
Louange à toi, Dieu éternel
Corinne Marc

Louange dans l'annonce du pardon, louange dans la proclamation de la Parole, louange à travers les psaumes et les cantiques, louange dans nos temps de silence et de recueillement. La louange occupe une telle place dans notre culte qu'il peut paraître assez étrange de lui consacrer encore un moment entier. Pourtant, ce temps de louange s'inscrit parfaitement logiquement dans la trame de l'histoire racontée par la liturgie.
En effet, après avoir commencé en annonçant la grâce qui surgit dans notre histoire, il est temps de présenter celui qui en est l'auteur. C'est le rôle de la louange. Bien sûr, il n'est pas question ici de définir Dieu, mais au contraire de clamer à quel point Il nous dépasse. La louange ne saisit pas, elle se laisse submerger. En effet, louer Dieu, c'est lui donner la place qui lui revient. Dès lors, rien de surprenant à ce que la louange déborde très largement le temps qui lui est consacré. Dieu prend toujours beaucoup plus de place que nous ne comptons lui en laisser.

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L'oeuf ou la poule ?

18 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Réponses

Suite à une reaction de mon frangin sur mon commentaire anthropo-pessimiste quoique ludique de Casino Royale, il me semble opportun de clarifier quelque peu la relation entre mon pessimisme anthropologique et ma foi (d'autant plus opportun que ce n'est pas la première réflexion de (Ma)Tthieu allant dans ce sens).
Premièrement, ma foi n'est pas la réponse que je me suis façonnée pour contrebalancer ma vision désespérée de l'humain. J'ai longtemps été croyant et humaniste. Il fut même un temps où j'aimais beaucoup le "ta foi t'a sauvé" qui émaille certains récits de miracle. J'y voyais la marque que le salut était dans l'homme (Tiens ! Ça me fait penser qu'il faut que je retravaille la question, maintenant). En fait, je dirais plutôt que c'est ma foi en Jésus Christ qui me conduit de plus en plus à renoncer aux autres possibilité de salut. Et c'est vrai que l'humanisme sous toute ses formes (mythe du bon sauvage, croyance au progrès ou affirmation du caractère divin de l'homme) m'apparaît clairement faire partie des idoles modernes. Et à dire vrai, il m'est douloureux de me séparerde cette idole-là. Si je peux m'amuser avec James Bond, le réalisme cruel d'une affiche me blesse. En fait, c'est ainsi que je comprends :

Si ta main ou ton pied doivent causer ta chute, coupe–les et jette–les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie manchot ou infirme que d’avoir deux pieds ou deux mains et d’être jeté dans le feu éternel. Et si ton œil doit causer ta chute, arrache–le et jette–le loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne de feu.Matthieu XVIII, 8 à 9

 (ces versets qui choquent tellement David, qu'il se sent obligé d'inventer que des chrétiens se sont mutilés pour y obéir). La foi nous dépouille aussi bien de nos images de l'homme que de nos images de Dieu et ça ne se fait pas dans la joie et l'allégresse...
Deuxièmement, le pessimisme anthrologique que j'affiche ici ou ailleurs n'a pas pour but de convertir les humanistes en brisant leur idole. D'une part, j'ai souvent exprimé que pour moi la foi n'était pas le résultat d'une démarche intellectuelle. Du coup, je témoigne, je discute, je ne cherche pas à démontrer. D'autre part, si la non-foi en l'homme découle de la foi en Jésus Christ, contre une longue tradition de briseurs d'idoles, je ne suis pas certain que l'inverse fonctionne. Tout au plus pourrais-je proposer mon espérance à un nihiliste désespéré...
Quoiqu'il en soit, il y a des chances que je revienne à la charge de temps à autres. Peut-être pour provoquer le débat avec les humanistes (comme un dialogue inter-croyants), pour relancer l'eternelle discussion théologique : "l'homme participe-t-il ou non à son salut ?"... Ou bien pour faire réagir mon petit frère...
En fait, tout simplement parce que c'est un sujet qui me tient à coeur...

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Queen au caté

17 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Un petit travail de réécriture par le groupe caté d'Evreux pour la fête de Noël. A chanter sur l'air de "We will rock you"

Pendant cette nuit quelques bergers
Ont vu un ange leur annoncer la paix
En une naissance
Mettez vous en marche et dites-leur
Que pour tous les hommes notre Dieu est
Délivrance

Alle- alle-luïa

Pendant cette nuit, sur de la paille
Une jeune femme vient d’accoucher
Un enfant est né
Si petit, si fragile et si nu
Tant de promesses dans tant de faiblesse
Espérance

Alle-alle-luïa

Pendant cette nuit, à notre tour
Nous voulons célébrer, chanter ce jour
Dieu nous rejoint
Nous ne croirons plus qu’Il nous oublie
Et nous pouvons nous laisser  guider
En confiance

Alle-alle-luïa

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