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Grâce et gériâtrie

20 Février 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Cette note aurait du être mise en ligne hier. Mais le calendrier et moi...
Quand ma maman s'interroge sur les causes de mon protestantisme, elle va chercher du côté de l'esprit de contradiction qui a marqué mon enfance et mon adolescence (j'ai hélas beaucoup vieilli). Elle évoque aussi un épisode dont l'authenticité me paraît douteuse : j'aurai, pendant un mariage, fait pipi sur une statue de la Vierge.
Mais ma maman omet une piste : j'ai été élevé par une gériâtre. Il se pourrait bien que ce soit d'elle que me vient la conviction que l'on peut tout recevoir sans le gagner, sans le mériter, parfois même sans l'accepter (NB je ne parle pas ici d'acharnement thérapeutique mais seulement de soins et d'attention). Il se pourrait également que ce soit à elle que je dois ma certitude qu'une oeuvre n'a pas besoin d'être utile pour être bonne et nécessaire...
Merci de ne pas chercher d'intention polémique dans cette note. C'est juste un clin d'oeil en guise d'hommage.

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marie 24/04/2008 14:52

Est ce que ça ne serait pas une accroche pour comprendre en quoi un Catholique pense pouvoir coopérer, collaborer avec Dieu ?Est ce que ce qui s'en rapproche le plus du coté protestant ne serait pas la "grâce qui coûte" de Dietrich Bonhöffer ? 
http://www.topchretien.com/topmessages/?/4712/le-prix-de-la-graceTrès amicalement

Eric George 29/04/2008 12:22


Tout d'abord merci pour ce texte, j'ai pris trop de temps pour réagir mais le commentaire était passé dès le premier essai. :) Toutefois :
1) Je ne suis pas assez bon connaisseur de Bonhoeffer pour pouvoir vraiment juger de ce texte, mais s'il ets vraiment représentatif de la pensée de Bonhoeffer, alors je dois dire que je suis plutôt
barthien sur la notion de prix de la grâce : la grâce coûte parce qu'elle prive l'homme de sa volonté de se sauver lui-même, de faire valoir sa propre justice ou même de collaborer avec Dieu...
2) J'ai l'impression que bien plus que les doctrine de la grâce, c'est notre compréhension de l'Eglise qui sépare catholiques et protestants


marie 19/04/2008 14:10

Est ce que ça ne serait pas une accroche pour comprendre en quoi un Catholique pense pouvoir coopérer, collaborer avec Dieu ? Est ce que ce qui s'en rapproche le plus du coté protestant ne serait pas la "grâce qui coûte" de







Dietrich Bonhoefferhttp://www.topchretien.com/topmessages/?/4712/le-prix-de-la-grace

marie 11/04/2008 12:37

Pris sur : 
http://moineruminant.wordpress.com/
 
12 juillet
1942 : Prière du dimanche matin. Ce sont des temps d’effroi, mon Dieu. Cette
nuit pour la première fois, je suis resté éveillée dans le noir, les yeux
brûlants, des images de souffrance humaine défilant sans arrêt devant moi. Je
vais te promettre une chose mon, Dieu, oh, une broutille: je me garderai de
suspendre au jour présent, comme autant de poids, les angoisses que m’inspire
l’avenir; mais cela demande un certain entraînement. Pour l’instant, à chaque jour
suffit sa peine. Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je
ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus
claire: ce n’est pas toi qui peut nous aider, mais nous qui pouvons t’aider -
et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il nous est
possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte: un
peu de toi en nous, mon Dieu. Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te
mettre au jour dans les coeurs martyrisés des autres. Oui, mon Dieu, tu sembles
assez peu capable de modifier une situation finalement indissociable de cette
vie. Je ne t’en demande pas compte, c’est à toi au contraire de nous appeler à
rendre des comptes, un jour. Il m’apparaît de plus en plus clairement à chaque
pulsation de mon coeur que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de
t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous.
 
Alors
que feras–tu Dieu si je meurs ?
Je suis la cruche (si je me brise ?)
Je suis la
boisson (si je m’altère ?)
Je suis ton habit ton commerce,
Avec moi perdu tu
perdrais ton sens,
après moi tu n’auras plus de maison,
où les mots proches et
chaleureux te salueraient.
De tes pieds fatigués tombera
cette sandale en
velours qui est moi
ton grand manteau te quittera,
ton regard, que je réchauffe
avec mes joues
que je reçois comme une couche
voudra venir, me cherchera,
longuement-
et se posera contre le coucher de soleil
avec des pierres inconnues
au creux de lui-même.
Alors que feras-tu Dieu ?
J’ai très peur.
Rainer Maria Rilke. Livre d’Heures.Etty Hillesum était juive, je ne connais pas la religion de Rllke.Est ce que leur intuition, leur expérience de la faiblesse de Dieu peut être partagée par un protestant ?Très amicalement 
 

Eric George 12/04/2008 07:19


Merci pour ces deux beaux textes. Bien sûr que la faiblesse de Dieu est très présente dansla théologie protestante.