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Les mercredis de Calvin (34) Pourquoi prier un Dieu omniscient ?

26 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Toutefois quelqu’un pourrait demander si Dieu ne connaît point assez sans avertissement, et en quel endroit nous sommes pressés, et ce qui nous est expédient. D’où il semblerait que ce fût chose superflue de le solliciter par des prières, vu que nous avons accoutumé de solliciter ceux qui ne pensent point à notre affaire et qui sont endormis.
Mais ceux qui arguent en cette matière, ne voient point à quelle fin notre Seigneur a instruit les siens à prier : car il n’a pas ordonné cela à cause de soi, mais au regard de nous. Il veut bien que son droit lui soit rendu, comme aussi il est équitable, quand les hommes reconnaissent que tout ce qui leur est profitable et qu’ils peuvent désirer vient de lui, et qu’ils l’attestent par des prières : mais l’utilité de ce sacrifice par lequel Dieu est honoré, nous revient à nous-mêmes. C’est pourquoi les saints Pères, d’autant plus qu’ils se tenaient assurés des bienfaits de Dieu tant envers eux qu’envers les autres, ont été plus vivement incités à la prier. J’amènerai seulement l’exemple d’Elie qui étant certain du conseil de Dieu, promet hardiment la pluie au roi Achab, et toutefois ne laisse pas de prier soigneusement et en grande détresse, et d’envoyer par sept fois son serviteur pour contempler si la pluie venait (I Rois XVIII ; 41-43) : non pas qu’il doute de la promesse dont il avait été messager, mais parce qu’il sait que son devoir est de recourir en toute humilité à Dieu, afin que sa foi ne s’endorme point en paresse.
Institution Chrétienne Livre III §20. 3


Trop souvent on voit la prière comme un acte magique, un abracadabra qui obligerait la divinité à faire ce que nous voulons. Ou bien, légère variante, on la voit comme un devoir imposé par une divinité qui aime à se faire supplier, à nous voir lui consacrer du temps.
Calvin nous rappelle ici (même si je en partage pas tout à fait son interprétation de I rois XVIII) que la prière nous est donnée comme rappel et comme promesse. Dieu n'a pas besoin que je le prie, et il ne reçoit pas ma prière comme une offrande, simplement, en priant, je redécouvre que je peux m'abandonner à Dieu.

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