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Brève ecclesiologie protestante

8 Novembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

J'étais invité samedi dernier à parler de la vision protestante de l'ecclésiologie et du ministère dans le protestantisme dans le cadre d'une formation catholique au ministère. Je vous livre ici un extrait de cet exposé (qui doit beaucoup à l'article Eglise de l'Encyclopédie du protestantisme)

Pour donner notre vision de l’Église, il me faut commencer par une question, laquelle ?
En effet, on trouve très vite dans les écrits des réformateurs une distinction entre l’Église visible et l’Église invisible ou cachée. Les termes sont de Luther et Zwingli et même si les deux n’entendaient pas exactement la même chose à propos de cette distinction, celle ci reste importante pour tous les protestants. En effet, nous distinguons entre l’Église comme communion des chrétiens (l’Église invisible ou cachée) et l’Église comme institution. Attention : distinguer entre ces deux dimensions ne signifie pas que nous les séparions résolument, ce sont deux notions étroitement liées, cela ne signifie pas non plus que l'Eglise invisible soit idéale et l'Eglise visible mauvaise, l'Eglise visible est nécessaire pour que l'Eglise invisible ne soit pas un concept désincarné

I) L’Église invisible

Elle est l’ensemble des croyants, tous ceux que Jésus appelle. Elle est née de la parole de Dieu et non pas de volonté humaine. La Parole de Dieu lui est donc adressée et reste en dehors d’elle comme un vis-à-vis, extérieur et critique. Et nous ne recevons pas directement la Parole mais elle nous est transmise à travers les Écritures Saintes. C’est cette Église invisible que nous croyons une, sainte, catholique et apostolique (mais pas romaine).
a) Elle est une car tous ceux que Jésus appelle sont par lui rassemblé dans son corps. Bien sûr cette unité n’empêche pas la diversité et la pluralité. Nos différences ne deviennent dangereuse que lorsqu’elles sont motifs, d’exclusions, de division et de séparation.
b) Elle est sainte parce qu’elle appartient à Dieu et à Dieu seul. (saint signifie consacré)
c) Elle est catholique, c’est à dire universelle ou pour tous, pour le monde entier. En effet, la Parole de Dieu n’est pas réservée à certains peuples ou à certaines classes sociales.
d) Elle est apostolique, c’est à dire qu’elle est envoyée, que son rôle est de témoigner de l’Évangile.
Bien sûr toutes ces qualités ne sont pas des œuvres humaines, ce n’est pas nous qui construisons cette Église invisible, c’est Dieu qui nous la donne et c’est par la volonté de Dieu seule qu’elle est une, sainte, catholique et apostolique.

II) L’Église visible

Il s’agit ici de la façon dont nous vivons notre appartenance à l’Église invisible, de nos institutions humaines. L’Église catholique romaine en fait partie, ainsi que l’Église orthodoxe ou que les Églises protestantes. Il y a donc des façons très diverses de vivre l’Église en fonction des coutumes, de l’histoire, des options théologiques aussi. Il faut se rappeler ici une citation assez célèbre de Calvin : « Partout où nous voyons la parole de Dieu être purement prêchée et écoutée, les sacrements être administrés selon l’institution du Christ, là, il ne faut douter nullement qu’il y ait l’Église. » C’est une ouverture très grande : à partir du moment où il y a prédication (au sens large) de l’Évangile ainsi que le baptême et la Cène, il y a l’Église, même si la structure, les coutumes, l’habillage changent complètement…

Il est également évident que ces Eglises sont appelées à reconnaître l'unicité, la sainteté, la cathloicité et l'apostolat de l'Eglise invisible dont elles font parties.

Ont suivi une présentation de la structure et des fonctionnements de l'Eglise Réformée de France et une présentation du ministère pastoral sous forme de questions réponses...

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