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Un prophète

8 Septembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

J'aime bien les films de prison. Bon, ce genre d'aveu est suffisamment tendancieux, dans le genre "petit, tu aimes les films de gladiateurs ?", pour que je m'empresse de préciser que ce n'est pas pour leur atmosphère virile et que je n'inclus pas les"women in cage" dans ce genre.

Si j'aime les films de prison, c'est qu'ils me dressent un portrait sans fard de l'humanité. Les murs deviennent visibles et avec eux les faiblesses et les bassesses, la tragédie et la culpabilité, la grandeur et l'ignominie de cet étrange animal qu'est l'homme.

Forcément, je ne pouvais qu'aimer Un prophète qui est tellement efficace dans le genre.

Un prophète, c'est l'histoire d'une quête d'identité qui n'est en fait qu'une quête d'appartenance. Malik ne sait pas qui il est, et en fait, il s'en fout. Il ne cherche à intégrer un groupe parce que c'est la condition de sa survie.

Un prophète, c'est l'histoire d'une ascension qui n'est en fait qu'un embourbement. Le petit Malik, paumé et analphabète a beau, par force et par ruse, devenir un caïd respecté et instruit, il reste pris dans une toile dont il ne se sortira jamais. Son futur est le même que celui de Cesar Luciani. Et, à sa sortie de prison,  le cortège qui  suit un couple qui se voudrait ordinaire, montre bien que la force de Malik est aussi son esclavage.

Un prophète, c'est l'histoire d'un homme qui, dans sa soif de survie et de reconnaissance, détruit ce qu'il aime

Un prophète c'est l'histoire d'un type ordinaire qu'on verrait comme un monstre si sa faiblesse ne forçait notre sympathie, si nous ne nous reconnaissions pas tellement en lui.

Il n'y a pas de rédemption dans Un prophète : normal c'est un film sans Dieu. Mais c'est précisément en cela qu'il mérite son titre, qu'il devient prophétique : c'est un message sans concession sur l'homme.

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