Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles récents

Une chambre aménagée et toute prête

9 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Le premier jour des Pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait la Pâque, ses disciples lui disent : Où veux–tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ? Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez–le, et là où il entrera, dites au maître de maison : Le maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?

Il vous montrera une grande chambre à l’étage, aménagée et toute prête : c’est là que vous ferez pour nous les préparatifs. Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il leur avait dit et préparèrent la Pâque.

 

Drôle de texte… Certains veulent y voir un miracle : Jésus qui marchait sur l’eau, qui calmait les tempêtes aurait pu annoncer à ses disciples qu’en se baladant en ville, ils tomberaient sur un homme portant un pot à eau… La belle affaire !

En fait, je préfère l’explication la plus banale : Jésus avait déjà réglé la question du lieu de la Pâque et le pot à eau n’était qu’un signe de reconnaissance permettant aux disciples d’identifier l’homme qui avait accepté de prêter une salle.

Je trouve cela bien plus parlant que le Jésus voyant, un Jésus soucieux de fêter la Pâque avec ses amis, un Jésus bien ancré dans le monde réel avec ses petites préoccupations quotidiennes, un Jésus qui se met au service bien plus qu’il ne se fait servir. Je crois que c’est là le miracle, le vrai signe : le maître a lui-même réservé la salle !

C’est ce miracle dont nous faisons mémoire avec un petit geste typiquement protestant de Sainte Cène, un petit geste auquel nous ne pensons plus vraiment : la table est là, dressée avant que nous arrivions. Un signe fort pour nous dire que nous sommes ses invités.

Voir les commentaires

Les mercredis de Calvin (14) : C'est du vol

8 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire


Il y a plusieurs espèces de larcins. L’une gît en violence, quand par force et quasi par une manière de briganderie, on vole et pille le bien d’autrui ; l’autre gît en fraude et malice, quand cauteleusement on appauvrit son prochain, en le trompant ou en le décevant ; l’autre en une astuce encore plus couverte, quand sous couleur de droit on prive quelqu’un de ses biens ; l’autre en flatterie, quand par de belles paroles on attire à soi, ou sous titre de donation ou autrement, ce qui devait appartenir à un autre. Mais pour ne point trop nous arrêter à raconter les genres divers, il nous faut brièvement noter que tous moyens dont nous usons pour nous enrichir au dommage d’autrui, quand ils déclinent de la sincérité chrétienne, qui doit être gardée en dilection, et se dévoient à quelque obliquité d’astuce ou de toute autre nuisance, doivent être tenus pour larcins. Car bien que ceux qui y procèdent en telle façon, souvent gagne leur cause devant le juge, néanmoins Dieu ne les a pour autres que larrons, car il voit les embûches que font de loin les fines gens pour attraper les simples en leur rets ; il voit la rigueur des exactions que font les plus grands au plus petit pour les piétiner ; il voit combien sont venimeuses les flatteries dont usent ceux qui veulent emmieller quelqu’un pour le tromper : lesquelles choses ne viennent point à la connaissance des hommes.

Davantage, la transgression de ce précepte ne gît pas seulement en cela, quand on fait tort à quelqu’un en son argent, en marchandise ou possession : mais aussi en quelque droit que ce soit. Car nous fraudons notre prochain de son bien, si nous lui dénions les offices auxquels nous lui sommes tenus. Si donc un receveur, ou métayer, ou fermier, au lieu de veilleur sur le bien de son maître, vit en oisiveté, sans se soucier de procurer le bien de celui qui le nourrit, ; s’il dissipe mal ce qui lui commis, ou en abuse en superfluité ; si un serviteur se moque de son maître, s’il divulgue ses secrets, s’il machine quelque chose contre son bien, ou sa renommée, ou sa vie ; si d’autre part le maître traite inhumainement sa famille : c’est larcin devant Dieu. Car celui qui ne s’acquitte point envers les autres du devoir que porte sa vocation, retient ce qui appartient à autrui.

Nous obéirons donc au commandement, si étant contents de notre condition nous ne tâchons qu’à faire gain, sinon qu’honnête et légitime ; si nous ne désirons point nous enrichir, en faisant tort à notre prochain ; si nous ne machinons point de le détruire pour attirer à nous son bien ; si nous ne mettons point notre étude à assembler richesses du sang ou de la sueur d’autrui ; si nous n’attirons point de ça et là, à tort et à travers, tout ce qu’il est possible pour remplir notre avarice, ou dépenser en superfluités ; mais au contraire, si nous avons toujours ce but d’aider chacun tant que nous pouvons de notre conseil et de notre substance à conserver le sien. Et s’il advient que nous ayons affaire avec méchantes gens et trompeurs, que nous soyons prêts plutôt de quitter du nôtre, que de combattre avec eux par même malice ; que nous communiquions à leur indigence, et soulagions leur nécessité par notre abondance. Finalement que chacun regarde en quoi il est obligé du devoir de son office envers les autres, afin de s’acquitter loyalement.

Pour cette raison, que le peuple porte honneur à ses supérieurs, se soumettant à eux de bon cœur, obéissant à leurs lois et commandements, ne refusant rien qu’il puisse faire sans offenser Dieu ; d’autre part, que les supérieurs aient soins et sollicitude de gouverner leur peuple, de conserver la paix partout, défendre les bons, châtier les mauvais, et gouverner comme ayant à rendre compte de leur office à Dieu, souverain juge.

Que les ministres ecclésiastiques administrent fidèlement la Parole de Dieu, ne corrompant point la doctrine de salut, mais conservant sa pureté. Et que non seulement ils instruisent le peuple en bonne doctrine, mais aussi en exemple de vie. Bref, qu’ils président comme bons pasteurs sur les brebis. D’autre part, que le peuple les reçoive comme messagers et apôtres de Dieu, leur rendant l’honneur que notre seigneur leur attribue et leur donnant à vivre.

Que les parents s’emploient à nourrir, instruire et gouverner leurs enfants, comme leur étant commis de Dieu, ne les traitant point trop rigoureusement pour leur faire perdre courage, mais les entretiennent en douceur et bénignité convenable à leur personne ; comme il a été dit, que mutuellement les enfants leur doivent révérence et sujétion.

Item, que les jeunes portent honneur aux vieilles gens, comme notre Seigneur a voulu cet âge là être honorable ; et aussi que les anciens tâchent de dresser les jeunes par leur prudence, ne les traitant point par trop grande rigueur, mais usant d’une gravité tempérée avec douceur et facilité.

Que les serviteurs se rendent serviables à leurs maîtres, et diligents à leur complaire et non point seulement à l’œil, mais aussi de cœur, comme servant à Dieu. Que les maîtres aussi ne se rendent point difficiles et intraitables avec leurs serviteurs, les opprimant de trop grande rigueur, ou les traitant avec mépris : mais plutôt qu’ils les reconnaissent pour frères et leurs compagnons au service de Dieu, afin de les entretenir humainement.

Q’en cette manière donc, chacun répute qu’il doit à ses prochains, en son ordre et degré, et leur rende ce qu’il leur doit.

Davantage il faut que toujours notre mémoire soit dressée au Législateur, afin qu’il nous souvienne que cette règle n’est pas moins ordonnée à l’âme qu’au corps, pour que chacun applique sa volonté à conserver et avancer le bien et l’utilité de tous les hommes.

Institution Chrétienne Livre II §8. 46


Actuel, non ?

Voir les commentaires

La loi contre la solidarité

8 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Sans doute cette note aurait-elle été plus utile si je l’avais écrite un peu plus tôt (ne serait-ce que pour son caractère informatif) mais bon, l’inspiration se commande rarement.
J’irai tout à l’heure au tribunal de grande instance d'Evreux, demander à être poursuivi pour « solidarité ». Pas que je sois un grand activiste de la solidarité, mais parce que la loi nécessite d’être changée.
L622-1 du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 Euros.
Ainsi l’amalgame est fait entre les réseaux de passeurs et les actes associatifs ou individuels de solidarité. Eric Besson prétend qu’au regard de l’article 622-4, le délit de solidarité n’existe pas puisque ne peuvent être condamnés ceux qui ont aidé un étranger en situation de détresse. Il devrait relire plus attentivement le-dit article
Ne peut donner lieu à des poursuites pénales sur le fondement des articles L. 622-1 à L. 622-3 l'aide au séjour irrégulier d'un étranger lorsqu'elle est le fait (…) De toute personne physique ou morale, lorsque l'acte reproché était, face à un danger actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la vie ou de l'intégrité physique de l'étranger, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ou s'il a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte.
Bref, les situations de détresse sont quand même limitées et l’on peut tout à fait être condamné pour avoir donné une aide matérielle à un étranger dont la vie ou l’intégrité physique n’était pas menacée. Et je doute fort que l’affirmation que tous les hommes sont frères puisse permettre de se réclamer de la famille de celui que l’on a aidé. Que 4 personnes seulement aient été condamnées au nom du L622-1 ne change rien au problème : tant qu’elle ne se restreindra pas aux personnes agissant pour une contrepartie financière (bref, les véritables passeurs), la loi permettra la poursuite et la condamnation d’une personne pour solidarité. Et c’est là qu’est tout le danger.
En effet, en matière de solidarité, je suis toujours surpris de la rapidité avec laquelle nous passons d’une tentative de justifier notre inaction à l’accusation. Par exemple : je ne donne pas au quémandeur dans le métro, très vite je m’expliquerai que c’est parce que donner encourage la mendicité et que du coup des réseaux se forment qui envoient mendier femmes et enfants. Du coup, mon refus de donner devient un geste salutaire et c’est celui qui donne qui est mis en accusation. Je suis le premier à demander que celui qui ne veut ou ne peut pas faire tel ou tel geste de solidarité ne soit pas culpabilisé mais de là à culpabiliser la solidarité, c'est un peu fort.
Et là, la loi elle-même vient se poser comme obstacle à la solidarité : à la privation de confort (c’est rarement confortable d’aider quelqu’un), aux questions éthiques (on ne s’engage pas dans une action sans se poser les questions du pour ou du contre, sans savoir que notre action comporte aussi du négatif), vient s’ajouter le risque d’avoir des ennuis. On voudrait dissuader complètement les gens de se montrer solidaires, on n’agirait pas autrement.
Dans la parabole du bon samaritain, un des critères qui dissuade le prêtre et le lévite d’agir, c’est que leur loi les rend impurs s’ils touchent un mort ou du sang…
Voir les commentaires

L'enseignement du Notre Père (5) Notre pain de ce jour

5 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 5 avril 2009-04-05
Exode XVI, 1 à 31
Jean VI, 28 à 35
Matthieu VI, 11

Commençons par formuler la question que vous vous posez tous : mais qu’est ce que fait là cet âne ? (Non, pas moi, l’autre)
Ce n’est pas dur à deviner : en ce dimanche des rameaux, nous célébrons l’entrée de Jésus comme roi dans Jérusalem. Et puis, cet âne va aussi, de façon plus surprenante, illustrer la dernière branche, la branche centrale de notre chandelier à 7 branches du Notre Père.
Peut être vous rappelez-vous d’où vient le mot chiasme ? Il vient de la lettre grec Xi qui s’écrit comme un X. Un chiasme c’est le X qui marque  le trésor sur une carte. Le trésor est donc au point central. Le Notre Père prend tout son sens avec « Donne-nous notre pain de ce jour »

« Donne nous notre pain de ce jour » Pour ceux qui écoutaient Jésus, celà ne pouvait que rappeler une histoire qu’on leur racontait souvent depuis qu’ils étaient petit : l’histoire de cette manne, cette nourriture que Dieu donnait aux hébreux dans le désert.
Et cette histoire de la manne, elle nous enseigne bien sûr que Dieu nous donne ce dont nous avons besoin pour vivre. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement de nos besoins de nourriture, de nos besoins matériels, il s’agit aussi de besoins moins évidents, moins palpables mais tout aussi concret : nous avons besoin d’être aimé et Dieu nous affirme qu’il est notre père ; nous avons besoin de repères et Dieu nous révèle que son nom est je suis, j’étais je viens, il nous donne une ancre, un roc sur lequel nous pouvons construire ; nous avons besoin de nous protéger contre le mal, de résister à la tentation et Dieu fait venir son règne ; nous avons besoin de pardonner et d’être pardonné et Dieu fait s’accomplir sa volonté de pardon. Voilà la manne que Dieu fait pleuvoir sur nous, voilà ce qu’il nous donne.
Et comme dans l’histoire de la manne, c’est un don qui recommence chaque jour. Les hébreux ne pouvaient pas conserver la manne, ils ne pouvaient que manger leur ration du jour et compter sur Dieu pour leur fournir celle du lendemain. C’est une belle image de la foi : recevoir pour aujourd’hui, compter sur Dieu pour demain. On pourrait faire remarquer que Dieu devrait peut-être appliquer le proverbe qui dit « donne un poisson à un homme, il pourra se nourrir une journée, apprend-lui à pêcher, il pourra se nourrir toute sa vie ». Le proverbe est bien évidemment tout à fait valable dans nos relations humaines, dans nos gestes d’entraide. Mais j’aime que Dieu agisse différemment. J’aime l’idée que Dieu veuille rester toujours dans la relation avec nous, qu’il prend plaisir à nous donner, autant que nous avons plaisir à recevoir. Et surtout j’aime savoir que je peux toujours me tourner vers Dieu quand tout devient trop dur, quand je n’arrive pas à pardonner, quand je n’arrive plus à espérer, quand l’avenir me fait peur, quand la tentation est plus forte que moi. Je n’ai pas à me dire que j’ai échoué, que j’ai mal profiter de mes leçons, que je reviens comme un pêcheur bredouille, je peux me tourner vers lui et lui dire simplement « Père, donne moi ce dont j’ai besoin aujourd’hui ».
Enfin, ceux qui ramassent la manne, ne la ramassent pas pour eux seuls, ils ont pour mission de la partager avec ceux de leur maison. C’est bien également l’esprit du Notre père, cette prière que nous maintenons au pluriel même lorsque nous la disons dans le secret de notre cœur. Savoir que Dieu nous comble de bien, c’est aussi avoir la possibilité et l’élan pour se tourner vers les autres.

Mais je crois qu’à nous, chrétiens d’aujourd’hui, ce « donne-nous notre pain de ce jour » peut évoquer plus que la manne. En écoutant l’évangile selon Jean, en nous rappelant de la Cène, nous pouvons reconnaître en Jésus, ce pain, ce don que Dieu nous renouvelle chaque jour. C’est lui qui est, pour nous l’assurance de l’amour et du pardon de Dieu. C’est en lui que nous pouvons, chaque jour, puiser la force de pardonner et de résister à la tentation…
Alors, maintenant, vous pouvez sans doute répondre à cette question : mais qu’est ce que fait là cet âne ? Aujourd’hui, nous sommes le jour des rameaux, nous fêtons ce jour où Jésus est entré dans Jérusalem sur le dos d’un âne. J’ai donc voulu représenter cet âne. Et à votre avis, que transporte-t-il ?
Oui, c’est bien du pain.

Qu’aujourd’hui, frères et sœurs, nous célébrions la venue de Jésus comme le pain dont nous avons besoin et que Dieu nous donne. Et demain ? Eh bien, demain, il sera temps de redire cette prière : Donne-nous le pain de ce jour.
Amen.
Voir les commentaires

L'Incarnation : l'impossible nécessité.

4 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Nathalie H me pose au sujet de l'incarnation deux questions, j'espère ne pas trop les déformer : Dieu n'est-il pas assez proche de nous qu'il doive encore s'incarner ?
Voir Jésus-Christ comme Dieu n'est-il pas une forme d'idolâtrie ?
A la première question, je répondrai que la question n'est pas tant celle de l'éloignement de Dieu (encore que celui-ci reste le Tout-Autre et qu'hors Jésus-Christ, il me paraisse hors d'atteinte) que celle de l'éloignement de l'homme. L'homme refuse d'être créature de Dieu, il refuse d'avoir besoin de Dieu, il se veut autonome et cela creuse entre lui et Dieu un fossé qu'il lui est impossible de franchir. Or, l'Incarnation nous dit que Dieu vient lui-même franchir ce fossé. C'est la promesse de la croix : sur Golgotha, Dieu nous rejoint dans les trois lieux où l'homme était séparé de Dieu : le doute (mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ?), la mort (le Shéol dans la théologie hébraïque était le lieu (ou plutôt le non-lieu) où Dieu n'était pas) et la malédiction (maudit celui qui est pendu au bois). C'est ainsi que Jésus est "pour" nous : en lui, Dieu subit à notre place, les conséquence de notre refus ; en lui Dieu accepte à notre place d'être créature et de cette obéissance nous tirons le bénéfice.
Quant à la deuxième question, je n'ai pu m'empêcher d'y penser en lisant ce passage du commentaire de Ellul sur l'apocalypse (bientôt sur vos écrans) :
Il est intolérable, impossible, que Dieu s'abandonne, cesse d'être dieu et devienne homme dans sa plénitude. Il est intolérable, impossible que Dieu meure en Jésus. Il est intolérable, impossible qu'un homme vraiment mort ressuscite et que la mort soit vaincue : c'est cette triple impossibilité qui entraîne le bouleversement général de toute la création et des puissances célestes. Si nous arrivions à prendre un instant au sérieux cet incroyable mystère de l'Incarnation, ce cataclysme que peut représenter  "Dieu n'est plus Dieu, il s'est abandonné lui-même, il s'est donné lui-même, il s'est réduit à n'être qu'un homme", alors les cataclysmes décrits dans les chapitres VIII et IX de l'apocalypse nous paraîtraient  bénins.
J. ELLUL. L'apocalypse. Architecture en mouvement.
Bref, Nath
ie a raison l'Incarnation est une folie, une idolâtrie, n'ayons pas peur des mots, une profanation et un blasphème même. Elle est également, impossible à concevoir pour  notre raison, immossible à exprimer de manière cohérente dans un discours humain Et pourtant j'y crois. Au sens le plus fort du terme.
Voir les commentaires

Les mercredis de Calvin (13) Tu ne tueras pas donc tu feras vivre

1 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

La citation précédente était un poisson d'avril, je vous laisse trouver qui en était véritablement l'auteur.

L’écriture note deux raisons, sur lesquelles est fondé ce précepte (tu ne tueras point) : c’est que l’homme est l’image de Dieu, puis aussi qu’il est notre chair. C’est pourquoi si nous ne voulons violer l’image de Dieu, nous ne devons faire aucune offense à notre prochain, et si nous ne voulons renoncer toute humanité, nous le devons entretenir comme notre chair. (…) Le Seigneur a voulu que nous considérions naturellement ces deux choses en l’homme, qui nous induisent à lui bien faire : c’est qu’en chacun nous révérions son image, qui y est imprimée, et aimions notre propre chair. C’est pourquoi celui qui s’est abstenu d’effusion de sang n’est pas pourtant innocent du crime d’homicide. Car quiconque ou commet par œuvre, ou s’efforce et étudie, ou conçoit en son cœur une chose contraire au bien de son prochain, est tenu de Dieu pour homicide. D’autre part, à moins que nous ne nous employions selon notre faculté et l’occasion qui nous sera donnée, à faire du bien à notre prochain, par telle cruauté nous transgressons ce précepte.
Institution Chrétienne Livre II §8. 40

En regrettant amèrement qu'il n'ait pas mis ses propres paroles en pratique lors de l'affaire Servet, je souligne à quel point Calvin comprend le "Tu ne tueras pas" dans toute sa radicalité.
Voir les commentaires

Les mercredis de Calvin (13) La liberté chrétienne

1 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Quant à celui qui est en Christ, toute sa vie est employée non par loi, statut ou règle mais selon son vouloir et franc arbitre. Il se lève du lit quand bon lui semble, boit, mange, travaille, dort quand le désir lui vient. Nul l’éveille, nul ne le force à boire ni à manger, ni à faire autre chose quelconque. Ainsi est-il établi dans le Seigneur. En sa règle n’est que cette clause : « Fais ce que voudras », parce que gens libérés, bien né, bien instruit, conversant en compagnie modeste, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse au fait vertueux et retire de vice. Tandis que ceux qui par vile subjection et contrainte, sont opprimés et asservis, détournent la noble affection, par laquelle ils sont poussés à vertu pour briser et enfreindre ce joug de servitude ; car nous entreprenons toujours choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié.
Dispute avec Guillaume Teylaime sur l’élection éternelle

Le texte intégral
Voir les commentaires

L'enseignement du Notre Père (4) Le pardon : volonté et exigence.

29 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 29 mars 2009
Matthieu VI, 10 et 12
Matthieu XVIII 21-35

    Avant dernier volet de notre étude du Notre Père comme un chandelier à 7 branches. (Petit rappel : des rabbins se penchant sur le Notre Père, on fait remarquer que la prière de Jésus était composée selon une forme bien connue du Premier comme du Nouveau Testament : le chiasme. Le chiasme est une structure littéraire qui consiste à distribuer les éléments d’un passage, de façon à ce qu’ils se correspondent deux par deux autour d’un centre ABCB’A’.)
La paire de branches que nous étudions aujourd’hui nous enseigne donc que la volonté de Dieu est une volonté de pardon. Dieu veut nous pardonner et Dieu veut que nous pardonnions.

Que ce soit dans la parabole du débiteur impitoyable ou dans les mots même du Notre Père, c'est en terme d'économie que Matthieu nous parle du pardon et même, plus précisément, en terme de dette. C'est intéressant de passer du langage de l'offense à celui de la dette. Parce que le langage de la dette va en fait bien plus loin que celui de l'offense. Penchons nous un peu sur cette image de la dette sans pour autant nous laisser complètement enfermer par elle (le pardon n’est pas simplement une remise de dette) mais en soulignant deux aspects du pardon que nous enseigne le langage de la dette : qui dit dette dit apport et qui dit remise de dette dit don.
Si je demande à Dieu de me pardonner mes offenses, je vais immédiatement me demander quelles sont ces offenses, comment moi, Eric George, ai-je pu offenser Dieu, après tout, comme chantait Brassens, je n'ai jamais tué, jamais violé non plus et y a déjà quelque temps que je ne vole plus. Bref, il y a de bonne chance pour que je finisse par trouver que Dieu est bien susceptible et est offensé par pas grand’ chose. Mais si je dis : remets-moi mes dettes. Alors, la question devient :"Mais qu'est ce que dois à Dieu ?" Et du coup, au lieu de regarder à Dieu et d'essayer de voir à quel point il est chatouilleux, je vais regarder à ce que j'ai reçu de lui et pourquoi je l'ai reçu. Et les choses deviennent bien plus claires.
De Dieu, je reçois ma vie, mon intelligence, mes capacités. Bien sûr c’est un don et je n’ai pas à les rembourser. Mais je les reçois dans un but, pour quelque chose, Dieu me crée pour que je vive, pour que je sois à son image, un être d’amour tourné vers l’autre. Or, je veux pouvoir choisir ce qui fait mourir, je veux m’enfermer sur moi-même, je veux haïr ou ignorer l’autre. Je veux être mon propre maître, et ainsi, je me prétends propriétaire de quelque chose qui n'est pas à moi, qui cesse d’être à moi, parce que je n’en fais pas ce pour quoi cela m’a été donné. Et pourtant, Dieu continue à me créer, il continue à me donner cette vie que je gaspille. Il ne rejette pas sa créature qui refuse d’être créature, qui refuse d’entrer dans ce qu’il veut pour elle et il continue à lui ouvrir un chemin de vie.
Voilà ce que Dieu nous donne, voilà la dette que nous avons envers lui.

Et c'est une dette que, comme l'homme de la parabole nous ne pouvons pas rembourser. Nous ne pouvons donc que demander à notre créancier d’éponger notre dette. Or, s’il y a une chose que j’ai comprise en comptabilité, c’est que lorsqu’on vous remet une dette, on vous fait un cadeau, on vous enrichit. Qui paye ses dettes s’enrichit dit le proverbe (ça, c’est plus compliqué, pour le comprendre, il faut rentrer dans les questions d’intérêts), mais qui se voit remettre une dette s’enrichit encore plus. Nous parler du pardon comme d’une remise de dette, c’est donc nous dire que le pardon est d’abord un enrichissement pour celui qui est pardonné. Et un don, de la part de celui qui pardonne.
Mais la remise d’une dette est plus encore qu’un enrichissement. A l’époque de Jésus, et on le voit dans la parabole, lorsque quelqu’un ne pouvait pas payer une dette, le dernier recours était de le réduire en esclavage avec sa famille. Cet esclavage par la dette n’a jamais tout à fait disparu, et il existe toujours aujourd’hui, de manière plus ou moins légale, plus ou moins subtile. Que ce soit à l’échelle des individus ou des nations, être le créancier de quelqu’un, c’est un bon moyen de lui faire faire ce que nous voulons qu’il fasse. Aussi, la remise d’une dette est-elle véritablement libération, délivrance. Ceci s’exprime très bien dans le grec biblique ou le terme que nous traduisons par  pardonner est afihmi, laisser aller.
C’est peut-être un peu pour ça que le pardon, celui que nous recevons et celui que nous donnons, nous gêne toujours un peu aux entournures, parce qu’il est de l’ordre du laisser aller et qu’à ce laisser aller, nous préférons le contrôle, la maîtrise des évènements. Laisser aller, c’est bien trop facile. Alors nous posons des conditions. Pour que le pardon soit valide, il faut une vraie repentance de la part du pardonné, il faut qu’il ait demandé pardon, il faut qu’il ne recommence plus. Mais non,  quand mon frère a péché contre moi, ce n’est pas 7 fois que j’ai à lui pardonner mais 70 fois 7 fois. Et ce, sans considération de sa demande ou non de pardon (Pierre ne demande pas quand mon frère me demandera pardon mais bien quand mon frère aura péché contre moi), de la sincérité de son repentir (quel crédit accorderai-je au repentir de quelqu’un qui me blesserait 70 fois 7 fois ?). Et pourtant, le pardon que nous recevons nous met bien devant une exigence, celle de pardonner nous aussi.

« Remet nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs » C’est ainsi que mon père céleste vous traitera si chacun de vous ne remet pas à son frère… » Il y a, bien, selon Jésus, une exigence au pardon, et cette exigence est une exigence de pardon.
La parabole qui vient éclairer cette exigence de pardon permet de remettre bien les choses dans l’ordre, alors que le « pardonne-nous comme nous pardonnons » du Notre Père pouvait prêter à confusion. Il ne s’agit pas de dire pour être pardonné, il faut que tu pardonnes mais bien : parce que tu es pardonné, tu dois pardonner à ton tour.
Pourquoi ce devoir ? Pour bien comprendre, il nous faut reprendre plusieurs points de l’enseignement du Notre Père et de la parabole du débiteur impitoyable. Tout d’abord, nous demandons à Dieu que sa volonté de pardon soit faite « sur la terre comme au ciel. » « Sur la terre », c'est-à-dire là, maintenant, tout de suite. Nous ne demandons pas à Dieu son pardon pour la fin des temps, ou pour après notre mort, nous lui demandons son pardon sur notre terre, maintenant, dans notre vie. « Comme au ciel », c'est-à-dire de manière limpide, non cachée, non obscurcie, que nous voyions pleinement que ta volonté est faite. Bref, ce que nous demandons c’est de vivre aujourd’hui pleinement du pardon de Dieu.
Or, nous ne pouvons pas prétendre vivre pleinement le pardon de Dieu aujourd’hui, si nous ne pardonnons pas. Le pardon est un enrichissement, avons-nous vu, comment puis prétendre être enrichi si je vis comme un pauvre ? Comment puis-je prétendre vivre d’un cadeau immense qui m’a était fait, si je continue à être au centième près de ce cadeau ? Notre pardon est nécessaire parce qu’il montre que nous reconnaissons qu’un cadeau nous a été fait. Et non seulement le pardon est ce signe extérieur de richesse, mais en tant que chrétien, notre pardon est nécessaire parce qu’il est témoignage. Quand je refuse de pardonner, je me fais témoin d’un dieu qui pèse, qui juge, qui compte. Quand je pardonne, je me fais témoin de Dieu qui donne sans compter. C’est bien devant cette responsabilité que nous place le « Tout ce que vous lierez sur terre sera lié au ciel »
Mais cela va plus loin. Nous avons vu que le pardon est aussi libération. Or comment puis-je me prétendre libre si je reste captif des blessures que j’ai reçues, du mal qui m’a été fait ? Or c’est bien ce qui se passe quand je ne pardonne pas. Je reste là avec ma blessure plus ou moins profonde, plus ou moins grave et je la ressasse et je l’aggrave bien souvent. Mon refus de pardonner ou mon incapacité à pardonner disent bien que je ne suis pas libre. Pardonner, dans la bible c’est laisser aller. C’est une libération pour celui qui est pardonné, c’est aussi une libération pour celui qui pardonne.
    Seulement voilà. Je n’y arrive pas. Et bien souvent, ce n’est pas parce que je ne veux pas mais parce que je ne peux pas. Je sais bien que j’irais mieux si j’arrivais à pardonner, mais voilà, le pardon ne vient pas et ma blessure reste là, à me faire mal, à m’appauvrir, à m’emprisonner.
    C’est le moment de se rappeler qu’en plus d’être un enseignement le Notre Père est une prière, c'est-à-dire une demande, un aveu de notre pauvreté, de notre incapacité. Nous demandons « Que ta volonté soit faite » et le passif indique bien un acte de Dieu et non pas de nous même. Nous demandons « Pardonne nous » et je crois que nous devons demander aussi « Que nous pardonnions ».

Oui, mon frère, ma sœur, en demandant à Dieu son pardon, demande lui aussi la grâce immense de pardonner toi-même à ceux qui t’ont fait du mal. Demande lui cette richesse et cette liberté que l’on reçoit lorsque soi-même on pardonne. Que son pardon te fasse vivre. Que ton pardon soit ta vie.

Amen
Voir les commentaires

Les mercredis de Calvin (12) La Loi comme guide du croyant.

25 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Les trois usages de la loi font partie des éléments connus de la théologie de Calvin. Voici ce qu'il en écrit dans l'Institution.

Le troisième usage de la Loi, qui est le principal, et proprement appartient à la fin pour laquelle elle a été donnée, a lieu parmi les fidèles, au coeur desquels l'Esprit de Dieu a déjà son règne et vigueur. Car bien qu'ils aient la Loi écrite en leurs coeurs du doigt de Dieu, c'est à dire bien qu'ils aient cette affection par la conduite du Saint Esprit, qu'ils désirent d'obtempérer à Dieu, toutefois ils profitent encore doublement en la Loi : car ce leur est un très bon instrument pour leur faire mieux et de jour en jour entendre quelle est la volonté de Dieu, à laquelle ils aspirent, et les confirmer en cette volonté. Comme un serviteur, bien qu'il soit délibéré en son coeur de servir bien à son maître, et lui complaire bien en tout, toutefois il a besoin de connaître familièrement et bien considérer ses moeurs et conditions, afin de s'y accommoder. Et personne parmi nous ne se doit exempter de cette nécessité. Car nul n'est encore parvenu à telle sagesse qu'il ne puisse par la doctrine quotidienne de la Loi, s'avancer de jour en jour, et profiter en plus claire intelligence de la volonté de Dieu.
L'Institution Chrétienne II §7. 12

Le troisième usage de la Loi vient rappeler que, pour Calvin, la grâce n'est pas un aboutissement mais bien un point de départ. A l'homme régénéré par Jésus Christ, une nouvelle vie est possible, une vie véritable au service de Dieu
Voir les commentaires

Et si Dieu s'appelait John ?

24 Mars 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Bon, on va commencer par un dogme : Watchmen c'est pas du cinéma (même si le film est pas mauvais du tout), c'est de la bande dessinée. De la très bonne. Ceci dit si vous êtes allergique aux super héros, à la violence, à la philosophie un peu facile ou au pessimisme, c'est peut-être pas la peine d'essayer non plus.
Sur un plan théologique, le plus évidement intéressant des personnages, c'est Dr Manhattan. Dr Manhattan, ou John, a été littéralement atomisé au cours d'un accident et, grâce à ses talents d'horloger, il s'est reconstitué, molécule par molécule (ben oui, on est dans le genre superhéroïque). De cette expérience, outre une très belle couleur bleue, il a retiré le pouvoir de soumettre la matière à ses moindres désirs ainsi qu'une perception simultanée du temps (pour lui, passé et futur ne se distinguent plus du présent). Deux caractéristiques qui font de lui Dieu compris comme l'être suprême : omnipotent et omniscient. Et pourtant, John,  le docteur Manhattan n'est pas Dieu, en tout cas pas celui de Jésus Christ. Chose amusante le film l'exprime très bien tout en faisant un contre-sens complet : un journaliste demande au Dr Manhattan "Vous jonglez avec la matière, vous voyez l'avenir, êtes-vous Dieu ?" Réponse de l'intéressé : "Non, je ne peux voir que mon avenir" Assez ironiquement, l'esprit de cette réponse "je ne suis pas aussi puissant que ça" est faux, alors que dans sa lettre, la réponse est juste :  si John n'est pas Dieu (pas le Dieu d'Israël et pas le Dieu de Jésus Christ donc pas Dieu puisqu'il ne saurait y avoir qu'un seul Dieu), ce n'est pas par manque de puissance mais bien parce que son omnipotence et son omniscience le conduisent à se détourner de l'humanité. Or, ce qui fait de Dieu notre Dieu, c'est qu'il se tourne vers nous, c'est qu'il fait alliance avec nous. C'est ce mouvement de Dieu vers nous que la Bible ne cesse de nous raconter, de la Création à la Pentecôte en passant par le Sinaï et le Golgotha, se fichant royalement de toute autre considération : c'est parce qu'il se tourne vers nous que nous reconnaissons Dieu comme notre Dieu.

Mais voici ce qui distingue l'oeuvre de Dieu en Jésus-Christ en tant qu'elle constitue le centre, la somme, la présupposition et le fondement de la création et de la réconciliation: en Jésus-Christ, Dieu est devenu lui-même créature, en devenant un avec elle, c'est-à-dire avec l'homme. Ainsi, il n'est pas seulement entré en communion avec la créature, tout en la laissant suivre sa propre voie, comme le montre la création; ou, comme on le voit dans le cadre de la réconciliation et de la rédemption, il ne s'est pas borné à la secourir et à lui accorder la vie éternelle dans son royaume. Non, ce qui distingue cet événement de tous les autres événements dans lesquels Dieu, en vertu de son libre amour, entre en communion avec la créature, c'est le fait qu'en Jésus-Christ il s'identifie avec elle. La présence de l'homme Jésus est identique à la présence de Dieu lui-même: non pas seulement comme Créateur et Seigneur, non pas seulement dans la grâce réconciliatrice, non pas seulement comme le roi, l'appui et le maître de la créature, et donc non pas seulement dans le témoignage de l'homme - bien qu'il ne cesse pas d'être tout cela ! - mais en ce sens qu'il s'atteste directement lui-même dans et par l'existence de cet homme particulier.
K. Barth. La dogmatique. 31.2

Je n'ai pas dit : le surhomme existe et il est américain, j'ai dit Dieu existe et il est américain. A. Moore.
Faux. Dieu, c'est cet homme de Galilée qui n'a rien d'un surhomme.

A. MOORE et D. GIBBONS : Watchmen. Zenda Edition. 1987
Voir les commentaires