Miettes de théologie

Articles récents

Une promesse pour assise

9 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Il y a bien des raisons pour qu'une tour ne tienne pas debout, et l'on peut inculper la maladresse des ouvriers, le mauvais vouloir du terrain ou l'insuffisance du ciment qui lie les pierres. Mais les paysans serbes, albanais ou bulgares ne reconaissent à ce désastre qu'une seule cause : ils savent qu'un édifice s'effondre si l'on a pas pris soin d'enfermer dans son sous-bassement un homme ou une femme dont le squelette soutiendra jusqu'au jour du Jugement Dernier cette pesante chair de pierre.
M. Yourcenar. Le lait de la morte in Les nouvelles orientales.
Rassurez-vous, je ne prône pas l'inscription du sacrifice humain dans les normes de constructions et je ne souscris pas vraiment à cette vision naïve de la résurrection. D'ailleurs, je me demande si la tradition n'est pas bien plus ancienne que l'idée même d'une résurrection finale...
Mais j'aime beaucoup l'idée qui domine cette relecture chrétienne d'une tradition païenne, l'idée que la promesse de Dieu est plus solide, plus stable que n'importe quelle construction humaine.

Naissances bibliques (2) Isaac : la patience et le rire

8 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 7 décembre 08
Genèse XVIII, 1 à 15 et XXI 1 à 7
Luc I 5 à 25 et 57 à 66

Dans une tente, près de la Méditerranée, une femme âgée gémit dans les douleurs de l’enfantement. Aujourd’hui on s’interrogerait, à raison, sur les limites de la génétique, on gloserait, légitimement, sur la différence d’âge entre la mère et l’enfant. Mais dans cette histoire, dans une tente, une femme stérile donne la vie. Un enfant vient au monde dans un éclat de rire.
Pourtant, bien avant cet éclat de rire, il y en eut un autre : le rire amer de Sara face à la quatrième répétition de la promesse de Dieu. Un rire tellement compréhensible : comment croire encore en une descendance quand la vieillesse est là, quand l’espérance de toute une vie s’est révélée stérile. Quand l’ancienne promesse est répétée, Sarah rit parce qu’il vaut mieux rire que pleurer…


En fait, Sarah et Abraham font ici une expérience que nous connaissons tous bien, l’expérience de la patience de Dieu. Ses promesses mettent du temps à s’accomplir…
La patience de Dieu… Qu’est ce que c’est ?
Il ne s’agit pas bien sûr de nonchalance ou de négligence. Dieu ne dit pas à Abraham et Sarah. Yo ! Du calme ! Y a pas le feu au lac ! On n’est pas pressé ! Y a pas mort d’homme… Lambiner, traîner c’est sans doute mettre à l’épreuve la patience de l’autre mais ce n’est pas faire preuve de patience… La patience de Dieu ne signifie absolument pas qu’il prend notre attente à la légère…
Il ne s’agit pas non plus de la patience passive voire forcée que l’on manifeste quand on attend quelqu’un ou quelque chose. Cette patience qui s’exprime dans le « Bon, mais qu’est ce qu’il fait encore ? », qui consiste à regarder sa montre et à faire les cent pas. Dans cette histoire, Dieu n’attend rien de Sarah et d’Abraham, il n’attend pas un événement qui permettrait à Sarah d’être enceinte : c’est lui qui provoque la grossesse de Sarah.
Et pourtant Dieu attend : il n’attend pas quelque chose. Il attend. Il est patient de la seule vraie patience, de la patience active : cette patience qui consiste à laisser de la place et du temps à l’autre. Cette patience qui s’exprime dans le « Parle, je t’écoute ». Avant de faire d’Abraham et Sarah les porteurs de sa promesse, la souche de ce peuple nombreux, Dieu les laisse être eux, dans toute leur stérilité humaine, dans toute leur inutilité. Avant de le faire Abraham, père d’un peuple, Dieu le laisse être Abram.
Pourquoi ?
Peut-être pour que l’histoire d’Abraham et de Sarah manifeste bien que ce n’est pas grâce au potentiel humain que s’accomplit la promesse de Dieu. Peut-être. Mais cette réponse théologiquement correcte est dangereuse : elle n’est, en effet, que spéculation.
L’histoire d’Abraham et de Sarah nous parlera sans doute bien plus si nous nous en tenons à ce simple fait : elle nous dit la patience de Dieu. Cette patience dont nous faisons l’expérience aujourd’hui, nous qui attendons la pleine manifestation de son Règne.
L’histoire d’Abraham et de Sarah nous dit de quelle nature est cette patience. Non pas de la nonchalance, si Dieu attend, cela ne signifie pas qu’il se désintéresse de nous. Bien au contraire, dans ce monde tellement opposé à son Règne il est présent, il se tient à nos côtés, nous soutient et souffre de nos souffrances.
Dieu n’attend pas non plus quelque chose en particulier, et surtout, il n’attend rien de nous et certainement que nous construisions son royaume : il attend parce qu’il est patient, il attend pour nous laisser un espace, un temps où être ce que nous sommes.
« Ah mais alors, c’est du sadisme de sa part, il se plait à nous voir mariner, à nous voir nous perdre et désespérer de notre stérilité ! » Non ! Ce serait le cas s’il se taisait mais il a promis à Abraham une descendance, il nous a promis l’avènement de son Royaume et sa Parole est certaine. Dieu attend mais il ne nous laisse pas sans espérance.
J’ouvre ici une petite parenthèse. Cela pourrait-il être autrement ? Dieu pourrait-il ne pas être patient et donner à Abraham une descendance aussitôt qu’il le lui promet ? Dieu pourrait-il ne pas être patient et transformer immédiatement nos cœurs de pierre en cœur de chair, établir son Royaume une bonne fois pour toute ? La question est à la fois dangereuse et nécessaire. Elle est dangereuse parce que parler de Dieu au conditionnel c’est souvent dire que nous, à sa place, on aurait pu faire mieux. Elle est nécessaire et il est nécessaire d’y répondre « oui, Dieu aurait pu être impatient et cela n’aurait rien retiré à son amour et à sa puissance (des pierres, Dieu aurait pu tirer des enfants d’Abraham) » Pour bien comprendre que la patience de Dieu est complètement libre, Dieu n’est pas obligé d’être patient, il l’est. C’est tout. Fin de la parenthèse théologique et revenons à nous.
Nous qui attendons, souvent avec impatience que se manifeste enfin pleinement le règne de Dieu.
Face à cette patience de Dieu, dans notre attente, nous sommes tous, je crois, à la fois, Abraham et Sarah. Nous sommes Abraham, nous découvrons que nous avons foi en cette promesse, nous découvrons qu’elle éclaire notre vie, qu’elle nous fait avancer. Et même quand elle tarde à se réaliser, nous en vivons déjà ; C’est bien ce qui nous amène ici ce matin, c’est bien pour cela que nous apprêtons à fêter Noël. Malgré nos deux mille ans d’attente, malgré nos doutes et nos interrogations, nous croyons que le bébé allongé sur la paille de Bethlehem est appelé à régner sur ce monde et à le transformer. D’où nous vient cette foi, cette conviction profonde ? Certainement pas de notre raison, ou bien celle-ci serait vraiment défaillante : comment peut-on, en raisonnant, penser qu’un homme né dans une étable à une date inconnue et mort sur une croix nous révèle le Dieu souverain ?
En effet, alors même que, comme Abraham, Dieu nous donne de croire en sa promesse, nous sommes aussi Sarah et toute cette histoire nous fait bien rire. D’un rire jaune, d’un rire amer : ce rire qui est le cri de notre raison et de notre désespoir. Comme Sarah, nous voulons prendre de la distance, refuser que l’on nous trompe encore, que l’on nous fasse attendre quelque chose dont tout nous dit que c’est impossible et quelle meilleure arme alors que le rire, le rire qui dit bien que tout ça c’est du vent. Nous nous scandalisons parfois que notre foi prête à rire. Mais soyons honnête, est-ce qu’elle n’est pas risible au point de nous faire rire nous-même parfois ?
Bien sûr comme Sarah nous nierons « Non je n’ai pas ri » Non, je ne me suis jamais dit que c’était impossible, irréalisable que ce n’était qu’une chimère. Pourquoi Sarah nie-t-elle avoir rit ? Pourquoi a-t-elle peur alors qu’après tout elle n’a plus rien à perdre. Parce qu’en fait, elle a encore beaucoup à perdre,  parce que malgré son rire, elle continue de croire, d’espérer en cette promesse et qu’elle sait bien que son rire est un refus et qu’en rejetant ainsi cette promesse, elle perd définitivement tout espoir qu’elle se réalise.
Et voilà que le miracle se produit : Isaac vient au monde, Isaac c'est-à-dire « il rit ». Le refus de Sarah n’a pas empêché la promesse de Dieu de se réaliser pour elle. On peut le dire de bien des manières : le rire jaune de Sarah est devenu rire de joie, Dieu a changé le rire en rire, à l’amer sarcasme humain répond l’humour joyeux de Dieu.

Frères et sœurs, entendez ce rire nouveau de Sarah et que la patience de Dieu ne vous conduise pas à la désespérance ! Dieu transforme notre rire de désespoir en rire de joie. Là où il n’y avait plus que le désespoir aride, il pose une naissance, là où le vieil homme se mourait, il fait naître un homme nouveau. Et cette espérance se concrétise en Jésus Christ, Dieu qui vient dans le monde.

Amen

Protestants et lobbying

6 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Réponses

Les protestants sont nuls en lobbying me dit Authueil au cours d'une discussion sur son blog. J'accepte volontiers le verdict. Et autant notre nullité en communication, notre incapacité à exprimer notre vision du monde me désole, autant je me réjouis de notre nullité en lobbying, même dans le sens positif que lui donne Authueil : un regroupement de personnes en vue de défendre un intérêt commun.
Etre fort en lobbying impliquerait trois choses :
- que sur les questions de société, les protestants aient à parler d'une voix uniforme. Adieu donc le libre examen et la conscience individuelle : une fois qu'aurait retentit la voix des clercs (que ces clercs soient les synodes, les évêques, les pasteurs où les anciens), les fidèles n'aurait plus qu'à suivre le mouvement.
- il faudrait faire passer le soucis d'efficacité avant celui de justice (peut-être devrais-je écrire justesse). Le jeu des lobby me parait être avant tout un jeu de stratégie, de savantes alliances, une alchimie de compromis et de provocation. Le risque est toujours immense de voir la survie du groupe passer avant les principes défendus par ce groupe (c'est d'ailleurs pour cela que seuls les groupes financiers peuvent sortir vraiment victorieux de ce jeu).
- cela impliquerait que nous passons d'une logique d'annonce à une logique de construction. La raison d'être de l'Eglise est d'annoncer le Règne présent et à venir de Dieu. Faire du lobbysme c'est croire que nous pouvons bâtir ce Royaume, ou pire, que la politique le peut...

Attention, cela ne signifie pas que je professe un désengagement politique complet pour les chrétiens. Bien au contraire, je crois que le chrétien doit être présent au monde. Mais de manière personnelle (en son âme et conscience et non pour ce que lui dictent les intérêts de son groupe), responsable (c'est d'abord en mon nom que je m'engage), humble, sans illusion sur l'efficacité de son action et confiante en Dieu seul : "Celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons" (déclaration de foi de l'E.R.F)

La directive de la honte

4 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Anafé, APDHA, Arci, ATMF, La Cimade, Gisti,
IPAM, LDH-Belgique, Migreurop, Statewatch
Communiqué de presse
Jeudi 4 décembre 2008
Le Conseil des ministres de l'UE ne doit pas adopter la directive de la honte !
La directive retour – directive de la honte – votée par le parlement européen le 18 juin dernier, est soumise à l’adoption formelle du Conseil des ministres de l’Union le 8 décembre. Alors que des milliers de citoyens, d’ONG, de syndicats, d’Eglises, se sont mobilisés pour demander aux responsables européens de rejeter un texte qui banalise et généralise une politique d’internement et d’expulsion des migrants en Europe, alors que de nombreux Etats d’Amérique latine et d’Afrique ont exprimé avec force leurs refus de tolérer de telles pratiques à l’égard de leurs ressortissants, la présidence française de l’Union européenne a décidé de faire adopter formellement cette directive par le Conseil de l’Union à la veille de la célébration du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme.
Au-delà de la violence du contenu de cette directive qui renie les valeurs fondamentales de l’Europe et de la date choisie, la méthode utilisée pour cette adoption est méprisante. Alors que le projet relève du conseil Justice et Affaires intérieures présidé par M. Hortefeux, la directive devrait être adoptée le 8 ou le 9 décembre au cours :
  • soit du conseil des ministres «environnement » présidé par M. Borloo. Etrange conception de l’écologie que d’y inclure l’expulsion des sans-papiers !
  • soit du conseil des ministres « transports » présidé par M. Bussereau. Démonstration de la volonté de développer les expulsions collectives par charters ?
  • soit du conseil des ministres « affaires générales » présidé par M. Kouchner. Les Etats partenaires de l’Union européenne, en Afrique comme en Amérique latine apprécieront.
Nos organisations appellent tous leurs partenaires, en Europe comme en Afrique ou en Amérique à se manifester d’urgence auprès de leur gouvernement comme auprès du président de l’Union européenne pour qu’ils ordonnent le report et l’abandon de ce projet de directive.

Contacts presse
La Cimade : Julie Chansel / +33 6 82 24 03 47 / julie.chansel@cimade.org
Gisti : Claudia Charles / +33 1 43 14 84 83 / charles@gisti.org
Migreurop : Sara Prestianni / +33 1 53 27 87 81 / contact@migreurop.org

Critique de cantique (1) Au dessus de Dieu : la vérité et la charité

3 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

La critique de cantique est un exercice assez prisé par les protestants. Les inconditionnels de Bach pourfendent les "musiquettes" (sic) modernes, les modernistes dénoncent la poussière des vieux classiques. On pourra pointer aussi l’indigence (trouver dans ma vie ta présence) des paroles ou leur désuétude (la foi virile où gît le doute). Parce que tout cela n’empêche de chanter ensembles et de bon coeur,  parce que je ne peux pas être consensuel tout le temps, parce que ce n’est pas mauvais de faire un peu attention à ce qu’on chante, je vais me piquer au jeu, mais comme je ne brille ni en musique, ni en poésie, je vais y aller de manière théologique (je brille pas non plus en théologie, mais bon…)

 

Allez nous prenons nos recueil Alléluia, le cantique 21-05, la troisième strophe et nous tombons sur

« La vérité la charité

Inspirent ta Parole

En nous montrant

Quel Dieu vivant

Nous sauve et nous console »

 

Ta Parole inspire la charité et la vérité, je dirais oui. Ou bien « Ta Parole respire la charité et la vérité ». A la rigueur j’admettrais « Ta charité Ta vérité conduisent ta Parole ». Mais « La vérité la charité inspirent ta Parole » Non, désolé, mais ça passe pas

En effet, je ne vois pas très bien ce qui pourrait inspirer Dieu. Dieu tirerait-il son inspiration d’abstractions qui lui seraient, du coup, supérieures ? Y aurait-il, au-dessus de Dieu, une vérité suprême, une charité absolue à l’aune desquelles on pourrait juger Dieu, au crible des quelles on pourrait passer sa Parole ? Si l’on met un principe au-dessus de Dieu, eh bien disons-le clairement, Dieu n’est plus Dieu… Bref, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d’avoir ajouté cette strophe dans l’Alleluia : absente d’Arc en Ciel, elle ne manquait pas du tout…

Naissances bibliques (1) : Caïn, le premier né.

1 Décembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 30 novembre 2008

Premier dimanche de l'Avent

Luc I 26-35

Genèse IV, 1 à 16


Pendant cette période de l’Avent, nous nous pencherons sur trois naissances bibliques (un des dimanches sera occupé par les catéchumènes). Ce matin, voyons un peu la première naissance de la Bible, celle d’un certain Caïn, bien plus connu comme premier meurtrier que comme premier né, et pourtant…

Très souvent sur les tableaux représentant Caïn et Abel,  c’est comme un homme primitif, qu’est représenté Caïn : il est plus sombre, plus velu que son frère, il est presque une bête féroce. Abel, dans ces cas là est représenté comme un homme moderne, plus fragile, plus glabre, souvent plus clair. C’est bien commode… Ainsi c’est à la victime Abel que nous pouvons nous identifier et en revanche le meurtrier Caïn ne nous ressemble pas trop…
Et pourtant, Beaucoup plus qu’Adam, Caïn est le premier homme. Il est le premier homme né d’une femme. Il est le premier à être un « ich » en dehors de sa relation avec sa femme « icha ». « Ich », c’est un des mots hébreux qui veut dire homme, celui qui est le plus utilisé dans les textes bibliques. Or ce nom de « ich », Adam ne le porte qu’une fois en tant que compagnon d’Eve, qu’ « ich » de « icha »… Mais Caïn, lui, est appelé « ich » dès sa naissance : J’ai acquis un homme auprès de YHVH. Mais ce statut de premier homme ne fait pas du tout de Caïn un homme primitif, un barbare. Bien au contraire, Caïn est beaucoup plus proche de nous. Il est cultivateur nous dit le texte, ce qui indique un degré de sédentarisation plus important que celui d’Abel, de plus il est fondateur de la première ville et le père des premiers artisans. Bref Caïn est le premier homme moderne, et c’est bien en lui que nous pouvons nous reconnaître.
Nous reconnaître en Caïn c’est lire en son histoire un verdict et une promesse pour ce que nous sommes.

Nous reconnaître en Caïn c’est d’abord voir ce que l’humanité est aujourd’hui. L’histoire d’Adam nous a raconté ce qui conduisait l’humanité à la chute et elle reste complètement valable : nous continuons à vouloir être comme Dieu, nous continuons à refuser de nous voir comme créature. Mais avec Caïn, les signes  de ce refus prennent un jour à la fois plus concret et plus insidieux. Je sais, se ruer sur son frère pour le tuer, par rage, par jalousie, par frustration ce n’est pas particulièrement insidieux. D’accord, concentrons-nous d’abord sur le Caïn meurtrier. Il est manifeste que c’est la jalousie qui pousse Caïn à tuer Abel : c’est d’ailleurs dans ce sens que va la lecture juive, un midrash raconte que Caïn et Abel avaient deux sœurs et que le sacrifice offert par les deux frères avait pour but de savoir lequel épouserait la plus belle. Dès notre plus jeune âge, nous ne supportons pas que notre frère ait plus que nous. Et cela ne se calme pas en grandissant, nous apprenons sans doute à ne plus exprimer cette jalousie de la même manière mais la publicité sait très bien que c’est sur ce moteur là qu’il faut jouer pour nous faire consommer. Pourquoi laisserions nous le minet/ la pétasse de la pub avoir la belle voiture, la belle maison, la belle femme/ le beau mec ? Mais il n’y a pas que de la jalousie qui jette Caïn contre son frère, il y a aussi de la frustration. Pas plus que nous, Caïn ne comprend pourquoi son offrande n’a pas  été agrée par Dieu (encore aujourd’hui, nos interprétations sont nombreuses sur cette préférence de Dieu, j’y reviendrais plus amplement), il est devant une situation qui lui échappe. Et comme nous le faisons, quand la situation nous échappe il recourt à la violence, il impose sa force. Cela peut-être la violence physique, cela peut être la violence des mots, cela peut être la violence du silence : c’est le moment où nous brisons la relation, où nous tuons l’autre, où nous le mettons à terre par nos poings ou par nos paroles, c’est le moment où nous faisons comme s’il n’existait pas. C’est bien de notre violence que Caïn est violent.
A la jalousie, à la violence, nous pouvons ajouter l’irresponsabilité. C’est à dire le refus de répondre de ses actes : la peine sera trop lourde pour moi se plaint Caïn, je suis incapable de porter les conséquences de mon acte… C’est cette même irresponsabilité qui se retrouve dans l’interrogation « Suis-je le gardien de mon frère ? » c'est-à-dire « Est-ce que je sais, moi, ce qu’il est devenu ? » Menteur ! Mais nous, ne disons-nous pas la même chose. Ne nous plaignons-nous pas que les conséquences de nos actes, de notre faim de richesses sont trop lourdes à porter ? Ne déclarons–nous pas, à notre tour, « suis-je le gardien de mon frère ? » c'est-à-dire « Je n’y peux rien si des gens meurent de faim, de froid, de misère dans notre monde ».  Menteur !
Mais, que cette jalousie, cette violence et cette irresponsabilité ne nous fassent pas oublier Caïn est d’abord le premier homme religieux. Il est le premier à offrir un sacrifice à Dieu, le premier à donner le fruit de son travail à Dieu. Il est le premier à vouloir s’attirer les faveurs de Dieu en lui offrant quelque chose. Et cela échoue. Et cet échec scandalise Caïn, tout comme il nous scandalise. Soit nous nous identifions à Caïn et nous taxons Dieu d’injustice. Soit nous voyons Caïn comme un autre (ce qui est toujours plus confortable) et nous supposons tout un tas de raison pour expliquer ce refus de Dieu : Caïn offrait des fruits pourris, Caïn n’avait pas assez de foi, le cœur de Caïn était mauvais… Mais en fait les deux attitudes relèvent de la même idée : nous voulons que Dieu nous rende raison de ses choix, nous prétendons juger de la justice ou de l’injustice de Dieu. Oh, tout comme Caïn, nous sommes bien plus humbles qu’Adam, nous ne prétendons pas devenir Dieu, non... Nous prétendons seulement nous mettre au-dessus de lui… Je sais bien qu’affirmer que nous ne pouvons prétendre juger de la justice de Dieu, que dire c’est juste puisque c’est ce que Dieu veut et fait, c’est prendre le risque de dresser le portrait d’un Dieu arbitraire et terrifiant. Sans rentrer dans un grand discours théologique, qu’il me soit juste permis de rappeler que dans ce texte, le rejet de l’offrande de Caïn ne signifie pas le rejet de Caïn lui-même. Caïn n’est pas identifié à ce qu’il fait. Nous ne sommes pas ce que nous faisons. Et c’est là que réside toute espérance.

En effet, fils et filles d’Adam, nous ne sommes pas le fugace Abel, ni l’inconnu Set mais bien le meurtrier Caïn. Pourtant ce verdict, peut-être devrais-je dire ce diagnostic, est également porteur d’une espérance.
« J’ai acquis un homme grâce à l’Eternel », littéralement « J’ai conçu un homme auprès de YHVH ». Sommes-nous bien conscient de toute l’espérance contenue dans ce cri d’Eve ? Nous sommes juste après la chute, l’homme vient d’être chassé d’Eden, livré à la mort et voilà que dans cette naissance, Eve découvre que le Dieu de vie est toujours avec eux. Et Caïn se met à croire qu’il est ce qu’il fait, et Caïn tue son frère, et Caïn fuit loin de Dieu, au pays de Nod, c'est-à-dire dans le néant. Et tout semble à nouveau perdu. Sauf que Caïn est marqué. Dieu lui a apposé son sceau. Et ce n’est pas la marque des réprouvés, des criminels, des maudits, ce n’est pas la lettre écarlate, c’est un sceau de protection. Alors même que l’homme se dresse contre lui, alors même que l’homme se tue son frère, alors même que l’homme fuit loin de sa présence, Dieu s’engage de toute sa puissance (« Caïn sera vengé 7 fois », c'est-à-dire de toute la force de la colère de Dieu) a le protéger, à être pour lui, la source et le garant de la vie.

Cela a des conséquences immédiates : si je suis Caïn, je ne peux pas prétendre juger Caïn. Et surtout, je dois me rappeler sans cesse que la vie même du pire criminel, même du pire réprouvé est sous la protection totale de Dieu. Caïn sera vengé sept fois. La vie humaine n’est pas précieuse à cause de ses mérites, pour ce qu’elle apporte à l’humanité entière, elle est précieuse parce que Dieu la décrète intouchable. Je ne vois pas comment on peut prendre au sérieux ce texte et accepter la peine de mort.
Mais la plus grande des conséquences, la plus immédiate, c’est l’espérance que ce texte nous ouvre : alors même que nous sommes meurtriers de nos frères, et nous le sommes ! Alors même que nous sommes rebelles contre Dieu, et nous le sommes ! Dieu s’engage pleinement pour nous. Il nous promet une vie nouvelle, une vie restaurée, une vie libérée de la violence, de la jalousie et du refus. Et cette espérance se concrétise en Jésus Christ, Dieu qui vient dans le monde.

Amen




Le bonheur c'est d'avoir de l'avoir plein nos armoires ?

30 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Pour commencer l'Avent en se rappelant du vrai sens de Noël





Concours de saints

26 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Selon une tradition, on aurait, en un an, offert jusqu'à 950 livres sterling a la chapelle de St Thomas (de Cantorbury), tandis que l'autel de la Vierge ne reçut que 4 livres ; Dieu lui-même n'eut pas une offrande.


Michelet. L'histoire de France. Livre IV. Chap. V

Dieu dans l'histoire ?

23 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 23 novembre

Actes VII, 1 à 50

Psaume 44

 

C’est pour ses histoires de peuples que Dieu dépossède, chasse de leur terre que ce psaume nous fait aujourd’hui tiquer. Cette image d’un Dieu guerrier nous semble bien barbare,  très éloignée du Dieu de Jésus Christ. C’est sans doute à juste titre. Mais il est après tout facile de remettre les choses dans leur contexte : l’histoire des peuples est presque toujours une histoire guerrière, une histoire de conquête. Rien de très surprenant donc au caractère guerrier d’un texte de plus de 2000 ans… En nous laissant arrêter trop longtemps par cette image belliqueuse, nous risquons de passer sur les deux questions essentielles que nous pose l’incroyable confession de foi de ce texte : Dieu dans l’histoire et Dieu absent.

 

Dieu nous rencontre dans notre histoire : d’Abraham à Jésus Christ, de l’Exode à la Pentecôte, c’est l’affirmation de toute la Bible. Dieu nous rencontre dans notre histoire, nous passons notre temps à le lire, à l’entendre, à le prêcher… Dieu nous rencontre dans notre histoire martelons nous.

Pourtant, j’ai l’impression que ce que nous disons vraiment c’est « Il y a très longtemps, Dieu nous rencontrait dans notre histoire mais depuis la Pentecôte, ce temps est révolu ». Aujourd’hui, nous n’osons plus guère lire notre histoire comme le lieu de l’intervention de Dieu. Oui, bien sûr, Dieu nous rencontre dans notre vie, il se vit dans la rencontre personnelle avec le Christ vivant. Mais dans notre histoire, décelons nous encore les pas de notre Dieu. Osons nous encore confesser, affirmer que là, Dieu a agit ? Osons nous encore raconter à nos enfants ce que Dieu fit pour nos pères ?

Je ne me souviens pas avoir lu un livre confessant sur l’histoire de la Réforme : je lis régulièrement que Luther ne fut pas le premier à vouloir réformer l’Eglise, qu’il bénéficia d’une époque propice, de l’invention de l’imprimerie, de la propagation des idées humanistes. Je lis qu’il était angoissé, rongé par l’idée de sa damnation et que la découverte de la grâce de Dieu fut pour lui une libération. Tout cela est sans doute vrai. Mais où osons-nous affirmer que Luther fut inspiré par l’Esprit Saint, qu’il fut l’instrument de Dieu pour maintenir sa Parole dans le monde ? Osons-nous affirmer que Dieu permit la survie du protestantisme ? Je n’en ai pas l’impression.

Quelles sont les raisons à cette timidité.

Tout d’abord on me rappellera sans doute que l’historien n’a pas à être confessant mais qu’il doit être neutre. On me permettra de remettre un peu en question la prétendue neutralité des historiens mais je suis d’accord : l’historien n’a pas à être confessant. Mais l’Eglise ? Mais le théologien ?

On m’opposera ensuite que ni Luther ni Calvin n’étaient des saints, que les propos de Luther contre les paysans révoltés, les juifs ou les turcs, n’avaient rien de particulièrement inspirés, pas plus que n’était inspiré le bûcher de Michel Servais. C’est vrai. Mais il en va de même pour les grands personnages bibliques, les héros d’Israël : aucun d’entre eux ne fut toujours fidèle à Dieu, tous errèrent par moment… Dire que Calvin, Luther et d’autres furent conduit par Dieu ne sous entends pas qu’on les considère comme infaillibles.

Certains me diront également que ce serait manquer de modestie que d’affirmer que la Réforme fut voulue par Dieu. Depuis que je connais les protestants, j’ai appris que les protestants avaient inventé la langue allemande moderne, la langue française moderne, la démocratie moderne, qu’ils avaient toujours excellé dans les domaines financiers, scientifiques, qu’il avaient contribué à l’industrialisation du monde et qu’ils avaient été pionniers dans l’action caritative. Bref, je ne suis pas absolument convaincu que l’humilité soit le premier sentiment qui nous anime quand nous écrivons notre histoire… De plus, je me demande laquelle de ces deux affirmations est la plus humble : « A travers le texte biblique, Luther découvrit la grâce de Dieu » ou bien « A travers le texte biblique, Dieu révéla sa grâce à Luther ».

Bien sûr qu’il nous faut de l’humilité, bien sûr que nous devons nous rappeler que nous ne sommes pas propriétaires du message de Jésus Christ, que nous « ne pouvons prétendre délimiter l’Eglise de Jésus Christ » (Discipline de l’ERF art. 1) . Mais notre raison d’être est « d’annoncer au monde l’Evangile de Jésus Christ » (même article de la discipline). Comment annoncerions-nous si nous ne sommes pas convaincu du bien-fondé de notre message ?  Et comment en serions nous convaincu si nous ne croyons pas que ce message nous vient de Dieu ? Prenons garde à ne pas prendre notre timidité pour de l’humilité !

Enfin, il y a bien sûr notre peur de passer pour des illuminés… Elle est justifiée. Il est évident que si nous voulons être entendu, nous ne pouvons pas parler aujourd’hui de la même manière que le psalmiste. C’est vrai qu’il nous faut trouver des manières modernes de dire cette présence de Dieu dans notre histoire. Mais je ne suis pas sûr que la taire soit une façon moderne de le dire…

 J’ai pris l’exemple de l’histoire de la Réforme car c’est celle dont nous parlons le plus. Mais il est bien entendu que c’est toute notre histoire qu’il faudrait relire ainsi de façon confessante… Parce que si nous restons au Dieu présent dans l’histoire biblique et uniquement dans l’histoire biblique, comment nous étonner que ce Dieu devienne un mythe lointain, relégué à l’époque mythique ou Seth assassinait Osiris, où Thésée tuait le minotaure ? Comment demander à nos enfants de croire qu’aujourd’hui il est possible de rencontrer ce Dieu d’il y a 2000 ans ?

 

Mais je n’ai pas évoqué le véritable obstacle qu’il y a à parler du Dieu présent dans l’histoire, celui qui nous pousse à nous taire, ou à nous contenter du témoignage des temps très anciens. Cet obstacle, c’est l’absence visible de Dieu. Cet obstacle c’est la Shoah, c’est l’esclavage, ce sont les guerres, ce sont tous ces moments où nous ne pouvons pas croire que Dieu soit intervenu… Cet obstacle, c’est la crise, les inégalités, les tortures qui sont tellement présente aujourd’hui. Face à la souffrance du monde, comment proclamerions nous, comment oserions nous proclamer un Dieu qui agit dans l’histoire ?

Dirons nous que cette souffrance est voulue par Dieu ? Qu’elle est une mise à l’épreuve où un châtiment pour nos fautes ? Entendons ce que crie le psalmiste : Nous sommes sans cesse fiers de Dieu, nous célébrerons toujours ton nom. Cependant tu nous as rejetés, tu nous as couverts de confusion, tu ne pars plus en campagne avec nos armées (…) Tout cela nous arrive, et nous ne t’avons pas oublié, nous n’avons pas trahi ton alliance 

Pas question ici de mise à l’épreuve, pas question de châtiment. Il n’y a qu’une affirmation : « c’est sur toi que ce sont appuyés nos pères et tu les a conduits, c’est sur toi que nous nous appuyons aujourd’hui. Et une question : pourquoi n’es-tu pas là ? » Israël, accablé, ne voit pas sa souffrance comme un châtiment, ce serait remettre en cause la justice de Dieu : Israël innocent ne peut pas être puni. Ici le psalmiste fait l’expérience de la liberté souveraine de Dieu : hier il était là, il combattait pour nous, il chassait nos ennemi et aujourd’hui, non. Mais cette expérience tellement douloureuse n’empêche pas la foi et l’espérance finale : Lève–toi, pour nous secourir ! Libère–nous à cause de ta fidélité 

Ainsi le psaume 44 nous révèle-t-il que le Dieu qui agit dans l’histoire est juste, mais qu’il est libre. Qu’il est libre mais qu’il est fidèle.

Et, vous le voyez, pour le psalmiste, la foi n’interdit pas l’interrogation, la plainte. Et l’interrogation et la plainte n’empêchent pas la foi.

Et nous, nous qui avons un élément de plus que le psalmiste, nous a qui Dieu a révélé par la croix qu’il agissait aussi dans l’incognito et la faiblesse, nous laisserions nos questions et nos doutes étouffer notre confession de foi. Nous qui, plus encore que le psalmiste, affirmons que Dieu a pris corps dans notre histoire et qu’il y reste vivant, nous tairions sa présence ?

 

Frères et sœurs, qu’il n’en soit pas ainsi ! Osons interroger et interpeller Dieu quand il se tait ! Osons, avec le même élan, faire mémoire de ce qu’il a fait pour nous et affirmer l'espérance que nous avons en lui pour aujourd’hui !

 

Amen

Douze pour du neuf

21 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 16 novembre

Culte des familles


Esaïe 49 8 à 16

I Corinthiens XV, 3 à 7

Marc III, 14 à 19

 

Jésus et les 12 apôtres. Qui étaient ces 12 ? Quelle était leur fonction ? Imaginons une jarre retrouvée au hasard d’une fouille archéologique et dans cette jarre, une très vieille lettre, vieille de presque 2000 ans. Imaginons ce que pourrait nous raconter un de ces 12… N’en prenons pas un connu : pas un Pierre, un Thomas ou un Judas mais un de ceux dont on oublie toujours le nom…

 

L'un des 12. C'est sans doute ce que l'on dira de moi, plus tard.

L'un des 12.  Pourquoi pas l'un des disciples ? Pourquoi pas l'un des apôtres ? Bien sûr que nous étions disciples : nous suivions Jésus, nous entendions son enseignement. Bien sûr que nous étions apôtres, nous étions envoyés. Mais les disciples sont bien plus que douze, et même les apôtres sont plus nombreux… Aujourd’hui, on commence à parler des 12 apôtres mais c’est oublier Paul, c’est oublier Andronicos et Junia ? C’est oublier tous les autres qui sont eux aussi des envoyés. Non, tous les apôtres ne font pas partie des 12 même si les 12 sont apôtres.

Disciple, apôtre, je suis donc aussi l’un des 12, ces 12 hommes que Jésus a appelés à le suivre, à tout laisser, pour vivre à ses côtés tout au long de son ministère…

Et bien sûr, ce n’est pas par hasard que Jésus a voulu que nous soyons 12. C’est un nombre important, tellement important qu’il a fallu le maintenir en remplaçant toujours les départs, tels que celui de Judas, après sa trahison…

Pourquoi 12 ? Les savants vous diront sans doute que le nombre 12 a toujours été très important dans l’humanité… C’est possible mais le choix de Jésus est plus simple : 12, c’est le nombre des tribus d’Israël au départ, lors de la sortie d’Egypte, lors de l’installation en Terre Promise. Et ce nombre, il faut bien dire qu’on ne l’a jamais vraiment retrouvé depuis l’éclatement d’Israël en deux Royaumes puis l’Exil. Et pourtant Dieu a promis qu’Israël serait restauré, complètement. Eh bien quand Jésus nous a choisi tous les Douze, c’est ce qu’il a voulu dire : « Maintenant, les promesses de Dieu sont tenues. Maintenant, Israël est restauré, relevé »

 

Mais dire qu’Israël est relevé, ça ne concerne pas qu’Israël, c’est dire aussi que le temps est venu où Dieu se fait connaître par tous les peuples. C’est bien comme ça que l’annonçaient les prophètes :  . Le rôle d’Israël est d’être témoin de Dieu aux yeux du monde entier. Et c’est bien pour ça que Jésus nous a envoyé annoncer la bonne nouvelle, chasser les démons, libérer les hommes de leurs chaînes…

 Vaste programme, n’est ce pas ? Et pourtant, nous ne sommes pas des gens exceptionnels, bien au contraire. Nous n’avons pas décidés de suivre Jésus, c’est lui qui nous a appelé. Nous n’avons pas été des disciples parfaits : bien souvent nous n’avons rien compris à ce que Jésus disait. Nous n’avons pas été des apôtres parfait : il y a eu des divisions et de querelles parmi nous et Judas a trahis alors qu’il avait été choisi comme nous tous. Nous étions des hommes ordinaires et Jésus nous a choisi. Et en nous choisissant, il a affirmé qu’à travers nous c’était bien Dieu se mettait à l’œuvre, qu’aucune de nos faiblesses, aucune de nos incapacités ne l’arrêtait.

Il ne faut pas se demander pour quelle raison Jésus nous a choisi nous : pourquoi il a appelé Simon et André plutôt que Jonathan ou Levi. Il faut se demander dans quel but, il nous a choisi : Jésus nous a choisi tous les 12, pour montrer que ces paroles n’étaient pas seulement de beaux discours mais qu’elles sont concrètes, qu’elles prennent effet dès maintenant. Et si nous sommes douze, c’est parce que c’est le temps où s’accomplissent les vieilles promesses. Si nous sommes douze, c’est pour faire le lien entre le monde ancien et le monde nouveau…

 

Frères et sœurs, vous qui êtes disciples et apôtres, ne croyez pas que nous sommes au-dessus de vous. Simplement Jésus nous a choisi, tous les 12 pour faire du neuf…

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