Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

Un commentaire ici

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Avant propos

  Jette ton pain à la surface de l'eau
  Le blog d'un pasteur de l'Eglise Réformée...

 

 Ce que vous devriez trouver ici : 

Petite théologie pas très sérieuse : des petites réflexions personnelles sur la théologie, la foi, la spiritualité… 

Bible : des méditations sur certains textes bibliques et des prédications 

Théo en culture : Une relecture théologique et complètement subjective de films, livres ou autres... 

 Humeur : Mes joies, mes espérances et mes coups de gueules (mais l'intitulé est clair, je crois)

  Les mots de la théo : Quelques méditations à partir de ces mots que nous autres, chrétiens, utilisons si souvent,

 

  Théolivres : quelques note de lectures

 

  Du caté et des jeux : Certains des jeux que j'utilise au cours de rassemblement de jeunes et de temps de catéchisme

 

  Actualité écclésiale :  l'actualité de l'Eglise (qu'elle se vive au niveau local, national ou international, protetsante ou oecuménique)

 

  Réponses : Pas les réponses de la foi chrétienne à vos questions existentielles, juste mes réponses à certains commentaires posés ici... En attendant (et espérant) une rubrique disputatio

 

  Présentation : Des éléments plus autobiographiques...

 

 

Ce que vous ne trouverez pas ici…

 La position officielle du protestantisme ou de l’Église Réformée de France, mes propos me sont personnels et n’engagent que moi. En aucun cas, je ne suis mandaté pour parler au nom de l’E.R.F et encore moins du protestantisme. Toutefois, c’est en tant que protestant que je réagis la plupart du temps… Il va également de soi que rien de la dimension relationnelle de mon ministère n’aura sa place ici…

Dimanche 11 mai 2008
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc', prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l'Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

G. Brassens


Prédication du dimanche 11 mai 2008
I Rois XIX, 3 à 13
Jean III 1 à 12
Actes II 1 à 12

Merci à Amos qui a bien voulu nous interpréter ce « vertige » de Ophèle-Gaubert qui nous introduit directement dans la réflexion de ce matin. En effet, si la Pentecôte évoque souvent une histoire de langues de feu qui tombent sur la tête des apôtres, ou encore une foule de pèlerins d’origines diverses qui reçoivent chacun un message dans leur langue maternelle mais on oublie souvent ce grand bruit, cette explosion de vent violent qui envahit toute la maison. Pourtant, ce bruit comme celui d’un grand vent est une marque importante de la pentecôte : fête de l’esprit, fête du souffle (en grec, le mot est le même). Fête de Dieu présent et agissant dans notre vie.

Or, je trouve que le vent, le souffle est une très belle image de Dieu. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faut voir la main de Dieu derrière tempêtes, typhons et ouragan. Ici, nous sommes bien dans l’image. Et dans une image que je trouve très éloquente. D’abord parce que le souffle, c’est la respiration, c’est le mouvement et donc, c’est la vie.
Ensuite parce que c’est une image… qui n’est pas une image : le vent, le souffle, c’est ce qu’on ne voit pas. On en ressent les effets, on l’entend mais on ne le voit pas. Or, Dieu, même présent et agissant dans le monde reste le grand invisible. A tel point qu’il est normal de douter de sa présence et pourtant on l’entend…
Mais même quand on entend le vent, ce n’est pas lui qu’on entend mais c’est ce sur quoi il souffle. Entends-tu le vent dans les arbres ? Non mais j’entends le chant des arbres mus par le vent. Entends-tu le vent dans les voiles ? Non mais j’entends la voile qui claque au vent. Et pourtant sans le vent, les arbres, la voile resteraient silencieux. C’est bien ainsi que Dieu se fait entendre, il passe à travers des témoins et c’est bien la voix de ces témoins que l’on entend,  avec leur histoire, leur culture, leur personnalité propres. Ils sont « porte parole » mais ils restent eux-mêmes, leurs mots sont les leurs et c’est pourtant bien Dieu qu’on entend à travers leur voix. C’est comme pour la plupart des instruments à vent : un souffle qui vient de l’extérieur les fait chanter mais chaque instrument à son timbre propre.
Mais si le timbre, les mots, la voix sont ceux de Paul, d’Esaïe, de Marc ou de Jean, comment puis-je savoir que c’est Dieu qui parle ? Eh bien, je sais que Dieu parle à travers un témoin quand Dieu me fait reconnaître sa voix à travers ce témoin. En effet, aussi surprenant cela soit-il, même quand il parle, même quand il agit, Dieu reste le grand invisible. Et c’est bien pour cela qu’il y en aura toujours pour dire « Ils sont pleins de vin doux ». Oui, la foi qui me vient de Dieu me permet seule de recevoir le message qui me vient de Dieu. Et la liberté de l’Esprit, du souffle est si grande que parfois, dans ma foi, je reçois un message de Dieu à travers les mots d’un non-croyant…

Mais si j’aime cette image du vent c’est surtout parce que c’est une image pas très raisonnable. En effet, dans la plupart des mythologies polythéistes, le vent pose un problème : soit il est représenté par un dieu capricieux, soit il est représenté par plusieurs dieux : Dans une vaste caverne, Éole tient enchaînés et emprisonnés les vents, qui s'efforcent de fuir, ainsi que les tempêtes bruyantes nous raconte l’Enéide… En effet, je parle du vent mais peut-être devrai-je parler des vents car qu’y a-t-il de commun entre la brise légère d’un soir d’été (…), le vent qui vient gonfler les voiles (…), la longue plainte qui parcourt une plaine déserte (…) ou le hurlement de la tempête ? Alors, la tentation est grande de faire le tri : de séparer entre les vents agréables et utiles et les vents destructeurs et effrayants.
Il faut d’ailleurs bien dire que même les vents utiles et agréables sont capricieux : n’avez-vous jamais espéré la fraîcheur d’un léger souffle par une chaude journée d’été ? Interrogez le marin, paralysé par un calme plat, une absence complète de vent…
Or, si le nouveau Testament distingue entre pneumatos et anemos, c'est-à-dire entre le souffle (l’action de Dieu) et le vent au sens propre, l’Ancien Testament lui est moins précis, oui il y a une distinction entre vent fort et brise légère, entre rouah et hevel. Mais l’action de Dieu, quant à elle peut être aussi bien rouah que hevel. Elie reconnaît la présence de Dieu dans la fugacité d’une brise légère, d’« à peine un souffle ». Mais l’action de Dieu peut aussi être ce vent assez puissant pour ouvrir la mer lors de la sortie d’Egypte, pour assécher la terre après le déluge et même pour retenir la masse des eaux, l’empêchant de recouvrir la terre. Si Elie apprend, et il en avait besoin, que Dieu n’est pas forcément dans la puissance, dans le coup d’éclat, nous ne devons pas à notre tour emprisonner Dieu dans la brise légère. Le vent souffle où il veut. Dieu est libre.
Dieu est libre et, au regard de notre sagesse humaine, comme le vent, il est un peu fou. Jamais là où nous nous attendons à le trouver, pas toujours là où, selon nous, il faudrait qu’il soit. Cette liberté absolue de Dieu qui se rit de toutes nos conventions humaines, nous la retrouvons dans toute la Bible, à travers l’Ancien Testament et plus encore à travers l’incroyable liberté que manifesta cet homme Jésus Christ vis-à-vis des conventions de son époque. Et nous la retrouvons encore au moment de la Pentecôte : le témoignage même des apôtres devient tellement libre que chacun peut le recevoir dans sa langue, dans sa culture, dans son histoire. Le témoignage des apôtres n’est plus prisonnier des conventions et des formes, il est libre maintenant d’atteindre chacun. Mais avant cela, avant même ce feu bien domestiqué qui vient se répartir gentiment sur la tête de chaque apôtre, il y a ce grand bruit qui envahit toute la maison, ce vacarme assourdissant, cette explosion qu’aucun mur n’arrête. Et c’est cela la Pentecôte, Dieu fait irruption dans nos vies, il se rit de nos murs, de nos verrous. Dans le murmure de la brise, dans le hurlement de la tempête, de manière souvent inattendue, surprenante, Dieu se fait entendre. Cet aspect inattendu, incontrôlable de Dieu a sans doute de quoi nous effrayer ou au moins nous inquiéter. C’est vrai que le vent sème souvent le trouble, enlevant les chapeaux, retournant les parapluies, soulevant les robes, faisant claquer volets et portes. C’est vrai que ce n’est pas toujours agréable de ne pas savoir à quoi s’attendre, c’est vrai que nous préfèrerions souvent un Dieu plus apprivoisé, un Dieu qui serait un peu moins tramontane… Mais si Dieu nous paraît souvent folie, rappelons-nous qu’il est une folie aimante.

Frères et sœurs, qu’en ce jour de Pentecôte nous acceptions l’extraordinaire liberté de Dieu qui surgit dans notre vie et nous pousse à sortir sur des chemins nouveaux, vers de nouvelles rencontres. Qu’en ce jour de Pentecôte, nous fassions place à l’imprévu, à l’inattendu, à l’incontrôlable de Dieu et que sans peur nous nous laissions porter par ce vent maraud, ce vent un peu brigand qui vient gonfler nos voiles.

Amen
ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander
Mercredi 7 mai 2008

Y a rien à faire, un journal de synode c'est moins intéressant qu'un carnet de voyage (moins drôle à écrire en tout cas).
Contrairement à l'année dernière ce synode n'était pas vraiment historique (on peut pas non plus l'être tous les ans) : pas de grands projets comme celui de la fondation d'une Eglise luthéro-réformée, pas de grands thèmes de société. Seulement un état des lieux des expérimentations en cours dans nos huit régions, quelques discussions sur le DEFAP et Théovie, mais franchement rien de palpitant. Du coup, je n'ai pas tenu un journal de synode et je vous livre juste quelques flash (je devrais écrire flashes, non ?)
Tout d'abord la fin d'un mythe. L'identité du généreux donateur qui finançait des projets selon des critères précis est enfin révélée. J'imaginais un milliardaire huguenot, appelant Marcel Manoel (président du Conseil National de l'ERF) sur une ligne privée. Mais non. Notre généreux donateur n'est ni Robbin Masters, ni Charlie mais une fondation aidant différentes Eglises.

Ici, même les mémés aiment la castagne

Je vais aussi grommeler un peu sur certaines conditions de débats. Une fois de plus deux sujets (sur les trois principaux) ne sont abordés en travail de groupe que par la moitié des délégués synodaux, l'autre moitié devra donc voter après un débat en plénière d'une vingtaine de minutes. Or, cette fois la lourdeur de l'emploi du temps est une excuse difficile à invoquer (deux soirées libres, c'est du jamais vu). Bref, une fois de plus, un vrai débat n'est pas vraiment facilité... Je dois néanmoins admettre que la proposition finale des rapporteurs me paraît reprendre assez fidèlement les différentes opinions exprimées par le synode. Il me reste donc à redevenir consensuel et à saluer la volonté d'écoute et de synthèse de nos rapporteurs mais aussi à lire avec plus de vigilance les prochaines propositions d'emplois du temps. Un jour il faudra que je développe ma réflexion sur cette tension permanente entre le conseil national et le synode, tension que je perçois de plus en plus comme féconde...

Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes

Quoiqu'il en soit, c'est quand l'Eglise cesse de se regarder le nombril que ce synode national devient réellement intéressant.
  • C'est ce voeu "Cimade" qui pose, encore, inlassablement, la question de nos politiques d'immigration. Lors de la présentation de voeu, on apprend que la Cimade agace et que les autorités civiles lui demandent  "une communication plus discrète et moins critique". Ben voyons... En fait la ligne de communication de la Cimade n'a pas changé mais elle est de plus en plus relayée; L'Etat osera-t-il aller chercher des interlocuteurs plus dociles ?
  • C'est ce message du synode aux Eglises chrétiennes en Algérie, dont  la situation est de plus en plus difficile : lieux de culte fermés, personnes expulsées.
  • Ce sont aussi les invités du synode :
  • Deux envoyés du Rwanda nous racontent cette Eglise qui doit se reconstruire  après un génocide dont ses membres ont été qui victimes, qui bourreaux. Quand la nécessité et l'impossibilité du pardon prennent un tour terriblement concret...

  • Enfin le représentant de l'Eglise canadienne qui vient nous dire cette démarche amorcée pour la défense des autochtones qui est devenu un véritable chemin de repentance pour l'Eglise. "Nous nous posions en défenseurs, et nous avons découverts que nous étions les perpétrateurs de l'injustice" Et de nous raconter comment l'Etat canadien arracha des enfants indiens à leurs familles, allant parfois jusqu'au kidnapping, pour les placer dans des instituts chrétiens dont le rôle était de leur faire, à force de mauvais traitements, rejeter leur culture. Et la question se pose, avec une acuité nouvelle, de l'acculturation ou de l'inculturation. Peut-on témoigner de l'Evangile au mépris de la culture qui le reçoit ?

C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Enfin, ce petit tour d'horizon ne serait pas complet si je taisais le principal plaisir : les coulisses. Je ne m'éterniserai pas sur les retrouvailles de collègues ni sur les discussions de couloir (même si ça m'a fait plaisir de retrouver certains canaques et de pouvoir faire bisquer Laurence parce que moi j'ai revu son vieux copain de groupe de jeunes-euh ! (et qu'en plus on a pu parler boulot sans que nos épouses respectives ne nous séparent manu-militari) et je m'étendrai un peu sur les familles d'accueil.
Ben oui, l'Eglise n'a pas forcément les moyens de loger ses délégués à l'hôtel et le synodal est un individu délicat qui aime trop son confort pour qu'on réquisitionne la première pension du coin. Alors la solution, c'est la famille d'accueil. Comme il est de notoriété publique que je suis un ours, vous vous doutez bien que ce n’est pas une solution qui me séduise tant que ça sur le papier : envahir de parfaits inconnus pendant 4 jours (et envahir au sens fort du terme puisqu’en plus de nous loger,  nos hôtes doivent aussi nous véhiculer matin et soir. Et pourtant, je dois dire que c’est toujours intéressant. Mais cette année, c’était mieux que intéressant. D’abord j’ai été mis à l’aise par une chambre qui aurait pu être ma chambre ado : quelques jeux de société (dont un Space hulk et un tantrix), une bibliothèque où la science fiction et l’héroïc-fantasy côtoient la poésie, il n’en faut pas beaucoup plus pour que je me sente chez moi. Mais surtout, les discussions avec nos hôtes ont été de véritables plaisirs et notre soirée libre n’a pas été le moment le moins enrichissant du synode.  Bref, une rencontre dont on aurait aimé qu’elle se prolonge au-delà du synode… Surtout que mon côté « anxieux sur l’horaire » m’a poussé à quitter le culte comme un voleur pour être certain de ne pas rater mon train et donc à ne pas leur dire au-revoir. Un grand, grand merci à Marie et Alain pour l’accueil, pour les échanges et pour la visite de la ville rose donc.

Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?

Au terme de ce synode, il est de plus en plus évident qu’ « humour et débat » viennent remplacer « rigueur et austérité » comme mamelles du protestantisme. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai…


ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander
Lundi 5 mai 2008
En remerciant Karl Barth de m'avoir aimablement remplacé pendant que j'étais en synode (et avant des échos du-dit synode), je reprends la main pour une théologie beaucoup moins sérieuse et approfondie
Durant ma dernière prédication sur le songe de Jacob, alors que je signalais que, pour moi, Dieu se tient au bas de l'échelle, un paroissien réagit : "Mais alors, l'échelle ne sert à rien". Ce n'etait pas vraiment le thème de la prédication aussi n'aï-je pas approfondi. Mais je suis d'accord, quand nous savons que le Dieu très-haut se tient à nos côtés, l'escalier céleste et son armée d'anges deviennent inutiles. Ainsi, le rôle de l'Eglise n'est pas de cartographier l'invisible, d'établir un traité militaire de l'armée céleste, de disserter sur la nature des keroubim  ou sur le sexe des anges. Le rôle de l'Eglise est d'annoncer une nouvelle bien plus incroyable : Dieu le très haut s'est fait très bas, le Dieu tout-autre s'est fait tout proche. Ainsi, le visage de Dieu n'est plus à chercher voilé derrière les ailes des serafim mais dans celui de nos frères et de nos soeurs...
L'annonce de la grâce n'est pas une spéculation sur la nature de Dieu mais un changement de regard sur nos vies humaines
ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander
Dimanche 4 mai 2008
La conversion de l’homme à Dieu a encore une autre forme. Elle réside (3) dans l’acte par lequel l’homme se trouve qualifié et investi pour être le porteur de la promesse de Dieu. Il est permis à l’homme d’avoir part à la promesse de Dieu et de vivre à sa lumière : tel est son être dans l’espérance chrétienne (…)
Que signifie la promesse de Dieu ? Elle signifie que l’être de l’homme reçoit une direction, une destination et une perspective. Pris et compris en eux-mêmes, le verdict et les directives de Dieu ne l’impliquent pas encore, bien qu’ils constituent comme tels sa parole qui ne laisse rien à désirer. A la conversion de l’homme à Dieu appartient également le but de son être réconcilié et sanctifié, le but de la foi et de l’amour chrétiens. L’homme n’a pas le pouvoir de se donner lui-même ce but. Mais Dieu le lui donne par l’engagement qu’il prend à son égard – engagement qu’il a d’ailleurs déjà rempli en Jésus Christ  et qui pour cette raison, est vraiment sûr. Tel est le sens fort du mot « promesse ». Désormais, il est permis et prescrit à l’homme de vivre en sachant qu’il bénéficie de l’engagement de dieu à son égard, c'est-à-dire en ayant une direction et une destination, dans la perspective qui s’ouvre ainsi devant lui ; en d’autres termes, il vivra orienté sur ce qu’il sera en vertu de cet engagement. Dans l’événement qui marque l’accomplissement de l’alliance, il reçoit aussi cet engagement et il perçoit la consigne qui lui dit : « En avant ! »
Mais que veut dire cela ? Vers quel but l’homme doit-il s’avancer ? (…) Il est appelé à réaliser et à confirmer la communion établie entre Dieu et lui par l’accomplissement de  l’alliance. La promesse de dieu lui montre que cette communion, loin d’être une simple relation – à deux dimensions pour ainsi dire – possède une profondeur où elle doit lui devenir familière et bien connue ; elle lui apprend qu’il existe entre Dieu et lui quelque chose de commun dont il ne peut en aucune façon s’emparer, mais que Dieu lui-même s’engage à lui donner.
Il est essentiel que nous donnions son vrai nom à ce que Dieu indique et s’engage à donner à l’homme par sa promesse. Le Nouveau testament le désigne sobrement par l’expression « vie éternelle ». Par là, il nous dit, sans la moindre équivoque, qu’il s’agit d’une existence au sein d’une communion avec Dieu dont la profondeur doit encore nous être révélée. Dieu seul a « la vie éternelle ». Pour que l’homme la possède, il faut que Dieu veuille la « vivre » en communion avec lui. A ce moment-là, la vie éternelle ne peut être que quelque chose de nouveau que Dieu dit et promet à l’homme à chaque instant, dans le présent qui est le sien. Elle est alors réellement son avenir avec dieu – l’avenir vers lequel l’homme s’avance et qu’il attend, parce qu’il en a reçu la promesse. Mais qu’est ce que la vie éternelle si elle n’est l’avenir que Dieu promet à l’homme, si ce dernier ne cesse pas d’être  ce qu’il est : un homme, une créature – si même dans cette dimension de la communion avec Dieu, il n’est pas destiné à se dissoudre en Dieu, ni à se transformer en une toute autre créature ? En effet, s’il en était ainsi, cela signifierait que la vie éternelle n’est pas son avenir, que la promesse ne le concerne pas en tant qu’homme et qu’elle n’a rien à voir avec son présent.
Comment donc la vie éternelle peut-elle être promise à l’homme et être en même temps son avenir avec Dieu dans le présent qui est le sien ? Comme on le sait, on dit que la vie éternelle est le repos futur de l’homme en Dieu ou la joie parfaite qu’il aura un jour devant lui, ou encore la contemplation et l’adoration permanentes de Dieu qui caractériseront sa félicité à venir. Et, bien compris, tout cela doit être retenu. Mais lorsque l’on décrit ainsi le contenu de la promesse, qu’on veille à ne pas se faire des représentations païennes de Dieu et de la vie éternelle qu’il possède, ni de ce qu’il s’engage à donner à l’homme : comme si Dieu était au fond, une « entité » sans vie, inactive et privée d’histoire, comme si, prisonnier d’une neutralité inerte et intangible, il était l’être « suprême » auquel l’homme ne pourrait être lié que par le repos, dans une béatitude passive ou une contemplation faite d’adoration. Dieu, le Père, le Fils et le Saint Esprit qui, en Jésus Christ, est à l’œuvre  et se révèle ne nous comme le Dieu vivant n’est nullement cet être  prétendu « suprême ». Et, à eux seuls, les termes de repos, de béatitude et de contemplation ne suffiraient pas à décrire correctement ce qu’il faut entendre par un être existant dans la profondeur de la communion avec lui. Selon le témoignage scripturaire, Dieu, est –conformément à son essence trinitaire et comme l’indique la notion biblique d’éternité – déjà « historique » en soi-même ; à combien plus forte raison l’est-il dans sa relation avec la réalité différente de lui ! Il est le Dieu qui décide, agit, gouverne, crée de la prospérité, secourt, donne la paix, juge, procure la joie – le Seigneur vivant et agissant qui, par sa volonté et ses actes, règne sur son royaume : ce royaume qui n’est pas simplement le cosmos qu’il a créé, mais qu’il établit au cours d’un cheminement historique ayant un commencement, un centre et un but – et qui vient du ciel sur la terre. Voilà comment Dieu nous rencontre et se révèle à nous en jésus Christ ; et c’est encore comme le Seigneur vivant et agissant qu’il se comporte lorsqu’en jésus Christ il ramène son monde à lui, en se dressant contre son péché et sa misère dans l’œuvre de la réconciliation. Or si une promesse est faite à l’homme en ce qui concerne son propre avenir au sein de la profondeur de la communion divine, profondeur qui lui demeure encore cachée, il est évident que le contenu de cette promesse doit correspondre à l’essence même de ce Dieu. La communion parfaite avec Dieu envisagée comme l’avenir de l’homme, c'est-à-dire la vie éternelle, n’est donc rien d’autre que ce qu’il est donné à l’homme d’être avec Dieu, le Seigneur vivant et agissant. Et l’on ne voit guère comment on pourrait mieux en parler sommairement, sinon en disant qu’il s’agit d’un être semblable à  celui des anges, selon Luc XX, 36, et donc d’un être au service de Dieu. Luther a fait preuve d’une clairvoyance qu’on peut dire géniale – précisément parce qu’elle se dépasse elle-même de toute manière – lorsqu’en expliquant le second article du Credo dans le Petit catéchisme, il décrit en ces termes le but de la rédemption de l’homme accomplie en Jésus Christ : « afin que je lui appartienne et que je vive sous sa souveraineté, dans son Royaume, pour le servir éternellement dans la justice, l’innocence et la félicité, comme lui-même, étant ressuscité des morts vit et règne éternellement ». Vivre sous sa souveraineté, dans son Royaume, et pour le servir, voilà où il conviendrait de chercher le sens et la raison d’être de tout ce qui s’appelle repos et joie, contemplation et adoration de Dieu, au sein de la vie éternelle promise à l’homme. La vocation au service est en tout cas le télos de la justification et de la sanctification. L’avenir de l’homme dans l’alliance est de devenir l’allié de Die et de vivre en conséquence (à la place et dans la fonction qui lui reviennent en tant qu’homme). Il s’agit en fait de ce que le synergisme de tous les temps et de toutes les tendances a voulu attribuer à l’homme dans le cadre où l’on ne peut pas – pas encore ! – le faire ; où en le lui attribuant, on ne réussit qu’à tout embrouiller et à tout fausser : nous voulons dire, dans la situation qui est celle de l’homme placé sous le verdict et les directives de Dieu. Il est permis à l’homme de se soumettre au verdict de Dieu et, le connaissant, de croire ; il lui est donné d’obéir aux directives de Dieu et, les connaissant, d’aimer. Mais cela n’implique nullement l’existence d’une quelconque collaboration de l’homme avec Dieu ; au contraire par la foi et dans l’amour, l’homme ne fait que répondre ou correspondre à l’œuvre que Dieu seul accomplit pour lui et en lui, à la Parole qu’il lui adresse et qu’il prononce sur lui. Et comprenons le bien : même dans l’espérance, même en recevant et en portant la promesse de Dieu, il ne peut jamais faire autre chose. Mais nous parlons maintenant du contenu de la promesse : non pas, par conséquent de la situation de l’homme qui espère, mais de ce qu’il lui est permis d’espérer, lorsqu’il reçoit la promesse et qu’il la reconnaît comme telle. (…)
Cette vocations ‘est produite elle-même dans ce qui s’est passé pour l’homme et le monde en vertu de la réconciliation accomplie en jésus Christ. Comme elle est l’exécution du verdict et la révélation des directives de Dieu, la réconciliation est également la proclamation valable de sa promesse, de son engagement. Elle implique aussi la consigne divine : « En avant ! », sous laquelle l’homme se trouve placé par l’accomplissement de l’alliance, par sa conversion à Dieu. Comment l’homme –même croyant et aimant – parviendrait-il à se dire lui-même : « En avant ! », à s’assurer lui-même cette grandeur incompréhensible qui s’appelle la vie éternelle auprès de Dieu, à son service ? Il peut sans doute s’imaginer que le contenu de son espérance est quelque « immortalité » dans un au-delà auquel il prête tel ou tel caractère,  ou qui se présente déjà comme un faisceau de possibilités qu’il juge importantes. Qu’il se demande seulement s’il ne risque pas de s’abuser et d’être désabusé dans les deux cas ! Mais il n’est aucun homme qui puisse de lui-même imaginer son avenir avec Dieu – son service de Dieu (dans l’au-delà comme ici bas) en tant qu’il constitue son être futur. Personne (pas même un chrétien très pieux) ne saurait anticiper sur son avenir éternel ou simplement temporel, en s’attribuant le pouvoir d’accomplir dans le futur tel service que Dieu agrée, et qui soit, objectivement et subjectivement, un service réel et parfait : pas plus que personne ne saurait s’attribuer le pouvoir d’être justifié et sanctifié par dieu. Pour qu’un homme puisse vivrez sous la promesse divine, pour qu’il soit effectivement capable de jouir, déjà dans le présent de l’avenir que Dieu lui réserve et de l’attendre, il faut que cette promesse lui ait été donnée par Dieu –exactement comme le verdict et les directives de Dieu, ou comme la justification et la sanctification qu’il ne peut que recevoir. Plus on s’aperçoit que, dans le contenu de la promesse, il ne s’agit rien de moins que de la réalisation de ce que le synergisme a cru devoir fautivement attribuer à l’homme, et plus aussi il saute aux yeux que l’assurance de servir Dieu un jour ne peut qu’être donnée, et qu’en aucun cas elle ne saurait être un postulat présomptueux de l’homme. D’ailleurs un tel postulat est ici, comme dans l’événement de la réconciliation, parfaitement inutile. Car en Jésus Christ Dieu s’engage, et sa promesse – qui n’a rien à voir avec ce que nous pouvons nous promettre nous-mêmes – nous est déjà donnée, puisqu’elle a réellement été communiquée au monde. De sorte que (sans se faire des illusions sur lui-même) le monde ne peut plus être un monde sans espérance : comme il existe sous le verdict et sous les directives de Dieu, il se tient sous sa promesse, et il lui est permis d’être le monde sur lequel brille la lumière de son avenir avec Dieu. En sorte que si l’homme est l’être existant dans cette direction, avec cette destination et cette perspective – le chrétien, lui, est l’homme qui sait cela et peut donc espérer, pour son propre bien et celui de tous. Il espère à partir de Jésus Christ : parce que Jésus Christ est aussi le contenu de la promesse, de l’engagement de Dieu. (…)
C’est pourquoi, dans le présent de Jésus Christ, nous avons affaire à notre avenir avec Dieu – et seulement à cet avenir. Et c’est pourquoi enfin l’avenir qui nous est promis en lui ne fera pas de nous des maîtres mais uniquement des serviteurs du Dieu unique qui, seul est et demeure le Seigneur. Toutefois ce qu’il convient de souligner ici est l’élément non pas limitatif mais positif : le monde se trouve réconcilié en Jésus Christ en ce sens qu’en lui, Dieu en personne lui donne une promesse qui l’engage, en ce sens qu’en lui l’avenir qui sera celui du monde est déjà un présent. Cela signifie qu’ici et maintenant  déjà, le monde est touché et déterminé en Jésus Christ par ce que sera son être futur. Parce qu’en Jésus Christ, Dieu s’est solidarisé avec le monde, parce qu’en lui il a été présent et reste présent au monde, ce dernier possède, avec la promesse divine, la garantie de son être futur ; et, qu’il le reconnaisse ou non, il n’est pas un monde sans espérance : exactement pour la même raison, il ne peut plus être simplement un monde perdu, complètement impie et privé d’amour. En Jésus Christ, il est devenu le monde dans lequel la consigne divine : « En avant ! » a retenti une fois pour toutes et reste déterminante.
ajouter un commentaire commentaires (1)   
créer un trackback recommander
Samedi 3 mai 2008

[La conversion de l’homme à Dieu opérée en Jésus Christ] se produit (2) dans l’acte de soumission de l’homme aux directives de Dieu – ou, si l’on veut, à sa loi, à son commandement, à ses ordres et ses exigences. Que l’homme accepte que Dieu le dirige, tel est son être sous la forme de l’amour chrétien. Il s’agit encore, sous un angle différent, de l’œuvre du Saint Esprit qui fait de l’homme un chrétien (…)

L’homme ne peut justement voir dans le royaume de la liberté son propre domaine et s’y mouvoir au gré de es fantaisies. S’il le faisait, il prouverait simplement qu’il n’est plus libre, qu’il a déjà secrètement quitté sa vraie place. Le royaume de la liberté est la maison du père céleste, et, pour s’y mouvoir, l’homme a besoin que ce Père céleste le dirige. Et c’est ce qui se produit. La liberté en vue de laquelle il a été affranchi en jésus Christ consiste en ce que l’homme n’est pas seul, laissé à lui-même, réduit à ses propres jugements, livré à son arbitraire, prisonnier de ses caprices. Car s’il était seul, laissé à lui-même etc., cela signifierait qu’il serait retombé dans la servitude dont il a été libéré : la servitude de l’homme rebelle, ennemi de Dieu et perdu. Etre libre veut dire être en accord spontanément et de bon gré avec la liberté souveraine de Dieu. Cette liberté est l’être de l’homme –non pas en soi mais en Jésus Christ, dans le royaume qui, en lui, nous est ouvert et nous enveloppe déjà de toutes parts. Parce que nous sommes libres en Jésus Christ, et non pas en nous-même, parce qu’en lui nous sommes les alliés et les enfants de Dieu, nous avons besoin que Dieu nous donne ne lui les directives divines, lui-même qui nous introduit dans la liberté et nous éveille pour que nous sachions vivre en elle –lui-même qui est notre seigneur et notre roi. En ce sens, il est également notre réconciliateur – l’auteur de notre conversion à Dieu. (…)

A ce sujet, la remarque suivante s’impose d’emblée : la soumission de l’homme aux directives de dieu, c'est-à-dire sa sanctification, est elle-même une forme de réconciliation exécutée et révélée en Jésus Christ –une composante de l’action accomplie par Jésus Christ pour ramener l’homme à Dieu. On n’a donc pas le droit de distinguer la sanctification de la justification, en disant que la première serait la contribution de l’homme à la seconde. La sanctification n’est pas une auto-sanctification, elle ne vient pas compléter la justification accordée à l’homme par Dieu, mais elle se produit par et en Jésus-Christ qui, selon I Cor I, 30 a été fait pour nous à la fois justification et sanctification (…)

De même que, comme le montre ce qu’il a accompli et révélé en Jésus-Christ, Dieu, de toute éternité, n’a pas voulu être sans l’homme, ainsi l’home qui connaît cette volonté divine, ne veut plus être sans Dieu ; et dans tout ce qu’il fait, il est animé par la volonté de chercher et trouver dieu, c'est-à-dire de se mettre en quête de ses commandements, de se laisser guider par ses décisions et comportements, ainsi que par ses directives. L’existence sans amour est un mensonge et une erreur qui se trouvent définitivement derrière lui. Il est ainsi délivré de la crainte qu’il éprouvait ou du plaisir qu’il prenait à compter sur ses seules forces, à se croire responsable de tout, à être son propre maître, etc. Il s’agit là de l’illusion qu’il a abandonnée au moment où il a découvert son lien avec Dieu, et dans laquelle il ne veut plus vivre. Il la connaît certes encore, cette illusion. Elle exerce sur lui une pression constante. Mais elle n’a plus aucun pouvoir sur lui, depuis qu’il a fait cette découverte. Il l’écarte chaque fois qu’elle se représente à lui. Il vit désormais pour chercher Dieu dans toutes ses actions. On peut sans doute parfois décrire l’amour pour Dieu à l’aide de termes plus forts, du point de vue poétique et rhétorique. Mais il ne faut pas oublier que tout ce qu’on peut en affirmer se réduit finalement à la constatation du fait suivant qui ne va certainement pas de soi : l’homme est admis à chercher de son côté le Dieu qui, en Jésus Christ, l’a d’abord cherché et trouvé, lui, un être perdu ; il est donc admis à agir conformément au faire de Dieu et à réaliser ainsi pour sa part la communion qui a été établie par lui. Et surtout il convient de ne jamais séparer l’amour pour Dieu et donc la recherche de Dieu, de l’action humaine qui en découle nécessairement. La contemplation de Dieu, avec la joie qu’elle donne, peut sans doute entrer en ligne de compte (gardons-nous ici d’être par trop fanatiquement des antimystiques !) si elle n’est qu’un moment de l’action qui « met en œuvre » l’amour pour Dieu, mais elle ne saurait remplacer cette action. L’être réconcilié de l’homme – nous voulons dire sa conversion à Dieu envisagée sous le second aspect qu’elle revêt, la sanctification – est un être actif. C’est en agissant qu’on aime Dieu, ou alors on ne l’aime pas. (…) L’amour chrétien est al liberté que l’homme a reçue en cadeau et qu’il lui faut confirmer. Ce serait altérer complètement son caractère essentiel que de vouloir lui assigner la tâche – en soi impossible et superflue – d’accomplir, de concrétiser ou ne serait-ce que de compléter la justification de l’homme. Nul ne peut aimer et n’aimera Dieu sans la foi, c'est-à-dire s’il ne croit pas au verdict que Dieu a prononcé et qui fonde sa communion avec lui. Mais, de même que dans la foi et s’il est vraiment justifié par la foi, l’homme n’a pas le droit de loucher à gauche ou à droite, vers ses bonnes œuvres ou ses péchés, ainsi, dans l’amour – dans ses œuvres d’amour pour Dieu – il n’a pas à loucher vers la possibilité d’établir lui-même après coup ou de corriger le fondement qui a été posé une fois pour toutes. L’amour chrétien n’exige rien de Dieu, il sait qu’il n’y a plus rien à attendre de sa part, qui ne lui aurait pas déjà été donné. Il ne veut pas recevoir quelque chose de Dieu, puisque Dieu est déjà tout pour lui. Il ne veut que dieu lui-même, parce qu’il est Dieu –ce dieu-là ; il désire simplement l’aimer, comme il est permis et prescrit de le faire sans plus, sans réserve et sans arrière pensée, à l’homme réconcilié avec lui en vertu du verdict exécuté et révélé en Jésus Christ. Un amour par lequel l’homme croirait devoir se justifier devant Dieu ne procèderait pas de la foi ; il ne serait pas un amour libre, pur, s’attachant à Dieu pour Dieu lui-même – parce qu’il est ce Dieu là. Il serait redevenu le produit de la vieille mentalité mercantile que nous connaissons si bien, l’œuvre de l’homme qui hait Dieu au lieu de le louer et de le magnifier ; autrement dit, il signifierait que nous sommes retombés dans le climat du péché, de l’alliance rompue. L’amour chrétien pour Dieu, lui, est un amour libre, pur, qui loue et magnifie sans réserve la grâce divine. Il est capital pour l’éthique chrétienne qu’en tant qu’il constitue une forme particulière et indépendante de la conversion de l’homme à Dieu (c'est-à-dire de sa réconciliation avec lui), il soit compris exclusivement ainsi (…)

ajouter un commentaire commentaires (0)   
créer un trackback recommander

Agenda

  Mars 2008

Lundi 3 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : Souffrir c'est être en vie ?
undefined






Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de la souffrance

Mardi 4 : 20h30 5 rue du chantier La Bible dévoilée. 3 Les rois.
2220012.jpg
Projection et débat sur le documentaire avec Chantal Crétaz, archéologue

Commentaires

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

Communautés

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus