Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles récents

Exauce-nous

28 Août 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture, #paroles, #bd, #Makyo, #Bihel

Exauce-nous

Autour de Léonard s’affairent des braves types, des paumés, des salauds, des amoureux, des solitaires, des gagnants et des perdants, bref des gens ordinaires. Léonard, lui est extraordinaire. D’abord parce que c’est un « ravi ». Mais surtout parce qu’à l’insu de tous, en commençant par lui-même, il possède un pouvoir extraordinaire, celui d’exaucer les souhaits de ceux qui l’entourent.

Contrairement à ce que son titre pourrait indiquer « Exauce-nous » n’est pas une b.d. chrétienne, et elle ne parle pas de prière ni de foi (au contraire, la condition pour bénéficier du pouvoir de Léonard, c’est plutôt l’ignorance). Mais, « Exauce-nous » permet de réfléchir sur le pouvoir des mots. A travers une histoire toute simple portée par la très belle galerie de portrait de Frédéric Bihel, Makyo parle de cette puissance quotidienne qui volontairement ou non peut-être porteuse de vie comme de mort : l’innocent et doux Léonard peut tuer aussi sûrement que la rumeur au grès des désirs exprimés devant lui. Un rappel subtil que les mots lancés au hasard peuvent être porteurs d’autant de force que nos mots choisis, loin de tout moralisme, je veux y entendre un appel aussi à ne choisir que les mots qui font vivre…

P. Makyo et F. Bihel : Exauce-nous. Ed. Futuropolis

Voir les commentaires

Le pain de vie

18 Août 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #pain, #cène, #croix

Le pain de vie

Prédication du dimanche 16 août 2015

Ephésiens 5, 15-20

Jean VI, 47 à 66

Comment Jésus est-il présent dans la Cène ? Comment le pain et le vin peuvent-ils être corps et sang de Jésus Christ ? La question a fait couler beaucoup d’encre et de sang, elle a provoqué de nombreux anathèmes et finalement, elle nous détourne du sens de la Cène.

C’est ce sens que Jean nous invite à retrouver. Quand Jésus dit : « Je suis le pain vivant », dans son Evangile, c’est indépendant de toute célébration liturgique, ce n’est même pas lors du dernier repas. Et pourtant, nous sommes bien face à l’affirmation centrale de la Cène : Ma chair est vraie nourriture et mon sang vraie boisson.

Bref, nous ne devrions nous demander un peu moins comment le pain et le vin peuvent devenir le corps et le sang de Jésus et un peu plus comment Jésus est notre pain.

Et là, les vraies difficultés commenceraient, bien plus profondes que toutes les histoires de con/transsubstantiation. En effet, c’est bien cette affirmation que Jésus est le pain vivant qui a poussé beaucoup de ses disciples à se détourner de lui.

Je ne crois pas du tout que les disciples soient partis sur un malentendu, je ne crois pas qu’ils aient compris la phrase de Jésus comme un appel à l’anthropophagie ni qu’ils se soient demandés si Jésus pensait être un bonhomme pain d’épice. Si les juifs ont violemment discuté entre eux face à l’affirmation de Jésus, c’est qu’ils pressentaient bien ce que cette affirmation avait de scandaleux et s’ils sont partis, c’est que Jésus leur a confirmé qu’ils avaient bien compris.

« Elle est dure cette parole ! Qui peut l’écouter ? » « Je suis le pain de vie » contient bien les scandales

Premier scandale : la comparaison avec la manne. Vos pères ont mangé la manne et ils sont morts. La manne, c’est la sortie d’Egypte, c’est Moïse, c’est la Loi. La manne venait de Dieu et elle était bonne. La Loi venait de Dieu et elle était bonne. Mais elles n’empêchaient pas la mort, elles n’ouvraient pas à la vie éternelle. Moi, dit Jésus, je fais mieux, j’offre mieux. Aujourd’hui encore, nous devons l’entendre : ce n’est pas l’obéissance à Dieu, l’observance de sa Loi qui procure la vie éternelle, ce n’est pas notre force, par notre obéissance, par notre observance que nous vivons. Ce n’est pas parce que nous sommes des gens biens que Dieu tourne un regard favorable vers nous.

Je ne dis pas qu’il ne faille pas le faire, je dis simplement qu’il ne faut rien en attendre, que ce n’est pas cela qui nous fait vivre. Après 2000 ans de christianisme dont 500 ans de Réforme, de retour au fondement de l’Evangile, à la Grâce seule, nous avons toujours un peu de mal à l’avaler alors ne soyons pas trop sévères avec ceux qui l’entendaient pour la première fois…

Deuxième scandale : Jésus est le pain vivant et le pain de vie. Le pain c’est-à-dire, à l’époque, la base de l’alimentation. Le pain, autant dire la nourriture. D’ailleurs Jésus franchira le cap « ma chair est vraie nourriture »

Jésus est-il pour nous vraie nourriture ? Quelle nourriture Jésus est-il pour nous ?

J’ai tendance à penser que Jésus est pour nous, parfois le biscuit apéro qui descend du ciel, parfois le dessert qui descend du ciel, parfois le sel qui descend du ciel…

Quelque fois, Jésus est le biscuit apéro qui descend du ciel. Jésus, l’Evangile, l’Eglise c’est quand on a le temps ou bien dans les rencontres, quand on peut se payer ce petit luxe de faire une pause dans la course de notre vie, ça fait du bien, c’est une oasis. C’est capital dans un temps de convivialité et de retrouvaille. Mais bon ! c’est quand même pas ça qui nous fait vivre, ce n’est pas un vrai repas et ça ne peut pas être tous les jours ! L’Eglise n’occupe-t-elle pas quelque fois cette place du biscuit apéritif dans nos vies ? Ce n’est pas une condamnation ou un reproche : il est bon que l’Eglise soit ce lieu de convivialité, de légèreté de pause. Il est même bon de la vivre comme un luxe, comme un superflu de joie… Mais Jésus est-il alors vraie nourriture ?

Quelque fois, Jésus est le dessert qui descend du ciel. Jésus, est alors la saveur sucrée qui vient clore et adoucir le repas. Il est ce dont il serait une punition d’être privé. Cela peut se comprendre de façon quotidienne, ou hebdomadaire ou à l’échelle d’une vie. Jésus c’est celui auprès duquel je viens me reposer le soir, ou le dimanche ou à la fin de ma vie. Il est ma consolation, le lait et le miel… Là encore, ce n’est pas mauvais ni faux de recevoir Jésus ou l’Evangile ainsi. On aimerait même que plus de gens considère l’Eglise comme la cerise sur le gâteau. On aimerait que « privé d’Eglise » soit une punition aussi redoutable que « privé de dessert » et que nous soyons encore plus gourmands de Jésus que nous le sommes. Mais Jésus est-il alors vraie nourriture ?

Quelque fois, Jésus est le sel qui descend du ciel. Dans ces moments, Jésus, c’est à tout moment de notre vie, celui qui vient relever la saveur de chacun de nos plats, celui que nous ne voyons pas, dont nous ne sentons même pas toujours la présence mais dont le manque serait immédiatement repéré. Nous plaignons alors ceux qui sont astreints à un régime sans sel, sans se savoir aimés : quelle saveur en moins dans leur vie.

Mais même quand Jésus est le sel de nos vies, est-il vraiment notre nourriture ?

Mais pouvons-nous vraiment affirmer que la chair de jésus est notre vraie nourriture, pas seulement une valeur ajoutée mais ce dont nous avons besoin pour vivre ? Le vivons-nous vraiment ? Elle est dure cette parole, et qui peut l’entendre…

Le troisième scandale, c’est la croix. Car c’est bien de la croix dont il est question quand il s’agit de manger la chair et de boire le sang de Jésus. Jésus ne nous dit pas que ses paroles sont notre pain, que son enseignement est nourrissant, il nous parle bien de son corps, de son être, de sa vie. Or manger, c’est tuer.

Généralement quand nous nous scandalisons de la croix, c’est sur le mode « Quel Dieu sanguinaire pourrait-il avoir besoin de la mort d’un innocent pour épancher sa soif de sang et de vengeance ? » Cette image de Dieu, cette lecture de la croix, je les rejette aussi. Mais par le discours du pain de vie, nous sommes mis devant un scandale bien plus grand, un scandale que nous ne pourrons pas écarter en rejetant une image de Dieu dans les limbes de la barbarie. La croix ne nous raconte pas la soif de sang de Dieu, elle nous met devant notre besoin de sang. Elle nous place devant le scandale même de notre existence : nous devons tuer pour vivre, nous détruisons ce que nous mangeons. Mais, cela va même plus loin, et les chrétiens ne sont pas les seuls à s’en être aperçus : nous tuons, nous détruisons ce que nous aimons.

Rien n’est jamais acquis à l’homme ni sa force,

ni sa faiblesse ni son cœur et quand il croit

Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix

Et quand il veut serrer son bonheur il le broie

Ecrivait Aragon

Plus récemment Renaud comparait l’amour et la pêche à la ligne. Je ne sais pas comment sa femme a pris le fait d’être comparée à un poisson mais l’idée est bien là et la conclusion en miroir est pour la truite :

C’est parce que tu es belle

Parce que je t'aime qu'un jour je te tuerai..

Et pour l’épouse :

C’est parce que tu es belle,
Parce que je t'aime que je t'aime enchainé
e..

Et cela a été la trame de bien des romans, des poèmes : nous détruisons, nous abimons ce que nous aimons, nous avons besoin de tuer pour vivre.

La croix, ce n’est pas Dieu qui abat sa vengeance sur son fils innocent, la croix, c’est Dieu qui se livre à notre besoin de destruction.

Et la croix continue chaque jour : Dieu se révèle, Dieu parle à l’humanité et de sa Parole de vie, de Grâce, d’ordre, de libération l’humanité fait une parole de mort, de jugement, de chaos et d’esclavage.

Mais Dieu ne cesse de parler, Dieu refuse d’interdire à l’homme de parler de lui. Dieu refuse de rompre tout contact avec l’homme, il ne cesse de se révéler et de pousser l’homme à parler de lui, alors même que cette parole que nous prononcerons seront forcément défigurantes. Pourquoi ?

Parce que dans ce scandale de la croix, naît une promesse : nous tuons ce que nous mangeons mais ce que nous mangeons vient en nous, nous fait vivre et nous transforme.

Frères et sœurs, Dieu accepte de se laisser tuer, dévorer et défigurer mais c’est par ce qu’il sait que c’est là le prix à payer pour que nous vivions, pour que nous le recevions et pour que nous soit rendu notre véritable visage d’enfants de Dieu.

Seigneur Jésus

Tu nous as laissé te dévorer

Donne nous maintenant de vivre de cette nourriture

Qu’à présent ta vie vive en nous

Pour que nous soyons vivants

Pour que nous soyons enfants de vie et non plus de la mort

Amen

Voir les commentaires

Gil Jourdan et le prétexte Mamon

16 Juillet 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture, #Mammon, #idolâtrie

Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.

Matthieu 6,24

Gil Jourdan et le prétexte Mamon

Lorsque Jo la Seringue s'évade, Gil Jourdan va immédiatement proposer ses services de détective à maître Loucq, que le détenu avait menacé lors de sa condamnation.

Cette démarche peut surprendre : d'ordinaire le privé attend plutôt que ses clients viennent à lui. Mais comme Gil Jourdan l'explique à Libellule : les finances sont au plus bas... Alors Gil Jourdan est-il un mauvais gestionnaire (il vient de résoudre l'affaire de la voiture engloutie et Il profite encore pleinement de la publicité pour l'arrestation de ) doublé d'un individu cynique près à se faire de l'argent sur le malheur des autres ?

Une autre hypothèse me paraît plus crédible au regard du caractère du personnage et de la suite des événements : Gil Jourdan adore résoudre des mystères et ses honoraires de détective ne sont finalement que le prétexte qui légitime son passe-temps.

Un reporter qui n'écrit jamais d'article ou un groom qui se mêle de combattre le crime sont des hurluberlus peu réalistes. Gil Jourdan, lui, est un personnage sérieux qui agit sous des prétextes honorables.

Honorable ? Bien sûr que le profit est devenu une motivation honorable. Quand on vous demande ce que vous faites, indiquez-vous vos passe-temps, vos passions ou votre métier ? Cela n'induit-il pas que seul ce qui fait bouillir la marmite vaut le coup d'être évoqué ?L'argent est aujourd'hui ce qui fait de nous de gens sérieux, le moteur de nos actions. Pour être valable, une œuvre doit être rentable.

A une époque, on oeuvrait pour la plus grande gloire de Dieu (ou du moins était-ce le prétexte que l'on se donnait), aujourd'hui nous avons ouvertement changé de divinité. Maurice Tilleux était prophétique : son héros maquille ses penchants altruistes sous un respecable appât du gain : Mamon, le nom sous lequel Jésus dénonce le règne de l'argent sur nos vies) est devenu un prétexte raisonnable.

(Et en plus Les cargos du crépuscule, c'est quand même pas la meilleure enquête de Gil Jourdan)

Voir les commentaires

Vice-Versa, une tristesse qui fait vivre

8 Juillet 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture, #ViceVersa, #Pixar, #Repentance

Vice-Versa, une tristesse qui fait vivre

Avec Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût, les studios Pixar nous font entrer dans l’univers le plus étrange qui soit : le psychisme d’une pré-adolescente de 11 ans…

A quoi peut bien servir Tristesse ?, se demande Joie. Peur permet d’éviter les dangers, Dégoût, de s’empoisonner, Colère, de résister… Mais Tristesse ?

Joie finira par découvrir que Tristesse permet de compter sur les autres, d’avoir besoin d’eux. Cette très jolie réponse m’évoque le récit de la passion dans l’évangile selon Luc.


Il [Jésus, montant au Golgotha] était suivi par une grande multitude du peuple, entre autre de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi mais sur vous-mêmes et sur vos enfants (…) Car si l’on traite ainsi le bois vert comment traitera-t-on le bois sec »
Luc 23, 27-28

« Pleurez sur vous-même » Cette tristesse que Jésus invite les femmes de Jérusalem à faire passer avant même la compassion, c’est bien la petite boulotte bleue qui va permettre à Riley de rétablir le lien avec ses parents, en disant ce qui ne va pas au lieu de toujours essayer de faire en sorte que tout aille bien.
Et Tristesse devient Repentance, une repentance qui n’a rien à voir avec la culpabilisation (c’est plutôt Joie avec son besoin constant de positiver, qui jouerait ce rôle dans le film) mais qui est plutôt l’aveu de ses limites et du besoin que nous avons des autres et, surtout, de Dieu.

Voir les commentaires

Une communion à l'épreuve ou A l'épreuve de la communion ?

1 Juillet 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Une communion à l'épreuve ou A l'épreuve de la communion ?

Pour une fois, tous savaient ce dont on allait parler au synode… Il faut reconnaître que le sujet (ou plutôt une de ses ramifications) était brûlant : au lendemain de la loi Taubira, alors que le Mariage pour tous continuait de cliver la société française, l’Eglise Protestante Unie de France réfléchissait sur la bénédiction des couples et en particulier sur la possibilité de bénir des couples de même sexe.

Et il faut bien dire que ce sujet brûlant a provoqué des couacs dans notre démarche synodale : créations de sites indépendants (un contre et un pour), démission de deux membres de l’équipe des rapporteurs (une au début de la réflexion et un autre après la synthèse des synodes régionaux), un faux débat sur la prétendue objectivité du dossier des rapporteurs (alors que les rapporteurs à un synode n’ont jamais eu à être objectifs, ils ont à amener le synode à se prononcer sur une résolution (leur opinion devrait donc être plutôt claire)), une pétition adressée aux délégués synodaux… Tout laissait présager un synode conflictuel.

Pourtant, peut- être grâce à ces faux-pas de la démarche synodale, le synode de Sète n’a pas été une foire d’empoigne, même pas le lieu de passes d’arme oratoire. Il n’a même pas donné lieu à l’habituelle frustration : « on n’a pas eu le temps de débattre ». Il faut dire que pour une fois, le temps de la discussion était largement prévu : en plus de l’heure de présentation par les rapporteurs et des deux heures consacrées au vote, le synode a bénéficié de 5h30 de travail (en groupe et en plénière) sur le sujet synodal et a prolongé la discussion d’une heure. Je n’avais jamais vu ça en 12 ans de synode national. Les échauffourées pré-synodale ont conduit les uns et les autres à préférer le respect et le souci fraternel à l’affrontement et aux outrances : les partisans d’une bénédiction pour les couples de même sexe ont porté le souci de ne pas empêcher les opposants de s’exprimer (souci qui s’est transformé en inquiétude devant le peu de prise de parole « contre » à la tribune), les opposants ont, quant à eux, préféré poser la question de savoir si l’accueil devait aller jusqu’à la bénédiction pour les couples plutôt que d’aller vers un débat sur l’homosexualité.

Ainsi, le synode a fait face au véritable enjeu posé par les rapporteurs, notre communion d’Eglise peut-elle survivre malgré la diversité de nos opinions sur un sujet qui parvient à être aussi viscéral qu’épidermique ? La décision finale qui donne la possibilité de bénir des couples de même sexe aux ministres et aux Conseils Presbytéraux qui y voient un juste témoignage de l’Evangile paraîtra très normande. Pourtant, elle est profondément exigeante : elle m’appelle à accepter de recevoir comme frère ou sœur en Jésus-Christ celui ou celle qui comprend les textes différemment de moi. Elle m’interdit le rejet ou la condescendance. Elle m’affirme qu’au contraire, j’ai besoin des lectures qui s’opposent à la mienne. Certains clament déjà au « non-respect des textes bibliques » mais n’est-ce pas une grande marque de respect que de refuser de les instrumentaliser au service de nos opinions humaines ? N’est-ce pas une grande marque de foi que d’affirmer que de Christ nous pouvons recevoir une fraternité que nos divergences d’opinion rendent impossible ? On commentera beaucoup les parties 4 et 5 de la décision synodale, et on ne prêtera sans doute pas assez d’attention à la partie 3 qui est pourtant le cœur de cette décision, posant notre rapport aux textes bibliques et à Jésus Christ. Il faudra sans doute préciser souvent que la grande majorité en faveur de la possibilité de bénir des couples de même sexe ne signifie pas que tous les votants accepteront de le faire dans leurs Eglises locales : ils ont voulu que ceux qui veulent le faire aient la possibilité de le faire.

Alors, tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes synodaux possibles ? Non. Ce n’est pas parce que l’habituelle récrimination sur le manque de débat n’a pas lieu d’être que ce synode est sans reproches.

Tout d’abord, si le sujet synodal, et particulièrement la question des couples de même sexe, a été amplement débattu, il a aussi occulté d’autres questions, plus pratiques, moins évidemment brûlantes. Le synode est le lieu de gouvernance de notre Eglise, et pas la chambre d’enregistrement du Conseil national, il serait donc bien qu’il gouverne, qu’il réagisse un peu plus aux différents rapports, éventuellement qu’il donne des impulsions. Je suis toujours étonné, au régional comme au national, du silence des délégués synodaux (ou plus précisément de leurs commentaires en coulisse et de leur silence en plénière). Bien sûr peut-être faudrait-il qu’on les aide un peu plus dans cette mission de gouvernement, or, un dossier préparatoire de 500 pages (dont 120 sur le sujet synodal) reçu un mois avant le synode n’est pas la meilleure manière de travailler. Un effort de synthèse et d’étalement serait sans doute à faire.

Ensuite, je reste convaincu que nos décisions synodales ne sont pas assez explicites. Leur longueur ne me gêne pas ; en revanche, je trouve dommage que nous oubliions si souvent que celles et ceux qui les liront n’ont pas assisté aux débats et que tel ou tel point absent n’est pas forcément un oubli mais plutôt une proposition non retenue… Là encore, c’est un regret face auquel je n’ai pas vraiment d’autre solution qu’une vigilance qui fait parfois défaut…

Sur ce synode particulier, la plus grande fragilité a sans doute été l’ultra-médiatisation. Même la création de l’EPUdF n’avait pas bénéficié d’une telle couverture. Habituellement, quelques semaines après le synode, un paroissien bien informé pense à me demander « au fait, c’était bien le synode ? » (quand on me demande « de quoi avez-vous parlé ? », je sors le champagne…) Cette fois, dans le train du retour, je savais que tout le monde était déjà au courant ou plutôt, que tout le monde avait entendu que « les protestants disent oui au mariage gay »… Je ne plaide généralement pas en faveur de notre très parpaillote discrétion, mais dans ce cas, elle aurait aidé, au moins à éviter ce simplisme réducteur…

Enfin, je crains que la passion soulevée par ce sujet ne retombe quelque peu lorsque nous aborderons le toilettage de la Constitution et peut-être même la Déclaration de foi de l’EPUdF. Pourtant, notre foi n’a-t-elle pas plus d’importance que notre regard sur l’homosexualité ? Nos placements boursiers (le seul fait que nous en ayons, d’ailleurs) ne posent-il pas bien plus de questions sur notre rapport à l’Ecriture ? Notre fonctionnement d’Eglise n’a-t-il pas plus d’impact sur notre vie paroissiale que cette décision ? Notre Eglise n’a-t-elle d’intérêt que lorsqu’elle parle de sexe ? J’espère que les prochains synodes me feront mentir et que je verrai les discussions s’enflammer à propos de nos représentations au synode et de nos formulations de foi…

Mais, un mois après le synode, ma plus grande tristesse est pour ceux qui confondent démarche d’Eglise et débat politique, pour ceux qui pensent être dans le camp des vainqueurs ou dans le camp des perdants. Et il faut bien dire que, tant l’actualité du sujet que notre fonctionnement que nous sommes si fiers de dire « démocratique », nourrissent cette confusion. Pourtant, notre Eglise n’a pas vocation à se conformer au monde politique où la majorité n’a pas à tenir compte de la minorité. Si nos synodes empruntent des modes de fonctionnements démocratiques, ce n’est pas pour valider une majorité contre une minorité mais bien pour vivre « la communion fraternelle [qui] est une manière de vivre ensemble en Église, en valorisant nos différences par l’intérêt que nous leur portons, dans la confiance et la gratitude d’être frères et sœurs, enfants divers d’un même Père céleste. ». Oui, je suis triste pour ceux qui n’auront vécu cette décision qu’à travers le simplisme des médias et les anathèmes du Net, alors qu’en synode national, en synode régional et en paroisse, il m’a été donné de voir des frères et sœurs opposés sur cette question garder le souci les uns des autres et la confiance dans une unité qui nous vient du Christ et non de la proximité de nos opinions.

NB : La rédaction de cet article pour "Parole Protestante en Basse Normandie" a été achevée le 15 juin.

Voir les commentaires

Une bénédiction qui donne un cadre

20 Mai 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse, #Actualité ecclesiale

Une bénédiction qui donne un cadre

Petit essai de fondement biblique pour la bénédiction des couples de même sexe

Je reste persuadé que ce n’est pas la Bible qui conditionne notre regard sur l’homosexualité mais bien notre regard sur l’homosexualité qui conditionne notre lecture de la Bible (en tout cas des versets qui traitent de l’homosexualité). Nous sommes donc toujours au risque d’instrumentaliser la Bible dès que nous la citons sur ce sujet.

Pour autant, je serais malhonnête de botter en touche lorsqu’on me demande sur quels fondements bibliques je pense possible de bénir des couples de personnes de même sexe. Mon argumentaire ne convaincra que les convaincus (et encore…) mais au moins peut-être me laissera-t-on le bénéfice du doute quant à mon rapport à la Bible.

Tout d’abord, il est vrai que je relativise fortement les 5 versets de la Bible qui condamnent explicitement l’homosexualité ; au même titre, d'ailleurs, que je relativise ceux qui interdisent le port de vêtements de deux étoffes différentes ou ceux qui justifieraient une exclusion des femmes de la cène pendant leurs règles. Les versets du Lévitique s’inscrivent dans un contexte de dénonciation de pratiques religieuses et les versets de Paul sont guidés par sa culture (fortement influencée par le Lévitique. Ce ne sont pas des versets à supprimer, ce sont des versets à interroger. C’est sans doute discutable mais j’attends encore qu’on me dise pourquoi ceux-là ne doivent pas être relativisés alors que ce qui concerne la pureté d’un vêtement, l’impureté d’une femme, ou l’inégalité au sein du couple doit l’être…

Ensuite j’aime assez ce qu’un collègue nous disait d’une signification chrétienne de la bénédiction comme parole de la croix et de la résurrection. Dans le christianisme, la bénédiction serait un « OUI » de Dieu sur la personne que l’humain a écrasé de son « NON ». Mais d’une part, j’entends les collègues qui m’enjoignent de ne pas confondre Bénédiction avec Annonce de la Grâce. D’autre part, je pense que cette compréhension ne s’applique qu’à une bénédiction prononcée sur les personnes. Et enfin, je ne peux m’empêcher de penser que c’est un peu trop tardif de ne dire le « OUI » de Dieu qu’une fois que la société a largement commencé à reconnaître des personnes que l’Eglise écrasait de son « NON » (mieux vaut tard que jamais, certes, mais bon, il m’est difficile de penser que nous ne prêchons le scandale de la croix qu’à la condition qu’il soit entré dans les mœurs.)

L’homosexualité a-t-elle sa place dans la création ? Dans la nouvelle création en Jésus Christ, clairement non. Mais l’hétérosexualité non plus (il n’y a plus ni homme ni femme, il n’y aura plus ni mari, ni épouse), du coup tout s’arrange. Dans la première création, j’avoue que c’est plus compliqué de répondre, tellement on a chargé le sens des mots et des idées de morale, de culpabilité et de condamnation.
Allons au plus simple, je dirai en lisant ma Bible : non. Pas plus que, par exemple, les différences de couleurs de peaux mais finalement ça n’a aucune espèce d’importance parce que nous avons à nous situer entre le jardin d’Eden et la Jérusalem céleste, c’est dans cet entre-deux que nous avons à porter une parole de Dieu pour les homosexuels, comme pour les hétérosexuels…

Tout ce qui remue et qui vit pourra vous servir de nourriture ; comme je vous avais donné l’herbe verte, je vous donne maintenant tout cela. Cependant vous ne devez pas manger la viande qui contient encore la vie, c’est-à-dire le sang.

Genèse 9, 3 et 4

C’est ce que Dieu dit à Noé à la sortie de l’arche. Alors que la violence est la première conséquence de la sortie d’Eden, alors qu’elle est la marque première de la méchanceté de l’homme et la cause du déluge, la Dieu donne à la violence de l’homme, un cadre dans lequel elle peut s’exprimer « c’était pas le projet mais vous pouvez dorénavant tuer des bêtes pour vous nourrir, dans une limite, dans un cadre »

Si je ne crois pas que l’homosexualité s’inscrive dans le projet initial de Dieu, je ne crois pas non plus qu’elle aille contre ce projet. De toute façon, je suis en revanche certain (puisque la Bible ne cesse de me le dire) que la violence, sous toutes ses formes, y compris notre régime carnassier, va radicalement contre ce projet de Dieu et pourtant, parce qu’elle fait partie de nous, Dieu nous a donné un cadre où l’exprimer.

Alors oui, clairement, je me sens appelé à donner la bénédiction d’un cadre, d’une loi aux couples de même sexe : "mariez-vous, c’est le cadre que Dieu vous donne pour vivre votre amour."

(Note, je n'ouvre pas les commentaires sur ce texte, les débats sur Internet concernant cette question se vivant actuellement dans un esprit de division et d'accusation)

Voir les commentaires

Une bénédiction "à la cool" ?

13 Mai 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Une bénédiction "à la cool" ?

Dans le débat houleux que traverse actuellement notre Eglise sur la bénédiction des couples, les partisans d’une bénédiction pour les couples de même sexe se voient généralement reprocher une compréhension légère ou gentillette de la bénédiction. Comme si la raison principale de demander une bénédiction pour tous les couples, c’était de montrer que l’Eglise est cool…

Et il faut bien dire, que trop souvent, la dimension exhortative de la reconnaissance des couples est oubliée… (Oui, je vais parler dorénavant de reconnaissance liturgique des couples car le débat sur la bénédiction m’a convaincu que notre Eglise devrait réserver strictement le terme « bénédiction » aux personnes et en exclure les états et les projets au même titre qu’elle en exclut les objets…)

La reconnaissance liturgique des couples de même sexe n’est pas seulement signe de la grâce de Dieu, elle est aussi exhortation. « Mariez-vous », dit l’Eglise aux couples c’est-à-dire non seulement « inscrivez-vous dans la stabilité, dans la fidélité, dans l’engagement l’un vis-à-vis de l’autre» mais aussi « votre couple ne regarde pas que vous, votre engagement ne se limite pas à votre intimité, il est appelé à prendre toute sa place dans le tissu social, dans le monde qui vous entoure. Votre amour est aussi un signe pour les autres. »

Dans le débat sur la bénédiction des couples, la question de la bénédiction pour les couples non mariés s’est également posée, de manière plus discrète. J’y suis profondément défavorable. D’une part, parce que ce serait faire un pas de plus vers la confusion entre nos liturgies nuptiales et l’idée que nous marions les gens, d’autre part parce que l’Eglise Protestante Unie de France tournerait le dos à sa reconnaissance du bien-fondé du mariage civil.

Jusqu’ici, la parole des Eglises pour les homosexuels c’est « soignez-vous » ou « cachez-vous » (ce qui est déjà une amélioration par rapport à « mourez ». Certaines Eglises leur disent dorénavant « mariez-vous », j’espère que dimanche, l’EPUdF fera partie du nombre.

Il me reste à préciser que ce « Mariez-vous » s’adresse aux couples et non aux individus et ne signifie nullement qu’un couple non marié vit dans le péché, c’est juste une option sociale qui n’est pas celle de notre Eglise.

Voir les commentaires

Résistez : allez au culte

10 Mai 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Résistez : allez au culte

Signe de temps étranges, le premier ministre encourage les chrétiens à pratiquer leur culte. Il est vrai que deux églises ont été visées par un apprenti terroriste, il est vrai qu’en Seine Maritime, des frères et des sœurs d’Eglises évangéliques ont vu leur culte perturbé par des agressions verbales ou leur salle de culte taguées. Il est manifeste que les islamistes voudraient susciter une hostilité ouverte entre chrétiens et musulmans.

Alors, aller à au culte, c’est résister, Emmanuel Valls a raison, mais il ne sait pas à quel point. Car la résistance à Daesh et à leur projet de « frapper des chrétiens sur une terre perçue comme chrétienne, pour nourrir la peur et mieux exacerber la méfiance et l’hostilité vis à vis des musulmans de France. Avec l’espoir qu’ils finissent par se retourner, un jour, contre la République » (R. Poujol), s’inscrit dans un modèle de résistance, bien plus vaste.

En effet, résister à ce projet de haine et de meurtre, cela ne consiste pas à adopter un identitarisme de façade, une attitude de bravade. C’est dans notre identité chrétienne que nous devons puiser des forces. Dans cette identité, nous redécouvrirons qu’aller au culte, aller entendre la Parole de Dieu, aller faire communion, dans l’écoute, dans le chant, dans la prière avec des frères et des sœurs, ça a toujours été résister.

Résister d’abord à notre rythme de vie, voire à notre paresse : au matin de notre jour de repos, sans que rien ne nous y oblige, nous donnons une heure (sans compter le temps du transport). Il est bon que le culte ne soit plus du tout une obligation sociale, qu’il ne s’inscrive plus dans la routine de notre semaine : nous pouvons voir à quel point ce lever du dimanche matin est significatif.

Résister ensuite au monde qui nous entoure : nous venons au culte pour nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu. Or, face aux discours de notre société, à nos propres discours, cette Parole est subversive, l’amour de Dieu s’élève contre nos logiques de haine et de vengeance, la grâce de Dieu s’élève contre nos logiques de rétribution et de jugement, l’espérance de Dieu s’élève contre notre cynisme et notre fatalisme. Le Dieu de vie s’élève contre toutes nos logiques de mort.

A leurs moqueries, à leur haine, nous résisterons. Nous répondrons par l’amour et par la prière. Ils verront alors que notre force n’est pas celle du monde, que l’Esprit qui nous anime est le souffle d’amour qui donne la vie et non pas le vent de la violence qui charrie la mort.

Voir les commentaires

Zachée

1 Avril 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Zachée

Une petite méditation en image sur Luc 19,1 à 10

Voir les commentaires

Communauté, individu ou... ?

22 Mars 2015 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #Jérémie, #identité, #individualisme, #communautarisme, #raisin

Communauté, individu ou... ?

Prédication du 22 mars 2015

Jérémie 31, 27 à 34

Jean 12, 20 à 33

Qu’est ce qui me définit comme personne ? Qu’est ce qui fait mon identité ? Ma naissance, le groupe auquel j’appartiens ? Ou bien mes choix et mes actions ? A travers son prophète Jérémie, Dieu ouvre une nouvelle voie.

« Les parents ont mangé des raisins verts et les enfants ont eu les dents rongées ». A première vue cela paraît illogique et injuste ; pourtant on sait bien à quel point cette expression contient un bon fond de réalisme : aujourd’hui, on dirait « les parents boivent, les enfants trinquent » et l’on ne parle pas alors que de l’alcoolisme. Il est certain que nos enfants subissent ou profitent de nos choix, de nos actions, il est certain que nous portons le poids des comportements des générations précédentes et que les générations futures porteront le poids de nos actions et de nos inactions…

Mais ce dicton n’énonce pas seulement une vieille vérité, il contient également tous nos amalgames, tous nos préjugés. C’est vrai que nous jugeons parfois les enfants d’après leurs parents, les cadets d’après leurs aînés… C’est vrai surtout que nous avons fortement tendance à enfermer tout un groupe dans le comportement de certains et là encore certain payent pour ce que d’autres ont fait… Oui, il faut bien reconnaître que parce que les parents ont mangé des raisins verts, nous rongeons les dents de leurs enfants…

C’est fini, annonce Jérémie, dorénavant, c’est celui qui mangera les raisins verts qui aura les dents rongées. C’est plus normal, c’est plus logique, c’est plus juste… Cela me sortira de mes préjugés, je ne verrai plus tous les membres de la famille Machin comme ces gens-là, tous les musulmans comme des terroristes, tous les jeunes comme des irresponsables, tous les vieux comme des fossiles, d’ailleurs, je ne verrai plus un « Machin », un musulman, un jeune, un vieux, je verrai tout simplement un humain. Oui, dans mon regard, il y aura sans doute un progrès

Mais quand même le nouveau dicton « si quelqu’un mange du raisin vert, ses propres dents en seront rongées » est-il vraiment meilleur que le précédent ? Deux remarques

Tout d’abord, si l’on reçoit l’ancien dicton « les parents ont mangé, les enfants ont eu » comme la marque d’une société communautaire où le groupe prime sur l’individu, l’annonce de Jérémie semble bien réalisée dans notre société : chacun pour soi, je n’ai plus à porter la faute du groupe, je n’ai même plus à porter le souci du groupe, je n’ai plus qu’à me préoccuper de ma propre pomme, pardon, de ma propre grappe de raisin… Sauf que du coup, j’oublie régulièrement cette réalité qui reste bien réelle : mes actes n’engagent pas que moi, ils engagent régulièrement mes enfants, mes voisins, mes contemporains et ceux qui viendront après moi… Faites le compte des actions qui ne regardent, qui n’engagent que vous, il n’y en a pas tant…

Ensuite, le résultat d’après Jérémie c’est « chacun mourra pour son propre péché. » Donc je ne meurs plus pour la faute de mes parents, je meurs pour ma propre faute. Mouais. Vous trouverez peut-être que je pinaille, mais le gain ne me semble pas immense : au final, je suis quand même mort. Sauf que maintenant, c’est de ma faute.

Bref, selon la parole humaine, selon les visions humaines, je n’ai pas d’autre choix que celui de porter le poids du passé, des errances, des échecs, celui de nos parents, de notre communauté ou bien le nôtre propre, je n’ai pas d’autre choix que mourir.

Mais voilà qu’une parole retentit, une promesse de Dieu : le temps vient d’une alliance nouvelle. Le temps vient où le cœur de chacun ne sera plus encombré de regrets ni de remords, de rancœurs ni de peurs mais simplement rempli de la loi de Dieu. Le temps vient où le cœur de chacun ne sera plus gonflé d’orgueil ni rabougri de crainte mais plein de la connaissance directe de Dieu. Oui, le temps vient où nous ne serons plus définis par nos parents, par nos appartenances communautaires, ni par nos actes, par nos forces et nos faiblesse mais seulement par un cœur, une pensée, une vie nouvelle habitée et fécondée par le Dieu vivant.

Oh que vienne ce temps et qu’il vienne vite, n’est-ce pas ?

***

Eh bien, voilà le plus extraordinaire, voilà le plus incroyable. Ce temps est venu, ce temps c’est maintenant. Oui c’est maintenant, alors même que nous croyons que c’est impossible que Dieu nous parle, alors que, comme la foule, nous croyons simplement entendre le tonnerre, ou que plus attentifs, nous trouvons plus raisonnable de penser que les anges parlent avec Jésus, Dieu nous parle en direct.

Il parle le langage de la croix, c’est-à-dire qu’il nous rejoint dans nos souffrances, dans nos morts, dans tout cet excédent de bagage, dans tout ce poids qui nous tenait loin de lui. Oui c'est sur la croix qu'il attire tout homme à lui, qu'il glorifie son nom, qu'il nous rejoint dans notre humanité pour sortir de nos morts, pour entrer dans la vie.

Alors, mon frère, ma sœur, entends cette parole qui t’est adressée, entends la, plus haut que toutes ces idoles sur qui tu comptes pour ta vie et ton bonheur et qui t’empêtrent dans les illusions, entends-la, plus haut que ta raison qui dresse devant toi le mur des impossibles, entends-la, plus haut que ta condamnation qui t’enterre dans la désespérance. Entends-la, cette parole qui te libère, te relève, te fait vivre et te transforme.

Amen

Voir les commentaires