C'est un geste tout simple. Je tourne le robinet et l'eau coule. Pour remplir un verre, prendre une douche, faire une lessive ou une vaisselle.
C'est un geste machinal et pourtant, lorsque je tourne ce robinet, je suis Moïse frappant le rocher à Mériba.
Parce que cette eau qui me désaltère, me lave ou simplement me rafraîchit, cette eau qui est ma vie est un don de Dieu. Un cadeau ne se traite pas à la légère. On garde précieusement ce qui nous est offert, signe tangible de
l'amour de celui qui nous l'a donné. Pourquoi en irait-il autrement de l'eau, cadeau précieux entre tous, aussi vitale que l'air que nous respirons et tellement plus rare ? Lorsque je tourne un robinet, je suis comme Moïse frappant le rocher de Mériba. Or, le livre des Nombres nous
dit que Moïse se vit refuser l'entrée en terre promise parce qu'il avait désobéi à Mériba, la traidtion juive voit cette désobéissance dans les deux coups que frappent Moïse. On lit souvent dans cette répétition, le signe d'un manque de confiance. J'y vois également une attitude très
humaine : l'attitude qui consiste à vouloir plus que ce que Dieu nous donne. A Mériba, pour un coup, Dieu donnait de quoi désaltérer hommes et bétail. Mais Moïse frappe deux
fois... L'eau de notre terre devrait suffire pour abreuver bêtes, plantes et hommes, mais nous la gaspillons. Lorsque
je tourne un robinet, je suis Moïse frappant le rocher de Mériba. Et si, je me contentais de prendre avec reconnaissance ce dont j'ai besoin, et si un coup suffisait ?
J'ai trouvé ce questionnaire au cours d'une mes ballades sur Totus Tuus. J'ai trouvé amusant d'y répondre
même si le résultat ne surprendra personne (sauf peut-être ceux qui ne savent pas encore à quel point ma théologie est classique).
Deux remarques préalables :
- la règle du jeu voulait que je réponde par oui ou par non, mais faire de la théologie, mêm:e pas très sérieuse en "oui" et en "non", c'est pas terrible.
-un tel questionnaire sur le mode Etes vous protestant demanderait d'être beaucoup, beaucoup moins précis, c'est sans doute là une des plus grosses différences.
Croyez-vous en Dieu ?
Oui 2.Croyez vous que ce Dieu est unique et qu’il n’y en a pas d’autre ?
Oui 3.Croyez vous que ce Dieu est Trinité (Père, Fils et Saint Esprit) ?
Oui mais je crains que ce terme de trinité n’entraîne toutes sortes de
spéculation oiseuse. La Trinité est un langage sur Dieu qui me dit quelque chose de la vérité de Dieu. 4.Croyez vous que le Père a engendré le Fils ?
A dire vrai, c’est typiquement le genre de spéculation qui ne m’intéresse pas. Je
crois que le Fils n’est pas créature. Ca me suffit 5.Croyez-vous que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont de même nature (c'est-à-dire qu’ils sont tous les trois
Dieu) ?
Oui, encore que gloser sur la nature de Dieu… 6.Croyez-vous que Dieu Père Fils et Saint Esprit a créé le monde ?
Oui, encore que j’emploie le présent plus facilement que le passé composé
7.Croyez vous que Dieu est infini ?
Là, il faudrait s’entendre sur ce que ça veut dire. Eternel oui, mais infini, je comprends pas : au niveau spatial peut-être… Sinon, tout n'est pas Dieu et Dieu n'est pas
tout.
8.Croyez vous que Dieu est éternel (c'est-à-dire sans commencement ni fin) ?
Oui 9.Croyez-vous que Dieu est le tout autre et en même temps tout proche de l’homme ?
Oui (c’est même ça que signifie pour moi la trinité)
10.Croyez vous que Dieu a créé l’homme ?
Oui, avec la même remarque qu’à la question
6 11.Croyez vous que Dieu a créé l’homme par amour ?
Oui 12.Croyez vous que Dieu a créé l’homme pour avoir avec lui une relation amoureuse ?
Hmm je ne vois pas ce que ça rajoute à la question précédente, mais si l’érotisme
ystique est exclu, oui. 13.Croyez-vous au péché originel (c'est-à-dire la désobéissance de l’homme voulant être indépendant de Dieu) ?
Oui 14.Croyez vous que Dieu a parlé par les prophètes (c'est-à-dire : croyez-vous au contenu de la Bible) ?
Croyez vous au contenu de la Bible : oui 15.Croyez-vous qu’il fallait que l’homme soit racheté de ses péchés ?
De son péché encore plus que de ses péchés : oui 16.Croyez-vous que Dieu a envoyé son propre Fils pour le rachat de l’homme ?
Je crois que Dieu s’est fait homme pour le rachat de l’homme. 17.Croyez-vous que le Christ soit né de la Vierge Marie ?
Oui, mais cela me dit quelque chose sur Jésus bien plus que sur Marie.
18.Croyez-vous que le Christ, le Messie, est le Fils même de Dieu ?
Je crois que le Messie est Dieu le Fils. 19.Croyez-vous que le Christ est mort sur la Croix ?
Oui
20.Croyez-vous que le Christ est descendu au séjour des morts ?
Oui je crois que la mort de Christ a été
complète 21.Croyez-vous que le Christ est ressuscité des morts ?
Oui 22.Croyez-vous que le Christ est monté à la droite du Père ?
Oui 23.Croyez-vous à la vie éternelle ?
Oui mais « elle n’est pas seulement une autre vie qui commence après la
mort » (liturgie ERF de l’annonce de l’évangile aux familles en deuil) 24.Croyez-vous au jugement dernier ?
Oui 25.Croyez-vous à l’enfer ?
L’enfer c’est d’être loin de Dieu 26.Croyez-vous au Paradis ?
Comme séjour des âmes mortes non, comme royaume de Dieu sur la terre et au ciel, oui
27.Croyez-vous au purgatoire ?
Non 28.Croyez-vous à la résurrection des morts ?
Oui, plus qu’en l’immortalité de l’âme. 29.Croyez-vous aux saints ?
je crois que les saints sont ceux que Dieu mets à part (tous les chrétiens donc,
pas des intercesseurs, pas des figures à prier, pas des exemples) 30.Croyez-vous que l’Eglise catholique est le Corps du Christ ?
Non mais je crois que les catholiques romains font partie du Corps du Christ : de l’Eglise Invisible. L’Eglise catholique est donc un des visages de cette Eglise invisible.
31.Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de l’union à Dieu ?
L’Eglise catholique non (à cause de l’article défini) pas
plus que les Eglises issues de la Réforme. L’Eglise Invisible, oui, forcément. 32.Croyez-vous que l’Eglise est le lieu du Salut ?
Non, elle est le lieu de l’annonce du Salut 33.Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de la grâce ?
Non, elle est le lieu de l’annonce de la grâce 34.Croyez-vous à la grâce (action sanctifiante de Dieu envers les hommes) ?
Oui 35.Croyez-vous aux sacrements (signes efficaces de l’action de Dieu par l’intermédiaire de l’Eglise) ?
Je reconnais deux sacrements, signes de la grâce institués par Jésus
Christ : le baptême et la Cène 36.Croyez-vous que le baptême fait de nous des enfants de Dieu ?
Non, je crois que le baptême nous atteste que nous sommes enfants de
Dieu. 37.Croyez vous que le baptême nous ouvre la grâce ?
Non, je crois qu’il nous la révèle
38.Croyez vous à la présence réelle (et non symbolique) du Christ Dieu dans l’eucharistie ?
Non, je crois à la présence vraie de Christ dans
l’assemblée qui partage la Cène. 39.Croyez-vous au sacrement de
l’ordre qui met des hommes (prêtres, diacres, évêques) au service de l’Eglise et de Dieu pour le salut de toute l’humanité ?
Non
40.Croyez-vous au péché qui rompt la relation avec Dieu ?
Oui, enfin pour pinailler je crois que l’homme est pécheur et que sa relation à Dieu est brisée 41.Croyez-vous au sacrement de pénitence pour retrouver la grâce qui unit à Dieu ?
Non, je crois que la grâce nous est offerte en la mort et la résurrection de Jésus Christ.
42.Croyez-vous au mariage comme sacrement donc indissoluble ?
Non
43.Croyez-vous à l’Immaculée conception (c'est-à-dire que Marie a été conçue préservée du Péché originel) ?
Non
44.Croyez-vous en la Virginité de Marie ?
Non (cf. question 17)
45.Croyez-vous en la Tradition de l’Eglise catholique enseignée et préservée par le Magistère de l’Eglise ?
Non 46.Croyez vous que l’Eglise est dépositaire de l’interprétation des Ecritures ?
Pour l’Eglise catholique : non
Pour l’Eglise invisible : non plus en fait
47.Croyez-vous que le Saint-Esprit œuvre dans l’Eglise ?
Oui mais pas seulement 48.Croyez-vous à l’infaillibilité du pape en matière de mœurs et de foi ?
Non et je crois qu’y croire est un blasphème contre la liberté souveraine de
l’Esprit Saint. 49.Croyez-vous que l’Eglise est dépositaire du pouvoir des clefs (c'est-à-dire du pouvoir d’ouvrir et de fermer les portes du
ciel) ?
L’Eglise invisible oui mais ce n’est pas un pouvoir, c’est une
responsabilité. 50.Croyez vous que le Christ est le chemin de salut pour les hommes (c'est-à-dire pour leur donner la plénitude de la joie qui est dans cette
relation amoureuse avec Dieu) ?
Au cours d'une émission de télé, pour défendre le plan comm' de Nicolas Sarkozy, Jacques Séguéla déclare
"si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie", devenant la risée du Net. Je ne sais pas si Jacques Séguéla a une Rolex mais il a sûrement raté une belle occasion de se
taire. Si le critère de J. Séguéla est risible, caricature extrême de notre soif d'avoir et de paraître, cette
phrase malheureuse (mais peut-être calculée) me pose une question plus profonde : "ça veut dire quoi, réussir ou rater sa vie ?". Non pas "quels sont nos critères de ce qu'est une vie réussie
ou ratée ?" mais plutôt pourquoi pensons-nous toujours notre vie en terme de réussite et d'échec ? Aujourd'hui, notre naissance est, dans la plupart des cas, un choix qui n'est pas le notre (je veux
dire jamais notre choix et souvent celui de nos parents). Mais nos parents nous ont-ils donné la vie dans un but
précis que nous pourrions rater ou atteindre ? Je n’en ai pas l’impression, de ma propre expérience parentale, je crois qu’avant même que se projettent les désirs de parents pour leur
progéniture, il y a tout simplement un acte d’amour. Et même si ce n’était pas le cas, même si nos parents nous donnaient naissance dans un but bien précis, est-ce que la manière dont nous nous
conformons à ces projets, ces désirs nous définiraient ? Voyons nous notre vie comme une mission (je dois avoir une Rolex avant 50 ans, je dois changer le monde
dans lequel je vis, je dois reproduire mes gènes) ou comme un cadeau ? Je suis bien sûr que le fait de rater ou réussir sa vie ne dépend pas de ce que nous passerons à notre
poignet, mais j'ai bien peur que l'homme soit condamné à poser sa vie en terme de but à atteindre (que ce soit transformer le monde ou avoir une rolex) au lieu de la voir comme un don, alors
que c'est ainsi qu'elle prend précisément tout son sens.
La critique de cantique est un exercice assez prisé par les protestants. Les
inconditionnels de Bach pourfendent les "musiquettes" (sic) modernes, les modernistes dénoncent la poussière des vieux classiques. On pourra pointer aussi l’indigence (trouver dans ma vie ta
présence) des paroles ou leur désuétude (la foi virile où gît le doute). Parce que tout cela n’empêche de chanter ensembles et de bon coeur, parce que je ne peux pas être consensuel tout le
temps, parce que ce n’est pas mauvais de faire un peu attention à ce qu’on chante, je vais me piquer au jeu, mais comme je ne brille ni en musique, ni en poésie, je vais y aller de manière
théologique (je brille pas non plus en théologie, mais bon…)
Allez nous prenons nos recueil Alléluia, le cantique 21-05, la troisième
strophe et nous tombons sur
« La vérité la charité
Inspirent ta Parole
En nous montrant
Quel Dieu vivant
Nous sauve et nous console »
Ta Parole inspire la charité et la vérité, je dirais oui. Ou bien « Ta Parole
respire la charité et la vérité ». A la rigueur j’admettrais « Ta charité Ta vérité conduisent ta Parole ». Mais « La vérité la charité inspirent ta Parole » Non, désolé,
mais ça passe pas
En effet, je ne vois pas très bien ce qui pourrait inspirer Dieu. Dieu tirerait-il son
inspiration d’abstractions qui lui seraient, du coup, supérieures ? Y aurait-il, au-dessus de Dieu, une vérité suprême, une charité absolue à l’aune desquelles on pourrait juger Dieu, au
crible des quelles on pourrait passer sa Parole ? Si l’on met un principe au-dessus de Dieu, eh bien disons-le clairement, Dieu n’est plus Dieu… Bref, je ne suis pas sûr que ce soit une
bonne idée d’avoir ajouté cette strophe dans l’Alleluia : absente d’Arc en Ciel, elle ne manquait pas du tout…
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le
don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Ephésiens II, 8-9
Mon opposition à une coopération de l'homme à son salut s'expique par un refus de diminuer la gloire de Dieu. Tout
mérite accordé à l'homme réduit en effet d'autant la part de Dieu.
On me proposait l'image suivante : tombé dans un précipice, je m'accroche du bout des doigts à la corniche quand
un sauveteur vient me tirer de là. Si je m'accroche à la main qu'il me tend, on ne peut pas vraiment dire que mon salut vienne de moi. C'est ainsi qu'il faudrait comprendre la coopération de
l'homme à son salut. Soit. Poussons un peu l'image et imaginons qu'à coté de moi, accroché à la corniche, il y ait un autre homme. Un sauveteur arrive, il nous tend à chacun une main secourable.
Je m'accroche, l'autre tombe. C'est donc bien de moi qu'est venu l'acte décisif du salut, l'acte qui a fait la différence. À mes remerciements à mon sauveur, je peux donc joindre une
autocongratulation...
Bref, à cette image, je réponds ce que je répondais au collègue qui m'expliquait que Dieu faisait 10000 km vers
nous alors que par notre réponse nous parcourions un micron vers lui : Il est certes dans notre nature de vouloir dire que nous avons coopéré, que nous avons fait quelque chose, que nous avons
participé à notre salut mais un micron attribué à l'homme, c'est un micron volé à Dieu.
Dieu seul me fait vivre et je n'y suis pour rien. Dieu seul me sauve et je n'y coopère en rien. A Dieu seul
revienne toute gloire...
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